IV. — BÉNÉDKyriNES DE NOTRE-DAME DE LIESSE, RUE DE SÈVRES
Elles étaient établies à Rhetel depuis 1(331. Chassées par les gens de guerre, elles vinrent à Paris, en 163(3, et s'installèrent provisoirement rue du Vieux-Colombier. En leur accordant les permissions nécessaires, l'abbé de Saint-Germain-des-Prés obligea les domestiques à faire leurs pàques à la paroisse. D'insignes bienfaitrices vinrent à leur aide. Anne de Montan, comtesse de Soissons, leur donna une renie perpétuelle de 2000 livres et Louise de Bourbon, duchesse de Longiieville, s'engagea pour 500. On peut les considérer comme de véritables fondatrices. Bientôt commença pour cette congrégation l'ère des difficultés, qui ne devait pas linir. En 1642, comme la supérieure de la communauté, sœur Gertrude, était gravement infirme, elle olttint de Doin Bracliet, prieur de Saint-Germain, de se retirer à Rhetel. Elle fut remplacée par sœur Hilaire de Samte- Thérèse, nommée dans le monde de Tillier. Celle-ci, trouvant la règle trop sévère, essaya de la mitiger. Le conseil de l'abbaye de Saint-Germain, loin de l'approuver, lui répondit que les mortifications avaient toujours fait la prospérité des monastères. La nouvelle supérieure ne goûta point cet avis. Passant une partie de ses journées au parloir en conversations jjrofanes, elle violait par habitude les lois de l'abstinence régulière et scandalisait ses compagnes, en négligeant l'ofiice du chœur. Enfin, après avoir gouverné pendant un peu plus de deux ans, elle renonça à la vie religieuse. Un événement heureux consola les Bénédictines de Notre-Dame de Liesse et leur fit oublier l'amertume de cette épreuve. Barbe Descoult, qui s'occupait depuis 1626 à instruire les jeunes filles avec quelques associées séculières, leur donna la maison du jardin d'Olivet, rue de Sèvres, où elle habitait. Dom Benoît Brachet les introduisit dans cette nouvelle demeure et le roi api)rouva cette translation (164o). D'après les nouveaux statuts qui leur furent imposés, les Bénédictines devaient payer annuellement un écu d'or au curé de Saint-Sulpice. Pendant les troubles de la guerre civile, six religieuses de Notre-Dame de Liesse se retirèrent à l'abbaye de Port-Royal où elles prirent l'habit avec le consentement
1 Doni liliAlMi-it. 1. Irî."). Arrk. nat. L. 771.
du prieur de Saint-Germaiu (l()o2). Deux ans plus lai'd, loi'S(|ut' la paix fut rétaitlie, la révérende Mère de Saiul-Benoît, ([ui avait clierché un asile ailleurs qu'à Port-Koyal, rtîvint à la maison du jardin d'Olivet. Après avoir obtenu un arrêt annulant le bail passé avec les Bénédictines anglaises qui l'occupaient, elle y fut rétablie avec sœur de Saint-Placide. Les religieuses qui se trouvaient à Port-Hoyal la rejoignirent et promirent de la reconnaître pour leur supérieure. Mais elles oublièrent vite de tenir parole. Sur le conseil de l'abbesse de Port- Koyal, elles choisirent comme prieure Madame de la Brosse, personne étrangère au monastère. Le prieur de Saint-Germain blâma cette attitude et dispersa en divers lieux les religieuses rebelles. Depuis cette époque, le vent du Jansénisme souffla à plusieurs reprises dans la communauté de Notre-Dame de Liesse et lui porta préjudice. Vers 1096, sept moniales refusèrent de condamner le livre de l'Augustinus, sous prétexte que, ne connaissant pas le latin, elles ne pouvaient le juger. Ce cou,vent fut supprimé en 1778 et converti en hospice, qui prit le nom de Madajne Necker, chargée de l'administrer.