‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 47 sur 85 · II. — DROITS SEIGNEIRIAIX · texte numérisé non relu

II. — DROITS SEIGNEIRIAIX

Comme seigneurs de Suresnes, les religieux de Saint-Germain-des- Prés avaient dans cette ville et le territoire qui en dépendait droits de censive, de banalité, de servage, de corvées, de justice, de voirie, de police et de préséance. Sous le premier titre, après avoir parlé de la rente foncière, nous énumérerons les autres redevances, comme les lots et ventes, les dîmes, le courtage des vins et le forage.

En 1230, nous voyons qu'Eudes, abbé de Saint-Germain, exigeait certains subsides des habitants de Suresnes. En parlant d'eux, il dit : « Nobis humiliter suj)plicaveruul ut, ejusdem vilUe |)aupertati misericorditer providentes, pro talia et pro pastu abbatis, quie nobis debent annis singulis, et pro solidis régis, quando rex pergit in exercituin, in qiiibus se graviter gravari asserebant, certain ab ipsis et eorum hercdibus j)ecuniie summam, nobis et ecclesiie nostr* singulis annis, solvendam reciperemus, nec amplius exigere deberemus. » Le texte de cette charte nous montre que les seigneurs pouvaient demander plus ou moins suivant les circonstances. Eudes mit fin à cet arljitraire et fixa le part de l'abbé à 40 sols, la taille et les subsides royaux à 6 livres parisis '^. Le chiffre de ces redevances semble avoir subi des modifications dans la suite. Une sentence du Parlement, rendue le 23 décembre 1398, condamna les habitants de Suresnes à payer aux

1 Edgahd Fourxier, Suresnes, notes his(o?'iques.

2 Arck. nat. LL. 1026. p. 28.

religieux de Saint-Germain, dans l'octave de la Saint-Martin d'hiver, 10 livres qu'ils leur devaient annuellement pour la taille '.

D'ailleurs, un accord, passé le 7 juin lo21, élevait le past de l'abbé à la somme de 10 livres '^. Ce droit est confiraié et maintenu par un arrêt du 20 juillet lo6G K

Quant au cens, il se percevait, en 1782, dans la prévôté de Suresnes, à raison de 8 deniers par arpent de terre, prés, vignes, et 6 deniers par chaque corps de logis K D'après un règlement judiciaire donné le 19 décembre IGoO, chaque maison payait 4 deniers parisis, quoiqu'elle eût plusieurs travées; les jardins et 8 enclos étaient taxés à 6 deniers par ar])ent •^.

Les seigneurs censiers pouvaient aussi réclamer les lots et ventes pour la cession et l'échange de quelque héritage, suivant la coutume de Paris ; ce droit atteignait la douzième partie de la valeur d'un immeuble. Les cens, lots et ventes, les rentes seigneuriales des chapelles et les rentes foncières sur maisons et héritages établissaient un revenu annuel de 3000 livres, en 1790 ^.

Dîmes. — Les religieux de Saint-Germain étaient les gros décimateurs de Suresnes, et tous les habitants se voyaient soumis au tribut de la dîme.

La dîme du vin se payait à Suresnes et à Puteaux, à raison de o pintes et 1 chopine par muid, d'après un cueilleret de 16o4. Nous trouvons la même imposition déterminée dans une plainte du procureur fiscal, écrite en 16o6. Ce dernier raconte avec peine que les bourgeois se refusent trop souvent à déclarer leurs vins, et à laisser visiter leurs celliers ".

Le droit de courtage des vins et, par suite, l'oflice du courtier des vins furent institués à Suresnes, en lo47. Le 29 juin KioB, les religieux de Saint-Germain-des-Prés affermaient à Nicolas Lemasson ce droit de courtage, pour la somme de 60 livres par an ^. Le 27 septembre 1627, l'office de courtier et de gourmet de vin était baillé à Denis Martin, à raison de 350 livres par an ^.

1 Arck. nat. LL. 1042. ]>.

2 Id. LL. 10«, p. 170.

3 Id. LL. 1042. p. 29.

4 Id.S. 3082.

^ Id. LL. 1042, p. 43.

'■' Id. S. 28.38.

" Id. LL. 1129, p. io.

« Id. LL. 1041. ]). 244.

!' Id. LL. 1042, p. 113.

La quotité pour la dîme des grains et les dîmes similaires était fixée à 8 gerbes ou bottes pour cent, à prendre sur le champ i.

Gomme le sainlbin ne payait point la dîme et se vendait fort bien à Paris, les habitants de Suresnes en ensemençaient de plus en plus leurs terres labourables, au grand préjudice des seigneurs. Ceux-ci prirent des mesures pour enrayer ce mal. Les terres ensemencées en sainfoin furent arpentées et soumises à la dîme. Une sentence, rendue le 28 mars 1639, condamna le sieur Sirejean à jiayer ce droit ^. Nous trouvons, le M décembre 1669, un autre arrêt obligeant plusieurs particuliers à payer la dîme pour les sainfoins, les fruits des grands arbres et les terres plantées en bois taillis ^

La dîme des pois se percevait, à raison de 4 livres par arpent, comme le démontre une sentence du 6 juillet i6o4 *.

Le 13 avril 1699, la dîme des légumes à Suresnes et à Puteaux était baillée à ferme pour la somme de "200 livres -^

Les dîmes donnèrent lieu à plusieurs transactions. Le 18 mars 1437, Hervé, abbé de Saint-Germain-des-Prés, déclara à sœur Marguerite Gencianne,abbessede Longchamp, que les biens que celle-ci possédait sur le territoire du Suresnes seraient exemptés de dîmes, mais payeraient 13 deniers de cens par arpent, au lieu de 6, et 40 écus d'or, une fois pour toutes ^. Plus tard, le 6 juillet 1688, l'abbaye de Longchamp fit remise à Saint-Germain-des-Prés des droits qu'elle pouvait percevoir sur les biens, que les Bénédictins possédaient dans sa censive, et obtint la même faveur pour les immeubles qu'elle avait au terroir de Suresnes ".

En 1491, Germain de Marie, conseiller et maître des monnaies du roi, déclara qu'il devait au prévôt de la Celle et de Suresnes, six sols de rente et neuf septiers de vin par chacun pour un arpent de vigne '^.

