LA RÉSURRECTION
Académie des Beaux Arts à Florence.
ŒUVRES D’ANDREA
Christ, en particulier, est trop court et les draperies manquent de finesse; les jambes des Anges se détachent avec une forte saillie. Dans les œuvres de la belle époque d’Andrea nous trouvions plus de soin dans l’exécution et plus de délicatesse dans les formes. Les imperfections de cette œuvre peuvent s’expliquer soit parce qu’Andrea était affaibli par l’âge, soit parce que, à cette époque de sa vie, il confiait à ses élèves une partie du travail.
Les mêmes réflexions s’appliquent à la Madone de la Cinlola de l’Académie qui forme pendant avec la Résurrection.
Pour justifier la date tardive que j’assigne à ces œuvres, je ferai remarquer que le Tombeau de la Yierge, dans la Madone de la Cintola, est décoré d’un motif de dauphins qui n’apparaît que dans les dernières années de la vie d’Andrea.
Ces bas-reliefs ont été attribués à Luca par Cicognara et gravés dans son Histoire de la sculpture italienne, mais cette attribution ne peut se soutenir. MM. Cavallucci et Molinier font du reste remarquer que la date de la fondation du Couvent de Sainte Claire, d’où ces bas-reliefs proviennent, rend leur attribution à Andrea beaucoup plus naturelle.
Pour des raisons semblables on pourrait considérer comme appartenant à cette période le Crucifix de l’église de Sainte Marie à Fiesole. Au pied du Christ sont placés la Yierge et Saint Jean debout et la Madeleine agenouillée. Les attitudes sont dignes, mais les formes sont lourdes et sans grand caractère artistique.
La Madone de la Via délia Scala jouit d’une réputation qu’elle ne mérite pas, mais elle est très inté-
ressante à étudier. C’est une œuvre soigneusement dessinée et modelée, remarquable par l’expression profondément religieuse de la Vierge et des Saints qui l’entourent; mais le style est d’une qualité très secondaire. La forme des mains est extrêmement maniérée; les mains de la Vierge trop épaisses, mal posées, sont tout à fait répréhensibles. I)e même, la figure du Crucifix est mauvaise, son corps est trop gros et d’une musculature trop forcée. Nous sommes évidemment ici en présence d’une œuvre très tardive, faite aux environs de 1510, et que l’on peut considérer indifféremment, soit comme une œuvre de la vieillesse d’Andrea, soit comme une des premières productions de Giovanni.