CHAPITRE VII
INFLUENCE DU RÉGIME ALIMENTAIRE SUR L’ÉTAT DES DENTS. — LES HABITANTS DE LA BOUCHE
Influence des divers aliments sur l’état des dents. — Influence du régime animal, du sucre, des acides, etc. — Influence de certaines eaux. — Parasites divers qui habitent la bouche humaine. — Leptothrix, vibrions, monades, etc.
Le régime alimentaire que l’on suit a une influence incontestable sur l’état des dents. Cette influence est telle qu’un dentiste expérimenté peut
ensuite la bouche avec de l’eau additionnée d’elixir : une cuillerée à café pour un demi-verre. Conserver ce gargarisme quelques instants dans la bouche.
Après chaque repas, il est nécessaire de se rincer la bouche pour enlever les débris d’aliments accumulés entre les dents. De l’eau pure n’ayant pas d’action sur eux ne suffit pas pour cet usage, il faut l’additionner d’élixir pour raffermir les gencives.
Notre élixir convient également pour parfumer la bouche et enlever à l’haleine toute odeur, notamment celle produite par la fumée de tabac. Lorsque malgré son emploi l’odeur persiste, il faut faire usage de la préparation spéciale indiquée plus loin.
reconnaître au simple aspect des dents le régime alimentaire de celui qui en est porteur.
Dans un grand nombre de cas, le mal de dents, notamment celui qui résulte d’une inflammation des gencives, d’une névralgie deutaire et d’une carie, est calmé par l’usage de notre élixir. Lorsque la douleur est produite par une dent cariée présentant une cavité, on introduit dans son intérieur uue boulette de coton imbibée d’élixir. Ce moyen est presque infaillible pour calmer la douleur. S’il ne réussissait pas, il faudrait avoir recours à notre baume.
L’élixir est également fort utile après l’extraction pour cicatriser les gencives ; dans ce cas, on l’emploie en gargarismes à la dose d’une cuillerée par demi-verre d’eau.
Mixture tonifiante Préterre contre le déchaussement et l'ébranlement des dents. — Cette préparation spéciale s’emploie de la manière suivante : lorsque les gencives sont saignantes et enflammées, on les tamponne doucement avec une petite éponge imbibée de mixture pure et, quelques moments après, on se gargarise à plusieurs reprises avec la mixture étendue d’un égal volume d’eau. Ce traitement, renouvelé plusieurs fois par jour, est toujours couronné de succès lorsque la maladie ne tient pas, comme dans le scorbut, à un état pathologique général.
Employée immédiatement après l’extraction des dents, notre mixture raffermit les gencives (*).
Elixir et poudre gaulthérine pour l'entretien des pièces artificielles. — Lorsqu’on est forcé d’avoir recours aux dents ou pièces artificielles, il est indispensable de les soumettre à des soins minutieux si l’on veut les garder intactes. Le moyen de les conserver et de les tenir dans un état de propreté convenable consiste à les ôter la nuit et à les placer dans un
(*) La mixture s’emploie également après l'extraction des dents pour prévenir les (luxions et les tuméfactions qui se produisent quelquefois. Son usage, à la suite des extractions, empêche les hémorrhagies, amène la cicatrisation rapide des gencives, et permet la pose plus prompte de pièces artificielles.
Le régime animal et substantiel des habitants des villes favorise la production du tartre, tandis
verre d’eau additionnée d’une cuillerée à café d’élixir gaulthérine, après les avoir frottées avec une brosse à dents enduite de poudre gaulthérine.
Les pièces baignées la nuit dans l’eau additionnée d’une cuillerée à café de gaulthérine sont fraîches et agréables à la bouche le matin, et se conservent fort longtemps sans nécessiter de réparations.
