XXXI. — BÉNÉDICTINES DE BON-SECOLRS, RLE DE CHABONNE
En 4680, l'archevêque de Paris chargea le prieur de Saint-Germain de visiter le monastère des Bénédictines de Bon-Secours, rue de
1 Dom lîKAiMEii. I, I2i). Ârch. nat. L. "li.
2 jiiii)., \. \-r,. Arch.wit.L.-li).
Gliaronne, au laubourg Saint-Aiiloine. Elles étaient vingt-ciiKi religieuses. Elles pouvaient recevoir des lilles pensionnaires pour les élever dans la crainte de Dieu. Celles-ci demeuraient dans un quartier séparé du couvent. La maîtresse du pensionnat devait inculquer à ces jeunes âmes l'amour du Seigneur. Si elles ne voulaient pas être religieuses, on les rendait à leurs parents à l'âge de seize ans. Les moniales menaient une vie austère. Le jeudi, elles taisaient une procession en l'iionneur de la Passion de Notre Seigneur. Rentrées au clKjeur, les religieuses adoraient successivenient la croix. Elles connnuniait'Ut deux Ibis la semaine, le dimanclic et le jeudi. Elles jtratiquaient l'abstinence les lundi, mercredi, vendredi et samedi.
Nous lisons ([u'une Bénédictine i)rotesta avec énergie contre des réformes trop rigoureuses, que voulait introduire la supérieure. Elle avait augmenté les jours de jeûne, d'abstinence; on ne pouvait i)lus voir sa famille en particulier, sans compagne, même à travers la grille fermée. Le prieur de Saitit-Germain réussit sans doute à paciiier cette âme troublée.
Les Bénédictines de Bon-Secours ^ avaient un hospice au laubourg Saint-Germain. L'abbesse demanda, en 1662, la permission d'avoir la messe et le Saint-Sacrement dans la chapelle et d'y célélirer l'ollice divin, autant que le nombre des religieuses le comporterait. Cette requête était adressée en considération de Son Altesse Koyale Madame la Duchesse douairière, insigne bienfaitrice, habitant dans le voisinage, que ses intirmités empêchaient de fréquenter les églises et autres lieux de dévotion. Le prieur de Saint-Germain, Dom Philibert, lit droit à cette su|)i»li(iue. L'hospice de Charonne fut su|)|trimé en 1681.
XXXHI. — ABBAYE T)V VAL-DE-CKACE ".
En 1682, l'archevêque de Paris chargea dom Boistard, prieur de Saint-Germain, de visiter canoniquement rabl)aye royale du Val-de- Gràce. Comme les deux confesseurs ordinaires étaient un objet de rivalités entre les religieuses, il recommanda à celles-ci de n'en point parler en récréation et d'éviter les comparaisons injurieuses. Dans la visite canonique que ht dom Boistard au même couvent, en 1686, il était accompagné de dom Mège. Dom Grégoire Tarisse, supérieur de
i Arrh. mit. LL. 1140, |>. Ii7.
2 Dom BoriLLART, Histoire de l'ahhaye de S.-Germain, 2:2.">. Arch. nal. L. 770.
la congrégation de Saint-Maur, avait donné, en i()48, à l'altbaye du Val-de-Gràce, une relique de saint Placide.
XXXIV. — RELIGIEISES ANGLAISES DE LA CONCEPTION, HIE DE CHARENTON, FALBOIHG SAINT-ANTOINE ^
En qualité de grand-vicaire de l'archevêque, dom Claude Boistard, prieur de Saint-Germain, fut choisi pour visiter canoniquement le monastère des religieuses anglaises, situé rue de Charenton, 10 mars 1083. On voit dans le procès-verbal que ces pieuses femmes ne vivaient pas dans l'abondance. Elles n'avaient à peu près pour toute fortune (ju'un revenu annuel de 720 livres. Malgré les aumônes qu'elles recevaient, elles devaient tant au boulanger qu'aux boucher, brasseur, épicier, apothicaire et autres la somme de 10.o4o livres. De plus, 5000 livres leur restaient à solder pour la construction de leur église. Les bâtiments du couvent étaient réguliers et l'enclos, assez vaste. Le tout pouvait valoir 45.000 livres. Dom Claude Boistard demanda pour ces religieuses des constitutions et l'élection d'une nouvelle supérieure, pour remplacer Tancienne qui n'était pas sympathique. Il conseillait de ne point nommer une française pour les gouverner; elle ne saurait comprendre leur langage et s'accommoder à leur genre de vie. Du reste, elle ne pourrait jamais avoir la confiance de ses subordonnées, vu l'antipathie existant entre les deux nations.
Les religieuses anglaises conlirmèrent la justesse de cette observation, en écrivant au prieur de Saint-Germain, le 26 avril de la même année, j)0ur le supplier d'intervenir auprès de l'arclunèque, alin qu'il ne leur imposât pas des françaises.