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pratique en Amérique, c'est-à-dire débarrasser complètement les canaux dentaires de leur pulpe, travail long et très-difficile, puis les aurifier ensuite. Alors seulement le malade a de grandes chances de conserver sa dent, avec peu de chance d’accidents successifs.
Le traitement des différentes formes de carie peut être résumé de la façon suivante :
Lorsque la carie n’a envahi que les parties superficielles de la dent, le traitement est fort simple, il suffit d’enlever avec des instruments convenables les parties atteintes par la carie et de remplir le trou laissé par cette opération avec de l’or suffisamment tassé. Si cette opération est bien pratiquée, ce qui est extrêmement rare, car elle est fort difficile, la dent se conservera indéfiniment sans altération.
Si la carie a envahi la dent de façon à mettre le nerf à nu, l’opération devient trèscompliquée et le salut de la dent est fort compromis. La seule chance de succès réside dans l’habileté de l’opérateur. Le nerf mis à nu devra, le plus souvent, être dé-
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trait, et avant de procéder à l'aurification, il faudra que les canaux dentaires soient nettoyés jusqu’à leurs plus délicates extrémités. L’or devra être introduit de façon à obturer exactement toutes ces parties, et on comprend combien cette manœuvre doit être difficile. Si l’opération et le traitement qui l'a précédée ont été parfaitement bien conduits, le malade a des chances nombreuses de conserver la dent atteinte.
Si, à la suite d’une carie déjà avancée, il s’est formé à l’extrémité des racines des sacs purulents ayant ou n’ayant pas déterminé de fluxion, les chances de guérison deviennent moindres que dans le cas précédent, et tout traitement se bornant à la cavité dentaire est fatalement suivi d’insuccès.
Si enfin, à la suite d’une carie très-avancée, il se forme une inflammation du périoste alvéolo-dentaire, des exostoses, etc., le cas est aussi compliqué que possible, surtout s’il s’agit de grosses molaires. Nous disons, s’il s’agit des grosses molaires, parce que, pour les autres dents, la direction des racines est facile à reconnaître et qu’on peut sou-
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vent, par la paroi alvéolaire, vider et dessécher les abcès qui se sont formés.
La plupart des dentistes ignorent absolument les soins compliqués qu’exigent les différentes sortes de carie. Plusieurs affirment hardiment que l’extraction est une opération ù. laquelle ils n’ont jamais recours et ils appliquent à toutes les dents un traitement uniforme consistant , soit en une cautérisation, soit dans l’application de substances calmantes le plus souvent inutiles. Quand le client est revenu subir cette opération un certain nombre de fois, si cependant il n’est rebuté par la longueur d’un traitement qui n’a souvent d’autre résultat que de remplir le salon du dentiste, et faire croire ainsi à une réputation imaginaire, l’opérateur applique un plombage, enfermant souvent ainsi le loup dans la bergerie, car les parties du nerf qui se trouvent enfermées dans la dent, ayant perdu leur vitalité, se décomposeront, et le pus formé ne pouvant s’échapper, il en résultera d’atroces douleurs ou une fluxion plus ou moins considérable. En résumé, le malade sera toujours obligé
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de se faire enlever sa dent. Ce système de pansement n’est propre en réalité qu’à enrichir les dentistes qui l’exploitent, et il ne peut séduire que par son apparente simplicité et l’absence de la douleur au début du traitement (l).
Ajoutons que c’est presque toujours la faute du client, lorsque la carie est arrivée à un degré tel qu’elle est au-dessus des ressources de l’art. Toute carie commence par un point , visible seulement pour le dentiste, et qui va en augmentant chaque jour jusqu’à ce qu’il soit visible pour le client ; alors il est presque toujours trop tard pour y remédier. Si on traitait l’affection à son début, la guérison serait la règle invariable; cette vérité est si bien comprise aux États- Unis, que les personnes qui ont les meilleures dents se les font examiner au moins
(4) Ajoutons à ce qui précède que ces prétendus pansements avec quelques variantes sont indistinctement appliqués par ces dentistes à toute espèce de dents, même à celles qui pourraient être aurifiées immédiatement sans subir aucun trailement préalable. Les dents auxquelles il est nécessaire de faire subir un traitement préalable, autre que l’enlèvement delà partie cariée, avant l'aurification sont en très-petit nombre.