Les religieux de Saint-Germain-des-Prés prétendaient être seuls décimateurs à Suresnes et à Puteaux, en qualité de curés primitifs.

1 ÂrcJi. uni. LL. i(Ul. p. i>73.

2 Id. LL. 1041, p. 27-2.

?> Zd. LL. KHI. p. 27 i.

4 Id. LL. lUil. p. 264.

a Id. LL. 1012. p. 140.

'' Id. LL. I(»i2. |). 10.

' Id. LL. 10(51, p. 7.J.

^ Id. LL. 1042. p. 6.

Les religieux de Saint-Denis soutenaient le contraire et atlirmaient que la dîme de la Grande-Bourse leur appartenait. En la vendant à Saint-Germain-des-Prés, moyennant 40 livres de rente par an ' (8 septembre 1670), ils mirent un terme à cette contestation. Une autre difficulté s'éleva entre les deux abbayes de Saint-Germain et de Saint-Denis, à propos de la seigneurie et de la censive sur les chantiers de Bois Roger et Champ-Rouard. L'intérêt poussait les habitants de Puteaux à se prononcer pour les religieux de Saint-Denis; ils ne demandaient que quatre deniers de cens par arpent. Malgré tout, les religieux de Saint-Germain furent maintenus dans leurs droits de censive '■^.

En 1790, le revenu annuel des dîmes s'élevait à 1200 livres ■^.

Corvées. — Les Suresnois, affranchis de la servitude vers 1250, demeuraient encore assujettis au droit de corvées. Une des moins goûtées, au xvi'' siècle, était la récolte du loin dans les prés de la seigneurie. Le prévôt de Suresnes, Firmin Le Mason, vu le peu d'empressement que mettaient les habitants à faire cette besogne, pour eux superflue et sans rapport,. se vit dans l'obligation de donner, le 0 juillet 1342, une ordonnance sévère aux corvéables du lieu. Il leur ordonna, sous peine de cinq livres d'amende, d'envoyer des personnes capables, et non des enfants, pour faire le foin du seigneur *.

Banalités. — La banalité était un droit que les seigneurs de la terre de Suresnes avaient d'obliger les liabitants de ce territoire à porter moudre à leur moulin banal les blés, qu'ils recueillaient dans l'étendue de la seigneurie, à presser leur vendange au pressoir banal, à faire cuire leur pain au four banal.

Gilles Le Seneschal reçut h permission d'avoir un pressoir dans sa maison de Suresnes; mais i/ lut payer 80 francs d'or, une fois pour toutes, et deux deniers d^ cens de fonds de terre chaque année ^. Le 19 décembre 1650, les religieux de Saint-Germain passèrent une transaction avec les habitants de Suresnes; ils les exemptaient de la banalité de pressoir, banvin et forage, moyennant quatre deniers de cens par chaque maison et six deniers par arpent sur les clos et jardins *'.

1 Arch. nat. hh. lOil. p. 49.

2 Id. LL. 104-2, p. 67.

3 Id. S. 28.o8.

4 Id. LL. 1042, p. 43.

5 Id. LL. 1061, p. 1.

6 Id.LL. lOil, p. 254.

Nous trouvons plusieurs contrats relatifs au Ibur banal.

Le io juin 1438, il était baillé au sieur Pillier pour neul'ans, à raison de 6 livres par an ^. En 1367, ce prix s'élève à 68 livres ^. Le revenu annuel du four banal était de 500 livres, en 1689 ^ et de 400 livres, en 1698 \

Au commencement du xvi"" siècle, quelques habitants de Suresnes avaient été, sur leur demande, autorisés à construire un ibur en leur maison. Mais les religieux de Saint-Germain-des-Prés remarquèrent bientôt que leurs revenus de ce chef diminuaient notablement, à cause des nonit)reuses fraudes qui pouvaient s'opérer. Ils donnèrent plein pouvoir au juge et prévôt de Suresnes pour remédier à cet état de choses. Celui-ci tit démolir tous les tours particuliers, le 19 février lo31, et publier, le 21 juin de la même année, l'ordonnance suivante : « Les manants et habitants de Suresnes sont obligés de faire cuire leur paste au four bannier, sous peine de 3 livres parisis d'amende ^. »

Nous voyons qu'un ordre fut encore donné, le 24 mars 1701, pour supprimer les fours particuliers à Suresnes *'.

Suivant le registre des jugements et ordonnances de Suresnes, en 17o5 : « Le boulanger du four banal du dit lieu est tenu de bien taçonner le pain, (pii sera apporté à son four banal, pour le prix ordinaire, qui est, pour un boisseau un quart, un denier, sous peine de trois livres d'amende. »

Droit de justice. — Les religieux de Saint-Germain avaient haute justice à Suresnes. Ils {mouvaient ardre, traîner, pendre, décapiter, mettre au pilori les manants et habitants de la dite seigneurie.

Gabrielle Grosset, femme de François Roger, Bonne Jouneau, veuve de Gille Herbelin, avaient émis de la fausse monnaie. Le prévôt les condamna à 200 livres d'amende et au bannissement pendant trois ans, après les avoir fait flageller à nu devant l'auditoire, sur l'un des carrefours de la ville, et marquer sur l'épaule dextre d'une fleur de lys au fer rouge, le 4 octobre 1647 ".

Vers la même époque, un autre crime eut beaucoup de retentis-

^ Arck. nat. LL. 1041, p. fol.

2 Id. LL. 1042, p. 106.

3 Id. hh. 1041, p. 278.

4 Chapitres conventuels. Bib. nat. nian. fr. FF. 16837, p. 325. â Edgaud FoiRMER, Histoire de Suresnes.

6 Arch. imt. LL, 1041. p. 2.57.

7 Id. LL. |t. 218.

sèment dans le pays : la veuve Kicher, lialtilanl Suresnes, avait été assassinée par ses domestiques et serviteurs.