Baume P ré. terre contre les maux de dents. — Cette préparation calme le mal de dents, principalement celui résultant de la carie dentaire, dont elle limite les progrès ; elle anesthésie la pulpe ou nerf dentaire, empêche les abcès consécutifs à la carie, et prépare ainsi la dent à recevoir une aurification ou un plombage sans douleur. Dans le cas de douleur sans carie, notamment dans les dénudations intersticielles et autres, aucune substance ne saurait être préférée pour calmer les souffrances. L’usage du baume convient également pour cautériser les aphtes. On peut aussi en faire usage pour calmer la douleur qui suit l’extraction des dents.
Pour se servir de cette préparation, on doit procéder de la façon suivante :
Imbiber de baume une petite boule de coton et l’introduire dans la cavité formée par la carie, préalablement essuyée; se gargariser ensuite avec un quart de verre d’eau tiède contenant quelques gouttes du baume pour calmer le mal de dents.
Renouveler celte opération toutes les quaire à cinq heures jusqu’à cessation complète de la douleur. Contre l’ébranlement de certaines dents ou les dénudations intersticielles, dénudations très douloureuses et qui simulent parfois une carie pour l’observateur peu atteutif. aucune substance ne lui est préférable Quand ou fait usage du baume pour calmer la douleur qui suit l’extraction des dents, il suffit d’introduire une boulette de coton imbibée de baume dans la cavité laissée par la dent extraite.
sur l’état des dents
que le régime végétal et moins riche des paysans la réduit à presque rien.
Le sucre, bien que le fait ait été contesté, exerce sur la production de la carie une influence attestée par le mauvais état de la bouche des confiseurs, des ouvriers employés dans les fabriques de sucre et des personnes qui font un abus trop grand des triandises.
Il faut se méfier également des acides, qui sont les agents les plus actifs de décomposition de l’émail. On peut rayer facilement avec l’ongle une dent qui a séjourné pendant quelques jours dans du vinaigre. La carie est très fréquente dans les régions telles que la Normandie et la Picardie, où les boissons acides comme le cidre sont en usage. Les boissons trop chaudes ou trop froides, les sorbets
Pour cautériser les aplites il faut les toucher plusieurs fois par jour avec uu pinceau imbibé de baume ou une boulettes de colon fixée au bout d un cure-dents-
Elixir aromatique doré pour parfumer l'haleine. — Cet élixir, par les substances désinfectantes qu’il contient, a la propriété de détruire la fétidité de l’haleine, affection malheureusement trop commune, et de communiquer à la bouche un parfum frais et agréable. 11 enlève immédiatement l’odeur du tabac. On eu fait usage à la dose d’une cuillerée à café dans un verre d’eau.
Electuaire Préterre pour faciliter la venue des dents de la première dentition. — Nous avons déjà indiqué au chapitre de la dentition les moyens do faire u-age de cet électuaire. Chacune de ces préparations contient du reste une instruction étendue.
et les glaces sont également contraires à la conservation des dents. C’est aux boissons glacées si répandues aux Etats-Unis qu’on attribue surtout la fréquence de la carie en Amérique.
Les eaux calcaires paraissent aussi exercer une action funeste sur les dents. Les habitants des régions où se boivent de telles eaux, comme la Picardie ou la Champagne, perdent leurs dents de bonne heure. Le terme de dents crayeuses semble assez justifié.
Les contrées humides et marécageuses exercent également une influence fâcheuse sur les dents. Il serait difficile de dire, dans ce cas, si c’est à l’atmosphère respirée parles habitants ou aux eaux qu’ils boiventqu’il faut attribuer les altérations observées.
La salive a une réaction alcaline. Mais sous l’influence de causes très variées, elle peut acquérir une réaction acide et, dans ce cas, elle est susceptible d’agir plus ou moins énergiquement sur les dents. De nombreuses expériences, notamment celles de Wescot, ont prouvé que parmi les substances susceptibles de se trouver en contact avec les dents, un grand nombre étaient susceptibles de les attaquer.
