‹ Les dents (volume 4)Chapitre 8 sur 16 · MAL DE DENTS OU ODONTALG1E · texte numérisé non relu

MAL DE DENTS OU ODONTALG1E

souvent réussi à la calmer en faisant gargariser la bouche avec de l'eau tiède mélangée à parties égales avec notre élixir.

Des maladies des dents et de leur traitement.

Les maladies des dents et les affections qui peuvent en être la suite sont trop nombreuses pour que nous puissions les passer successivement en revue. Nous nous bornerons donc à étudier les principales, et nous consacrerons plusieurs chapitres aux plus importantes, c'est-à-dire à la carie et au déchaussement.

Les maladies des dents sont occasionnées par une des causes suivantes : lésion de la pulpe dentaire, lésion du périoste dentaire, lésion de l'ivoire ou de l'émail, destruction des alvéoles.

Lésion de la pulpe dentaire.

De tous les organes du corps, la pulpe dentaire est un des plus sensibles, et un

de ceux qui sont sujets au plus grand nombre de maladies. Bien qu'on ait observé son inflammation en l'absence de toute lésion organique, elle est le plus souvent le résultat d'une cause bien déterminée, telle que la carie, une obturation mal faite, ou le plombage des dents au moyen de mauvais amalgames.

Le premier phénomène morbide symptomatique d'une affection de la pulpe dentaire est l'accroissement de son irritabilité ; les moindres impressions de chaud ou de froid produisent de violentes douleurs. Si cette irritabilité s'exagère, il peut en résulter une inflammation et une suppuration de la pulpe dentaire et par suite la destruction plus ou moins complète de la couronne et de la racine.

Pour remédier à la sensibilité exagérée de la pulpe dentaire, on a essayé, ainsi que nous l'avons dit, de détruire sa vitalité au moyen de caustiques énergiques ;

mais ce moyen n'est pas suffisant et peut amener des accidents provenant de l'irritation produite par la matière désorganisée qui continue à séjourner dans la cavité de la dent. Si, au contraire, après avoir détruit la vitalité de la pulpe, on a soin de l'enlever avec un instrument convenable et de remplir d'or la cavité de la dent et des canaux dentaires, elle peut ensuite se conserver indéfiniment.

L'inflammation de la pulpe dentaire s'observe quelquefois sur les dents saines, mais beaucoup plus fréquemment sur les dents cariées et presque toujours sur celles dont la pulpe est mise à découvert.

Lésion du périoste de la dent ou périostite dentaire.

Cette affection peut se produire sous l'influence d'un choc, d'un refroidissement ou d'une foule d'autres causes. Elle succède souvent à l'inflammation de la

pulpe dentaire. Le mal débute brusquement, la dent est douloureuse, la gencive dure, et dans l'espace de trois jours environ il se forme un abcès placé entre le périoste et l'os, ou entre le périoste et la dent. L'abcès peut s'ouvrir sur les joues ou sur les gencives. Il peut quelquefois être placé de telle façon au sommet de la racine qu'il tende à expulser la dent qui s'ébranle alors, devient très-douloureuse et peut même être complètement chassée de sa cavité.

Ce n'est qu'en faisant une incision sur la gencive de façon à mettre la racine à découvert et ouvrant les abcès qui se forment qu'on peut guérir les inflammations du périoste alvéolo-dentaire.

L'inflammation du périoste peut se compliquer de névralgie, de fluxion, de fièvre, etc. Elle se termine généralement par la résolution, mais elle peut passer à l'état chronique.

La périostite chronique est un des modes de terminaison de l'inflammation du périoste ; mais elle peut être produite par d'autres causes et notamment par l'accumulation du tartre sur la couronne de la dent, qui se déchausse, s'ébranle et tombe. Nous consacrerons un chapitre spécial à l'étude de l'ébranlement et du déchaussement, le nombre des personnes qui en sont atteintes étant fort considérable.

Outre les lésions précédentes, les racines des dents peuvent quelquefois se recouvrir de tumeurs osseuses auxquelles on a donné le nom d'exostose. Quand elles ne font pas souffrir le malade, il n'y a rien à faire. Mais si l'exostose exerce une compression douloureuse sur son alvéole, la dent doit être enlevée, opération qui dans cette circonstance est difficile et ne doit être pratiquée que par un dentiste très-expérimenté.

