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POLYCE, VI

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camp et en marche, la discipline, tout ce qui fait, en un mot, la force des armées, y est prévu et ordonné en perfection. Polybe fait de tous ces points une élude minutieuse, justement célèbre, et ne se lasse pas de démonter tous les ressorts de cette incomparable machine de combat, chefd'œuvre de science militaire*.

Mais il n'admire pas moins les vertus romaines. D'abord le courage, exalté par l'amour de la gloire; à Rome, point de soldats mercenaires; les citoyens combattent en personne, et tous sont prêts au sacrifice de leur vie pour assurer à leur mémoire l'honneur qui environne chez eux les exploits guerriers. Ensuite la probité et le désintéressement : recevoir de l'argent est, pour un magistrat romain, un crime qui entraîne la mort^. Enfin leur religion, leur superstition même, qui est un frein moral plus fort que toutes les lois. Ailleurs, on se moque des superstitieux; à Rome, on craint les dieux naïvement, et cette croyance, inutile peut-être à un peuple de philosophes, fait régner chez les Romains plus de probité que partout ailleurs : « Chez les Grecs, dit amèrement Polybe, si l'on confie seulement un talent à un homme public, on a beau rédiger dix actes écrits, les sceller de dix cachets et prendre vingt témoins,

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