XVI. — RELKIIEUSES DL SAINT-SACREMENT, RLE CASSETTE
Des Bénédictines de la Conception de Notre-Dame de Rambervilliers fuyant devant les guerres qui désolaient alors le pays de la Lorraine, cherclièrent d'abord un refuge à Saint-Mihiel, puis dans l'abbaye de Montmartre, et enfin dans un hospice qu'on leur procura, en 1642, à Saint-Maur-des-Fossés. Forcées d'abandonner cet asile, elles
1 A7rh. nat., L. 770.
^ DOM Beaimer, 1, 128. Arch. nat. L. 763.
vinrent, en lOoO, occuper une petite maison de la rue du Bac. C'est dans ces circonstances que Anne Courtin, marquise de Bauves, et la comtesse de Chàteauvieux, touchées d'un saint zèle et souhaitant que l'adorable Sacrement de l'autel lut honoré continuellement dans quelque monastère de tilles, offrirent à la Mère Catherine de Bar, supérieure des religieuses de Rambervilliers réfugiées à Paris, ime somme notable pour fonder un couvent et réaliser leur vœu. L'abbé de Saint-Germain autorisa cette érection, mais il y mit comme condition (|ue chaciue personne qui se présenterait pour être religieuse fournirait une dote de 6 000 livres (16 mars 1653). Cet établissement, que la renie Anne d'Autriche favorisa, demeura quelque temps dans la rue Férou, et fut transféré rue Cassette, en 1659, dans un monastère bâti à neuf. Le prieur de Saint-Germain bénit le local et l'évéque du Puy consacra la chapelle.
Le 25 août 1656, Dom Bernard Audebert permit aux Bénédictines d'avoir rexi)osition du Saint-Sacrement tous les jeudis depuis la grand'messe jusipi'au soir, à la tin du salut. Pendant ce temps, elles devaient prendre garde qu'il y eût toujours quelque ecclésiastique en oraison. Afin de pouvoir faire administrer l'Extrême-Onction aux infirmes, quand la nécessité le requerrait, il obligea la prieure de se procurer au plus tôt une petite boîte d'argent, pour mettre les Saintes Huiles, qui seraient conservées dans un lieu décent. Il autorisa les fondatrices et bienfaitrices, ainsi que plusieurs autres dames, à entrer dans la clôture, une fois le mois, le jeudi. Plus tard, il fut recommandé de ne point laisser les personnes séculières manger de la viande dans les dépendances du monastère. Il convenait de les inviter à prendre leur repas au réfectoire, où elles apprécieraient les vertus et l'abstinence et s'édifieraient de la modestie de la communauté. Il s'agissait des pieuses femmes qui avaient permission de pénétrer dans le cloître.
En 1686, à la suite d'une visite canonique, le prieur de Saint- Germain défendit d'emprunter des pierreries ou perles pour orner le soleil, où le Saint-Sacrement était exposé. Ce qui avait servi à la vanité du siècle ne devait pas être employé à un si saint usage. La communauté des Bénédictines du Saint-Sacrement de la rue Cassette comprenait, en 1790, 25 religieuses de chœur et 10 converses, 2 lourières, 1 commissionnaire, 1 chapelain à demeure et 2 chapelains externes. Le couvent, vendu comme propriété nationale, a été démoU.
Wll. — AUr.rSTINES DU VEHBE INCARNÉ, HIE DE GRENELLE '.
Les religieuses du Verbe Incarné et du Très Saint-Sacrement s'établirent à Paris, rue de Grenelle, dans une maison dépendante de l'hôpital général. Elles suivaient la règle de Saint-Augustin et se destinaient à l'éducation des jeunes lilles. Quand elles eurent obtenu des lettres patentes, Dom Benoît Brachet bénit leur chapelle et les introduisit dans leur monastère, le 4 janvier 1644, en leur imposant de payer chaquf' année un écii d'or au curé de Saint-Sulpice. En 1670, le couvent du Verbe Incarné servit d'asile à plusieurs religieuses de communautés supprimées par le Parlement; mais il ne pouvait plus recevoir de novices. Il était ainsi condamné à disparaître dans un avenir plus ou moins prochain, lorscju'un arrêt du prieur de Saint- Germain, enregistré jiar le Parlement le 4 septembre 1671 , vint mettre tin à son existence. Les religieuses lurent transférées à la place du Puits-l'Ermite, dans une maison dite la Crèche. Dans un mémoire imprimé, elles accusèrent Dom Texier de s'être vengé en les frappant, parce qu'elles avaient refusé d'agréer comme supérieure une ursuline de ses amies, qu'il voulait leur imposer.