Lésions de l'ivoire.

Cette lésion, qui constitue ce qu'on nomme la carie, est la plus commune de toutes les maladies des dents. L'étude de ses causes et de son traitement fera l'objet d'un chapitre spécial.

Lésion de V émail.

Bien que l'émail soit un corps extrêmement dur, il peut être détruit sous l'influence d'un grand nombre de causes. Il v a des maladies où la salive devient assez acide pour l'attaquer ; l'usage de dentifrices mal composés et de certains aliments l'altèrent également.

Lorsque l'émail s'altère, il perd son poli, blanchit ensuite et se détache facilement par parcelles. Les dents deviennent alors sensibles aux moindres variations de température ; elles jaunissent, et le tartre s'y accumule avec la plus grande facilité.

Le traitement des lésions de l'émail est plutôt préventif que curatif ; il consiste à éviter les causes qui agissent sur lui. Cependant un traitement hygiénique convenable, l'usage journalier de notre élixir dentifrice arrêteront les progrès de la maladie lorsqu'elle se sera déclarée.

Destraction des alvéoles.

Les bords des alvéoles peuvent être détruits peu à peu, résorbés et entraînés dans le torrent de la circulation. Cette destruction commence par leur partie inférieure, et elle s'étend rapidement jusqu'à leur paroi supérieure.

En même temps que l'alvéole disparaît, la gencive, qu'il ne soutient plus, se détruit, et la dent s'ébranle et finit par tomber.

Au lieu d'être résorbé, l'alvéole peut s'oblitérer par son fond : la dent se trouve alors expulsée au dehors.

La destruction du bord des alvéoles et leur oblitération sont fort communes dans la vieillesse. Ces phénomènes se produisent fréquemment aussi à la suite de l'avulsion des dents.

L'affection qui nous occupe peut être provoquée par plusieurs autres causes, et notamment par l'inflammation des gencives, le scorbut, etc. En combattant ces divers états pathologiques par les moyens que nous indiquerons plus loin, on détruit la cause du mal, et, par suite, on en arrête les effets.

De la carie et de ses causes.

La carie consiste dans une altération moléculaire de l'émail t de l'ivoire qui, après s'être modifié profondément, finit par subir la décomposition putride.

Une constitution scrofuleuse ou lymphatique, l'usage des aliments sucrés et des boissons chaudes, l'abus des liquides alcooliques, le séjour dans les pays humides et marécageux, l'usage des eaux calcaires, l'acidité du mucus buccal, l'emploi de mauvais dentifrices, et surtout le défaut d'entretien des dents, sont les causes les plus habituelles de la carie.

La carie procède-t-elle de l'extérieur à l'intérieur ou de l'intérieur à l'extérieur ? les auteurs sont divisés sur cette question.

Nous nous rangeons à l'opinion d'Hunter, qui s'exprime ainsi à ce sujet :

« Cette affection commence presque • toujours extérieurement, dans une pe- « tite étendue du corps de la dent. Lors- « que l'émail est détruit, la partie osseuse « de la dent est mise à découvert, et quand « la maladie s'en est emparée, elle s'an- « nonce généralement par une tache brune « foncée. Quelquefois, cependant, il ne « s'opère aucun changement de couleur, « et alors la maladie n'est visible que lors- « qu'elle a produit une excavation consi- « dérable dans la dent. La partie morte a est ordinairement ronde d'abord, ce qui « n'a pas toujours lieu, car sa forme déd pend surtout de la région de la dent où « le mal commence. On observe souvent « cette maladie dans les anfractuosités de « la surface triturante des dents molaires, « et elle se présente sous la forme d'une « crevasse remplie d'une substance très-

« noire. Dans les incisives, elle commence « ordinairement assez près du collet de la « dent, et l'excavation morbide fait des « progrès transversalement à la longueur « de la dent, de manière à diviser pres- « que celle-ci en deux parties.

