SAINT BERNARDIN
Loggia di San Paolo.
SAINTE CHRISTINE à Bolsena.
GIOVANNI DELLA ROBBIA
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
^Al ndrea délia Robbia eut sept enfants: deux, Antonio et Francesco, ne nous sont connus que par leurs noms; — deux autres, Marco et Paolo, revêtirent l’habit des Dominicains, et l’un d’eux, en religion Fra Ambrogio, a fait quelques œuvres de sculpture; on possède de lui une Nativité du Christ, datée de 1504, au Couvent de San Spirito.1 — Un autre fils d’Andrea, Luca, travailla à Rome et fit, sur l’ordre de Raphaël, les pavages en terre cuite des loges du Vatican et de nombreuses œuvres de même nature. — Girolamo a passé
1 Voir sur ces deux fils d’Andrea l’article de M. le comte Gnoli dans VArchivio storico delV arte, 1889, p. 82.
GIOVANNI DELLA ROBBIA
toute sa vie en France, où il fit d’importants travaux de sculpture et d’architecture. Je renvoie le lecteur, pour l’étude des œuvres de ces artistes et, notamment, pour celles de Girolamo, à l’ouvrage de MM. Cavallucci et Molinier.
Je ne parlerai, dans cette étude, que des œuvres de Giovanni, qui fut, à Florence, le dernier représentant de l’art des Délia Robbia.
Comme point de départ pour connaître le style de Giovanni, nous avons les œuvres suivantes dont la date est certaine :
Lavabo de Sainte Marie Nouvelle, 1497.
Retable de San Medardo in Arcevia, 1518.
Autel du Camposanto de Pise, 1520.
Pietà du Bargello, provenant de l’église de l’Annonciation, 1521.
Nativité du Bargello, 1521.
Médaillons de Saints de la Certosa, 1522.
La découverte du document, nous faisant connaître que Giovanni fut l’auteur du Lavabo de Sainte Marie Nouvelle, est un fait très important pour la détermination du style de ce maître. Elle nous montre que Giovanni fut de bonne heure un artiste habile et qu’il commença par imiter très servilement le style de son père. D’autre part, la date du Retable de San Medardo in Arcevia, connue depuis peu de temps,1 nous prouve que, dès 1513, Giovanni s’était créé une style personnel ; et, en prenant comme terme de comparaison ce Retable, ainsi que les œuvres certaines de Pise et du
1 Nuovi documenti suit’ ait are robbiano nella Chiesa di San Medardo in Arcevia, par M. Anselmo Anselmi ( Archivio storico del- V arte, 1888, p. 359).
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Bargello, nous pourrons parvenir à distinguer, au milieu des innombrables terres cuites de la Toscane, celles qui sont l’œuvre de ce maître.
Mais auparavant il est une question que nous devons nous poser : c’est celle de savoir s’il y eut à Florence d’autres ateliers que celui des Délia Robbia ayant produit des terres cuites émaillées.
Nous connaissons un artiste, Benedetto Buglioni, né en 1461, qui a possédé le secret de l’émail et qui a
TYMPAN DE L’ÉGLISE DE LA B A D I A à Florence, par Benedetto Buglioni.
fait un certain nombre de travaux, dont l’un nous a été conservé : c’est le Tympan de la Badia de Florence, œuvre qui a beaucoup de rapports avec le Tympan de Pistoie d’Andrea délia Robbia, et qui prouve que Benedetto Buglioni était un élève ou, tout au moins, un imitateur de ce maître.
Mais il ne semble pas que Benedetto Buglioni ait réussi à créer une école, car le seul élève que nous
GIOVANNI DELLA KOBBIA.
lui connaissions, Santi Buglioni, est entré dans l’atelier de Giovanni délia Robbia et a travaillé sous sa direction.
A-t-il existé à Florence, au XVe siècle, un autre atelier que celui de Benedetto Buglioni? Je ne le pense pas; car, parmi le grand nombre des terres émaillées qui nous sont parvenues, il est impossible de déterminer un groupe d’œuvres de valeur qui pourrait faire supposer une direction différente de celles des Délia Pœbbia. Presque toutes les terres émaillées, que l’on ne peut pas rattacher à l’art d’Andrea ou de Giovanni, sont des œuvres assez secondaires. S’il y eut des ateliers à côté de celui des Délia Robbia, on peut dire, dans tous les cas, qu’ils n’ont rien inventé, et qu’ils n’ont fait que reproduire, en les défigurant, les modèles créés par l’atelier des Délia Robbia.
Nous pouvons supposer d’autre part que l’art de la terre émaillée disparut à peu près complètement vers la fin du XVIe siècle ; car Baldinucci nous dit qu’un artiste, Antonio Novelli, tenta, vers le milieu du XVIIe siècle, de faire renaître cet art « qui était perdu depuis de longues années. »
La réputation de Giovanni a beaucoup souffert de ce fait qu’on lui a attribué toutes les œuvres que l’on n’estimait pas assez belles pour porter le nom d’Andrea. Or il existe en Toscane un très grand nombre de terres cuites émaillées ou de terres cuites peintes, et qui ont été faites, au XVIe siècle, soit après la mort de Giovanni, soit dans son atelier par ses élèves, et qui sont absolument indignes d’être considérées comme son œuvre.
Je citerai comme exemple les œuvres suivantes :
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Retable de l’église Santa Chiara à Monte Sansavino.
La Vierge de l’église San Barnaba à Florence.
La Vierge dn Séminaire de Fiesole.
L’ Annonciation de la Via Gino Capponi à Florence.
La Déposition de croix , de la Verna.
La Visitation de l’Oratoire de Sant’Ansano à Fiesole.
La Nativité de Poppi, ainsi que le même sujet représenté, avec quelques changements, dans une œuvre du Bargello.
MM. Cavallucci et Molinier, dans leur beau livre sur les Délia Robbia, n’ont pas toujours apporté assez de soin dans le choix des œuvres qu’ils ont reproduites. C’est ainsi qu’ils ont gravé, page 99, en l’attribuant à Andrea délia Robbia, une Vierge du Camposanto de Pise, œuvre tout à fait secondaire, qui ne peut être attribuée qu’à un mauvais élève de Giovanni.
Pour juger Giovanni il faut donc séparer avec soin ses œuvres de celles de ses imitateurs. Or si nous le jugeons, soit d’après les œuvres de sa première manière faites en imitation du style d’Andrea, telles que le Lavabo de Sainte Marie Nouvelle, soit d’après les œuvres plus personnelles de sa seconde manière, telles que la Nativité de la Verna, l’Assomption, de Barga et la Madone d’Arezzo, nous reconnaîtrons qu’il était un artiste d’une réelle valeur, digne encore de porter le nom si illustre des Délia Robbia.
Relativement aux idées exprimées, Giovanni n’apporte aucune modification à l’art de son père. Comme lui, il est tout entier et exclusivement au service de l’art religieux. Dans quelques unes de ses œuvres, par exemple, dans les bustes de la Certosa , suivant en cela le mouvement de l’art florentin, Giovanni imite quel-
GIOVANNI DELLA ROBBIA
ques formes de la statuaire romaine, mais il ne le fait qu’avec la plus grande timidité et la plus grande réserve : ces emprunts ne vont jamais jusqu’à 'modifier le fond de sa pensée, qui reste toujours profondément chrétienne.