LEUR PRINCIPALE CAUSE. 4I
de violentes douleurs. Quand la mère donne le sein à l'enfant, ce dernier rejette souvent brusquement la tête en arrière.
La sécrétion de la salive est aussi beaucoup plus abondante que de coutume, et l'enfant est porté à sucer son pouce ou son hochet, évidemment pour chasser une sensation désagréable de la bouche. Il s'éveille souvent, est grognon et préfère les genoux de sa mère à son berceau.
Il ne suffit cependant pas de s'en tenir aux symptômes locaux que nous venons d'énumérer.
On a cru généralement que les accidents de la dentition étaient dus uniquement à la forte pression exercée contre la gencive et ses nerfs. Tel n'est pas le cas; au contraire, les plus grandes douleurs proviennent surtout de la résistance que la gencive oppose à la dent, qui à cette époque est encore incomplète, ouverte à la racine et dont la pulpe est très sensible. L'enfant ressent alors une espèce de mal de
dent qu'on ne saurait mieux comparer qu'au mal de dent des grandes personnes chez qui le nerf dentaire se trouve à nu1.
Il n'est pas surprenant que de profondes incisions de la gencive puissent apporter un soulagement immédiat et complet, puisque la pression est de ce fait détruite. Cette petite opération est à conseiller aux endroits où nous savons que doivent percer les dents, même chez les enfants dont la bouche n'offre pas encore les symptômes locaux, si toutefois l'on croit pouvoir ainsi leur procurer un peu de repos.
La forme la plus bénigne d'une dentition laborieuse, c'est une diminution de l'appétit et un sommeil agité, état qui dure généralement deux ou trois jours, jusqu'à la culmination, c'est-à-dire une nuit presque blanche pour la mère et l'enfant. On prend
i. Voy. page 114.