‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 11 sur 85 · I. — NOTRE-DAME DE PANTÉMONT ^ (RUE DE GRENELLE · texte numérisé non relu

I. — NOTRE-DAME DE PANTÉMONT ^ (RUE DE GRENELLE

Philipite de Brest, évèque de Beauvais, avait Ibndé, en 1^217, un couvent de Bénédictines dans le voisinage de sa ville épiscopale. Cette communauté, bâtie sur le penchant d'une colline, prit bientôt le nom de Pantémont et ne tarda pas à embrasser la réforme de Cîteaux. Trop souvent inquiétées par les débordements de la rivière d'Avalon, les Cisterciennes de Pantémont quittèrent leur première demeure et furent autorisées à s'établir à Paris. Au mois d'août 1672, elles achetèrent la maison que les religieuses du Verbe Incarné avaient abandonnée. Le lo lévrier 1790, l'abbaye royale de Pantémont se composait de 17 religieuses de chœur et 9 converses. Les revenus se montaient à 52821 livres 4 sou, et les charges à 29459 livres 6 sols 8 deniers. Devenu propriété nationale, le couvent fut vendu en partie, U^ 18 juin 1803. Après avoir servi à divers usages profanes, l'église, (jui avait été construite en 1755, fut affectée au culte protestant.

H. — BÉNKDir.TINES Dr MONT-CALVAIRE, RIE DE VAIGIRARD (1622) -.

Fondées à Poitiers pai" la vénérable Mère Antoinette d'Orléans, ces religieuses demiindèrent à s'établir au faubourg Saint-Germain et à construire un monastère avec un oratoire ou une église au lieu dit Mont-Herbu, le 22 juillet lt)22. L'abbé y consentit, mais il se réserva le droit de visiter leur cliai)elle, d'examiner les ornements et tout ce qui concernait le saint sacrillce de la messe, et d'approuver le prêtre qui serait chargé de la direction spirituelle de la communauté. Marie de Médicis, qui avait appelé ces filles de Saint-Benoît dans la capitale, les cembla de ses bieniaits. Après leur avoir assuré une rente de 1000 livres, elle leur lit construire à ses frais une chapelle qui fut bénite en 1631 et dédiée en 1650. Au moment de la révolution, les relii^ieuses étaient au nombre de 34, dont 9 converses. Les revenus

1 Dom Beaimer. I. 90.

•2 iBin.. I. 133.

se montaient à 23.0o7 livres •> sous, et les charges ne dépassaient |)as 7171 livres 19 sous.

Une partie du couvent fut vendue les 2 décembre 1790 et 28 juillet 1791. Les bâtiments servirent de caserne d'abord pour les gendarmes des chasses et ensuite pour les vétérans de service au Luxembourg.

m. — RftCOLLETTES DE l'iMMACULÉE CONCEr>TION DE LA SAINTE VIEIUIE K

Le 8 septembre 1627, l'abbé de Saint-Germain permit aux religieuses de Sainte-Claire de fonder une communauté, rue de Vaugirard. Gomme elles ne réussissaient pas, elles s'en retournèrent à Verdun, d'où elles étaient venues. Les Récollettes de Tulle leur succédèrent dans le faubourg, et dom Benoît Brachet, prieur de Saint-Germain, leur accorda, le 14 août 1(340, de s'établir dans la maison qu'elles avaient l'ait bâtir, rue du Bac. Il réserva les droits de l'abbé pour le choix des confesseurs, l'examen des novices et imposa aux religieuses l'obligation de payer tous les ans un écu d'or au curé de Saint- Sulpice. Dans une visite canonique faite le 10 septembre IGoo, dom Bernard Audebert, prieur de Saint-Germain, défendit à toutes personnes de pénétrer dans la clôture sans sa permission, excepté aux petites tilles pensionnaires.

La reine Marie-Thérèse d'Autriche jeta les yeux sur les pieuses Récollettes de la rue du Bac pour accomplir le dessein qu'elle avait formé d'instituer un couvent de l'ordre de la Conception de Notre- Dame. Elle n'éprouva de leur part aucune ditïiculté, et une bulle d'Alexandre III du 18 août 1663 autorisa le changement d'habit, de règle et de dénomination. C'est ainsi que la communauté des Récollettes devint le monastère royal de l'Immaculée Conception, avec tous les privilèges attachés à ce titre. Les libéralités de Louis XIV permirent aux religieuses de rebâtir leur église. La première pierre en fut posée, le 13 juillet 1693, par madame de Ligny et mesdemoiselles de Furstemberg, ses petites-tlUes. Elle fut achevée avant 1703. Les Récollettes avaient fait certaines acquisitions. Le 3 septembre 1682, elles payèrent au sieur Pellisson, administrateur de la mense abbatiale de Saint-Germain, 5920 livres, comme droits d'indemnités.

Au moment de la révolution, elles étaient 26 religieuses de chœur et 6 sœurs converses. Elles avaient d'assez beaux revenus. Devenu

1 COCHERIS. III, 189. Sai'VAL. I, 6S.J-87. J.viLLOT. XX, 10-13. Arch. nat. h. TO.J.

propriété nationnlp, leur couvent fut vendu en ITOcS. Les maisons ()7 à 77 (le la vut' du Bac proviennent de ct^tte coinnumauté. L'église lut convertie en salle de spectacle, et plus tard en salle de bal.

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