« Cette affection commence quelquefois, « mais rarement, dans l'intérieur delà dent. « Dans ce cas, la dent devient d'un noir « brillant, qui provient de ce que la co- « loration morbide est vue à travers ce « qui reste de la coque solide de la dent, « et l'on n'observe aucun trou qui con- « duise dans la cavité. »

Lorsque l'émail est en partie détruit, la carie marche rapidement. L'intérieur de la dent se trouve continuellement en contact avec les aliments et les liquides de la bouche, qui se décomposent dans l'intérieur de sa cavité, et ses parois s'altèrent de plus en plus. La dent devient ordinairement alors très -sensible, les

moindres variations de température et le contact des aliments sont la cause de violentes douleurs. La pulpe finit ellemême par s'enflammer et suppurer, et l'ivoire continuant à se détruire, il ne reste bientôt plus que la racine, qui le plus souvent cesse d'être douloureuse et constitue ce qu'on nomme vulgairement un chicot.

La marche de la carie n'est pas toujours telle que nous venons de le dire : l'altération, après avoir envahi une certaine portion de la couronne, s'arrête d'ellemême et présente une surface brune trèsdure et peu impressionnable. On nomme cette variété de carie carie sèche, par opposition à la précédente, dite carie molle ou humide.

Toutes les dents ne sont pas également sujettes à la carie. Les dernières grosses molaires sont celles qui sont le plus souvent atteintes, et les incisives de la ma-

choire inférieure celles qui le sont le moins.

La carie attaque de préférence les dents pendant la jeunesse et l'âge adulte. Il est plus rare de voir les dents se carier après 50 ans.

La carie communique habituellement à l'haleine une odeur extrêmement fétide, surtout lorsque la cavité de la dent est mise à découvert. Cette odeur résulte de la décomposition putride des parties cariées.

On est généralement habitué à considérer la carie comme une maladie ayant peu de gravité. Abandonnée à elle-même, la carie amène presque infailliblement la perte des dents qui en sont affectées, et la perte d'une dent rend la prononciation moins facile ; la mastication et par suite la digestion se font aussi plus difficilement. En outre les antagonistes des dents perdues, n'étant plus soutenues par ces

dernières, sortent de leurs alvéoles et deviennent vacillantes. La perte d'une dent est toujours chose très-fàcheuse et qu'il faut s'efforcer d'éviter par tous les moyens possibles.

Nous allons étudier maintenant les moyens à employer pour prévenir la carie et la combattre lorsqu'elle s'est déclarée.

TRAITEMENT DE LA CARIE

Du traitement de la carie.

Le traitement de la carie comprend deux indications : 1° empêcher son développement ; 2° arrêter sa marche quand elle s'est déclarée.

1° Traitement préservatif.

Il consiste à écarter toutes les causes qui produisent la carie, dont la principale est, comme nous l'avons dit, le défaut d'entretien des dents. En les nettoyant suivant nos prescriptions, le matin et après chaque repas, on réussira presque toujours à les préserver de toute atteinte.

2° Traitement miratif.

De toutes les affections dentaires, la carie est la plus facile à guérir. Quand

elle est traitée à temps, elle peut être enrayée de façon que les dents se conservent ensuite toute la vie. Malheureusement il est rare qu'on songe à recourir au dentiste au début même de la carie ; on attend qu'elle ait fait des progrès, et alors son traitement devient délicat et difficile, et les chances de conservation de la dent bien moins nombreuses. Souvent un client auquel nous témoignons le regret que nous cause le retard qu'il a mis à faire soigner une dent cariée, nous répond, croyant se défendre du reproche fait à sa négligence ; « ^lais elle ne m'a jamais fait mal. » Cette réponse, qui nous a été faite bien souvent par des personnes intelligentes et instruites, nous a toujours étonné. Il nous semble en effet que le plus simple raisonnement suffirait pour montrer que c'est précisément pendant qu'une dent cariée n'est pas douloureuse qu'on peut agir sur elle et en pratiquer

TRAITEMENT DE LA CARIE

l'obturation. Si on attend, la cavité de la dent s'agrandit chaque jour, ses parois s'amincissent, et l'opération devenant plus difficile, le succès en est compromis. On n'attendrait pas les cruels avertissements de la douleur, si l'on savait que parmi les diverses espèces de caries, les unes douloureuses et les autres qui ne le sont pas, les dernières sont peut-être les plus envahissantes. On voit des caries de cette espèce faire pour ainsi dire le tour de l'une et de l'autre arcade dentaire et détruire tout ce qu'elles ont atteint, sans que le sujet ait souffert un seul instant. La carie est un mal qui souvent se propage de proche en proche, mais qui a moins de tendance à se reproduire quand, une première fois, on l'a complètement détruit sur place, à moins qu'il ne soit lié à un vice de constitution, tel que scrofule, scorbut, etc. Dans ce cas, on doit recourir à un traitement général, mais

qui ne dispense nullement du traitement local.

