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Aristote, Polif., 1303, A

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n'appartient qu'à la dernière période de l'histoire d'Athènes.

Si l'armée d'Athènes était bonne, sa marine était tout à fait supérieure. Les Athéniens avaient toujours été marins. Leur flotte sauva leur indépendance au temps des guerres médiques. Plus tard elle assura leur hégémonie.

Rester les maîtres de la mer était pour eux, depuis Thémistocle, un axiome de leur politique, et, de fait, leur hégémonie ne fut ébranlée qu'au moment où leurs rivaux commencèrent à devenir capables d'armer de grandes flottes et de les conduire à la victoire : ce sont les défaites navales des Athéniens qui entraînèrent la défaite de leurs armées. Aussi leurs trières de combat étaient-elles nombreuses et bien armées. Le port de Phalère et celui du Pirée en contenaient des centaines prêtes à prendre la mer. Les chantiers de Munychie étaient sans cesse en activité. Sur chaque trière, on embarquait de nombreux rameurs (environ cent quatrevingts), pris parmi les citoyens de la dernière classe et les métèques, quelquefois parmi les esclaves. Chacune, en outre, portait une vingtaine de combattants. Les capitaines expérimentés ne manquaient pas. Sous un stratège comme Phormion, la flotte était invincible par sa supériorité manœuvrière et par sa tactique. Fière des succès de sa flotte, Athènes avait iûour elle une vraie prédilec-

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tion; et les marins, à leur tour, conscients de leurs services, très influents par leur nombre dans des Assemblées où l'on votait par tête, formaient, depuis la bataille de Salamine, un des éléments principaux de la démocratie. Tous les témoignages sont d'accord sur l'importance prise peu à peu par la population maritime dans le gouvernement de la cité. Or, cette population était formée des citoyens les plus pauvres. Les excès de la démocratie athénienne sont toujours attribués par les anciens à cette prépondérance des marins, du vauTixbç o/Xoç, tandis que réserver le pouvoir aux hoplites est synonyme d'établir un gouvernement de réaction modérée.

Une flotte puissante, une armée dont les soldats s'entretenaient eux-mêmes, il est vrai, mais recevaient une solde, des magistrats nombreux et salariés, des tribunaux et des Assemblées qui touchaient aussi une paie pour remplir leurs fonctions, tout cela, sans compter les dépenses énormes des fêtes religieuses et des travaux publics, exigeait des revenus considérables. Le problème financier était, pour Athènes, d'un intérêt vital, et fut parfois difficile à résoudre. Car c'était un principe que les citoyens devaient être libres dans leurs propriétés comme dans leurs personnes : l'impôt direct leur semblait une atteinte à la propriété. La dîme autrefois établie nar Pisistrate avait laissé un sou-

venir odieux : on la regardait comme un impôt de tyrannie. Il fallait cependant de l'argent, et beaucoup d'argent, pour subvenir aux besoins du trésor. Où le trouver?

D'abord, l'État était propriétaire. Il possédait des terres et des maisons, qu'il louait. Il possédait surtout les mines d'argent du Laurium, qu'il affermait à des entrepreneurs, et qui furent longtemps d'un bon profit ; au milieu du iv* siècle, il est vrai, le revenu s'en était amoindri, etXénophon s'inquiétait des moyens de le relever.

D'autres sources de revenus fort importantes étaient les impôts de capitation perçus sur les métèques et sur les esclaves. Les métèques, fort nombreux et souvent riches, l'acquittaient euxmêmes. Pour les esclaves, c'étaient les propriétaires, qui payaient, par une dérogation évidente à la règle qui excluait les impôts directs. Au contraire, les impôts indirects étaient d'une pratique générale. Le principal était le droit du cinquantième perçu sur toutes les marchandises qui entraient au Pirée. Il y avait aussi des droits de port, des droits de marché. Dans une ville aussi commerçante qu'Athènes, ces droits formaient un total élevé. La perception en était faite par des entrepreneurs qui en achetaient l'entreprise à un prix ferme. Ajoutons encore les amendes et confiscations, qui tenaient une plus grande place dans le

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budget athénien qu'on ne rimaginerait à première vue, et certainement une trop grande place. N'oublions pas non plus le butin fait à la guerre qui, dans ces temps de luttes incessantes et souvent cruelles, n'était pas une quantité négligeable.

Mais toutes ces sources de revenus auraient été insuffisantes si deux autres, très importantes, ne s'y étaient jointes : d'une part, l'argent des alliés, ensuite les contributions plus ou moins volontaires qui pesaient sur les riches.

Bien que la propriété fût en principe exempte d'impôt direct, l'État avait trouvé plusieurs moyens de remplir le Trésor aux dépens des riches. Dans les circonstances graves, on leur demandait des offrandes volontaires (ÊTriBôdetç) qu'il ne leur était guère possible de refuser. Plus tard, il y eut même une sorte de contribution de guerre obligatoire, ret5(j)opâ, qui n'était pas, à proprement parler, un impôt direct, en ce qu'elle n'était ni régulière ni rigoureusement tarifée pour chacan, mais qui n'en pesait pas moins très lourdement sur les fortunes privées. Les citoyens riches étaient répartis en 20 symmories, à raison de 120 par tribu; les 300 plus riches (15 par symmorie) faisaient l'avance de la somme nécessaire, et se faisaient ensuite rembourser en partie par les moins riches. La somme demandée parait avoir été quelquefois très considérable.

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Enfin, une dernière forme d'impôt, non moins lourde, était celle des liturgies, c'est-.à-dire' des « services publics», mis à la charge des citoyens les plus riches. L'État se débarrassait ainsi sur les particuliers de certaines dépenses qu'il eût dû sans cela faire lui-même. Les principales liturgies, mais non les sçules, étaient la chorégie et la triérarchie. Un chorège devait entretenir et exercer un chœur soit tragique, soit comique, soit cyclique. Un triérarque devait équiper une trière dont la coque était fournie par l'État. Cette dernière liturgie, en particulier, était si onéreuse qu'on fut souvent obligé de grouper plusieurs triérarques ensemble pour y suffire. Au temps de Démosthène, nous voyons l'organisation des symmories appliquée à l'équipement des trières pour alléger un fardeau devenu intolérable. Mais au siècle précédent, vers les débuts de la guerre du Péloponèse, il y avait, chaque année, quatre cents triérarques sur lesquels seuls pesait toute la dépense. Les chorèges étaient désignés par l'archonte éponyme*, les triérarques par un des stratèges 2. Le citoyen désigné pouvait essayer d'éviter cette charge en désignant un autre citoyen comme plus riche. Si celui-ci n'acceptait pas, le premier pouvait exiger l'échange des fortunes (àvTLoofftç) : d'où beaucoup de procès. La triérarchie

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