« Louis Meaux et Noël, dit l'arrêt, sont condamnés à être roni|)us vifs sur un échaHaud, à cet effet dressé en la i)lacc de grève de la ville de Paris ;

» Marie, servante, à être pendue et étranglée à une potence, qui sera plantée en la dite place, si pris et appréhendés peuvent être en leurs personnes; si non par effigie, en un tableau attaché à la dite potence ;

» Et la dite de Santeny, à être bannie de la prévôté et vicomte de Paris. » Il lui est enjoint de garder son ban à peine de la liart. Les biens des suppliciés furent contisqués et adjugés à l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés, le 14 juillet 1647 K

Dans les premiers jours de février 1G48, le cadavre du nommé Sauvage, voiturier, fut découvert sur le chemin d'Orléans. Ce meurtre avait eu le vol pour mobile. Les coupables, Bernard Duval et Louis Bardeau, furent arrêtés et condamnés à être rompus vifs sur un échafaud, dressé en la grande place du carrefour de la Barre du bourg de Suresnes. Il fut convenu que le ditDuval serait étranglé secrètement, sans éprouver aucune fustigation préalal)le. Louis Bardeau devait sentir deux coups avant d'être étranglé. La sentence imposait aux criminels 200 livres de dommage intérêt et 30 livres, pour prier en faveur de leur victime. Leurs biens furent contisqués ^. Le bourreau reçut 200 livres pour l'exécution de cette sentence ^.

A la justice se rattachaient la police et la voirie. Un arrêt, rendu le 4 mars 1600, maintint les droits de justice et de voirie que les religieux avaient dans leurs dépendances. Il fut prononcé contre le sieur Hubert, receveur général des domaines, voyer général et son commis Amelot ^.

Le prévôt de Suresnes défendit, en 1648, de tirer les pigeons, sous peine de 100 livres d'amende ■^. Il était aussi interdit de se baigner en plein jour dans la Seine, depuis le mur du jardin du sieur de Rosnel jusqu'au liout de la terrasse du duc de Grammont, à peine de prison.

Suivant un arrêt du prévôt, les bouchers du lieu ne pouvaient avoir plus de 25 moutons.

1 Arch. nnt. LL, KUI, |j. 186.

-i M. LL. 1041. II. 192.

3 Id. LL, lOil. p. 193.

4 Id. LL. lOil, |). 188.

•' Id. LL. KUI. p. 196.

Une sentence rendue le 2H août 1640, prouve qu'on avait encore à cette époque un grand respect pour le culte catholique. Jean Lebost, Henry Collier, Jacques Poullain, Jacques Cochery et Jacques Gérard, surpris à jouer aux boules pendant le service divin, furent condamnés chacun à 32 sols d'amende ^

Comme voyers, les religieux de Saint-Germain recevaient de nombreuses requêtes concernant des alignements, des clôtures et tout ce qui intéressait les chemins publics. Les habitants et particuliers de Suresnes devaient se soumettre aux décisions qu'ils donnaient. Le sieur Matel avait établi une fosse à fumier dans le voisinage du pressoir seigneurial. Le 30 octobre 1647, il fut condamné à la comliler ^

Les religieux avaient trouvé une source d'eau dans leur oseraie à Suresnes. Le sieur Louvet aifirma qu'elle lui appartenait. Ses prétentions ne paraissaient pas fondées; mais, par amour de la paix, les moines de Saint-Germain-des-Prés la lui cédèrent. Cependant, ils y mirent une condition ; il devait faire conduire quatre lignes d'eau dans le jardin de la prévoté à ses frais et dépens. Le contrat déterminait que les tuyaux seraient en terre et en plomb pour les cinq dernières toises. Le sieur Louvet s'engageait à donner 100 écus ou 500 livres à l'église de Suresnes, et aux religieux une petite pièce de terré contenant 18 perches, située au-dessus du clos Montaigu ^

Le sieur Delubert avait acheté une maison et une pièce de terre de 8 à 9 arpents. Il demanda à clore le tout de murs. L'abbaye de Saint-Gcrmain-des-Prés lit |)rocéder auprès des habitants à une enquête de commodo et de incommodo, le 10 janvier 1083 *.

Trois ans après, le même ol)tint d'enfermer dans sa propriété un chemin de Suresnes à Puteaux et de porter sa clôture vingt toises plus loin; il devait remplacer le chemin qu'il prenait ^.

Un acte du 22 avril 1633 nous apprend que les bateaux sur la Seine ne sont pas une institution moderne. En effet, le procureur de Saint-Germain-des-Prés bailla à Pierre Séjourné pour six années, au prix de 30 livres i)ar an, le droit de voiturer par eau les gens et marchandises de Suresnes à Paris et de Paris à Suresnes. L'abbé de Saint-Denis voulut s'opposer à ce contrat, mais il n'y réussit pas; et une sentence du 21 août 1634 le débouta de ses ])rétt'ntions '',

^ Arch. nnt. LL, 1127. p. 328.

2 Id. LL. 1041, p. 186.

3 Chapitres conventuels. Bib. nat. ms. fr. FF. 16.8.j6.

4 Ihid. 16.8.^7, p. 179.

•î Ihid. 16.837, p. 209.

6 Ârch. nat. LL. 1041. p. 179.

Vers 1720, une ruelle, allant à travers chanip de Suresnes à Puteaux, devint l'objet d'une assez grave difficulté. Elle avait été cédée en partie aux ducs de Grammont et de Chaulnes; rendue par là même impraticable et d'un accès difficile, elle ne servait plus de lieu de passage. Le duc de Chaulnes demanda ce qui en restait. Les habitants y consentirent, à condition qu'il ferait une fondation de 200 livres pour l'entretien d'un maître d'école à Suresnes, et donnerait des ordres pour restaurer d'autres rues plus utiles aux habitants. Le duc de Grammont refusa d'approuver cette transaction. Au lieu de s'adresser aux religieux de Saint-Germain, il porta l'affaire devant les trésoriers de France '.

Maire-sergent. Anciennement il existait à Suresnes, un mairesergent, dont l'office très considéré était acheté par des particuliers.

Le 14 février 1894, Perrin Patte, demeurant à Paris, à la Gibecière, en la grande rue Saint-Jacques, céda son droit de maire-sergent de Suresnes, que lui avait octroyé feu Richard, abbé de Saint-Germaindes-Prés, au sieur Gillot de la Harpe, j)Our la somme de 18 livres ^.

Le 8 janvier 1469, Pierre Coderet ol)tint le même emploi de Robert, abbé de Saint-Germain.

Les sergents-maires connus lurent :

Avant 1394, Perrin Patte;

1394, Gillot de la Harpe;

Avant 1469, Thomas Coquillart; 1469, Pierre Goderet; 1500, 12 mars, Jacques de la Haye; 1637, Charles Germain; 1630, Georges L'oncle.