Voici le résumé de ses recherches :
Les alcalis sont sans action sur l’émail.
L’acide tartrique n’agit qu’à doses concentrées.
SUR l’état des dents 85
L’acide lactique est sans action sur l’émail, mais attaque le cément à la façon des acides.
L’acide citrique a une action destructive très énergique, supérieure à celle de toutes les substances qui peuvent se rencontrer dans la bouche. Cet acide forme, comme on le sait, un des principes de beaucoup de fruits (oranges, citrons, etc.).
L'acide malique, qui existe en grande quantité, comme on le sait, dans les pommes, possède aussi une action destructive très marquée.
Le vinaigre agit également d’une façon énergique.
Le raisin possède une action destructive puissante. 11 détruit en moins de vingt-quatre heures l’émail des dents qui y sont plongées.
L’albumine, qui forme le principe essentiel d’un grand nombre d’aliments, n’agit pas sur les dents. Mais lorsqu’elle est décomposée, ce qui arrive quand des particules alimentaires ont séjourné quelque temps entre les dents, elle donne naissance à des produits qui altèrent facilement l’émail.
Le sel marin est sans action.
Le tannin, très commun, comme on le sait, dans beaucoup d’aliments, le vin notamment, n’attaque l’ivoire et le cément qu’en solution concentrée.
L'acidité du mucus buccal, quelle qu’en soit la cause, a pour résultat le développement de nom-
breux champignons qui ne sauraient exister dans un milieu alcalin.
Les conséquences pratiques de ce qui précède sont évidentes. Ces expériences nous montrent Futilité du nettoyage fréquent des dents avec un dentifrice à réaction alcaline, et l’importance du cure-dents et du rince-bouche après les repas pour débarrasser entièrement la bouche des particules alimentaires et des acides devenus susceptibles d’attaquer les dents.
Le régime alimentaire a donc, comme on le voit, une importance considérable sur l’état des dents. Mais le défaut de soins de propreté a une influence beaucoup plus grande encore. Les dents qui ne sont pas nettoyées sont des dents fatalement vouées à la carie et à tous les accidents que la carie entraîne.
Mais ce n’est pas la carie seule que le défaut de propreté des dents détermine. Les bouches mal nettoyées sont promptement envahies par d’innombrables parasites dont le moindre inconvénient est de donner à l’haleine une odeur des plus désagréables.
Une immense forêt remplie de marécages au sein desquels vivent des végétaux et des animaux en quantités innombrables, tel est le spectacle qu’offre à l'oeil de l’observateur armé du microscope l’intérieur d’une bouche humaine dont la propreté n’est pas parfaite.
SUR l'état des dents
Dans l’intervalle protecteur que laissent les dents entre elles croissent, plus nombreuses que les épis des moissons, les touffes du leptothrix buccalis.
Dans les liquides buccaux, courent rapides de nombreux vibrions : les clenticolœ, tellement petits que les meilleurs microscopes les aperçoivent à peine ; la spirilla, en forme de tire-bouchon, aux mouvements agiles ; les monades , qui ne sont qu’un point ; les volvox , en forme de boules, qui roulent toujours.
Ces hôtes nombreux ont leurs mœurs, leur genre de vie spécial ; ils ne naissent pas au hasard, mais seulement dans des circonstances bien déterminées. Comme ils sont généralement peu connus, nous croyons intéresser nos lecteurs en leur donnant une description rapide de ces êtres étranges. Nous ferons observer qu’il faut avoir recours à de très forts grossissements pour pouvoir les observer, et que leur examen exige une certaine habitude du microscope
Voici la liste des hôtes les plus habituels de la bouche humaine :
Leptothrix buccalis. — Le leptothrix est une espèce particulière d’algue qu’on rencontre en forme de filaments réunis en houppe dans l’interstice des dents qui n’ont pas été nettoyées depuis vingtquatre heures. « Leur accroissement est tout à fait