sols de rente
5. Le mesurage de 10 arpents de vigne. (3. 10 hôtes (mai 1324) 2.
Quelques mois plus tôt (mars 1324), Simon de Mortagne et Jean Alloil, clercs et écoliers à Paris, avaient cédé aux religieux de Saint- Germain, pour la somme de 35 livres parisis, 7 quartiers de pré et les 2/3 d'un arpent de vigne, biens qui leur venaient de l'héritage de Simon de Villeroi 'K
Le 13 janvier 1325, Pierre, sire de Morainvilliers, abandonna aux Bénédictins, moyennant 550 livres, les héritages qui lui étaient échus à la mort de son père.
Ils se composaient :
1. D'une maison, de jardins, de deux colombiers, d'un pressoir et autres appartenances.
2. De 14 livres de rentes et menus cens sur plusieurs imnKMibles et hortises.
3. De 24 arpents de terres, prés et vignes, le tout situé à Issy, dans la censive des religieux de Saint-Germain ■*.
1 Arck. nat. LL. 1074, p. 83. LL. 1070. p. 10.
2 Id. L. 780. LL. 1074. p. 81-82.
3 /rf. L. 780.
4 U. L. 780. LL. 1074, p. 87.
En 1326, Pierre Piiet, Guyot de VaugTigiieuse et leurs épouses, avec demoiselle Jehanne Guyot, abandonnèrent au monastère de Saint-Germain, pour la somme 110 livres, 22 arpents de terre, o arpents de pré, une grange dîmeresse et une dîme de blé et de vin, à Issy, Vaugirard, Meudon et Vanves '.
Les religieux de Saint-Germain achetèrent, le 9 février 1330, pour le prix de 60 livres, un petit fief qui provenait de Thomas de Vitry et comprenait des terres, prés, vignes et dîmes -.
Pierre, seigneur de Chastres, écuyer, et demoiselle Marguerite de Champagne, sa femme, vendirent aux Bénédictins la dixième partie de la grande et petite dîme de blé et de vin, et quelques cens qu'ils avaient à Issy et Vaugirard. Simon de Florence fournit le prix de l'acquisition, qui s'élevait à 80 livres. Les religieux reconnaissants s'engagèrent à lui payer pendant sa vie une rente annuelle de 10 livres et à célébrer à perpétuité un anniversaire pour le repos de son àme. Après la mort de Simon de Florence, la rente de 10 livres devait être partagée entre l'abbé et la communauté (fête de saint Vincent, 1333) ^
Guillaume Villeflain et sa femme cédèrent aux religieux de Saint- Germain plusieurs héritages à Montreuil près Versailles, en échange de 10 livres de rente qu'ils leur devaient pour des maisons à Paris et à Vaugirard (3 avril 1380) *.
Le dénombrement de 1384 nous donne sur Issy et Vaugirard les renseignements qui suivent « Item, en la ville d'Issy, deux maisons, dont l'une ne rend rien à ladite église, les deux parts de la haulte, moyenne et basse justice, v arpens de vignes, qui puent valoir c solz; item, de cens et rentes paies à plusieurs jours, environ lx livres parisis; item, la disme de grains dudit Issy et Valgirart, le gros du curé païet, puet valoir par an, montant et avalant, environ deux muys et demy; item, en la dite ville d'Issi trois pressouers banniers et en la ville de Valgirart deux qui sont loués, et les dismes avec les prainctes, environ ij'=L livres, montant et avalant. Et sur ce, fault soustenir yceulx pressouers et maisons; item, la justice des deux villes puent valoir environ ... ■'.
Nicolas Violé, échanson du roi et trésorier du comte de Dunois, abandonna aux Bénédictins 40 sols, qu'il pouvait prélever annuellement sur des vignes à Issy. Par contre, il demandait à être déchargé
1 Arch. mit. LL. 1049, p. l."i. LL. 1070, p. 13.
2 U. LL. 1049, p. 13. LL. 1070, p. 13.
3 m. LL. H 4.3, p. 1.30. L. 10i9, p. 16.
4 U. LL. 1049, p. 46.
5 DOM DU BorRG, L'abbaye de Saint-Germain au XIV siècle, 25.
d'une rente de 40 sols qu'il payait au trésorier de Saint-Germaiii-des- Prés, pour une maison située à Paris en face de l'hôtel de Rouen (1477) '.
