Tuuc, II, 13, 2-3 et
gloire : sous un bon chef, il se battait à merveille. Ce qui parait lui avoir quelquefois manqué, c'est la discipline et la ténacité. Un amusant plaidoyer de Démosthène {contre Conon) nous montre un léger désordre se produisant dans une garnison de l'Attique à la suite de libations trop abondantes, et le stratège lui-même employant son éloquence pour mettre fin à une scène qui n'aurait pas dû, semble-t-il, retenir, à ce point, l'attention d'un officier du premier rang. L'intelligence souple des Athéniens leur donnait une supériorité marqué? sur les Spartiates dans l'art des sièges : ils avaien porté assez loin l'art de l'ingénieur, tandis que leurs rivaux étaient arrêtés par la moindre bicoque.
On comprend que les guerres continuelles qui remplissent le V siècle aient durement éprouvé l'armée athénienne, et notamment les classes riches qui formaient les hoplites*. Aussi, après la guerre du Péloponèse, les cadres de l'armée furent de moins en moins remplis. On prit l'habitude de payer des mercenaires. Au temps de Démosthène, c'était une affaire que de lever deux mille hoplites : personne ne voulait servir. L'armée, alors, au lieu d'être nationale, devint comme extérieure à la cité, à tel point que certains même de ses chefs étaient plutôt de véritables condottieri que des stratèges athéniens. Mais cet excès, à vrai dire,