‹ Les demi-soldesChapitre 27 sur 27 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Extrait des journaux de novembre :

« Pour la deuxième fois depuis 1832, la tombe du duc de Reiclistadt a été délaissée le jour des Morts.

)) Pendant de longues années, la population de Vienne s'était habituée à trouver, le 2 novembre, le cercueil du fils de Napoléon orné d'une couronne de lauriers et d'un splendide bouquet.

» Un serviteur apportait les fleurs et la couronne à la chapelle des Capucins avant le lever du jour, et s'en retournait sans dire qui l'avait envoyé.

» L'année dernière, la tombe fut oubliée pour la première fois. Cette année, on n'a pas davantage vu paraître les pieux souvenirs d'antan.

» Une femme âgée qu'on avait vue venir quelquefois au tombeau du duc de Reichstadt passait pour être l'auteur des mystérieux envois : elle a cessé de

venir en 1896, et n'a pas non plus fait son apparition cette année. On suppose qu'elle est morte.

» Personne, hormis peut-être le Père gardien des caveaux, n'a su le nom de cette femme, dont la fidélité a duré autant que la vie. »

L'ancienne maîtresse de Montander, coupable d'avoir tué, avec l'Espérance, neuf soldats d'énergie décorés des ordres de l'Empereur, ne pourrait-elle pas être cette femme « mystérieuse », et serait-il impossible de reconnaître dans cet hcn:image rendu jusqu'à nos jours à la tombe du duc de Reichstadt une longue et suppliante effusion d'amour repentant ?

Mais elle n'est plus, et rien ne demeure. C'est à présent seulement que le roi de Rome est mort.

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