Le 8 octobre 1608, l'abbé de Saint-Germain délaissa à sa communauté un clos de vigne à Issy -.
Le 28 septembre 1637, le Supérieur Général de la congrégation de Saint-Maur autorisa les Bénédictins de Saint-Germain à accepter à rente viagère, au denier 10, une maison située à Paris, dans le quartier Saint-Paul. Il leur permit aussi d'acheter de demoiselle de la Haye le fief qu'elle possédait à Issy, pourvu que le prix ne dépassât pas loOOO livres ^.
Le 24 mai 1638. les Bénédictins achetèrent 4 arpents de terre pour agrandir et embellir leur clos. Comme ils n'avaient pas l'argent nécessaire pour payer cette acquisition, le sieur Beaussan leur prêta 800 livres. Pour le récompenser, les religieux lui cédèrent les deux tiers d'un arpent de terre, pour que lui-même pût régulariser son clos *.
Madame la maréchale de Guesbriand échangea avec les religieux de Saint-Germain o arpents et quartier el demi de terre qu'elle avait achetés à Issy (13 novembre 1655) -^
Les Bénédictins de Saint-Germain firent, le 14 janvier 1658, l'acquisition de 2 arpents de pré à Issy, pour la somme de 1000 livres. Cet argent provenait de la vente de Meudon ^.
Le roi Louis XIV voulait édifier un hôtel pour procurer un asile aux vieux soldats infirmes. Afin de pouvoir réaliser son projet, il acheta des religieux de Saint-Germain 42 arpents de terre, au lieu dit les graviers, moyennant 6500 livres. En outre, les vendeurs se réservaient d'exiger à l'avenir les cens ordinaires pour cette propriété (14 mars 1676) ".
Le domaine d'Issy s'augmentait encore de plusieurs îles et atterrissements en la rivière de Seine, depuis le Javet jusqu'au ru de Sèvre. Nous voyons que cette rivière se bifurquait en certains endroits, puisque certains titres nous parlent du petit bras et du grand bras ^.
1 Arch. nat. LL. 1070, p. 115.
2 ÇJiaj). conv. Bib. nat. ms. fr. lt).849, p. 73.
3 Arch. '■nat. LL. 1050, p. 269.
4 Id. LL. 1049, p. 50.
5 Id. LL. 1049, p. 51-5-2.
6 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16.8.56.
7 Arch. nat. LL. 1049, p. 64.
■^ Id. LL. 1145, p. 192-93.
Le 2 janvier 1636, Malhias Maréchal, patron de l'église de Saint- Lambert-de-Vaugirard. déclara à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés qu'il avait droit de gord et de pêche en la rivière de Seine, près l'île de Bussy, vis-à-vis le village d'Issy. Par contre, il devait payer de ce chef o sols de rente au monastère, 2 sols de cens et 20 sols de rente à l'abbé, pour un moulin qu'il avait établi sur bateaux et j)ilotis, en lace d'Auteuil ^
Le chàtel de la seigneurie d'Issy et ses dépendances, avec les dîmes et les pressurages, étaient affermés 200 livres, le 28 août 16202.
Le moulin de la Tour ou le moulin à vent d'Issy, situé entre Clamart et Meudon, était affermé 400 livres, en 1731, avec 4 arj)ents de terre qui en dépendaient ^, le tout contenant 6 arpents, plus 46 arpents 1/2 de terres labourables, 6 arpents de près et toutes les dîmes, loué, le H janvier 1783, aux redevances et charges suivantes :
Première récolte en 1785.
Redevance annuelle.
Plus, en passant le dit bail, 600 livres, ce qui ait par an, 1 muid de seigle, à 18 livres le setier, 1 » d'orge, » » ))
1/2 » d'avoine, à \o » »
ivres
rt
Charge de la dixme.
\" Entrelien du chœur et du cancel.
2" Payement du gros du curé, 200 livres.
Plus une queue de vin, 'diS »
3" Payement des honoraires du vicaire, ion » ¥ Au Séminaire d'Orléans, à cause du prieuré
de Notre-Dame-des-Ghamps, 1/2 muid de vin, 23 » 3" Aux religieuses du Val-de-Gràce, 0 1. os.