Jacques de la Haye avait le titre de maire-sergent et garde des ])risons.

Il y avait aussi un sergent priseur, crieur et vendeur de tous l)iens et visiteur de toutes les maliaçons en les terres de la Celle et de Suresnes, pour les religieux de Saint-Germain-des-Prés. Cette charge importante échut au sieur Henry Coudret, le 15 décembre 1600 ^.

Les officiers de la chàtellenie de Suresnes étaient : un prévôt, un procureur liscal, un lieutenant de justice, un officier, des maistres voyer et ar])enteur, des huissiers et un concierge-geôlier des prisons.

1 Ârch. vat. LL. 1011. p. -231-iWJ.

2 Id. LL. iOil, p. 171.

3 Edgard Foiumer, Suresnes, p. \?>^.

Le 22 lévrier IGOB, les religieux de Saint-Germain-des-Prés déterminèrent les fonctions dn prévôt et du lieutenant et précisèrent leurs rapports. Le règlement porte :

1° Le dit lieutenant devra tenir les audiences tous les jours ordinairement à i)laider aux dits lieux de la Celle et de Suresnes, si ce n'est (pic \r dit sifiir prévôt y soit présent et les veuille tenir; auquel cas, U' dit iieiiteiianl devra céder le siège au prévôt;

2" Audit lieutenant ai)partiendra tout le jirofît des inronnations, interrogations, confrontations de témoins et enquêtes, si ce n'est que le dit prévôt ne les fasse et y vacque lui-même; ce qu'il pourra faire quand l)on lui semblera;

3" Ap])artiendront aussi au dit lieutenant toutes les taxes de dépenses, tant celles adjugées aux audiences que des procès par escrit ; si, d'aventure, il n'arrive que le dit ])révôt soit prié ou requis de iceux taxés et que de fait ils soient par lui taxés;

4" Toutes productions de procès par escrit seront mises au greffe et les inventaires collationnés par le greffier, pour puis après être ap|)ortées au dit sieur jirévôt sans aucunes exceptées et être par lui jugées avec tel conseil que bon lui semblera de prendre, et au jugement desquels le dit lieutenant pourra assister, s'il le veut, et aura, le dit prévôt, la moitié des espèces, et le lieutenant, s'il assiste audit jugement et non autrement, l'autre moitié, après avoir préalablement desduit ce qui aura été baillé au conseil.

Et, pour ne constituer les parties ou frais, pourra le dit lieutenant, en l'absence dudit prévôt, rendre toutes sentences interlocutoires ou provisionnelles qui requerront célérité. Gomme aussi pour le soulagement des parties, en cas de longue ou lointaine absence dudit prévôt, lui sera loisible juger tous les i)rocès par escrit avec tel conseil que bon lui semblera prendre.

Seront faites deffènces au lieutenant, en peine de concussion, de ne prendre, n\ t'xiger ou faire exiger des parties plus d'espèces que celles qui seront taxées par le dit prévôt. Ne pourra le dit lieutenant aux dits sièges de la Gelle et Suresnes recevoir aulcun praticien ou aultre officier, n'estait que de ce faire il eut exprès mandement des seigneurs des dits lieux, auxquels seulement et non à aultre quelqu'il appartiendra de donner congé, de faire la feste de la ville.

Et ([liant aux vacations ordinaires, accoutumées être données de temps et saisons de moissons et vendanges, pourra le dit lieutenant, en l'absence du prévôt, aux jours ordinaires tenant le siège, icelles donner, après en avoir été requis par le procureur de la seigneurie et sur l'avis des praticiens, et, icelles données, sera tenu le dit lieutenant

avant la huitaine, advcrlir un l'aire advertir le dit sieur prévôt des dites vacations données.

Seront tenus ledit lieutenant, procureur fiscal, greffier, geollier, sergent et autres officiers et praticiens des dits lieux de la Celle et de Suresnes, porter honneur, révérence, et obéir au sieur prévôt en ce qui concernera le fait et distribution de la justice. Et à chacun d'iceux en droit, Iby, est enjoint, commandé d'avertir les seigneurs des enlre])rises qui se feront contre et au préjudice de ce que dessus; le tout, à peine et amende arbitraire |)our la première fois et d'être par les seigneurs suspendus de leurs oflices.

TabellioniUKje. — Le 2o janvier lo2o, le greffe et le tabellionnage de Suresnes étaient affermés 120 livres; le 27 août 1089, 100 livres ^ Ce dernier prix n'avait pas été modifié, le 17 janvier 1789 -.

ni. — DliOnS HONORIFIQUES ^.

Les droits honorifiques appartenaient aux seigneurs hauts justiciers, et aux patrons, c'est-à-dire à ceux qui avaient fondé ou doté une église. Ils donnaient lieu à des privilèges tout spéciaux. Les châtelains qui en jouissaient avaient la préséance au chœur, où ils avaient un banc, et dans les processions, auxquelles ils prenaient part. Ils recevaient les ])remiers l'aspersion de l'eau bénite, le baiser de paix, le pain bénit par morceaux de distinction, et allaient avant tout autre à l'ofïrande. Ils étaient recommandés aux prières publiques. Ces droits de préséance engendrèrent de longs et curieux débats entre le clergé de Suresnes et les seigneurs de l'endroit, représentés par leur prévôt. Comme il serait fastidieux de citer toutes les ordonnances qui ont été rendues à ce sujet, nous nous contenterons de signaler les princii)aux événements et les principales pliases de cette lutte é})ique.

Jean Grignon, curé de Suresnes, avait contesté les privilèges des religieux de Saint-Germain. Une sentence des requêtes du Palais lui fit bientôt comprendre son erreur. Tout en maintenant les droits des seigneurs et en lui recommandant de les respecter, elle lui infligea une amende de 8 livres, le 12 février 1646 \

1 Arch. nat. LL. 1042, p. 112.

2 Chapitres conventuels, p. 217.

3 Edgard FoiR.MER, Suresnes.

4 Arch. nat. LL. lOil, p. S2-83.

Ce même curé ne voulait pas avoir d'auxiliaire jwur l'aider dans son ministère. Il avait recours au maître d'école et lui contlait la visite des malades, au préjudice de l'éducation des enfants qui n'étaient ni instruits, ni catéchisés. On le menaça de le priver de son gros, s'il ne prenait un vicaire (2o novembre 1644) '.

