XI, X
couché sur un lit , et vêtu d’une robe noire garnie d’hermine , semée de petits chiens dans un dessin , et dans l’autre , avec la même robe noire semée des mots jamais , jamais , avec un seul chien. Parmi les autres personnages, on remarque le duc de Bourgogne, Jean-sans-Peur, à la robe semée de rabots; le duc de Berry, à la robe semée de cygnes; les grands odiciers du Roi ; le pape Alexandre V, avec ses habits pontilicaux , etc., etc.
Les miniatures sont au nombre de vingt-sept , parmi lesquelles onze , d’un travail précieux , attestent le talent de l’un des plus habiles artistes du commencement du quinzième siècle ; six sont d’une autre main , d’une exécution médiocre , et les dix autres, tout-à-fait mauvaises, et touchant au grotesque, semblent être l’essai informe d’un apprenti enlumineur, et déparent ce beau Manuscrit.
L’habileté du scribe n’étoit pas au-dessous du talent du meilleur des trois artistes en miniatures ; il a mis dans son travail un soin et une exactitude que l’on rencontre rarement dans les manuscrits: il a porté l’attention jusqu’à faire de petites corrections qui annoncent un respect de la langue très méritoire , et dont les auteurs et les scribes de nos jours , autrement dit les imprimeurs, ne se font pas tant de scriqude. Ainsi, dans cette phrase, page vj , verso : « le philozophe issi r/chors de la cité » , le scribe a effacé le de à dehors. Un et placé mal à propos dans une énunxération , mais sans qu’il nuise au sens ni à la clarté de la phrase, a été également rayé. L’article la a été supprimé dans ce passage, page iv, verso ; « je vous ay exposé les moralitéz et la bonne doctrine contenues en icellny livre » ; ce (jiii dénote assurément un sentiment grammatical ipii auroit fait honneur à Patru ou à Vaugelas.
Toutes les initiales sont peintes en or et en couleurs , blanc, bleu et rouge, comme dans les folios ; les lignes qui ne sont pas pleines sont terminées par des ornemens légers , aux mêmes couleurs , rehaussés d’or, et de la hauteur du corps de l’écriture.
Dans la seconde partie des entretiens de Charles VI avec Salmon , les mots le Roy demande sont peints eu or, d’un vif
DESCRIPTION
éclat , et formant relief ; et les mots Salmon respont sont peints en couleTir bleu-clair. Il y a des réclames à la fin de la plupart des cahiers, composés de huit feuillets; mais elles manquent à plusieurs, et il n’y a pas trace de signatures.
Le volume est dans une reliure moderne, en maroquin rouge. Sur le premier et le dernier feuillet se trouve l’estampille en rouge de la Bibliothèque nationale , avec les lettres RP entrelacées. On se souvient assez que ces lettres sont le sigle de la République Française. Le titre qu’on a mis sur le dos de la couverture occupe les intervalles de trois nervures , et est ainsi détaillé : Maximes royales et autres pièces concernant l’histoire DE France sous Charles VI, mss. sur vélin avec miniatures. Il y a quelques piqûres de vers sur le dos du volume, mais on ne voit qu’un seul trou sur les premiers feuillets de vélin ; la dorure des tranches et l’absence des signatures , qui ont dû exister, dénotent que le vélin a été rogné, ce qui est à regretter pour ce volume comme pour tant d’autres.