‹ Les démocraties antiquesChapitre 101 sur 120 · Polit. 1319, A · texte numérisé non relu

Polit. 1319, A

de la lutte contre Sparte y eut sa répercussion dans la politique intérieure : il y eut, à Mantinée comme ailleurs, des partisans d'Argos ou d'Athènes. et des partisans de Sparte. L'opposition des partis dut s'envenimer peu à peu, et des excès «e produisirent sans doute des deux côtés ; l'établissement de la démocratie à Tégée en 370, qui fut, en grande partie, l'œuvre des démocrates mantînéens, fut accompagnée de massacres odieux. Mais il faut songer que ceci se passe après la reconstruction de Mantinée, détruite quinze ans plus tôt par les Spartiates, et qu'alors les passions sont portées au comble par les souffrances endurées et par le désir de la vengeance. En somme, on peut dire que la démocratie de Mantinée, pendant la période normale de son existence, a eu le mérite d'obtenir les éloges d'un juge aussi sévère qu'Aristote, et que, si elle a fini par tomber à son tour dans les excès qui paraissent avoir terni sa fin, c'est à une époque où l'esprit de violence, en Grèce, devenait de plus en plus général, et où Lacédémone elle-même en avait donné d'éclatants exemples.

Page 1