‹ Les dents (volume 2)Chapitre 47 sur 64 · DE L’EXTRACTION DES DENTS · texte numérisé non relu

DE L’EXTRACTION DES DENTS

Garengeot ayant déterminé de très-graves accidents et quelquefois la mort.

Ce n’est qu’au moyen de pinces à mors nommées daviers, importées d’Amérique, qu’on peut extraire les dents sans danger. Leur forme varie suivant celle des dents à extraire.

Pour faire usage du davier, on l’applique au niveau du collet de la dent et on lui imprime un mouvement de rotation autour de l’axe de celle-ci, qu’on extrait ensuite en tournant l’instrument à droite et à gauche, sans prendre de point d’appui sur la gencive.

Les racines des dents s’enlèvent également avec nos daviers. On trouvera dans notre journal V Art dentaire, revue mensuelle de chirurgie et de prothèse dentaires, des articles très-détaillés sur les daviers américains. Nous croyons être le premier en France qui les ait fait connaître d’une façon aussi complète.

Répétons, pour terminer ce qui a trait à l’extraction des dents, que l’avulsion de ces organes est une opération extrême à laquelle il ne faut avoir recours que fort rarement :

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sur 100 dents qu’on enlève, 95 pourraient certainement être conservées. Un dentiste qui connaît toutes les ressources de son art guérit les dents malades et ne les extrait pas.

Entre des mains inexpérimentées, plusieurs accidents peuvent suivre l’extraction des dents ; parmi les plus fréquents, nous mentionnerons les douleurs persistantes et l’hémorrhagie prolongée.

Il n’est pas rare de voir après l’extraction d’une dent, dont le patient avait souffert, persister, la douleur que provoquait la présence de la dent.

Cet effet singulier étonne et effraie le malade et souvent aussi le dentiste qui a fait l’opération. Voici comment nous pensons pouvoir l’expliquer :

Les dents qui donnent de la douleur après les extractions sont des dents qui, généralement, étaient, depuis fort longtemps, gâtées ou avaient été plombées mal à propos. Il s’est alors produit, à l’extrémité de leurs racines, des abcès ayant déterminé l’inflammation des parties voisines, périoste alvéolodentaire et gencives.

DE l/ EXTRACTION DES DENTS.

Lorsqu’une dent saine ou gâtée depuis peu de temps, ou dont la carie, bien qu’ancienne, est peu profonde, est extraite, sa racine se sépare nettement et sans déchirure du périoste qui tapisse l’alvéole, et la douleur cesse après l’extraction. Si au contraire cette dent se trouve dans le cas que nous venons d’examiner, c’est-à-dire, si la carie dont elle est atteinte a déterminé l’inflammation du périoste alvéolo-dentaire, ce périoste enflammé se déchire facilement et la déchirure détermine une douleur qui persiste après l’extraction de la dent, diminue progressivement, mais ne se dissipe souvent qu’au bout de quelques heures. Ajoutons aussi que l’extraction d’une dent brise quelquefois un peu l’alvéole, dont une esquille peut rester emprisonnée dans la gencive et y déterminer de la douleur.

Quant aux hémorrhagies qui se prolongent longtemps après l’extraction, elles sont fort rares et on peut toujours les arrêter. Nous n’avons jamais, dans notre longue pratique, observé un seul cas où nous nous soyons trouvé dans l’impossibilité d’arrêter

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