‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 2 sur 85 · I. — LES CHARTREUX · texte numérisé non relu

I. — LES CHARTREUX

Si nous parlons des Chartreux, c'est qu'ils tîgurent parmi les gens de main-morte possédant des maisons et des terres dans la censive de Saint-Germain-des-Prés. Le roi Louis IX les appela à Paris et leur donna l'hôtel de Vauvert. « Ce château était habité depuis plusieurs années, nous raconte du Breul, par un malin esprit, lequel atïligeait grandement tous ceux qui passaient dans ce quartier. Aussi la porte de l'Université (pour lors dite porte Gibard et maintenant porte Saint-Michel) tut-elle nommée la porte d'Enfer, comme aussi la rue (jui va de la dite porte à Notre-Dame-des-Champs. » Suivant le même historien, une recluse aurait annoncé que le démon ne céderait la place qu'aux entants de saint Bruno. Félibien n'ajoute aucunement ibi à ces tables et ne prend pas la peine de s'y arrêter. Le souvenir de cette satanique hantise s'est jierpétué jusqu'à nos jours dans une locution vulgaire : « aller au Diable auvert, » par corruption de « au Diable de Vauvert. » L'église lut bâtie de l'27() à 1324. Au temps de saint Louis, on comptait à Vauvert 8 cellules, avec un petit jardin, une cour et un grenier. Jeanne de Chàtillon, comtesse d'Alenç^'on, en fonda 14 autr^^s. D'autres bienfaiteurs rimilèrenl, comme André Taran.Dans le clocher se voyaient les célèbres peintures de Lesueur. Au moment de la révolution, la Chartreuse de Vauvert comptait 26 religieux proies et 6 convers. Ses revenus nets s'élevaient à environ 73.730 livres.

1 Tisserand, Topographie historique du vieux Paris; région du faubourg Saint- Germain, II. 7o. Doni FÉLIBIEN, Histoire de la ville de Paris (Paris, 1725), 367-368.

II. — CHANOINES It KG l 1.1 Eli S DE SAINTE-CHOIX DE LA BliEIONNERIE (lo30) ^.

Les chanoines réguliers, institués par Théodore de Celles à Clairlieu entre Xamur et Liège, vers le coiniiienceinent du xiir siècle, fondèrent un monastère à Paris, rue de la Bretonnerie. Saint Louis les honora de sa protection et les combla de bienfaits. En lo30, un arrêt du Parlement nomma comme vicaires-nés du suiiérieur général de Sainte- Croix, pour visiter le couvent de la rue de la Bretonnerie, les prieurs de Saint-Germain-des-Prés et des Célestins. Au commencement du XVI ic siècle, les chanoines de Sainte-Croix de la Bretonnerie étaient tombés dans le relâchement. Le prieur de Saint-Germain reçut des rai)])orts défavorables sur leur conduite. Il les communiqua au supérieur général de l'ordre et le pria de faire la visite canonique, qui n'avait plus eu lieu depuis iiuinze ans. Informés des plaintes que le j)rieur de Saint-Germain avait formulées à leur sujet, les religieux de Sainte-Croix se crurent perdus. Ils cherchèrent le moyen d'échapper au danger qui les menaçait. Ils voulurent d'abord intimider le Bénédictin, en le menaçant de l'accuser de jansénisme, ^"'ayant pas réussi, ils obtinrent, par l'entremise du Père Le Tellier, des lettres de cachet nommant assistant de leur supérieur général le prieur de Saint-Martindes-Champs, aux lieu et place du prieur de Saint-Germain. Pour consoler et calmer ce dernier, les chanoines lui promirent qu'il présiderait la prochaine élection de leur prieur. Le temps venu, le tils de saint Benoît les somma de tenir parole; ces religieux lui répondirent qu'ils avaient actuellement le i)rivilège de choisir eux-mêmes les assistants de leur général pour les visites canoniques. Le prieur de Saint- Germain répliqua que le titre d'assistant et de vicaire général d'un ordre, presque inconnu en France, qui faisait encore en 1040 profession de mendicité, n'avait rien qui puisse piquer l'ambition du prieur de Saint-Germain-des-Prés. Cependant comme il le tenait du Parlement, c'est lui qui devait décider si on pouvait le destituer d'une manière aussi indigne. Il laissa à Monseigneur le Procureur général le soin de requérir ce qu'il jugerait convenable pour la justice et le rétablissement de la discipline régulière dans le monastère de Sainte-Croix de la Bretonnerie. Nous ne voyons i)as (piel fut le résultat de sa requête.

^ Arch. nat. L. 7(56.

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