1 Arch. -nnt. S. 2909.
2 Id. LL. 10.S8, p. 83.
3 Id. S. -2909.
Les religieux de Saint-Germain sont encore propriétaires de 14 à lo arpents de terres labourables dépendant de la ferme d'Issy, formant anciennement le clos seigneurial de Vaugirard, qui ont été pris pour tirer des pierres pour la construction de l'école militaire, à la charge de l'indemnité, qui n'a pas encore été payée, et pour lesquels il leur est dû, en outre, un dédommagement pour plusieurs années de non jouissance, qu'ils ont été obligés de remettre au fermier de ce temps-là.
Ils possèdent aussi deux arpents et un quartier de vignes ou environ, au terroir d'Issy et estimés 50 livres l'arpent == 150 livres.
Le moulin à vent d'Issy avec le bâtiment, la cour et le jardin qui en dépendent, loués 150 livres.
Les Bénédictins donnaient au geôlier d'Issy 50 livres par an.
Un document, qui semble remonter à 1750, estime à 1593 arpents 87 perches la superficie desmaisons,cours,jardins, terres labourables, prés et autres héritages, sis au territoire et dépendants de la seigneurie d'Issy, qui appartenaient à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Cette évaluation comprend aussi le domaine de Vaugirard ^
La terre et seigneurie d'Issy et Vaugirard faisait partie de la mense conventuelle. Elle comprenait, comme l'indique la déclaration de 1790 :
1" Haute, moyenne et basse justice.
2" Cens, rentes, lods et ventes de la dite seigneurie, la mouvance du tief de Vaudétard, et du petit fief de 3 arpents, dit de la Gentillesse, montant année commune, d'après l'estimation des 10 dernières années, à 4000 livres.
3" La ferme seigneuriale d'Issy et de Vaugirard, consistant en bâtiments, cours et granges, auditoire et geôle.
1 Arck. nat. S. 2911.
Issv.
Rues.
Grande rue basse.
Boiirtibourg.
Carrouge Saint-Vincent, du Cimetière ou du Gloquet.
Carrefour d'en bas.
devant l'Église.
derrière l'Église.
de la Glaisière.
des Noyers.
de la Reine.
de Vaudétard ou ruelle du
Cellier.
Saint- Vincent iplus loin) de la
Galette.
Chantiers ou lieux dits.
Basse Carrière.
Basse Épinette.
Garenjot.
le Bas Montalot.
la Fontaine aux Juifs.
la Haute Épinette.
les Beau vois.
les Bas Monts.
Rubassin.
les Vallées.
les Hauts Monts.
les Fossés.
Brétigny.
la Martelle.
Longue Raye.
Trou du Cœur.
la Haute Carrière.
les Hauts Tricots.
le Haut Buvier.
le Bas Buvier.
Pensard.
Chaillou.
la Métairie.
le Buvier.
le Bas Chaillou.
Futereau.
Champourcy.
Champ Cerizier.
Broche Pain.
les Pieds Cloches.
la Haye Damelle.
la Martelle.
Montery.
les Monts.
Plante Marante.
l'Épinette.
les Loges.
Trou Renard.
les Mauquartiers.
Grande de Saint-Germain.
l'Adjou.
Clos Munier.
Clos Girard.
les Coutures.
les Sablons.
les Caches.
les Barres.
les Citeaux.
Pré des Coutances.
les Ponceaux.
Champ Chardon, la Gachère.
les Petites Iles, les Berges, les Vannes, les Ouvrières.
Javet.
la Voye des Moulins.
Chemin du Grand Abreuvoir » du Petit Abreuvoir.
Sous le Vivier, le Gazon, la Croix Nivert.
la Bertelotte.
les Varennes.
les Gaudelines.
la Groue.
Beaujard.
Cliampmoreau.
Pierre Plate, la Voye de Paris.
les Garennes, la Barre.
Pré des Barres, le Pré de l'Orme ^.
Fiefs d'Issy.
