‹ Les demoniaques dans l'artChapitre 72 sur 79 · CIMETIÈRE DE SAINT-MEDARD · texte numérisé non relu

CIMETIÈRE DE SAINT-MEDARD

Fac-similé d'une gravure de B. Picart extraite des Cérémonies et coutumes de tous les peuples, etc.

notre temps n’en sont, nous dit-on, ni moins vraies ni moins merveilleuses. D’abord la chambre qui sert de théâtre aux miraculeuses agitations marque toute la modestie, toute la simplicité du parti. La première action A est celle d’une personne qui tombe dans une convulsion semblable à celles de l’épilepsie, avec des contorsions; mais cependant sans écumer de la bouche, sans rouler des yeux. B nous montre la patience et la foi d’une personne distinguée entre les convulsionnaires. Cette personne étendue par terre, comme on le voit à la lettre B souffre avec une constance exemplaire le poids du talon d’un autre dévot, qui dans l’intention de soulager la personne infirme, appuie du pied à l’endroit de l’œil avec toute la vigueur dont il est capable. Quelquefois la guérison se pratiquait avec le pouce appuyé de la môme force. C représente un autre malade assez connu dans le monde et d’ailleurs respectable par plus d’un endroit. Ce malade accablé d’infirmités et plein de confiance au pouvoir du bienheureux intercesseur souffre humblement des coups de bûche réitérés plusieurs fois par un des plus robustes dévots de l'assemblée pour le soulagement de son mal. La répétition des coups se fait sur le ventre et même sur l’estomac du patient : mais comment cette guérison est-elle possible ? dira l’incrédule. D fait remarquer une autre opération qui n’est pas moins exposée à celte incrédulité. C’est un patient étendu comme tous les autres sur lequel un homme vigoureux marche d’un pas fermejusqu’à ce qu’il soit parvenu à la poitrine. Alors d’autres personnes le soutiennent afin qu’il pèse mieux sur la poitrine du malade : quelquefois aussi il fait l’opération sur la tête du patient convulsionnaire. En attendantle succès des guérisons miraculeuses l’assemblée marquée par la lettre E entre lesquelles on en voit que l’on reconnaîtra si l’on veut, fait scs dévotions à la manière que j’ai dit. charcot et richer. — Les démoniaques dans l’art. !2

les démoniaques dans l’akt.

épuisé pour ainsi dire la curiosité qu’éveille d’ordinaire ces sortes de spectacles et détourné d’eux l’attention. Nous n’avons plus trouvé, en effet, à partir de cette époque, pendant tout le xviiic siècle, de spécimens d’art représentant les démoniaques. Pourtant une exception à signaler à l’étranger est le tableau de Goya qui est une des rares représentations de ce genre qu’ait laissées l’école espagnole.

Nous retrouvons au xix° siècle plusieurs peintures de démoniaques1 et nous pourrions en citer un certain nombre parmi les œuvres contemporaines. Mais le xviff siècle a rompu la tradition, et ces produits de l’art moderne n’ont plus rien à nous apprendre au point de vue spécial qui a été dans cette compilation notre principal objectif.

1. M. le docteur Galippe nous a signalé une fresque de Perre tti peinte en 1810 sous le portail de l’église de Ré (Vall. Vigezzo, Piémont) et qui représente un prêtre exorcisant une femme possédée. L’église de Saint-Lazare à Marseille possède un tableau représentant le Christ délivrant un démoniaque, de Pierre Bronzet, artiste distingué mort en 1883. Celte œuvre nous a été indiquée par le docteur Bernard. Messieurs Carlo Mariani et Giuseppe Aatonini, de Turin nous ont envoyé la photographie d’un tableau peint en 1870 par M. Louis Ciardi peintre florentin et représentant le bienheureux Bernardin de Biella, délivrant une jeune femme possédée. Enfin nous signalerons parmi les fresques récemment découvertes au Panthéon, celles de Th. Maillot qui représente la châsse de sainte Geneviève entourée de malades parmi lesquels on reconnaît une intéressante ligure de jeune homme possédé.

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