‹ Les dents (volume 3)Chapitre 45 sur 87 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

rougeur et de tuméfaction. La gencive s’ulcère en môme temps autour de la dent, à laquelle bientôt elle n’adlière plus, et la pression fait sortir du pus sur tout le pourtour de l’avéole. La dent, n’étant plus soutenue par la gencive, perd bientôt toute solidité, s’ébranle, devient chaque jour plus vacillante et finit par tomber.

Il n’arrive pas toujours que la gencive s’ulcère et se détruise autour de la dent ; sa racine n’est pas alors mise à découvert ; mais , comme le décollement existe, le résultat final est le même, c’està-dire l’ébranlement de l’organe et sa chute.

C’est généralement par l’irritation des gencives que débute l'affection dont nous nous occupons; la gencive est irritée, et on sent le besoin de passer un curedent entre les dents, comme si des parcelles alimentaires se trouvaient logées dans leurs interstices. Si on traite le mal

DÉCHAUSSEMENT ET ÉBRANLEMENT.

à ce moment, alors que la gencive est simplement engorgée, on obtient sûrement sa guérison. Si, au contraire, on le laisse s’aggraver, la gencive se ramollit et s’ulcère, la dent se décolle, se déchausse, s’ébranle et tombe.

Le déchaussement et l’ébranlement des dents est une affection commune, surtout dans les grandes villes, et une des causes les plus fréquentes de la perte des dents. Les personnes dont les gencives sont ordinairement molles, irritées et saignantes, ne se figurent pas qu’elles sont atteintes d’une affection qui peut devenir fort grave. Nous avons connu une jeune dame qui, en quelques mois, a ainsi perdu toutes ses dents.

Entre la simple inflammation des gencives et l'ébranlement, suivi de la chute des dents, il y a une foule de degrés.

Dans les cas les plus simples, la gencive est simplement tuméfiée et un peu irritée,

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