Mécontent d'une pareille décision, le sieur Godelroy, vicaire de Suresnes, voulut s'en venger sur la personne du prévôt. Armé d'un bâton, il l'alla attendre sur le chemin de Paris et menaça de l'en l"ra])i)er, s'il ne renonçait aux droits honorifiques. Quelques personnes intervinrent et l'empêchèrent de se porter à des voies de lait. La chambre criminelle blâma la conduite de Messire Godefroy. Elle le condamna à payer les frais du procès et déclara qu'à l'avenir tout contrevenant aux droits liunoritiques serait {lassible de 4 livres d'amende (8 août 1646) '-. Cette répression ne parut pas suffisante. Un arrêt du 17 août 1646 donna aux religieux de Saint-Germain le pouvoir de j^river le curé de Suresnes de son temporel, s'il refusait de se soumettre, et de le donner à un autre prêtre plus docile, chargé du soin de la paroisse.

Le curé de Suresnes se vit aussi obligé d'assister sans étole aux ofllces que les religieux présidaient. Il ne pouvait prendre d'autre titre que celui de vicaire perpétuel -^

Comme le sieur Jean Grignon était fort avancé en âge, il reçut permission de s'asseoir au banc seigneurial (12 janvier 1647); mais c'était une faveur personnelle (|ui n'engageait pas l'avenir.

Vers la même époque, Louis Pasté, marguillier de l'église de Suresnes, fut condamné à 8 livres d'amende pour n'avoir pas mis un tapis sur le banc des religieux, comme il l'avait fait pour celui du curé. Il se disculpa, en disant que des voleurs avaient dérobé le tapis en question. Rendu responsal)le de ce larcin, il fut contraint de remplacer à ses frais l'objet qui avait disparu ^.

Comme curés primitifs, les religieux de Saint-Germain pouvaient, aux principales fêtes de l'année, célébrer l'office divin dans l'église de Suresnes. C'est ce qu'ils tirent le jour de Pâques, 21 avril 1647. Dom Firmin Rainsant, prieur, était accompagné de trois de ses moines : René Vial, Benoit Drouet et Romain Rodoyer, cellérier. Sur l'ordre du prévôt, André Dacolle, les sergents escortèrent les

1 Ârch. nat. LL. H27, p. -293.

2 Id. LL. 1041, p. 83.

3 Id. LL. KUl. I». 84.

4 Id. LL. mil. n. 87.

pieux BéiU'dictins dans toLiles l(^s cérémonies. Dans raj)rès-iiii(li, on se rendit en procession au mont Calvaire, autrement dit mont Valérien. Tout se passa dans nn ordre parlait et, le soir, les habitants allèrent remercier les religieux, qui avaient contribué par leur présence à l'éclat de cette soleimité ^

Messire Jean Grignon mourut en 1655 et eut |)our successeur Guillaume Ckiet. La lutte recommença plus vive que jamais. Le 16 avril 1656, jour de Pâques, dit l'auteur des Choses mémorables 2, cinq religieux de Saint-Germain se rendirent à Suresnes, pour y célébrer le service divin. Pendant l'office, le sieur Cluet jeta par terre une hostie non consacrée et excita une sédition, en criant que les religieux foulaient aux pieds le Saint-Sacrement. Plus de 150 femmes accoururent dans le sanctuaire et firent violence aux Bénédictins. Elles en arrachèrent un de l'autel, où il disait la messe.

Dès la veille, le curé de Suresnes avait manifesté de méchantes dispositions à l'endroit des religieux. ïl avait porté un couteau à compiles, et, en s'en retournant, il exprimait, devant témoins, le déplaisir (|u'il éprouvait d'avoir manqué son coup et de n'avoir pu tremper son arme dans le sang des moines ^. Il y eut i)rise de corps contre Guillaume Cluet, son chapelain et ses autres complices. L'auteur des Cfwses mémorables raconte (lu'ils furent mis dans les prisons de la juridiction de Saint-Germain et y demeurèrent neuf jours durant. Les incidents se multipliaient. Le sieur Louis de Lamare, bedeau de Suresnes, avait reçu du procureur fiscal un écusson d'argent sur lequel figuraient les armes de l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés, avec ordre de le porter sur sa robe. Ce dernier était au ce revestiaire » et s'ajustait l'insigne, lorsque tout à coup, le i)remier marguilier, Jean Leufroy, s'en empara. De son côté, Guillaume Cluet s'empara de la robe du bedeau. C'était un nouveau délit. Le vicaire perpétuel fut condamné, pour ce fait, à 12 livres d'amende et à 36 livres 10 sols envers le roi (7 septembre 1656) *.

Cette sentence parut changer la face des choses. Les esprits se calmèrent et les religieux purent célébrer l'office dans l'église de Suresnes, le jour de la Toussaint, sans être inquiétés ni par le curé, ni par les habitants. Ceux-ci, au contraire, témoignèrent un grand regret du passé ^.

1 Arch. nat. LL. 1127, p. 421.

2 Choses mémorables, p. 65, 7o, 18816.

3 Arch. nat. S. 2970.

4 Id. LL. 1041, p. 98.

•'' Id. LL. 1041, p. 104. Choses mémorables, p. 76-88.

!>' "2 dctiilirt.' 1004, le prévôt lit rayer, sur une cloche roiidue depuis jieu, la qualité de curé de Suresnes, graver et buriner celle de vicaire perpétuel K

Les comptes de fabrique de l'église de Suresnes, qui devaient être présentés chaque année aux seigneurs, motivèrent aussi plusieurs arrêts et discussions -.

