LA CONSTITUTION DÉMOCRATIQUE D'ATHÈNES
tage rincarnation de la cité, et comme le prototype de tous ses grands hommes*. L'éloge de la Constitution athénienne était un des << lieux-communs » des oraisons funèbres : orateurs et poètes ont rivalisé d'enthousiasme à son sujet. Il est curieux d'écouter d'abord ce qu'ils en ont dit ; car, en la louant, ils ont montré sous quel aspect elle apparais'sait aux Athéniens, quelle signification on lui donnait, dans quel esprit on l'interprétait ; bref, à quel idéal politique de l'âme athénienne elle donnait satisfaction. Ce commentaire des institutions par la littérature contemporaine est le témoignage le plus autorisé, sinon sur ce que les Athéniens ont réellement fait, du moins sur ce qu'ils ont conçu comme l'objet essentiel de leur activité.
Thucydide est le plus ancien et le plus profond de ces commentateurs. Dans Y Oraison funèbre qu'il attribue à Périclès, il déclare que la grandeur d'Athènes vient de ses lois et de ses mœurs : ce sont elles qui ont créé l'héroïsme des guerriers dont l'orateur fait l'éloge j c'est à elles qu'il faut toujours en revenii pour comprendre l'action d'Athènes. Suit une merveilleuse analyse du régime et de l'esprit de la cité 2. Chaque phrase de ce morceau serait à méditer, car on peut dire sans
1. Euripide, Suppl., p. 352-363; Isocratb, Panatlien., p. 130 et suiv.