I’ I E D - D 0 T HYSTÉRIQUE
Fac-similé il’unc gravure extraite de La vJriU des miracles opérés sur la tombe du bienheureux de l'dris, par Carré de Moutgeron.
d enfants et de personnes simples et ignoiantes : il leur lit iaire journellement des discours d’une grande beauté, il leur fit développer le poison renfermé dans la bulle, déplorer les maux de l'Église, annoncer que sa jeunesse serait bientôt renouvelée comme celle de 1 aigle par la venue du prophète Élie et faire plusieurs autres prodiges. (Carré de Monlgeron, loc. cit., t. I, 3e partie. Idées des mouvements convulsifs, p. 4).
CHARCOT et richer. — Les démoniaques dans l’art. U
un véritable recueil d’observations médicales, qui par la précision des détails nous permet de reconnaître aujourd’hui la véritable nature des accidents morbides dont il est parlé.
Nous n’aurions rien à en dire ici si ce livre n’était accompagné de gravures fort intéressantes, et dont certaines présentent, à notre point de vue spécial, un haut intérêt.
Nous citerons, par exemple, une gravure relative à la guérison d’une demoiselle Foureroy, qui, privée depuis quinze mois de l’usage du pied gauche, fut guérie subitement à la suite de convulsions sur le tombeau même du bienheureux.
La relation du cas nous a permis d’établir1 que cette demoiselle présentait les signes les plus variés de la grande névrose; mais l’alïection du pied gauche, si curieusement décrite par Montgeron et déclarée incurable, si imprudemment, par cinq célébrités médicales de l’époque, fait l’objet d’un dessin très remarquable dans l’espèce.
11 vaut à lui seul plus et mieux qu’une longue description; il suffit pour établir la véritable nature du mal, et rien qu’à le considérer, il est impossible de ne pas reconnaître les signes si typiques et si précis du « pied-but hystérique ».
La demoiselle Foureroy était donc atteinte d’une contracture hystérique du pied gauche. On reconnaîtra tout l’intérêt de celle révélation, lorsque l’on saura que la contracture hystérique, qui parfois immobilise un membre pendant des années, loin d’être incurable, guérit d’ordinaire delà façon la plus imprévue, subitement, sous l'influence d’une vive impression morale et souvent à la suite des attaques de convulsions généralisées.
C’est dans de semblables circonstances que la demoiselle Foureroy a guéri, et une seconde gravure de l’ouvrage de Montgeron la représente, après le miracle, s’avançant d’un pas assuré, au milieu de la foule qui admire et qui se précipite à genoux.