Après bien des recherches et des essais, les dentistes américains ont constaté que le seul moyen d'empêcher la destruction d'une dent cariée consiste dans l'obturation de sa cavité avec de l'or. Cette opération, à laquelle on donne le nom iïaurification, est une des plus difficiles et l'une des plus utiles de l'art dentaire. Lorsqu'elle est bien exécutée, la dent cariée peut se conserver indéfiniment.

L'or introduit dans la dent doit faire corps avec elle, comme si l'on avait coulé dans sa cavité le métal en fusion ; il comble alors exactement cette cavité et soutient ses frêles parois, sur lesquelles il se moule bien plus qu'il n'est contenu par elles. Une dent dont la couronne est presque réduite à son émail peut acquérir ainsi la solidité d'un lingot. Cette opération est si délicate et si utile, que certains

TRAITEMENT DE LA CARIE

dentistes, en Amérique, en font l'objet tout spécial de leur pratique, et se sont ainsi acquis une grande réputation.

La qualité de l'or qu'on emploie pour l'obturation est loin d'être indifférente. Le battage et les différentes opérations qu'on lui fait subir ont une influence considérable sur sa malléabilité et sa dureté. L'art de le préparer pour l'aurification des dents est extrêmement difficile, et ce n'est guère qu'aux États-Unis qu'il a atteint toute sa perfection.

Avant d'introduire l'or dans la cavité de la dent, il faut toujours enlever la partie malade et disposer la cavité de façon à empêcher la chute de la matière obturante ; on la remplit ensuite avec des feuilles d'or que l'on comprime au moyen de fouloirs et d'autres instruments.

La plupart des dentistes font encore usage de substances autres que l'or pour obturer ou, comme on dit vulgairement,

plomber les dents. Nous allons dire quelques mots des différentes préparations auxquelles ils ont recours, afin de montrer combien elles sont inutiles ou nuisibles.

Plomb et étain. Ces métaux, qui servaient autrefois à obturer les dents, s'oxydent très-facilement et ne sont plus usités que par des dentistes tout à fait ignorants.

Mastic et gutta-percha. Ne peuvent être employés que pour une obturation temporaire, car ils sont promptement détruits sous l'action de la salive.

Ciment Sorel. C'est un oxychlorure de zinc. Il possède le double inconvénient de tenir très-peu et de détruire très-rapidement les dents.

Amalgame ou ciment minéral. C'est un mélange de mercure, de cadmium et de cuivre ou de tout autre métal. De toutes

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les préparations employées pour obturer les dents, c'est la plus dangereuse, bien que ce soit encore la plus répandue ; sous son influence les dents noircissent rapidement et le mercure qu'elle contient peut produire des accidents d'intoxication sérieux. On ne peut s'expliquer la faveur dont jouit ce procédé d'obturation que par l'ignorance de ceux qui en font usage et la facilité avec laquelle il peut être appliqué par les mains les plus inexpérimentées.

Répétons, en terminant ce chapitre, que de 4ous les métaux employés pour l'obturation des dents, l'or seul donne de bons résultats quand il est appliqué par une main habile. C'est en effet le seul métal qui jouisse des propriétés les plus essentielles pour cet objet : l'inaltérabilité et la malléabilité.

DECHAUSSEMENT ET ÉBRANLEMENT.

Du déchaussement et de l'ébranlement des dents.

Le déchaussement des dents, leur ébranlement et leur chute sont en général le résultat d'une inflammation des gencives ou du périoste alvéolo-dentaire.

La périostite dentaire chronique peut être produite par plusieurs causes, telles qu'une stomatite mercurielle, une intoxication par le plomb ou le phosphore, un état général, tel que le scorbut, etc. Mais sa cause la plus fréquente est l'accumulation du tartre sur les parois des dents.

