HYGIÈNE DES DENTS — SOINS A LEUR DONNER POUR LEUR CONSERVATION
Soins journaliers de la bouche. — Leur importance. — Préjugés à cet égard. — Nécessité de soigner les dents pendant la grossesse. — Du choix des élixirs et poudres dentifrices. — Danger de certaines préparations. — Dentifrices Préterre.
Quelques soins de propreté journaliers et deux visites par an chez un bon dentiste suffisent à assurer la conservation presque indéfinie des dents. C'est une vérité trop peu connue et dont chacun devrait être pénétré.
On soigne les fleurs de sa serre, les arbres de son jardin, on ne laisserait pas une infiltration d’eau se produire à la toiture de sa maison sans y porter un remède immédiat. Alors qu’au moindre signe alarmant on fait venir un médecin,
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on assiste impassible à la perte successive de ses dents.
La carie à son début, alors qu’elle est facilement guérissable, peut être invisible pour le malade et très reconnaissable pour le dentiste qui fait un examen sérieux de la bouche de son client. Lorsqu’elle s’est développée, il n’est souvent plus temps de la traiter et la dent est irrévocablement perdue. Les personnes qui ont les plus belles dents sont précisément celles qui devraient se faire examiner le plus souvent la bouche, afin de conserver ce précieux ornement. Les plus belles dents sont souvent délicates et fragiles.
On peut certainement affirmer que, sur dix personnes ayant perdu des dents, neuf les ont perdues par leur faute (1). Quand on pense que du mauvais état des dents résultent toujours une altération des fonctions digestives et, par suite, un dépérissement plus ou moins considérable de la santé, une vieillesse anticipée, on ne comprend guère une pareille négligence. Chez les femmes surtout qui ne reculent devant aucun soin de toilette pour lutter contre la vieillesse, on ne saurait comprendre le peu de soin qu’elles apportent à la conservation de leurs
(1) Et le reste par la aute de dentistes ignorauts, aurionsnous pu ajouter.
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dents. Elles ne devraient pas ignorer cependant qu’au point de vue de la beauté il n’y a pas de diamants qui puissent valoir de belles dents.
Les anciens appréciaient bien mieux que nous l’utilité des dents, et mettaient tous leurs soins à les conserver, Les plus grands médecins de l’antiquité, Celse et Galien notamment, se sont occupés des dents et de leur hygiène. Paul d’Egine recommandait de se rincer la bouche après chaque repas. Avicenne nous a laissé des conseils sur l’usage des poudres dentifrices.
A notre époque nous voyons encore régner en France les préjugés les plus monstrueux à l’égard de l’hygiène des dents. Pour n’en citer qu’un, nous mentionnerons cette idée singulière qu’il ne faut pas faire soigner les dents pendant la grossesse. Jusqu’à un certain point on peut comprendre que l’idée de l’extraction puisse effrayer une personne déjà souffrante, bien qu’il vaille mieux cependant souffrir une seconde que constamment : mais qu’on hésite à se faire soigner les dents malades, c’est ce qui ne s’explique pas.
La carie doit au contraire être combattue d’autant plus vigoureusement, dans ce cas, que la science a prouvé que, pendant la grossesse, la proportion du phosphate de chaux que les dents contiennent diminue considérablement, ce qui rend
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ces organes beaucoup plus altérables. Aussi nous n’hésitons pas à conseiller largement l’emploi du phosphate de chaux assimilable pour combattre cet état.
Aussi lorsqu’une de nos clientes vient nous consulter pendant sa grossesse, n’hésitons-nous jamais à lui donner les soins que ses dents réclament, et même à pratiquer, lorsque cela est nécessaire, des extractions qui, grâce à l’emploi du protoxyde d’azote, n’occasionnent aucune douleur.
Tous les praticiens anglais et américains sont d’accord avec nous sur ce point. Quatre médecins anglais et américain bien connus à Paris, les docteurs Campbell, Simpson, Marion Sirns et Pratt n’ont jamais hésité à nous envoyer leurs clientes à n’importe quel moment de leur grossesse.
Les soins à donner à la bouche constituent la partie la plus importante de l’hygiène dentaire. Ils permettent de préserver les dents de la plupart des maladies.
Ces soins peuvent se résumer dans les deux préceptes suivants : tenir les dents constamment propres, éviter l’abus de certaines eaux et de certains aliments.
En ce qui concerne les boissons et les aliments, nous renvoyons à ce que nous avons dit précédemment de leur influence ; nous ne nous occupe-
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rons ici que des soins de propreté h donner aux dents.