Nous venons maintenant à parler des fiels qui se trouvaient dans la mouvance de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, au territoire d'Issy. Nous n'avons point l'intention d'en esquisser l'histoire; nous voulons seulement en signaler l'importance. Saint-Magloirc possédait des vignes et des hortises à Issy dès 980, nous afïïrme Dubreul ^. Ces biens, enclavés plus tard dans la censive des Bénédictins, furent l'origine de la seigneurie des Maglorians, qui suscita tant de ditïicultés aux religieux de Saint-Germain-des-Prés. Le fief de Saint-Magloire à Issy porta plusieurs noms; mais celui de Vaudétard finit par s'identifier avec lui. En 1585 ill décembre), il payait à l'abbé de Saint- Germain 120 livres pour droit de quint et de requint -^
Les Bénédictins désiraient vivement acquérir cette propriété. Déjà l'archevêque de Paris, Messire de Harlay, leur avait abandonné son droit de relief sur le domaine de Saint-Magloire pour 12 livres de rente à prendre sur 100 arpents de terre à Issy (4 septembre 1672 *). Leur projet favori ne tarda pas à se réaliser. Le 25 mai 1675, Charles de la Haye leur vendit, poiir la somme de 13000 livres,' ce fief, dont le revenu annuel s'élevait à 600 livres. Il comprenait :
1 Arck.nat. S. 29H.
'^ Théâtre des antiquités, p. 90.
3 Ârch. nat. LL. 10.50, p. 118.
4 Qhaj). con. Bib. ■nat. ms. fr. 16.837, p. 74.
1" Un manoir seigneurial, rue de la Glaisière, composé de salles, cuisine, caves, celliers, chambres, greniers, granges, estables, plaidoyers, prisons, cours, jardin clos de murs et autres lieux;
2" L'exercice de la justice haute, moyenne et basse, avec prévost, lieutenant et procureur;
3 Droits d'amendes, lods et ventes sur 20 maisons et 45 arpents de terre, 8 livres de menus cens. L'acquisition porte aussi achat d'un moulin bâti de pierres, appelé la tour d'Issy et sous lequel se trouve la source d'eau vive alimentant les fontaines du village, ainsi que de quatre arpents de terre qui l'environnent. Ceci nous prouve que la tentative faite pour l'acquérir en 1657 n'avait pas réussi. Les arrière-fiefs du Boisvert et de la Gentillesse passèrent bientôt de même au pouvoir (les Bénédictins. Le i8 août 1678, Paul Désiré et dame veuve Lebrun les leur cédèrent pour la somme de 1500 livres. Les créanciers de Charles de la Haye, voyant ainsi disparaître le gage de leur créance à un prix qui leur semblait plus que modique, protestèrent et intentèrent un procès aux religieux de Saint-Germain. Mais ceux-ci eurent gain de cause devant le parlement qui rendit en leur faveur une sentence d'adjudication, 28 mars 1676 i.
Le hef du Boisvert comprenait :
1" Maison, cour, jardin, sur la rue de la Glaisière;
2" 8 ou 10 arpents de terre.
3" L'exercice de la moyenne et basse justice, avec prévôt, droits d'amendes jusqu'à 60 sols;
4" Plusieurs belles censives et redevances sur environ 23 maisons et autres héritages, montant à la somme de 25 ou 80 livres ^.
Les Bénédictins se proposèrent de revendre une maison et un petit jardin appartenant au fief de Saint- Magloire. On leur en offrit 2200 livres, le 14 décembre 1682 ^
Le 28 février 1687, un sieur Picot s'engagea à payer, pour cet immeuble et une rente de 50 livres à Vaugirard, la somme de 400 livres et une rente annuelle de 150 livres *.
En vendant tout ce qui appartenait à l'ancien fief de Saint-Magloire, la famille de la Haye n'abandonna pas la qualification seigneuriale de Vaudétard. Elle se réserva des biens particuliers, qui, situés dans
1 Chap. co'ii. Bib. mit. ms. fr. KJ.SoG. p. G.^. 16.8.57. p. 74, %[.Arch. nat. LL. 1049, p. 7o. (ilSTAVE Leclekc, Fief Vaudé tard.
