I. — Coup d'oeil général
Le mouvement démocratique, dont nous venons de suivre le progrès à Athènes, n'y fut pas confiné. Il s'étendit à tout l'hellénisme, et même les parties du monde grec qui y résistèrent en subirent l'influence.
Dès le VIII' siècle, nous l'avons vu, les vieilles royautés patriarcales étaient en pleine dissolution d'un bout à l'autre de l'hellénisme. Le progrès de la population, l'extension du commerce maritime, celui de l'industrie et du travail servile, l'accroissement des cités, la fondation des colonies, le développement de la richesse, tout concourait à boule-
verser l'ancien ordre de choses. Presque partout, ce sont d'abord les aristocraties qui profitent de cette évolution pour accroître leur puissance au détriment des familles royales. Mais les gouvernements aristocratiques sont plus durs et plus oppressifs pour la foule des humbles que ne l'avaient été les vieilles royautés. L'âpre lutte pour la richesse est la loi de ces sociétés jeunes et actives, et, dans la lulte, les faibles sont écrasés. De là, des révoltes populaires, suivies ordinairement de violentes répressions. Ces luttes intestines, après avoir duré un ou deux siècles, aboutirent en général à la tyrannie, c'est-à-dire à l'établissement de pouvoirs despotiques fondés sur la force et visant à devenir héréditaires.
Parmi ces tyrans, les uns avaient été appelés au pouvoir par l'oligarchie et s'étaient ensuite affranchis de tout contrôle; les autres, au contraire, s'étaient donnés pour les amis des pauvres et avaient conquis la suprême puissance à l'a'de de la multitude*. Pisislrate est l'exemple le plus fameux de ce second genre d'usurpateurs. Quelques-uns furent des hommes intelligents et firent des choses utiles ou brillantes. Mais tous avaient ce caractère commun de ne reconnaître d'autre loi que leur bon plaisir et de maintenir leur domination à l'aide de mercenaires. Pendant le siècle