Pour conserver les dents parfaitement propres et saines, il suffit de les brosser le matin en se levant et de se rincer la bouche après chaque repas.
On se sert d'une brosse de crin, sur laquelle on applique quelques pincées d’une poudre dentifrice, et on en frotte les dents en tous sens, sans trop craindre de faire saigner les gencives, sur leurs faces antérieures et postérieures, et non seulement de droite à gauche et de gauche à droite, mais encore de bas en haut et de haut en bas. Après cette opération, on se rince la bouche avec de l’eau additionnée d’un élixir alcoolique bien préparé.
Il faut apporter beaucoup de soins dans le choix de brosses à dents. Trop dures, elles font saigner les gencives; trop molles elles ne nettoient pas les dents, Ne pouvant trouver dans le commerce celles que nous voulions, nous avons dû en faire fabriquer spécialement pour nos clients. Elles ont l’avantage d’avoir une dureté variable et surtout d’être d’un petit volume et d’une courbure convenable, ce qui permet de pouvoir atteindre toutes les parties des dents, ce qui est impossible avec des brosses trop grandes.
On comprend que, si l’on se bornait à se nettoyer les dents tous les matins, les débris d’aliments accu-
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mutés entre elles, après chaque repas, auraient le temps de se décomposer et de les altérer : ces débris doiventdonc être enlevés aussitôt, et on y réussit en se rinçant la bouche.
Il est indispensable de se nettoyer les dents avec la brosse tous les matins, et de se rincer la bouche après tous les repas sans exception. C'est le seul moyen de conserver d'une part la pureté de l'haleine et d'empêcher le séjour dans les interstices des dents de débris alimentaires qui, en se décomposant, donnent naissance à des corps acides divers qui produisent la carie. L'usage du rincebouche et du cure-dents est des plus hygiéniques, et nous le recommandons vivement comme complètement indispensable.
Le fâcheux effetdu séjour de parcelles d'aliments dans la bouche doit donc être combattu par les moyens que nous venons d’indiquer. L’emploi régulier du cure-dents après le repas et de gargarismes avec de l'eau tiède, additionnée d’un alcool quelconque ou d'un élixir dentifrice convenablement préparé, constitue des soins qui peuvent paraître malpropres à beaucoup de personnes, mais il nous paraît bien plus malpropre encore de conserver dans la bouche des parcelles d'aliments qui se décomposent et finissent, outre la carie qu'ils déterminent, à donner â l’haleine une odeur fort
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désagréable. Il faut faire usage de cure-dents fins et très-souples, de façon à ne pas faire saigner les gencives. Les gargarismes à l’eau tiède additionnée, comme nousl’avonsdit, de quelquesgouttes d’alcool ou d’élixir dentifrice, entraînent les détritus d’aliments qui auraient échappé à l’action du cure-dents.
Du choix des élixirs et poudres dentifrices. — Ce serait une grave erreur de croire qu’il suffit de se servir d’eau pu.re pour obtenir une propreté parfaite des dents. L’eau, en effet, ne les nettoie pas suffisamment et n’a pas d’action sur le dépôt dont elles sont entourées ; elle n'a en outre aucune propriété désinfectante ; il est donc absolument nécessaire de l’additionner d’un élixir bien préparé. Nous disons bien préparé et nous insistons sur ce point, parce qu’il nous paraît être de la plus haute importance. Mieux vaut ne pas se laver du tout ou se servir simplement d’eau pure additionnée d’alcool, que d’avoir recours à la plupart des poudres et élixirs qui se débitent dans le commerce. Presque tous renferment des substances acides qui attaquent les dents et sont, nous en sommes certain, une des causes les plus fréquentes delà carie et du déchaussement. Ces préparations donnent, il est vrai, un éclat passager aux dents, mais ce n’est qu’en altérant leur émail, et on ne saurait croire le nombre de personnes qui ont perdu leurs dents
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par suite de l’usage habituel de certaines poudres ou élixirs. Ceux que nous préparons sont fabriqués sur une grande échelle avec des substances de la plus grande pureté et leur emploi journalier constitue un moyen certain d’assurer aux dents une longue conservation.
Il existe un nombre considérable de poudres et élixirs dentifrices. Nous avons eu la patience de les examiner tous avec le plus grand soin et de faire analyser ceux dont la composition nousétait inconnue. Nous sommes donc parfaitement renseigné sur leur valeur ; et, dès à présent, nous pouvons dire que, parmi toutes les compositions que nous avons soumises à l’examen, nous n’en avons rencontré qu’un bien petit nombre dont l’usage journalier soit, nous ne dirons pas avantageux, mais même inoffensif.
