‹ Les Della RobbiaChapitre 54 sur 65 · LAVABO . · texte numérisé non relu

LAVABO .

dans l’église de San Niccolo da Tolentino a Prato.

GIOVANNI DELLA KOBBIA.

plus à Andrea qu’à Giovanni et il propose d’attribuer aussi à cet artiste inconnu le Tabernacle de l’église des Saints Apôtres à Florence. La discussion de M.G. Carotti est très intéressante, mais je persiste toutefois à reconnaître dans le Lavabo de Prato, sinon la main de Giovanni, du moins les traits caractéristiques de sa manière. Je les reconnais dans les grossières arabesques des pilastres, semblables à celles des Fonts baptismaux de Cerreto Guidi, dans la lourde guirlande qui entoure le tympan et retombe jusqu’à terre, dans les plis trop sommairement traités des Anges adorant l’enfant Jésus, surtout dans les formes grosses des enfants nus qui surmontent le tympan ou soutiennent la fontaine du Lavabo. Il est vrai que la Vierge ne rappelle pas le type ordinaire des Vierges de Giovanni, mais cela ne doit pas nous surprendre, étant donné que Giovanni n’a pas craint d’imiter fréquemment le style de ses contemporains.

§ 2e. — SECONDE MANIÈRE.

Après avoir réuni les œuvres de caractère incertain dans lesquelles Giovanni se rattache soit à l’art de son père, soit à l’art de Desiderio, nous allons étudier une série d’œuvres, que l’on peut considérer comme représentant une seconde manière et dans lesquelles il s’affirme avec une véritable personnalité.

Giovanni n’a pas la pureté de style de son père et il ne s’est pas préoccupé au même degré que lui de la beauté des lignes ; mais il se montre son disciple fidèle par ses recherches expressives. Plus qu’Andrea encore il anime et complique la composition, se passionnant

ŒUVRES DE GIOVANNI

pour la richesse et le brillant du décor. Au point de vue du coloris, il multiplie les nuances et parfois, au lieu d’avoir recours à l’émail, il se contente de peindre ses figures. Il est trop hâtif, souvent un peu vulgaire, mais, malgré ses défauts, nous pourrons admirer chez lui un certain nombre d’œuvres originales qui ne sont pas indignes d’être citées, même après les merveilleux chefs-d’œuvre de Luca et d’Andrea.

Il était dans la destinée de l’art des Délia Robbia de se rapprocher de plus en plus de la manière des peintres. Giovanni trouvait le procédé de l’émail trop lent et trop sommaire ; et il le supprima souvent pour colorer directement la terre cuite ; et ainsi il pouvait nuancer avec plus de finesse le coloris des mains et du visage, donner plus de force aux colorations des vêtements et reproduire avec plus de détails les fonds de paysage. Mais il n’est pas démontré que ces efforts aient été suivis d’une réussite complète. Nous restons hésitants devant de telles tentatives, et si l’art de Luca et d’Andrea, dans son extrême simplicité, s’impose à nous avec toute l’autorité des véritables chefs-d’œuvre, il nous semble que Giovanni, dans ses recherches trop compliquées, ait réellement demandé à la sculpture plus qu’elle ne pouvait donner et qu’il ait, par la prédominance accordée

LA NATIVITÉ de Barga.

GIOVANNI DELLA ROBBIA

aux colorations, trop subordonné cette puissance de la ligne qui doit toujours rester l’essence même de toute œuvre sculptée.

En peignant ses sculptures, Giovanni, il est vrai,

LA NATIVITÉ de l’église des Anges à la Verna.

n’inventait rien. Il ne faisait que reprendre cet emploi de la polychromie qui avait eu tant de succès au moyenâge. Mais ce qui fut son apport personnel et ce que l’on peut considérer comme le côté le plus défectueux

ŒUVRES DE GIOVANNI

de son art, ce fut l’emploi de la polychromie pour colorer les parties planes de ses reliefs et les transformer en véritables tableaux.

De toute façon, les recherches de Giovanni étaient un coup porté à l’art de la terre cuite émaillée qui, à vrai dire, n’a existé dans toute sa pureté qu’entre les mains de Luca et d’Andrea.

Les œuvres de Giovanni dont nous allons parler ont été faites de 1510 à 1527. Nous n’essaierons pas d’établir entre elles une classification chronologique. Ce serait une étude difficile à faire et ne présentant qu’un faible intérêt. Nous adopterons pour parler de ces œuvres la division par ordre de sujets.

La Nativité. — Il semble que le motif de la Nativité ait été le motif favori de Giovanni. Il n’a fait aucune œuvre qui soit plus belle que les Nativités de Barga, de la Verna, ou de Città di Castello.

La Nativité de l’église des Capucins de Barga" est le point culminant de l’art de Giovanni. A ce moment, il est moins hâtif que dans les œuvres postérieures à 1520, il est plus voisin de l’art de son père et conserve encore intacte toute l’ardeur de sa foi chrétienne. L’œuvre est exquise de sentiment; la Vierge se penchant vers l’enfant Jésus est une admirable figure exprimant toutes les joies de l’amour maternel. Les Saints qui entourent la Crèche: Saint Jérôme et Saint François, sont d’un sentiment moins ascétique que dans les œuvres d’Andrea, de formes moins décharnées, et, comme la Vierge et Saint Joseph, portent sur leurs visages l’expression du plus tendre amour. Le sommet de la composition est orné de têtes de Chérubins et de figures d’Anges, disposées avec une véritable entente du sentiment décoratif.

la NATIVITÉ du Musée de Città di Castello.

T a Nativité de la Verna, aussi fine d’exécution que

ŒUVRES DE GIOVANNI

Dans Y Adoration des bergers de Città di Castello la disposition du motif principal est sensiblement la même ;

n’en diffère que par le groupe des Anges chantant dans le ciel.

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