2 Arch. nat. LL. 1049, p. 75. Chap. con. 1G.8.j7, p. 91.
3 Chap. con. 16.8o7, p. 176.
* Arch. nat. LL. 1049, p. 83. Chap. con. 16.837, p. 227.
la chàtellenie d'Issy, devaient loi et hommage aux seigneurs du dit lieu, les religieux de Saint-Germain. Nicolas de la Haye, prêtre, docteur de la maison et faculté de Sorbonne, donne un dénombrement qui nous fait connaître le nouveau siège du fief. Il avoue posséder une maison, avec cour, jardin, droit de colombier, appelée le flef de Vaudétard; le tout, contenant un arpent et demi, est entouré de murailles et situé sur la rue Reine ou de Vaudétard. Les Bénédictins protesièrent contre ce dénombrement et surtout contre la rue de Vaudétard. Un arrêt du parlement rendit à cette rue l'ancien nom qu'elle portait (il mars 1681).
Le nom de Vaudétard ne devait pas disparaître; il fut donné au chemin Champ-Cardin, rue privée, tracée sur le propre terrain des Vaudétard. Dubreul dit que le peuple, consultant plus ses oreilles que sa raison, barbarisa ce nom et appela cette rue, la rue du Veau ïétart. La demeure seigneuriale des Vaudétard, qui avait son entrée principale sur la grande rue, survécut aux orages de la révolution. Monseigneur de Bervanger, fondateur de l'œuvre de Saint-Nicolas, l'acheta en 1843; il y créa un orphelinat dirigé par les frères de la doctrine chrétienne. L'ensemble de la propriété avait une superficie de 8 arpents, 90 perches, 9 pieds K
Le fief de Villepreux relevait également du monastère de Saint- Germain-des-Prés. Nous en voyons, en effet, les possesseurs successifs, comme Raoul d'Ourcamp (18 août 1384), et Raoul Aymeret, seigneur de Gazeau et de Veluyre (24 aoiàt lolS), présenter personnellement foi et hommage aux abbés de cette communauté bénédictine ^. Ce domaine comprenait :
1" un chalet avec un clos contenant 6 arpents et demi;
2" deux arpents de pré, sur la voie des Moulins;
3* quatre pièces de pré aux petites îles et en l'île du moulin;
4" six pièces de vigne au lieu dit Longueraye et en divers lieux;
5° la dîme du blé (4 gerbes par arpent) et la dîme du vin (6 pintes par muid.) ^.
Lorsque Marguerite de Valois, première femme d'Henri IV. alla se retirer à Issy pour échapper à une. terrible épidémie qui avait déjà fait des victimes parmi ses officiers, François de la Haye lui vendit le fief de Villepreux, pour la somme de 22.500 livres. La reine acquit du même seigneur et de plusieurs particuliers la propriété actuelle de Sain t-
^ (irsTAVE Leclerc.
2 Arch. nat. L. 780, LL. lOaO, p.
3 Id. LL. IUd. p. 181.
Sulpice. Les Bénédictins lui avaient cédé, en 1606, 4 arpents de terre pour une rente annuelle de 40 livres, rachetée plus tard, au prix de 1254 livres.
Les droits de lods et de vente, fixés à un sol par livre, n'avaient pas été payés, lorsque la princesse mourut. Une sentence, rendue par le parlement, le 18 septembre 1615, décida que les religieux prélèveraient sur les biens de la défunte à Issy une somme d'environ 4000 livres, qui leur était due à divers titres K
Jean de Choisy acheta le château de Villepreux, qui passa successivement aux mains de Bertrand de la Bazinière et du prince de Conti ^.
La propriété actuelle de Saint-Sulpice, qui se composait d'une maison et d'un vaste enclos, fut vendue à Michel Sarrus, conseiller au parlement de Paris. Plus tard, elle fut acquise par monsieur Antoine de Sève, abbé de Notre-Dame de l'Isle en Barrois et aumônier du roi. Il était oncle de monsieur Louis Tronson et ami de monsieur Olier, qu'il se faisait un honneur de recevoir dans son agréable solitude. Avant de mourir, il céda dans des conditions avantageuses son immeuble à l'abbé de Bretonvilliers, qui le laissa à la société de Saint- Sulpice ^. A la date du 15 septembre 1679, le registre des délibérations conventuelles de Saint-Germain porte que le vicaire perpétuel de Saint-Sulpice avait acheté une maison à Issy, évaluée à 2500 livres, et qu'il demandait à l'unir à la communauté du même nom, sous le nom de séminaire. Il s'agit sans doute de l'acquisition de la propriété actuelle de Saint-Sulpice. Les droits d'indemnité étaient fixés à 500 livres. Comme le vicaire perpétuel n'avait pas d'argent, les Bénédictins réglèrent qu'il payerait une rente annuelle de 20 livres ^.