Un dentifrice qu’on emploie chaque jour doit satisfaire à bien des conditions. Pour être parfait, il faut: 1° qu’il enlève le dépôt de tartre qui se forme sur les dents sans avoir aucune action nuisible sur l'émail et les gencives ; 2° qu’il sature les acides qui peuvent exister dans le mucus buccal et sont une cause fréquente de carie ; 3° qu’il raffermisse les gencives quand elles sont ramollies et saignantes; 4° qu'il enlève à l’haleine toute odeur désagréable et la parfume.
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Nous allons faire connaître les préparations dentifrices les plus répandues. Leur nombre est considérable, mais leur composition varie peu, et on peut toutes les rattacher à un petit nombre de types ; — ce sont ces types que nous avons choisis.
Dans les précédentes éditions, nous avons reproduit la composition des poudres et élixirs les plus connus. Cette énumération étant sans intérêt, nous ne la répéterons pas. Il nous suffira de rappeler que, parmi ces compositions, les unes, — et les neuf dixièmes des poudres dentifrices du commerce sont dans ce cas, — ont pour base le tartrate acide de potasse ; d’autres, le sucre et le charbon qui, pour des raisons diverses, sont également nuisibles. Nous avons également montré que les élixirs dentifrices du commerce étaient, pour la plupart, fort nuisibles, et que de l’alcool ordinaire leur était bien supérieur. Le seul but poursuivi dans leur fabrication est de produire un éclat passager par le mélange de substances acides.
Frappé du danger ou de l’inutilité des diverses préparations dentifrices répandues dans le commerce, notre père, le docteur Préterre, s’est livré, il y a déjà longtemps, à de nombreuses recherches pour arriver à composer un dentifrice réunissant toutes les propriétés nécessaires. Ses travaux ont été
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couronnés de succès, et l’élixir et la poudre qu’il a composés ont acquis, en Amérique, depuis plus de soixante ans, une réputation qui ne fait que s’accroître chaque jour. Nous les avons modifiés et importés en France, et ils y ont déjà acquis la même notoriété, s’il faut s’en rapporter aux quantités qui nous en sont demandées.
La poudre dentifrice Préterre est composée de produits chimiques parfaitement purs et à réaction alcaline ; elle enlève le tartre sans jamais attaquer l’émail et maintient les dents parfaitement blanches.
Par les substances aromatiques et légèrement astringentes qu'il renferme, cet élixir raffermit les gencives, prévient ou arrête l’ébranlement et le déchaussement des dents ; par les substances désinfectantes qui entrent dans sa composition, il arrête les progrès de la carie, corrige le plus souvent la fétidité de l’haleine, enlève l’odeur du cigare et laisse la bouche imprégnée d’un parfum agréable.
La plupart des élixirs ont un arrière-goût âcre, insupportable, qui provient de ce qu’ils sont préparés par infusion au lieu de l’être par distillation. Pour obtenir le nôtre, nous faisons d’abord macérer, dans de l’alcool vinique parfaitement pur, des plantes aromatiques ; nous distillons ensuite dans le vide et à basse température pour obtenir seulement certains principes, et nous ajoutons enfin les
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substancesdésinfectantes el astringentes. Ces opérations, que nous ne pouvons décrire ici en détail, sont longues et compliquées ; mais leur pratique ne présente aucune difliculté.
11 y a déjà plus de vingt-cinq années en France que nos clients se servent de notre poudre et de notre élixir, et chaque jour ils nous en adressent des remercîments. Ceux qui en (ont habituellement usage possèdent des dents parfaitement blanches et généralement exemptes d° carie.
A l’élixir et à la poudre dentifrices imaginés par notre père, le docteur Préterre, nous avons ajouté diverses préparations dont le lecteur trouvera en note l’énumération. Nous apportons nos plus grands soins au perfectionnement constant de ces préparations (1).
(1) De l'emploi des préparations dentifrices de A. Préterre. — Nous croyons utile, pour la commodité de nos clients, de résumer en quelques pages les usages des diverses préparatious dentifrices dont nous avons parlé à plusieurs reprises dans le cours de cet ouvrage.
Poudre et Elixir dentifrices roses Préterre pour l'hygiène des dents.— Les soins à donner à la bouche, avons-nous dit, constituent la partie la plus importante de l’hygiène des dents. Eux seuls permettent de préserver le plus souvent ces organes de toute maladie.
L’usage de la poudre et de l’élixir Préterre est indiqué pour les soins de propreté auxquels il convient d’avoir recours chaque matin. On applique un peu de poudre sur une brosse de crin et on se frotte les dents en tous sens et surtout de bas en haut et de haut en bas. Ou se rince