‹ Les dents (volume 2)Chapitre 44 sur 64 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

De la fétidité de l’haleine et des moyens d’y remédier.

Nous avons cru devoir consacrer un chapitre spécial à l’étude d’une infirmité extrêmement répandue et infiniment gênante pour les individus qui en sont porteurs et pour ceux qui vivent avec eux.

La fétidité de l’haleine n’est pas une maladie, mais un symptôme; c’est la cause qui la produit qu’il importe de traiter : sublata causa tollitur effectus.

Il arrive quelquefois, quoique beaucoup plus rarement qu’on ne le pense générale-* ment, que l’odeur de l’haleine provienne de l’estomac. Elle a dans ce cas quelque chose d’aigre qui permet d’en reconnaître facilement l’origine. 5 à 6 grammes de bicarbonate de soude pris après chaque repas constituent le remède à employer pour saturer

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les acides et les gaz qui se développent dans l’estomac. Ce moyen est celui qu’emploie habituellement un des professeurs de la faculté de Paris, le docteur Piorry, qui a ainsi obtenu des cures merveilleuses et guéri des affections de l’estomac qu’on avait prises pour des cancers.

La mauvaise odeur de la bouche reconnaît aussi pour cause l’usage habituel du cigare et de la pipe. Dans ce cas l’odeur n’est pas repoussante, mais seulement désagréable pour les personnes qui redoutent l’odeur du tabac. Il est du reste extrêmement facile d’enlever à l’haleine cette odeur en se gargarisant avec de l’eau additionnée de notre élixir aromatique. Par ce moyen très-simple, combiné avec l’usage de la poudre dentifrice, on évitera en même temps la coloration noirâtre des dents qui résulte de l’usage habituel du tabac.

De toutes les causes de la fétidité de l’haleine, la plus fréquente est le mauvais état des dents et le défaut de soin de la bouche. L’odeur exhalée est alors réellement insupportable. Les personnes qui n’ont pas l’habitude de se rincer la bouche après chaque

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repas sont exposées à ce grave inconvénient. Les débris d’aliments qui restent entre les dents se décomposent très-rapidement, car ils se trouvent dansla bouche sous l’influence de la chaleur et de l’humidité, conditions dans lesquelles la putréfaction se produit le plus facilement.

Cette cause de fétidité de l’haleine est trèsfacile à traiter. Il n’y a qu’à observer les soins de propreté que nous avons indiqués au chapitre sur l’hygiène de dents.

L’odeur de l’haleine provient souvent aussi de la présence d’une dent cariée. On la fera promptement disparaître en obturant la dent.

Le mauvais état des gencives est encore une cause de fétidité de l’haleine, quoique moins fréquente que la précédente. Lorsque les gencives sont décollées des dents, le pus qui s’écoule entre elles et les alvéoles est souvent très-fétide. Nous avons déjà donné les moyens de traiter les affections des gencives, et nous renvoyons le lecteur au chapitre que nous leur avons consacré.

Nous avons observé que les affections des organes respiratoires sont communes chez

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les personnes dont l’haleine est généralement fétide. L’air qui passe sur les matières en décomposition contenues dans la bouche s’v altère, et en arrivant aux poumons chargé de miasmes, il y porte le germe de bien des maladies.

Certaines personnes ont l’haleine tellement forte que les moyens habituellement usités pour la désinfecter ne suffisent pas toujours, nous avons alors recours à une des formules suivantes :

Eau 1 litre.

Acide phénique 1 gramme.

ou :

Eau 1 litre.

Permanganate de potasse 10 grammes.

Se gargariser plusieurs fois par jour la bouche avec une de ces deux solutions, et en avaler une cuillerée à café. L’acide phénique est plus actif que le permanganate de potasse, mais il a l’inconvénient de laisser dans la bouche une odeur de goudron que beaucoup depersonnes trouvent désagréable.

Dans les formulaires, on associe souvent un sirop sucré au permanganate de potasse ;

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par là, on le dépouille complètement de ses propriétés désinfectantes. Toutes les matières organiques en général et le sucre en particulier jouissent en effet de la propriété de réduire le permanganate de potasse en bioxyde de manganèse qui est absolument sans action.

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