La lutte pour et contre les droits hunoriliques donna lieu à des scènes de violence regrettables, au commencement du xvni^ siècle. Le jour du patron de la jiaroisse, 21 juin 1729, aux deuxièmes vêpres, le curé de l'endroit, messire Trespaigne, prit i)ar le bras maître Thomas Poussin, tabellion-greffier de Suresnes, et voulut le l'aire sortir de la place qu'il occupait au chœur. Comme celui-ci s'y refusait, messire Trespaigne, frajtpant de ses mains et roidissant ses bras sur sa poitrine, déclara hautement (pi'il ne ferait point dire les vespres, tant que le greffier n'aurait point (juitté sa place, ajoutant avec emportement qu'il allait envoyer chercher les suisses pour faire sortir le dit greffier des bancs, dont il se disait le maître, le jour du patron.

ce Le greffier se retira du banc seigneurial et sortit de l'église. »

Messire Trespaigne s'adressa au peuple en lui disant :

« Mes paroissiens,

» Vous m'êtes témoins du scandale que les officiers de la justice nous causent : dès hier, ils nous ont déjà scandalisés, eux qui devraient donner l'exemple et se trouver aux premières vêpres; mais je suis aujourd'hui seigneur, curé primitif et maître absolu, et je leur apprendrai à donner du scandale; j'en écrirai au cardinal ministre. »

« Voyant le greffier sorti, le curé fit aussitôt chanter vespres, qu'il interrompit deux fois pour parler à la population. Il donna lecture d'une lettre, d'après laquelle il prétendait avoir le droit d'agir comme il l'avait fait. Il ajouta : « les officiers gribouillent et noircissent du papier contre moi, mais je m'en soucie peu ^. »

Les paroissiens prirent fait et cause pour leur curé. Deux d'entre eux, les plus intluputs par leurs charges et leurs relations, les sieurs François Feuillt', clief de fourrière, et Pierre Carré, boucher de la reine, s'offrirent particulièrement à lutter contre l'injustice du prévôt et de ses acolytes. Ils s'emparèrent du banc seigneurial, laissé vide par la querelle. Le o avril 1731, les sieurs Feuille et Carré furent

1 Arrk.-nat. LL. lOil. p. 89.

- I(f. LL. 1041, p. 97.

3 Id. LL. 1401, p. 133. Choses ïiiéiiiorables, p. 2.

condaniiK's, i)olii' avoii' usiirix' la place la i>lus lionorablc de l'église de Suresnes et en furent expulsés par la force. Ils assignèrent les religieux de ce chef, mais ils jiordirent leur j)rocès, 29 novembre 1740. CesdisjHites se continuèrent j)lus ou moins bruyamment juscju'en 1760. Le 28 mars de cette année, Louis-Marie Lebeau, curé de Saint-Leutroy à Suresnes, demanda avec déférence, aux religieux de Saint-Germain, la permission d'occuper la première place au chœur, à droite. Il présiderait ainsi, disait-il, plus décemment les oflices. Les Bénédictins tirent droit à sa requête, en lui observant qu'ils maintenaient tous leurs droits et lui accordaient une faveur personnelle. Ses successeurs ne pourraient jouir du même droit qu'en le demandant à l'abbaye '.

Monsieur Edgard Fournier, dans ses notes historiques sur la bourgade de Suresnes, affirme qu'un conseil, formé du Supéri(!ur général de la congrégation de Saint-Maur, des quatre assistants et du prieur de Saint- Germain, reconnut comme faux le système de préséance sur le curé, depuis si longtemps débattu. Sur quoi base-t-il son assertion? Nous ne saurions le dire : nous n'avons rien trouvé d'analogue ^.

ti'églîse de Suresnes.

L'église de Suresnes fut construite vers l'an 918 et dédiée à Saint-Leufroy.

C'était sans doute la première (ju'on voyait s'élever dans cette localité. Geoffroy, évèque de Paris, la donna, en 1070, aux religieux de Saint-Germain. En 1180, cette église reçut comme dotation une partie d'un bois situé près du village.

Les Anglais la brûlèrent, en 1358. A peine relevée, les Bourguignons la détruisirent de nouveau, en 1411. Reconstruite sous Charles VIII, elle fut choisie de préférence à ses voisines, comme lieu où serait prononcée l'oraison funèbre de l'un des trois tils que ce dernier roi eut d'Anne de Bretagne.

On l'acheva sous Louis XII. En 1577, elle fut endommagée par .la foudre et entièrement dévorée par les ffammes, en 1590, pendant les guerres de religion. Depuis, elle a été souvent remaniée.

Lebeuf, dans son histoire du diocèse de Paris, dit : « Que cette église est un grand vaisseau nu, avec un simple lambris, sans ailes,

1 Bih. nat. ms. fr. 16.8o9, p. 136.

2 Edgakd ForR.MEK, Suresnes, p. :26l.

sans tomix', sans seimltui-c (lii;-ne de roiuaj-iiue et a\(,'c un purtail Ijàti (le travers, de manière qu'il n'y a que le clocher qui, de loin, a quelque apparence. » Le chœur est de la fin du xv siècle, la nef est en majeure partie du xvii«" et le clocher, du xviir siècle K

Les chapelles intérieures nombreuses étaient concédées, à jji'ix d'argent, à de riches particuliers de Suresnes.

Antoine de la Porte, marchand de poisson Irais et salé, quartenier de la ville de Paris et propriétaire à Suresnes, obtint la chapelle Saint-Sébastien, le 3 octobre 1650. Il en prit possession, en présence de Doni Germain Bullet, prévôt, en s'asseyant dans le banc qui s'y trouvait et en posant la main sur l'autel. Il inomit de donner :2(iO livres à l'église et d'entretenir la chapelle -.

La chapelle Saint-Claude, située jadis à main gauche en entrant dans le chœur, aj)partenait à messire Gérard Golbert, écuyer, et, depuis sa mort, à Nicolas Golbert, secrétaire de Sa Majesté et Finances, seigneur de Vandières, conseiller d'État et du Gonseil Royal des Finances. Elle fut concédée à Etienne Lecaraus, surintendant des bâtiments et manufactures du roi, et neveu de Nicolas Golbert, le 2 août 1657 ^.

La chai»elle de la Sainte Vierge fut donnée au sieur OudartdeGomont, conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France; hujuelle chapelle, dit le contrat, est la première à main droite, en entrant dans le chœur i juin 1666). En 1708, le 0 juillet, cette chapelle passa à Jean-Baptiste Amé, major des cuirassiers *.

Monseigneur Louis Auguste d'Albert d'Ally, i\ur de Chaulnes, capitaine lieutenant de deux cents chevaux-légers de la garde ordinaire du roi, et Dame Anne Romaine de Beaumanoir demandèrent et obtinrent la chai)elle Saint-Sébastien, avec droit de sépulture pour eux et leurs héritiers. Ils promettaient de l'entretenir et de faire une offrande à l'église. Le 21 janvier 1721, ils l'échangèrent avec la chapelle de la Sainte Vierge, qui appartenait au sieur Amé '.

