‹ Les dents (volume 2)Chapitre 8 sur 64 · I. HïlUENE DES DEMS · texte numérisé non relu

I. HïlUENE DES DEMS

composer et de les altérer : ces débris doivent donc être enlevés aussitôt, et on y réussit en se rinçant la bouche.

Ce serait une grave erreur de croire qu’il suffit de se servir d’eau pure pour obtenir une propreté parfaite des dents. L’eau, en effet, ne les nettoie pas suffisamment et n’a pas d’action sur le dépôt dont elles sont entourées; elle n’a en outre aucune propriété désinfectante ; il est donc absolument nécessaire de l’additionner d’un élixir bien préparé. Nous disons bien préparé et nous insistons sur ce point, parce qu’il nous paraît être de la plus haute importance. Mieux vaut ne pas se laver du tout ou se servir simplement d’eau pure additionnée d’alcool, que d’avoir recours à la plupart des poudres et élixirs qui se débitent dans le commerce. Presque tous renferment des substances acides qui attaquent les gencives ou les dents et sont, nous en sommes certain, une des causes les plus fréquentes de la carie et du déchaussement. Ces préparations donnent, il est vrai, un éclat passager aux dents, mais ce n’est qu’en altérant leur émail, et on

l’hygiène des dents.

ne saurait croire le nombre de personnes qui ont perdu leurs dents par suite de l’usage habituel de certaines poudres ou élixirs.

Ces indications paraîtront minutieuses peut-être à beaucoup de personnes. Elles les trouveraient moins minutieuses peut-être si elles savaient que la bouche humaine est une véritable forêt d’êtres vivants qui, comme tous les êtres, sont obligés de détruire pour vivre et dont on ne peut se débarrasser que par des soins incessants. Nous pensons ne pouvoir mieux terminer ce chapitre que par l’article que nous avons récemment consacré dans l'Art dentaire aux habitants de la bouche.

Les habitants de la bouche.

Une immense forêt remplie de marécages au sein desquels vivent des végétaux et des animaux en quantités innombrables, tel est le spectacle qu’offre à l’œil de l’observateur armé du microscope l’intérieur d’une bouche humaine.

Dans l’intervalle protecteur que laissent les dents entre elles croissent, plus nom-

L HYGIÈNE DES DENTS

Ül

breuses que les épis des moissons, les touffes du leptothrix buccalis.

Dans les liquides buccaux, courent rapides de nombreux vibrions, les denticolœ tellement petits que les meilleurs microscopes les aperçoivent à peine; la spirilla en forme de tire-bouchon, aux mouvements agiles ; les monades , qui ne sont qu’un point; les volvox, en forme de boules qui roulent toujours.

Ces hôtes nombreux ont leurs mœurs, leur genre de vie spécial ; ils ne naissent pas au hasard, mais seulement dans des circonstances bien déterminées. Comme ils sont généralement peu connus, nous croyons intéresser nos lecteurs en leur donnant une description rapide de ces êtres étranges. Nous ferons observer qu’il faut avoir recours à de très-forts grossissements pour pouvoir les observer, et que leur examen exige une certaine habitude du microscope.

Voici la liste des hôtes les plus habituels de la bouche humaine :

Leptothrix buccalis. — Le leptothrix est une espèce particulière d’algue qu’on rencontre en forme de filaments réunis en houppe dans

l’hygiène des dents.

l’interstice des dents qui n’ont pas été nettoyées depuis 24 heures. « Leur accroissement est tout à fait extraordinaire, dit un de nos confrères allemands dans un travail fort intéressant 0) récemment publié sur cette question ; une nuit est suffisante pour couvrir la langue et les gencives d’une couche de ces parasites. »

On a attribué un rôle considérable aux leptothrix dans la production de la carie. On rencontre toujours en effet ces parasites en grande quantité dans la cavité des dents cariées ; mais comme on les rencontre aussi séries dents parfaitement saines, ainsi que nous le disions plus haut, il est difficile d’admettre que leur présence puisse avoir une influence bien caractérisée sur la production de la carie, mais il est possible ^qu’une fois la carie établie, leur présence hâte sa marche.

Vibrions. — Ces petits parasites animaux se rencontrent dans tous les liquides en voie de décomposition. Dans la cavité des dents

(4) Die Bewohner des Mundes und der Zahne von Zahnarz, Sehrott.

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cariées, ils sont en quantité considérable. On les rencontre aussi dans la salive des personnes qui ne se nettoient pas la bouche fréquemment. Dans les caries avancées, on trouve les canalicules de la dentine habités par des vibrions fort petits, auxquels on a donné le nom de denticola. Entre les dents naturelles et sur les dents artificielles, on rencontre fréquemment une variété de vibrions qu’on a nommés spirilla. Ils sont semblables à un tire-bouchon et exécutent des mouvements fort vifs. Rien de plus curieux à examiner au microscope que ces singuliers êtres, dit avec raison l’auteur que nous citions plus haut.

Oïdium albicans. — Ce champignon ne se rencontre guère que chez les individus atteints de la maladie désignée sous le nom de muguet. Sur les aphthes , on rencontre souvent un champignon ressemblant à Yoïdum albicans auquel on a donné le nom de leptomitus.

Volvox. — Les volvox sont des infusoires en forme de boules qui roulent constamment sur elles-mêmes. On les rencontre principa-

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lement sur la langue lorsqu’elle est recouverte de saburres blanchâtres.

Monades. — Les monades sont des granulations sans organisation apparente. On les trouve quelquefois sur les dents cariées, mais beaucoup plus fréquemment sur les dents artificielles.

Animalcules du tartre. — Beaucoup d’auteurs considèrent le tartre comme formé des carapaces de diverses espèces d’infusoires ; d’autres, il est vrai, le considèrent comme un simple dépôt de phosphate de chaux.

D’après M. Schrott, le tartre aurait pour composition :

Débris d'infusoires 60

Parasites végétaux lü

Mucus provenant des liquides de la bouche, lo

Cellules épithéliales, résidus d’aliments. . . 10

Sels solubles dans l’eau 5

Ajoutons pour terminer, — et la remarque est importante, — qu’on ne rencontre jamais de parasites végétaux ou animaux dans l’iniérieur des bouches fréquemment nettoyées.

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