Quant à l'inflammation de la gencive, elle peut être consécutive à la périostite, mais elle peut aussi être provoquée par d'autres causes. Elle se manifeste par un engorgement accompagné de

rougeur et de tuméfaction. La gencive s'ulcère en même temps autour de la dent, à laquelle bientôt elle n'adhère plus, et la pression fait sortir du pus sur tout le pourtour de l'avéole. La dent, n'étant plus soutenue par la gencive, perd bientôt toute solidité, s'ébranle, devient chaque jour plus vacillante et finit par tomber.

Il n'arrive pas toujours que la gencive s'ulcère et se détruise autour de la dent ; sa racine n'est pas alors mise à découvert ; mais , comme le décollement existe, le résultat final est le même, c'està-dire l'ébranlement de l'organe et sa chute.

C'est généralement par l'irritation des gencives que débute l'affection dont nous nous occupons; la gencive est irritée, et on sent le besoin de passer un curedent entre les dents, comme si des parcelles alimentaires se trouvaient logées dans leurs interstices. Si on traite le mal

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à ce moment, alors que la gencive est simplement engorgée, on obtient sûrement sa guérison. Si, au contraire, on le laisse s'aggraver, la gencive se ramollit et s'ulcère, la dent se décolle, se déchausse, s'ébranle et tombe.

Le déchaussement et l'ébranlement des dents est une affection commune, surtout dans les grandes villes, et une des causes les plus fréquentes de la perte des dents. Les personnes dont les gencives sont ordinairement molles, irritées et saignantes, ne se figurent pas qu'elles sont atteintes d'une affection qui peut devenir fort grave. Nous avons connu une jeune dame qui, en quelques mois, a ainsi perdu toutes ses dents.

Entre la simple inflammation des gencives et l'ébranlement suivi de la chute des dents, il y a une foule de degrés. Dans les cas les plus simples, la gencive est simplement tuméfiée et un peu irritée,

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l'haleine a une odeur très -désagréable.

Cette variété d'inflammation est la plus commune ; elle reconnaît pour cause un régime trop substantiel, le défaut d'entretien de la bouche et certaines dispositions individuelles. Il est, du reste, facile de la guérir, au moyen de notre poudre et de notre élixir. J'ai, parmi mes clients, un médecin qui, depuis plusieurs années, était atteint de cette désagréable infirmité. Il avait tout tenté, mais sans succès, pour s'en débarrasser. Son haleine était extrêmement fétide, et c'est surtout ce qui l'incommodait, car autrement il ne souffrait presque pas. Après un mois de traitement il fut parfaitement guéri.

La variété d'engorgement dont nous venons de parler est la plus commune et la moins dangereuse ; mais il est rare qu'elle reste stationnaire. L'inflammation augmente chaque jour et bientôt atteint un développement considérable. Parfois

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une seule gencive est malade ; mais le plus souvent toutes sont affectées, et l'inflammation se propage au périoste alvéolodentaire. La dent commence alors à s'ébranler.

En même temps que les gencives se tuméfient, elles se décollent des dents. Le décollement peut être très-profond avant qu'on s'en aperçoive. On reconnaît quelquefois l'affection dont on est atteint seulement quand la dent est complètement décollée et qu'elle n'a plus de solidité. L'inflammation des gencives est trèsfréquemment suivie de leur ulcération ; souvent aussi l'inflammation peut gagner l'alvéole, qui se détruit alors complètement, ainsi que nous l'avons vu dans un des chapitres précédents.

Lorsque les dents commencent à être ébranlées, on peut le reconnaître au toucher; mais il arrive un moment où l'affection a fait de tels progrès qu'il est

possible au malade de remuer les dents avec l'extrémité de la langue. Si l'on n'a pas eu soin d'arrêter le mal avant qu'il soit arrivé à cette période, son traitement est très-difficile et quelquefois impossible. Le déchaussement et l'ébranlement des dents est toujours une affection grave. Elle a été très-étudiée par notre père, le docteur Préterre, et c'est surtout elle qu'il avait en vue quand il a entrepris des recherches pour la composition d'un élixir. Ses études sur l'histologie des gencives et leur anatomie pathologique lui ont permis de résoudre le problème, c'est-à-dire d'arrêter le déchaussement et l'ébranlement reconnaissant pour cause un état maladif des gencives. Quand nos clients viennent nous consulter pour cette affection, nous leur prescrivons de se gargariser la bouche sept ou huit fois par jour avec de l'eau tiède additionnée d'un cinquième environ de son élixir. Si la gen-

