CHAPITRE XV
struits, cet appareil conserve une faveur qu’auraient dû lui faire perdre les accidents qui résultent journellement de son emploi, tels que dents brisées, mâchoires cassées, alvéoles fracturées, gencives écrasées, etc.
Il suffit pour se rendre compte des inconvénients de la clef de Garengeot, de bien comprendre la disposition de cet instrument.
Il se compose d’un crochet mobile articulé transversalement par une vis à l'extrémité d’une tige d’acier longue de 12 à 15 centimètres environ. La même extrémité présente une sorte de renflement aplati sur ses deux faces latérales et que l’on nomme panneton. À l'autre extrémité de la tige est adapté un manche transversal que l'opérateur tient dans la paume de sa main.
Pour enlever une dent avec cet instrument, on place le panneton sur une
EXTRACTION DES DENTS
des faces du bord gengival et l'extrémité du crochet sur le collet de la dent du côté opposé à celui sur lequel repose le panneton. En imprimant alors à la tige un mouvement de torsion tendant à rapprocher l’extrémité du crochet de la face du panneton qui appuie sur la gencive, la dent se trouve luxée et renversée.
Il est facile de comprendre, d’après ce qui précède, que, pour faire sortir la dent de son alvéole, il est nécessaire de la faire incliner vers le point d’appui et par conséquent de lui faire surmonter la résistance de la paroi alvéolaire qui la maintient de ce côté. Il faut donc que cette paroi cède dans une hauteur proportionnée à la longueur des racines et dans une longueur qu’on ne peut déterminer d'avance. Le professeur Malgaigne dit donc avec raison que la clef de Garengeot doit d'ordinaire briser l'alvéole et que l'habileté consiste à en briser le moins possible.
WG