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ORNEMENT

Collection du Marquis Vivian! délia Robbia.

compliquées dans leur ensemble, et moins fines dans les détails.

A côté de la voûte de Pistoie nous pouvons citer, parmi les plus belles œuvres décoratives d’Andrea, la guirlande de fleurs et de fruits qui entoure la Madone

marbre de la Cathédrale de la Crucifixion de la de la Vierge entre Saints de rAcadémie des Beaux Arts et la frise de la Madone delle Carceri de P rat o.

Nous publions un fragment d’une

dans l’Autel de d’Arezzo, celle Verna, celle deux

GUIRLANDE au Musée National de Florence (Fragment).

o'rande guirlande de 2 mètres de diamètre, donnée au Musée du Bargello par Madame Insom. Le sujet qui était au milieu de cette guirlande n’existe plus ; on l’a remplacé par les Armoiries de la famille Rucellai.

Mais, au point de vue décoratif, l’originalité d’Andrea est moins dans ces guirlandes de fruits que dans les charmantes arabesques dont il a enrichi la plupart de ses œuvres; arabesques que Luca ne connaissait pas encore et que Giovanni ne connaîtra plus.

Sur la fin de sa vie, Andrea a fait d’importants travaux à Viterbe. Nous savons, par des documents précis, qu’il a séjourné dans cette ville de 1508 à 1510 et qu’il a décoré l’église de la Madone délia Quercia et l’église de Saint Jean des Florentins.1

1 Ettore Gentilt, La Chiesa cli San Giovanni de’ Fiorentini a Viterbo ( Archivio storico dëlV arte, 1889, p. 409).

ŒUVRES D’ANDREA

Andrea était très âgé à cette époque: il avait plus de 70 ans; et il est très probable qu’il ne dut pas exécuter de sa propre main les travaux si importants faits dans ces deux églises. Il faut plutôt les considérer comme ayant été faits par ses élèves sous sa direction. Nous ne nous étonnerons donc pas si ces œuvres n’ont pas les qualités de finesse et de précision que nous admirons dans les œuvres personnelles du maître. Mais d’une façon générale elles se rattachent bien nettement à son art, et l’on peut dire qu’elles sont très précieuses en raison de la certitude de leur date, car elles nous font connaître, d’une façon positive, la dernière évolution de son style. Ce style est caractérisé par l’ampleur des formes et la largeur de l’exécution. Ce n’est plus le trait simple et si réservé de Luca, ni les complications de Verrocchio, mais la manière large de Fra Bartolommeo et de Raphaël.

La Porte de l’église Saint Jean des Florentins était décorée d’une lunette représentant en demi-figure la Vierge adorée par deux Anges. Cette œuvre a beaucoup souffert et, en particulier, le petit enfant Jésus est une restauration moderne. Elle est placée aujourd’hui au Musée de Yiterbe.

Dans cette même église se trouvait le buste de Jean Baptiste Almadiano, protonotaire apostolique, fait par Andrea en 1510 ; œuvre précieuse, car c’est le seul buste que l’on connaisse de ce maître. Nous y retrouvons les belles qualités de son style, simple, grave, vrai, sans fausse recherche et sans prétention.

L’église de Saint Jean des Florentins n’est pas la seule, à Yiterbe, à posséder des terres cuites d’Andrea. La façade de la Madone délia Quercia a trois

LE PROTON OTAIRE APOSTOLIQUE . ALMADIANO.

Musée Municipal à Viterbe.

tympans décorés. Sur les deux portes mineures on voit, d’un côté, Saint Thomas d’Aquin entre deux Anges et, de l’autre, Saint Pierre Martyr entre deux Anges. Sur la porte centrale est représentée la Vierge avec l’enfant Jésus debout qui tient un oiseau d’une main et qui bénit de l’autre. Elle est couronnée par deux Anges et, à ses côtés, se tiennent Saint Laurent et Saint Dominique.

Il existe à Bolsena de nombreuses terres cuites émaillées dont nous nous occuperons lorsque nous

TYMPAN DE LA PORTE MAJEURE DE L’ÉGLISE DE LA MADONE DELLA QUERCIA à Viterbe.

ŒUVRES D’ANDREA

parlerons de Giovanni délia Robbia. Mais, dans le nombre de ces œuvres, il en est une qui rappelle de très près

RETABLE DANS LA CHAPELLE DE SAINT ANTOINE à Camaldoli (Casentino).

l’art d’Andrea, à l’époque que nous étudions. C’est un tympan représentant la Vierge entre Saint Michel et

Sainte Christine. L’enfant Jésus est semblable à celui de la Madone délia Quercia. La figure de Saint Michel, tout à fait charmante, peut être rapprochée du Saint Michèl de la collection Rothschild.

