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était, au v* siècle, un fardeau si lourd que l'aristocrate inconnu, à qui nous devons la République d'Athènes conservée sous le nom de Xénophon, en attribuait l'institution à la volonté du peuple de ruiner les riches. Il est pourtant remarquable que beaucoup de citoyens n'avaient pas pour les liturgies autant d'horreur qu'on pourrait le croire. L'impôt était lourd, sans doute, mais il flattait l'orgueil de celui qui le subissait. C'était un bon- . neur autant qu'une charge. Un chorège était le représentant de sa tribu ; il devenait un personnage quasi-sacré et brillait au premier rang dans les fêles ; il tenait à bien faire les choses pour donner une grande idée de sa fortune et de son dévouement à la cité. Il en était de même du triérarque, qui allait, parfois, au delà de ses obligations strictes pour faire sa cour au peuple. L'ancien chorège, l'ancien triérarque qui avait plus tard un procès (et personne, à Athènes n'était à l'abri de quelque procès), ne manquait pas d'étaler devant les Héliastes les liturgies qu'il avait remplies, et c'était là, probablement, un des meilleurs arguments qu'on pût faire valoir, à en juger par la place qu'il tient dans les plaidoyers attiques. Il convient d'ajouter, d'ailleurs, que l'élévation du taux d'intérêt, dans l'antiquité grecque, permettait à un citoyen riche de reconstituer assez rapidement £on capital, même largement entamé.

Enfin, en dehors de l'argent que l'Etat demandait sous tant de formes aux citoyens, il y avait celui que lui apportaient les alliés, et c'était là une très forte pari de son revenu total, à peu près la moitié^. On sait comment, à la suite des guerres médiques, trois ans après Salamine. Aristide organisa, sous la présidence d'Athènes, une puissante ligue maritime pour la défense de la Grèce contre le Barbare. Les cités alliées devinrent vite sujettes, sauf Chics, Lesbos et Samos, qu'Athènes ménageait pour s'en faire un appui contre les autres, dit Aristote*. D'abord, chaque cité avait fourni à la ligue sa part d'argent, de vaisseaux et de combattants. L'argent était déposé à Dclos, où se réunissaient périodiquement les délégués de la confédération pour délibérer sur les affaires communes'. Les alliés étaient alors vraiment « autonomes ». Mais, plus tard, Athènes leur suggéra l'idée de se libérer du fardeau des contributions en hommes et en vaisseaux moyennant une simple redevance en argent. La redevance, qui avait été d'abord de

1. XÉNOPHON {Anab. VII, 1, 27) dit qu'au début de la guerre de Péloponèse les revenus d'Athènes s'élevaient à plus de mille talents. Si l'on défalque de ce chiffre les cinq ou six cents talents que rappoitait le tribut des alliés, il reste une somme à peu près égale pour les revenus de source athénienne, non compris, bien entendu, le produit des liturgie».

?. Const. Alh., p. 24, 2.

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