XXI. — BÉNÉDICTINES ANGLAISES, HUE SAINT-DOMINIQUE
Des bénédictines anglaises, venues de Cambrai, prirent à bail une maison dans la rue Saint-Dominique et s'y installèrent. Dom Audebert, prieur de Saint-Germain, bénit l'oratoire, où il célébra la messe et distribua la Sainte Communion, le 22 décembre 1654. C'est tout ce que nous avons trouvé sur ces religieuses. Nous ignorons ce qu'elles devinrent et quelle fut leur existence.
XNII. — HOSi'ICE DE COMEK-KONTÂINE (lOoO) 'K
L'abbesse du monastère Cistercien de Gomer-Fontaine, au diocèse de Rouen, voulait fonder un hospice dans le faubourg Saint-Germain. Les religieuses s'y opposaient, en disant qu'il était impossible de soutenir deux communautés avec 8 ou 9000 livres de rentes. L'altbé de Saint-Germain l'autorisa entin, en IGoo, sous certaines conditions.
XXIil. — COMMCNALTÉ DES FILLES DR SAINTE THÈCLE ^.
Marie de Gournai, veuve de David Rousseau, institua une œuvre pour
1 CocHERis, III, 143. Arch. nat. L. 770,
2 Arch. nat. L. 128,
3 Ici. L. 770.
* FÉLiniEN, liS7. CociiEius. III. 26p.
recevoir les servantes sans place, instruire les jeunes tilles pauvres et leur apprendre à gagner leur vie en travaillant à quelque ouvrage. Des lettres patentes tlu mois de septembre 1057 approuvèrent cet établissement, que dirigeaient cinq ou six femmes pieuses, prenant le nom de sœurs aînées, La fondatrice avait écrit un livre d'exercices pour ses subordonnées.
XXIV. — COMMUNAUTÉ DES FILLES SÉCULIÈRES, DITES DE MADEMOISELLE COSSART (1658) ^
Mademoiselle Cossart fonda, le 31 août 1658, une communauté pour des filles séculières qui, ne pouvant être religieuses, faute de dote ou de vocation, désiraient cependant servir Dieu, séparées du commerce des hommes. Elle légua à cette œuvre les ressources dont elle disposait et ces revenus devaient limiter le nombre des admissions. Il fut convenu qu'elle gouvernerait l'établissement jusqu'à sa mort. Après elle, l'élection de la supérieure se ferait par le sort et serait confiée à l'Esprit-Saint. Les filles de Mademoiselle Cossart récitaient tous les jours le rosaire, l'office de la Sainte Vierge, du Saint-Esprit, faisaient quarante-cinq minutes d'adoration, enseignaient le matin et le soir et entendaient la messe à dix heures.
Quelques-unes allaient visiter les pauvres, même à la campagne pendant l'été, et cherchaient à réconcilier les ennemis. Leurs constitutions interprétaient la règle de saint Benoît. Elles recevaient comme pensionnaires des infirmes. L'institut de Mademoiselle Cossart se trouvait dans un endroit désert et dangereux, derrière le Luxembourg. Le prieur de Saint-Germain, Dom Ignace Philibert, lui commanda, le 9 décembre 1663, de se choisir une demeure plus avancée dans le faubourg et d'accepter la direction du curé de Saint-Sulpice. En cas de désobéissance, il menaçait de priver son couvent du bienfait de la messe. Pour éluder cet ordre. Mademoiselle Cossart demanda et obtint d'établir à côté de sa maison une chapelle publique dédiée au Saint-Esprit, où les fidèles trop éloignés de l'église pourraient entendre la messe. Le curé de Saint-Sulpice protesta en vain qu'on portait ainsi atteinte aux i)lus graves intérêts de sa paroisse et qu'on permettait à Mademoiselle Cossart d'échapper à sa direction, en prenant comme directeur son chapelain.
Un incident malheureux fit intervenir le prieur de Saint-Germain,
' GOCHERIS. III. Mi. Arck.nat. L. 770.
Dom Arnoul de Loo, le 28 septembre 1090. Une l'emme pensionnaire chez Mademoiselle Cossart s'ouvrit le ventre, non pour se donner la mort, comme elle l'avoua, mais pour causer de la peine à ses gardiennes. Le Bénédictin défendit de recevoir à l'avenir les personnes dont les idées seraient troublées. Cet établissement lut supprimé, et un avis du 48 janvier 1707 unit ses biens à l'hôpital général. La maison fut acquise, le 16 octobre 1722, par les frères des écoles chrétiennes.