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cive est déjà décollée, nous leur faisons promener à sa surface et à plusieurs reprises un pinceau imbibé d'élixir pur ou étendu de moitié d'eau si la sensibilité de la muqueuse est trop vive. Quelques petites saignées locales avec la pointe d'une aiguille favorisent le traitement ; et si la maladie n'est pas trop avancée, laguérison est promptement obtenue. Dans quelques cas, des applications de teinture d'iode, faites par une main expérimentée, suivant les conseils de Marchai de Calvi peuvent rendre des services.

Les cures que nous avons obtenues au moyen de la méthode qui vient d'être indiquée, sont extrêmement nombreuses ; leur histoire remplirait un 'gros volume. Nous nous bornerons à citer les deux observations suivantes, qui résument en quelque sorte toutes les autres :

M. X.,., avocat, âgé de trente-cinq ans, d'un tempérament lymphatique, a

toujours joui d'une bonne santé. À la suite de fatigues prolongées, ses gencives devinrent molles, tuméfiées et douloureuses. Elles saignaient avec la plus grande facilité et son haleine était extrêmement fétide. Bientôt ses dents devinrent vacillantes, la mastication ne se faisant plus qu'imparfaitement ; les digestions se troublèrent et des douleurs d'estomac se firent sentir. Ce malade avait consulté plusieurs médecins et essayé un grand nombre de médicaments : cautérisations, gargarismes avec solution de permanganate de potasse, etc., etc., le tout sans succès. Un de ses amis, docteur en médecine, l'engagea à venir nous consulter, et il s'y décida. Je lui prescrivis le traitement indiqué plus haut, et je badigeonnai moimême les parties des gencives qui étaient les plus malades avec un pinceau trempé dans l'élixir pur. Les jours suivants je les badigeonnai alternativement avec la tein-

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ture d'iode, tantôt affaiblie et tantôt pure. Je conseillai en même temps de l'exercice, un régime végétal et l'usage des ferrugineux. Après deux jours de traitement, l'odeur de l'haleine avait tout à fait disparu ; huit jours plus tard, les gencives n'étaient plus douloureuses, et, au bout d'un mois, le malade était complètement guéri. Il est reparti pour la province presque aussitôt après sa guérison ; mais nous l'avons revu il y a quelques mois, et sa bouche est toujours dans un état très-satisfaisant, grâce aux précautions hygiéniques qu'il n'omet plus d'observer. Les maux d'estomac dont souffrait le malade, et qu'il ne savait à quelle cause attribuer, ont également disparu, ce qui démontre bien, une fois de plus encore, l'influence énorme que l'état des dents exerce sur la santé. Nous sommes bien convaincu et ne cesserons de répéter que le plus grand nombre des affections

de l'estomac résultent du mauvais état des dents.

Une jeune dame, d'une figure charmante, mariée depuis peu de temps à un de nos artistes les plus en renom, ressentit, après six mois de séjour à Paris, des douleurs vagues dans les gencives, qui se tuméfièrent bientôt et devinrent saignantes. Pensant que cet état disparaîtrait comme il était venu, elle n'essaya pas de le combattre. Un de ses parents lui fit remarquer un jour que son haleine possédait une odeur désagréable. Cette observation la désola. Ne pouvant supposer que cette odeur provenait de ses gencives, elle se crut atteinte d'une maladie de l'estomac. Elle fit partager ses craintes à son médecin, qui la traita pour une gastralgie. Le ramollissement des gencives augmentait cependant chaque jour. Bientôt la mastication devint difficile, les digestions se firent imparfaite-

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ment, et la malade, qui maigrissait à vue d'œil, se confirma dans cette croyance qu'elle était atteinte d'une affection quelconque de l'estomac. Personne ne songeait à remonter à la cause de cette série de symptômes, lorsqu'elle vint chez moi pour accompagner une dame de ses amies qui désirait se faire aurifier une dent. Elle raconta son histoire en ma présence. En désespoir de cause elle allait partir pour je ne sais plus quelles eaux d'Allemagne. Je la priai de me laisser inspecter sa bouche, et quand j'eus reconnu l'état de ses gencives et de ses dents, je l'engageai à retarder son voyage de six semaines et à me laisser essayer de la guérir. Bien que doutant du succès, elle accepta. Je la traitai par les moyens indiqués plus haut, et un mois ne s'était pas écoulé qu'elle était complètement guérie. Je l'ai revue, il y a peu de temps, et la fraîcheur de son visage, son air radieux et son

embonpoint, indiquaient suffisamment qu'elle jouissait de la santé la plus parfaite.

