‹ Les Démarches de la Pensée SocialeChapitre 2 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au cours de nos recherches sur la réforme de l’État au début de la Révolution autour de l’idée d'utilité sociale (1), nous avons été frappé par une double constatation.

D'abord, les grands principes comme la liberté, la souveraineté, axiomes du raisonnement logique des réformateurs, reçoivent des sens différents, parfois opposés, suivant les circonstances et les partis politiques. Ensuite, nous avons recueilh dans les pétitions des lraisons d’idées qui nous ont semblé renfermer une démarche originale de la pensée populaire dont le contraste est manifeste : avec la pensée logique des députés.

Sur le premier point, notons que la remarque, pour localisée qu’elle soit, est très générale. C’est une constatation d’expérience que les idées politiques, juridiques, morales, foisonnent d'incertitude; leurs définitions ne sont point une fois données comme celles des axiomes mathématiques. Il s’ensuit que le schéma que nous avons de l’univers social se trouve à tout instant remis en question, et la tendance qui est en nous à y chercher des lois certaines, est déçue.

Sans doute la pensée logique traditionnelle est, dans des proportions variables, présente à l’intérieur de la définition des règles de droit et des idées sociales qu’une civilisation déter-

(1) V. notre ouvrage : La oeil d'une Idée-force. L'idée d'utilité sociale pendant la Révolution française (1789-1792). Paris, 1939).

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