Un dénombrement du 28 octobre 1348 nous révèle l'existence d'un fief nommé Chaillon ou Challon, situé à Issy. Il était possédé à cette époque par Jean le Cordier. Un fragment de compte ^ dit qu'il se composait de 37 sols de rente foncière, de 8 ou 10 hortises, et de plusieurs quartiers de vignes ^. En 1524, les frères mineurs deNijon, village entre Auteuil et Chaillon, furent condamnés à vider leurs mains d'un arpent et demi de vigne, sis à Chaillon ou Challon, etd'une maison, avec cour, jardin, grange, qui se trouvait rue Saint- Vincent à Issy ''.
1 Arch. nat. LL. lOaO, p. -22.0.
2 Id. LL. 1050, p. 3.31. ;{3G. .S. 2911.
3 Paroisses de Paris par Ch. des Granges. ï. I.
* Qhap. conv. Bih. nat. ms. fr. FF. 16.837, p. 136.
5 Arcli. nat., LL. 2073B.
6 Id. L. 780.
7 Id. LL. 1070, p. 134. LL. 1050, p. 77.
Les Chartreux possédaient dans la censive de Saint-Germaiii-des- Prés deux fiefs : l'un, le fiel' du Courant, situé à Villeneuve-le-Roi \ et l'autre à Issy, nommé le fief de Louviers. Ils consentirent à payer aux Bénédictins, une fois pour toutes, 7 livres par arpent de terrain et 27 livres par arpent de vigne. Ils s'engageaient à donner, comme rente annuelle, G deniers par arpent. La somme qu'ils fournirent ainsi pour 18 ou 20 arpents s'éleva à 320 livres. Grâce à cette indemnité, ils demeurèrent propriétaires de ces biens (16 janvier 1625) '^. Les Chartreux reconnurent qu'ils n'avaient pas droit de justice, ni de dime dans leur fief de Louviers, ainsi qu'à Meudon ^. Le 6 avril lo41, les religieux de Saint-Germain leur permirent de fermer leur grand clos de murailles et de l'augmenter de 7 arpents, pour chacun desquels ils devraient payer 12 deniers de rente annuelle ^. Plus tard, une contestation s'éleva entre les Bénédictins et les Chartreux. Ceux-ci réclamaient le droit de censive sur plusieurs héritages situés à Issy et appartenant à des particuliers. Déjà un procès était engagé devant le tribunal des Requêtes, lorsqu'on résolut de part et d'autre de passer un accord à l'amiable. Les religieux de Saint-Germain renoncèrent au droit de censive sur la maison et le jardin de dame de Bonnerie, rue des Noyers, et à la rente d'un chapon à percevoir sur cette maison et ce jardin. Par contre, les Chartreux leur délaissèrent les cens qu'ils pouvaient prétendre sur des maisons, jardins et autres héritages, situés à Issy près de l'église (17 août 1695) -^
Les religieux de Sainte-Croix de la Bretonnerie avaient aussi quelques possessions à Issy. Le 4 janvier 1565, ils affermaient à Jehan Rondel une maison avec cour et étable, rue Saint-Vincent, et un demi-quarteron de jardin pour le prix annuel de 10 livres ^.
Les Jésuites, qui dirigeaient le collège de Clermont, avaient acquis plusieurs immeubles à Issy, et avaient, le 27 août 1563, déboursé pour ces achats la somnie de 1233 écus d'or ". Le 18 janvier 1585, ils firent amortir ces biens et payèrent à l'abbaye de Saint-Germain 266 écus 8.
1 Villeneuve-le-Roi, canton de Lon^juiiieau. Seine-et-Oise.
2 Ardi. nat. LL. 1049, p. 34.
3 Id. L. 780.