Nous avons dit plus haut que l'accumulation du tartre sur les dents était une des causes les plus fréquentes du déchaussement. L'indication du traitement est ici évidente. Il faut enlever le tartre qui environne les dents et éviter ensuite de l'y laisser s'accumuler de nouveau, résultat auquel on arrivera facilement en faisant usage chaque matin de notre poudre dentifrice et de notre élixir.

Il est facile à un dentiste expérimenté d'enlever, au moyen d'instruments convenables, le tartre accumulé sur les dents, mais il ne faut jamais se servir d'acides pour obtenir ce résultat. « Tous les aci- « des, les poudres qui rayent les dents « et l'habitude de les racler au hasard ne « peuvent, dit l'illustre chirurgien Hun- « ter, que faire du mal aux dents ; mais il « on est autrement si on enlève le tartre

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« en les raclant suivant les règles de l'art. « Le tartre étant enlevé et la gencive « saine, il faut tâcher de tenir les dents « propres avec la brosse. »

MM. Littré et Robin ont donné dans la nouvelle édition du Dictionnaire de Nysten des indications très-complètes sur le tartre et les inconvénients qui peuvent résulter de sa présence.

Nous reproduisons leur article dans son entier.

« Le tartre dentaire, disent ces auteurs, « est un enduit limoneux, blanchâtre ou « jaunâtre, qui s'amasse au collet des « dents, se durcit et forme à la base de « la couronne une incrustation phos- « photo-calcaire qui finit par en envi- « ronncr la surface si l'on n'a pas soin « de l'enlever. Le tartre dentaire est force mé, d'après Berzélius, de 70 de phos- « phate terreux, 22,5 de mucus, 1,10 de

« matière salivaire et 7,5 d'une matière « animale soluble dans l'acide chlorhy- « drique. Quelques auteurs ont admis des « glandes qui auraient la propriété de « sécréter le tartre des dents. L'observa- « tion anatomique a montré qu'elles « n'existent pas. Le tartre des dents, chez « l'homme et chez le chien, est un dé- « pot anormal et accidentel des sels de « la salive altérée, surtout quant à sa « substance organique ou ptyaline, qui « joue un rôle dans la dissolution de ces « sels. Sa formation est le signe d'un « trouble de la sécrétion salivaire dû le « plus souvent à une perturbation des « usages de l'estomac ou à une lésion de la muqueuse buccale. Le tartre déter- « mine une congestion des gencives qui réagit défavorablement à son tour sur la sécrétion salivaire, qui amène le déchaussement des dents, leur ébranlement, « l'inflammation du périoste aluéolo-den-

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<( taire, et hâte la chute de ces organes. On « doit le faire enlever lorsqu'il se forme, et « en prévenir le dépôt en lavant les dents une « ou plusieurs fois par jour. »

Plusieurs auteurs considèrent le tartre comme produit par des animalcules se formant dans le mucus buccal. Ils le comparent alors à une tige de corail.

L'existence d'infusoires dans les liquides contenus dans la bouche peut être facilement constatée au microscope. Ces animalcules doivent jouer certainement un rôle actif dans la production des différentes affections de la bouche et des dents. Los liquides spiritueux et aromatiques les tuent facilement. De là Futilité de se rincer journellement les dents avec un élixir à base d'alcool pour se débarrasser de ces hôtes dangereux. Celui que nous préparons est précieux pour cet objet.

Disons, pour résumer ce chapitre, qu'avec quelques soins de propreté jour-

naliers on évitera les maladies qui entraînent à leur suite le déchaussement et l'ébranlement. Lorsqu'elles se seront déclarées, l'usage de notre poudre et de notre élixir les fera promptement disparaître.

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