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l’hémorrhagie produite par l’extraction d’une dent.
L’observation suivante que nous avons publié clans notre journal V Art dentaire , prouve que dans les cas les plus difficiles il est toujours possible d’arrêter l’hémorrhagie produite par l’extraction d’une dent.
Hémorrhagie dentaire chez un vieillard âgé de quatre-vingt-trois ans. — Insuccès duperchlorure de fer. — Refus du malade de laisser employer le fer rouge. — Compression digitale pratiquée pendant dix heures. — Guérison.
Nous avons été appelé, il y a peu de temps, chez M. X..., vieillard octogénaire des environs de Poissy, pour être consulté sur l’opportunité de la pose d’un dentier. Toutes les alvéoles de la mâchoire supérieure étaient complètement résorbés, et une seule dent, une incisive, à peine adhérente à la gencive, existait encore. Nous pensâmes que la pose d’un dentier ne souffrirait aucun obstacle, et nous proposâmes l’extraction de la seule dent restante, ce qui fut accepté. L’ex-
loG de l'extraction des dents.
traction fut faite immédiatement, sans autre instrument que notre doigt indicateur, et elle ne produisit aucune douleur. L’opéré se mit quelques instants après à table et nous retint à dîner.
Au moment de nous séparer, M. X...
s’aperçut que sa bouche se remplissait de sang. Nous envoyâmes de suite chercher du perchlorure de fer, que nous appliquâmes avec un peu de charpie sur la petite ouverture laissée par l’extraction de la dent. L’effet fut nul, et malgré tous nos efforts l’hémorrhagie continua. Nous proposâmes la cautérisation au fer rouge, que le malade repoussa énergiquement; il se refusa même de continuer l’emploi du perchlorure de fer, qui lui desséchait l’arrière-bouche et la gorge sans avantage.
Les moyens de compression habituels étant rendus impossibles par un tremblement continuel dont était atteint le malade, nous résolûmes d’avoir recours à la compression digitale, que nous pratiquâmes de façon à obturer complètement le trou laissé par la dent. Aidé par la fille du malade, nous
DE L EXTRAGT10N DES DENTS. 1j7
pratiquâmes la compression toute la nuit. Vers sept heures du matin, toute crainte de récidive de l’hémorrhagie avait complètement disparu : la santé est depuis restée excellente, et nous avons posé au malade un dentier qui lui a rendu, suivant ses propres expressions, une seconde jeunesse.