La chapelle du Saint-Rosaire fut acquise par messire Toussaint Roze, seigneur de Goye. Il donna 300 livres à l'église. Elle fut concédée au sieur Tante, secrétaire du mi. le r^s ;t\ril IToo •*.

' Edgar D Folrmer, Suresnes.

2 Arch. nat. LL. 1041, p. 92.

3 Id. LL, 1041. p. 109.

* Bib. nat. ms. fr. 16.8.37, p. 429.

5 Id. 16.877, p. o34.

f"' 1(1. 16.8.D9, p. 100. — Arch. nat. LL. 1041. p. 109.

Le 26 novembre 1700, la chapelle de Saiiil-Sébastien lut accordée au sieur Louvet, avec droit de sépulture pour sa lamille. Il promit de donner 200 livres à l'église. Elle appartenait antérieurement à Marie de la Porte, veuve du sieur du Bois de Coursilly ^.

Gilles de Ganeau, avocat au parlement, avait épousé la petite-fille du sieur Roze. Le 14 juin 1700, il obtint la chapelle du Saint-Rosaire, à condition qu'il donnât 300 livres pour la décoration de l'église -.

Le 29 octobre 1741, le sieur Gilbert, avocat au Parlement et prévôt de Suresnes, demanda et obtint la chapelle de Saint-Jean-Bai)tiste, à gauche, dans le chœur. En payant une rente annuelle de 12 livres, il eut le droit d'y prendre place pendant la vie et d'y être inhumé avec son épouse après sa mort ^.

Le 3 novembre 1746, Jean-Baptiste Choin et Jean François Piron obtinrent })our eux et leurs épouses la chapelle de la Sainte Vierge, dite de l'Assomption, à droite dans le chœur. Ils devaient entretenir à leurs frais ce sanctuaire et payer une rente annuelle de 18 livres K

Le 19 mars 1755, Joseph Pierre Guérin, bourgeois de Paris, et son épouse, Anne Marguerite Gosselin, propriétaire d'une maison à Suresnes, demandèrent qu'on leur accordât la chapelle Saint-Pierre dans la nef de l'église Saint-Leufroy. Les religieux firent droit à leur prière, mais à condition qu'ils payeraient annuellement une rente de 24 livres et qu'ils en jouiraient à l'exclusion de leurs héritiers ^.

Le curé et les marguiliers de Suresnes accordèrent au sieur Joseph Chevreau, chef de fruiterie chez le roi, la chapelle Saint-Nicolas, le 4 juin 1661.

Le sieur J.-B. Allain, ploml)ier du roi, demanda et obtint, en 1681, la permission de l)àtir une chapelle, hors de l'enceinte de l'église, aux offres de la faire orner et de donner à la fabrique 150 livres ^.

Reliques. — Les religieux de Saint-Germain donnèrent des reliques de saint Leufroy à l'église de Suresnes, en 1222.

En 1577, à la suite de l'incendie du chœur de l'église, causée par la foudre, les Suresnois s'aperçurent qu'ils avaient perdu la côte de saint Leufroy, qu'ils avaient reçue du monastère de Saint-Germain. Ils supplièrent (|u'on leur accordât une autre relique pour la conser-

^ Bib. nat. ms. fr. 16.8o2, p. i05.

'^ Id. 16.857, p. 398.

3 Id. 16.858, p. -256.

4 Id. 16.859, p. 45.

'^ Id. 16.859. p. 97.

•5 Chapitres convenluels. — Id., 16.857

valiou du culte rendu au Saint dans la paroisse. Le cardinal de Bourbon remit au curé, messire Dulour, im os de la cuisse et une mandibule inférieure de saint Leufroy, reliques qu'il emporta processionneileniciit à Suresnes avec les habitants qui l'avaient accompagné.

Le 6 juin 1390, l'église fut incendiée par les Huguenots, et la relique de saint Leutiroy disparut. L'année suivante, la paroisse de Suresnes se rendit processionnelleinent à Paris et rapporta un petit os de la jambe de saint Leulroy. Dans l'acte de donation, il était dit que cette relique serait conliée à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés dans les temps de guerre et autres occasions dangereuses. Pendant la révolution, elle lut cachée par les habitants de Suresnes et rendue au culte après le concordat K

Ornements. — En 1657, les religieux de Saint-Germain-des-Prés affectèrent la somme de 700 livres pour payer une chapelle de damas rouge à l'église de Saint-Leufroy de Suresnes et pour retaire le principal vitrail de la dite église ^.

Cloches. — Il y avait quatre cloches dans le clocher de Suresnes avant la révolution. La plus grosse, bénite solennellement par le curé de Suresnes et de Puteaux, le 28 juin 1713, avait été nommée Thérèse- Gunégonde par Maximilien-Emmanuel, duc de la Haute et Basse Bavière, et son épouse. Madame Thérèse-Cunégonde ^.

Ces quatre cloches formaient, paraît-il, un gracieux carillon. On aimait à les entendre et surtout à les sonner, après les funérailles d'un parent. Les enfants du défunt eux-mêmes les mettaient en branle et sonnaient pendant plus d'une demi-heure «qu'ils appelaient les grâces. »

Messire Le Beau, curé de Suresnes, mit ordre à cet abus. Il obtint du prévôt, le 31 juillet 1761, un arrêt qui défendait à toute personne de sonner les cloches sans sa permission ^.

Service de l'église. — Le service de l'église de Suresnes était fait, avant la révolution, par un curé, assisté de deux vicaires. Depuis le 9 août 1419, le gros du curé avait été fixé à 3 muids de grains, moitié orge et moitié blé, à la mesure de Saint-Gloud, et à 3 muids de vin, à compter 16 septiers par muid -^

Quelques années après, le prévôt, représentant les religieux de Saint-Germain, s'avisa de réduire ce traitement. Un procès s'ensuivit.

1 Edgard FoiRMER, Suvesnes.

2 Choses mémorables, II, p. 97.

3 Edgard ForaMER, Suresnes, p. 179, •1 Ibid., p. 269--270.

f- Arch. nnt. LL. Kl il. p. 73.

Un arrêt du roi Cliaiies VII, j-eiulu le 2 mai 1439, le Ibrea à être i)lus généreux à l'avenir '.

