LES DEUX EMPIRES — LES DICTATEURS
L’empereur Ilurbide. — Les luttes entre fédéraux et unitaires. — La Réforme — L'empereur étranger. — La dictature de Porfirio Diaz. — Progrès matériel et servitude. — L’influence yankee.
Nous trouvons au Mexique, tour à tour, des révolutions et des dictateurs. Le principe d’autorité domine jusqu’à engendrer deux empires et une présidence inamovible; il y eut toujours un parti monarchique bien organisé. Le Mexique moderne, créé par une bienfaisante autocratie, démontre l’excellence des pouvoirs forts sur le continent divisé.
La nation aztèque naquit à la vie libre en 1821, des capitulations de Cordoba. Le vice-roi O’Donoju reconnaît le triomphe d’Iturbide, les droits du Mexique; le chef espagnol et le « caudillo » patriote décident la création d’un empire conservateur des droits de Ferdinand VII, comme les juntes de l’Amérique méridionale; l’élection d’un Congrès constituant; la nomination d’un gouvernement provisoire qui présiderait aux destinées nationales dans l'indécision crépusculaire d’un régime.
Iturhide, bientôt, incarne l’indépendance nationale; une ambition impérieuse le conduit, et des triomphes napoléoniens le hantent. 11 avait étudié les classiques, il était orateur brillant et persuasif. Son cou-
LE MEXIQUE
rage, son activité, son caractère dominateur, lui valent une soudaine popularité. Bolivar, dans une lettre à Riva-Agiiero, disait : « Bonaparte en Europe, Iturbide en Amérique : voilà les deux plus extraordinaires hommes que l’histoire moderne puisse offrir ». Le clergé, la noblesse mexicaine, les légions, le bas peuple qui le considère comme le libérateur de la patrie, l’entourent. Le Congrès lui est, en partie, hostile : les généraux Bustamante et Santa-Anna l’appuient à l’Assemblée ; les généraux Victoria et Guerrero l’y attaquent. Les députés comprennent qu’il aspire à l’absolutisme, qu’il ambitionne l’héritage des grands seigneurs de l’Anahouac. Une révolution prétorienne le proclame « empereur constitutionnel du Mexique », le 21 mai 1S22. Les opinions politiques du pays sont divisées. Les monarchistes désirent un prince espagnol ; les républicains, la fédération, une démocratie des libertés. De ces derniers, Iturbide a dit : « Ils furent mes ennemis parce que je m’opposais à l’établissement d’un gouvernement qui ne pouvait convenir au Mexique. La nature n’a produit rien soudainement; elle agit par étapes successives»1. L’Empereur répond aux aspirations populaires, flatte l’imagination de la foule par le faste de son couronnement, la splendeur de sa cour; il est le monarque national, créateur de la patrie, comme en Europe les rois féodaux. Convaincu de son prestige, poussé par son ambition, il dissout le Congrès. Dès lors, son gouvernement est menacé par les « caudillos » qui défendent la constitution violée. Iturbide abdique en mai 1823; et quand il revient dans son pays, on lui applique la peine de mort prononcée contre lui par contumace. 11 périt, fusillé, en 1824.
Santa-Anna qui a dirigé la révolution contre l’Empereur, est le véritable « caudillo » mexicain, pareil au