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tous les six mois par leur dentiste, et s’évitent ainsi de longues et pénibles opérations.
L’obturation de la cavité des dents avec de l’or ou aurification est une des plus difficiles opérations de l’art dentaire, mais c’est la seule qui puisse limiter d’une façon absolue les progrès de la carie.
Dans une aurification parfaite, l’or introduit dans la dent doit faire corps avec elle, comme si l’on avait coulé dans sa cavité le métal en fusion. Non-seulement l’or comble exactement cette cavité, mais encore il reproduit la forme de l’organe et supporte ses parois sur lesquelles il se moule et se soutient bien plus qu’il n’est soutenu par elles. Une dent dont la couronne était presque réduite h son émail acquiert ainsi la solidité d’un lingot. Cette opération est si délicate et si utile que certains dentistes, en Amérique, en font l’objet tout spécial de leur pratique, et se sont ainsi acquis une grande réputation. Disons que c’est aux États-Unis seulement qu’on comprend l’importance de l’aurification et qu’on la paie ce qu’elle
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vaut C1). Nous avons été les premiers à la décrire en France, où elle est encore rarement bien exécutée (Voir les premiers numéros de notre journal Y Art dentaire , année 1857.
La qualité de l’or qu’on emploie pour l’obturation est loin d’être indifférente. Le battage et les différentes opérations qu’on fait subir à ce métal ont une influence considérable sur sa malléabilité et sa dureté. L’art de le préparer pour l’aurification des dents est extrêmement difficile, et ce n’est guère qu’aux États-Unis qu’il a atteint toute sa perfection.
Tous les pays du monde font venir leur or en feuilles d’Amérique ; la seule maison d’Àbbey, de Philadelphie, en fabrique annuellement pour plusieurs millions de francs.
Avant d’introduire l’or dans la cavité de la dent, il faut toujours enlever la partie malade et disposer la cavité de façon à em-
(4) Aussi voit-on en Amérique des praticiens faire de cette opération leur occupation exclusive et y acquérir une grande renommée, absolument comme on voit à Paris rertaius chirurgiens ne s'occuper que d’une opération déterminée, telle que la lilhotritie, par exemple, et y acquérir par cela même une habileté supérieure.
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pêcher la chute de la matière obturante ; on la remplit ensuite avec des feuilles d’or que l’on comprime au moyen de fouloirs et d’autres instruments.
La plupart des dentistes font encore usage de substances autres que l’or pour obturer ou, comme on dit vulgairement, plomber les dents. Nous allons dire quelques mots des différentes préparations auxquelles ils ont recours, afin de montrer combien elles sont inutiles ou nuisibles.
Plomb et étain. Ces métaux, qui servaient autrefois à obturer les dents, s’oxydent trèsfacilement et ne sont plus usités que par des dentistes tout à fait ignorants.
Mastic et gutta-percha. Ne peuvent être employés que pour une obturation temporaire, car ils sont promptement détruits sous l’action de la chaleur et la salive.
Ciment Sorel. C’est un oxychlorure de zinc. Il possède souvent le double inconvénient de tenir très-peu et de détruire très-rapidement les dents. Nous l’avons vu quelquefois néanmoins résister fort longtemps.
Amalgame ou ciment minéral. C’est un me-
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lange de mercure, de cadmium et de cuivre ou de tout autre métal. De toutes les préparations employées pour obturer les dents, c’est la moins bonne, bien que ce soit encore la plus répandue ; sous son influence les dents noircissent rapidement et le mercure qu’elle contient peut produire des accidents d’intoxication sérieux. On ne peut s’expliquer la faveur dont jouit ce procédé d’obturation que par l’ignorance de ceux qui en font usage et la facilité avec laquelle il peut être appliqué par les mains les plus inexpérimentées.
Répétons, en terminant ce chapitre, que de tous les métaux employés pour l’obturation des dents, l’or seul donne de bons résultats quand il est appliqué par une main habile. C’est en effet le seul métal qui jouisse des propriétés les plus essentielles pour le but qu’il doit remplir : l’inaltérabilité et la malléabilité. S’il n’est pas plus répandu, c’est que la plupart des dentistes ne savent pas s’en servir.