Le Retable de la Chapelle de Saint Antoine à Camaldoli (Casentino) est de même date et de même style que les travaux de Viterbe. Je le publie comme une des œuvres les plus caractéristiques de cette époque. Si l’on compare la figure nue du Saint Sébastien avec celle du Saint Sébastien du Camposanto d’Arezzo, on saisira très nettement les différences qu’il y a dans les deux manières d’Andrea. Le Saint Sébastien d’Arezzo, fait vers 1490, avec ses formes maigres et précises, se rattachait à l’art de Verrocchio, tandis que le Saint Sébastien de Camaldoli, de formes plus larges, appartient à l’art de la Renaissance et fait songer aux statues d’Antinoüs. L’œuvre est assez belle pour qu’on doive la considérer comme étant de la main d’Andrea.

D’une valeur un peu secondaire est un Retable de l’église de la Yerna. On doit le classer, je pense, dans le groupe de ces œuvres que l’on appelle œuvres de l’atelier d’Andrea, ce qui veut dire, qu’elles ont été faites par quelqu’un de ses élèves, soit sous sa direction, soit simplement en imitation de sa manière.

Le chef-d’œuvre de la fin de la vie d’Andrea est la Loggia di San Paolo, à Florence.

Il y a dans cette Loggia une des œuvres les plus admirables d’Andrea, la Bencontre de Saint François et de Saint Dominique, dont le sentiment profond rappelle les fresques de Fra Angelico au Couvent de Saint Marc. Dans cette rencontre des deux grands fondateurs de l’ordre des Dominicains et des Franciscains, Andrea

ŒUVRES D’ANDREA

a mis tonte l’effusion de son cœur^et a fait rayonner sur ces figures ascétiques toutes les joies d’un religieux

RETABLE DANS L’ÉGLISE DE LA VERNA (Casentino).

amour. Quant à la science, elle est parfaite. Les draperies de style très avancé, moins simples que dans

Dans deux autres médaillons de la Loggia San Paolo, sont représentés deux portraits en buste. On a cru pendant longtemps y reconnaître les traits de Luca et d’Andrea, mais cette hypothèse est abandonnée; et il est plus probable que nous sommes en présence des portraits de deux administrateurs de l’Hôpital. Ce sont des œuvres très belles, d’une mâle énergie, travaillées avec une fermeté un peu dure qui n’est pas habituelle

les premières œuvres de la Yerna, et moins compliquées que celles des Évangélistes de Prato, ont cette ampleur qui caractérise le style du XVIe siècle, et peuvent être comparées aux belles draperies de Fra Bartolommeo et de Raphaël. Les mains sont d’une qualité tout à fait exceptionnelle et rappellent les belles mains de Verrocchio dans le Saint Thomas d’Or San Michèle.

SAINT FRANÇOIS ET SAINT DOMINIQUE dans la Loggia di San Paolo à Florence.

ŒUVRES D'ANDREA

chez Andrea. Mais l’attribution de ces portraits à Andrea ne saurait donner lieu à aucun doute. Car ni Giovanni, ni aucun élève d’Andrea, n’était capable de créer des œuvres d’un tel style et d’une telle beauté.

Viennent ensuite, dans la Loggia San Paolo, sept médaillons, où sont représentés en demi-figures Sainte Pose, Sainte Claire, Saint Louis, Saint Antoine, Saint Ludovic,

Saint Bernardin et Saint François. Nous reproduisons la figure de Saint Bernardin tenant ses tablettes, qui a tous les caractères de l’art d’Andrea à son plus haut point de perfection (p. 220).

On peut supposer que, pour l’exécution de ces travaux, Andrea s’est fait aider par son fils Giovanni, et cette collaboration semble assez apparente dans les deux derniers bas-reliefs représentant le Christ guérissant des malades. Il y a une telle négligence dans le dessin des formes, une telle pauvreté dans le style des draperies, un tel contraste avec la Rencontre de Saint François et de Saint Domi- Loggia di San Paol°-

nique, que je considère ces deux bas-reliefs comme l’œuvre propre du fils d’Andrea.

J’ai réservé, pour en parler en dernier lieu, certaines œuvres assez difficiles à classer en raison des caractères divers qu’elles présentent. Dans la Résurrection de l’Académie des Beaux Arts, Andrea s’est inspiré, autant qu’on peut le faire sans être un copiste, de la Bésurrection de Luca au Dôme de Florence. C’est la même disposition des Anges dans le ciel et des soldats couchés devant le tombeau du Christ. Mais dans le Christ de

fait ressortir toutes les saillies des muscles. Il y a, dans cette étude de la musculature du torse, un style si différent de celui de Luca, que cela seul aurait dû empêcher les critiques de prononcer le nom de Luca devant une œuvre semblable. Le style de ces nus est tel qu’il paraît impossible de ne pas classer cette œuvre dans les dernières années de la vie d’Andrea. Le caractère général de cette œuvre, soit dans les nus, soit dans les figures vêtues, est la lourdeur des formes. Lq

Luca le caractère de majesté était prédominant ; chez Andrea c’est le caractère de douceur. Le Christ, au lieu de regarder fixement devant lui, dirige avec tendresse ses regards vers la terre. Les différences les plus notables sont dans le style des soldats couchés. Chez Luca, une épaisse cuirasse recouvrait leur poitrine; chez Andrea, l’un des soldats est nu et l’autre est vêtu d’une cuirasse collante qui moule le corps et

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