CHAPITRE XVI
COL.iRDEAU A l'aCADÉMIE. — SA MORT. LA HARPE A l'aCADÉMIE.
Marie de Verrières, qui peu à peu était tombée dans la dévotion, dut être très vivement affectée lorsqu'en 1774! parut une satire manuscrite des plus blessantes pour son amourpropre; elle lui rappelait durement ses erreurs passées. C'est à propos de Colardeau que cette brochure vit le jour.
Depuis qu'il s'était retiré à Pithiviers la santé du poète avait toujours été s'affaiblissant. Il écrivait à Dorât en 1773 :
« 15 mai.
(( Je viens de cracher le sang, mon cher ami, pour avoir néghgé de me faire soigner à la suite
d'un rhume obstiné qui a mis le feu dans ma faible poitrine.... Il y a cinq ans que ma mauvaise santé me fait craindre les orages du théâtre; ces secousses trop violentes pourraient m'être aussi funestes au physique qu'au moral. C'est sans mérite que je vous cède mon droit à la comédie*.... ))
La santé si déplorable de Colardeau devait vraisemblablement être attribuée aux excès qu'il avait commis, mais la malignité publique prétendit qu'il la devait à un douloureux souvenir de son ancienne maîtresse. Aussi lorsque parut la virulente satire dont nous venons de parler, s'empressa-t-on de la regarder comme une vengeance du poète et de lui en attribuer la paternité.
Il s'en défendit de son mieux, et écrivit même au Mercure :
« A Étiolles, ce 25 juillet 1774.
(( Je viens d'apprendre, monsieur, que depuis un mois un Ubelle manuscrit se répand sous mon