Le premier vicaire était « à portions congrues », payées par les Bénédictins. Le deuxième vicaire avait pour traitement une (bndation de 600 livres placées sur la ville de Paris. En 1789, ces traitements montaient : pour le curé, à 2000 livres; [)our le premier vicaire, à 1200; pour le deuxième vicaire, à 1000.

Depuis Pâques jusqu'au l*"' novembre, la première messe était lixée à cinq heures; depuis le l*""' novembre jusqu'à Pâques, elle se disait à six heures.

Les vêpres se chantaient à quatre heures en été et à trois heures en hiver.

Nomination du curé. — Le curé de Suresnes était présenté et nommé par Messieurs de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, seigneurs, patrons et curés primitifs de l'église. Le presbytère, après avoir été près de l'église, fut transporté, en 1791, en la maison seigneuriale, rue de la Barre.

Fabrique. — Le 20 juin 1657, les religieux de Saint-Germain donnèrent à l'église de Suresnes trois chapes, deux tuniques et une chasuble de velours rouge. Ces ornements portaient l'écusson de Saint-Germain ^.

Le 12 avril 1661, Madame de la Robie, veuve Lemaître, Ibnda une lampe ardente devant le Saint-Sacrement. Elle donna pour cet etï'et à la fabrique une rente annuelle de 30 livres tournois ^.

Le curé et les marguilliers de la fabrique de Saint-Leufroy de Suresnes présentèrent, le 12 août 17o6, aux députés et syndic en la chambre ecclésiastique de Paris, l'état des revenus et dépenses de leur église.

Revenus. — Le total des revenus était de 883 liv. 18 sous 12 deniers.

Ces revenus se trouvaient chargés de 62 messes et de plusieurs saints. Tout était réglé pour ces fondations. Un exemple nous le montrera.

Est dû par Denis Anger et autres 10 livres 15 sols de rente foncière grevée d'un salut tous les ans, le jour de l'Ascension, Il sera payé au curé 30 sols, à chaque prêtre 2 sols 6 deniers, au bedeau pour sonner et remplir sa fonction o sols, et le reste appartiendra à la fabrique. Les enfants de chœur avaient 2 sols i)our ces saints, le carillonneur 5 sols.

1 Arch. ««/. LL. 1061, p. 62-61.

■^ M. LL. 1041, p. 109.

3 Id. H 6-20.

— so —

Pour un service complet, tixé au 4 octobre et fondé en 16G8, il y a 60 sols. Six livres sont payées au curé; 10 sols pour la tenture, 5 pour l'otlVandt' du pain et du vin, o au bedeau, 30 aux sonneurs. Il y a de plus un salut tixé au dimanche de la Sainte Trinité ^

Les dépenses fixes s'élevaient à 679 livres, 2 sous ^,

Les chantres recevaient

La maîtresse d'école

Le prédicateur

On j)ayait pourlebuisdudimanchedes Rameaux

Pour la conduite de l'horloge

Au bedeau

Au carillonneur

En 1760, le tarif des sépultures à Suresnes était réglé ainsi qu'il suit '^ :

Pourunconvoidepetitscorpsau-dessousde7ans 3 livres, 11 sous.

Si l'inhumation est sans appareil 3 »

Convois de grands corps au-dessus de 7 ans 14 » 10 »

Convois de nourrissons, des enfants de bourgeois de Paris 11 5> 2 »

Processions. — Les processions étaient autrefois fort en honneur à Suresnes. Les plus fréquentées et les plus remarquables étaient celles des Rogations. Presque tous les habitants y assistaient; ils suivaient le clergé jusqu'à Nanterre, où tout le monde se reposait pendant quelques heures. En 1786, la fabrique de la paroisse de Saint-Leufroy payait encore 14 livres au sieur Debourges, cabaretier à Nanterre, pour le rafraîchissement du clergé *.

Écoles. — Les écoles de Suresnes furent fondées en lo89. Elles précédèrent de quelques années le décret que le roi Henri IV porta en 1398, dans lequel il ordonnait à tous les pères de famille sans fortune d'envoyer leurs enfants dans les écoles, où l'on enseignait gratuitement à lire. Le registre des baptêmes, fiançailles et testaments, commencé en lo47 et conservé à la mairie de Suresnes, en attribue l'institution à un prêtre, nommé Jehan Petit.

Le 14 mai 1724, Louis XV prescrivit que chaque paroisse aurait des maîtres et maîtresses pour instruire les enfants de l'un et l'autre sexe, apprendre à lire et écrire à ceux qui en auraient besoin. Suresnes eut dès lors un instituteur et une institutrice pour enseigner dans les

1 Arch. nat. S. 2912.

2 Id. S. 2912.

3 Edgari) Folrnier. p. 189.

4 Id., p. 267.

écoles (Ju villoge. Ils étaient soumis à l'écolâtre ecclésiastique, pourvu d'une prébende de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Il devait, tous les six mois, visiter les petites écoles, atin de s'assurer qu'on ne faisait rien pour corrompre les mœurs.

L'ordonnance royale du 14 mai 1724 réglait les rétributions scolaires. Les parents étaient tenus de payer aux maîtres et maîtresses, cliaque mois, 8 sols pour les commençants, 12 sols pour ceux qui lisaient latin et français et 15 sols pour ceux qui écrivaient, chiffraient et calculaient.

Ces arrêtés ne paraissent pas avoir reçu une entière application et les maîtres vivaient dans un état voisin de la pauvreté. Le curé de l'endroit s'ingéniait pour venir à leur secours. Il était jaloux de procurer le bienfait de l'instruction à ses jeunes paroissiens. Quelques modestes fondations allégèrent les charges du pasteur. L'institutrice recevait 60 livres pour instruire dix enfants pauvres. Les autres devaient payer une rétribution mensuelle que le curé réclamait aux parents.

Le maître d'école avait un traitement peu considérable. La commune lui donnait 60 livres, et la fabrique autant. Pour augmenter ses honoraires, il remplissait les fonctions de chantre à l'église. En mars 1762, une dame Veret légua à l'instituteur une rente de 100 livres pour l'instruction gratuite des enfants pauvres ^

Il faut croire que l'état des bâtiments scolaires était peu satisfaisant puisqu'on acheta en 1783, au prix de 8000 livres, une maison pour établir une école et procurer un abri aux pauvres malades ^.

1 Edgard Fourniek, Suresnes.

2 Arch. nat. L, :261l.

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