ISSY
Possessions territoriales.
Ce village, situé à une lieue de Paris, était connu, dès le w siècle, sous le nom de Fisciis Isciacencis. On a beaucoup disserté sur l'origine de sa dénomination. Après avoir reconnu qu'elle n'avait aucune affinité avec la déesse Isis, on a cru qu'elle venait du mot Iscol, signifiant chêne. Ce territoire, probablement couvert d'une forêt de ces arbres, appartenait à la couronne. Il se trouva, dans la suite des temps, divisé entre diverses communautés. Le roi Childebert P'' en donna une partie au monastère de Saint-Vincent de Sainte-Croix, plus tard Saint-Germain (le 6 décembre 5o8). Sainte-Geneviève et Saint-Magloire y possédèrent aussi des domaines assez considérables, grâce à la bienveillance et à la générosité des rois Hugues Capet et Robert le Pieux ^ Un vaste bâtiment, appelé le château, servait de résidence aux officiers des Bénédictins. La grosse tour carrée, dont il était flanqué, fut transformée en prison. Nous ne savons pas quelle était, dans le principe, l'importance des propriétés que Saint-Germaindes-Prés avait à Issy. Rien ne nous renseigne à ce sujet d'une manière précise. Nous devrons donc nous contenter de signaler, en suivant l'ordre chronologique, les principales acquisitions et transactions que les Bénédictins ont faites ou passées.
En 4216, Hugues, abbé de Saint-Germain, fonda un anniversaire en faveur d'Eude, chancelier de ce monastère, et décida que le fermage du four banal serait consacré à cet effet, excepté la somme de 20 sols, qu'on devrait lui payer à lui et à ses successeurs -.
Simon d'Amoil, chevalier, céda à l'abbé de Saint-Germain, pour la somme de 80 livres et 100 sols parisis, une maison et deux arpents de vigne, situés à Issy, avec les droits de justice sur ces immeubles et, en outre, 20 deniers de cens. Amaury d'Issy, chevalier, approuva cette vente, en qualité de seigneur féodal (mai 1226) ^.
En 1236, les Bénédictins acquirent une vanne située sur la Seine, de Guillaume d'Issy, chevalier. Ce dernier s'engagea à payer chaque
1 Annuaire de Sceaux 1868. Nous n'avons aucun dorumenl authenlique pour appuyer ce récit.
2 ÀrcA. nai. LL, 1049, p. -2.
3 Id. L. 780. LL. 1019, p. 2.
année aux religieux, le lendemain de la fête de saint Remy, 10 sols de rente, pour l'anniversaire de son aïeul, Ferry d'Issy (août ^).
Barthélémy d'Issy, chevalier, avouait (mai 1241) tenir en fief de l'abbé de Saint-Germain plusieurs héritages à Issy et à Vanves 2.
Hugues d'Issy, abbé de Saint-Germain, était passé de vie à trépas. En mourant, il avait donné une somme de 200 livres pour avoir un anniversaire à perpétuité. Son successeur, Thomas de Mauléon, employa cet argent pour les besoins de la communauté, mais il ordonna que, pour satisfaire aux volontés de l'illustre défunt, on prélèverait annuellement 10 livres sur les cens d'Issy. Le pitancier devait payer cette rente, le lendemain de la Saint-Remi (avril 1247) 3.
Etienne de Ferlenc et Alix, sa femme, avaient acquis au territoire de Saint-Germain-des-Pi'és un herbagafje comprenant une maison, une grange et une pièce de vigne, situées à Issy. Le tout était chargé de lo deniers de cens capital, de trois minots d'avoine, deux deniers de Oyance, deux chapons et deux poules de relèvement et de taille. Une autre maison dépendait de cette propriété. Elle devait aussi payer six deniers de cens capital, une mine d'avoine, deux chapons, une poule, deux deniers de Oyance de relèvement et de taille. L'abbé leur fit remise de ces coutumes, mais exigea, au lieu et place, 24 sols parisis de cens septembre 1248) ■*.
Le prévôt d'Ântoni avait fourni une certaine somme d'argent pour les besoins de la communauté de Saint-Germain. Par reconnaissance, l'abbé et le couvent lui accordèrent une rente de 10 livres parisis à prendre sur les anciennes censives d'Issy (décembre 12oo) -^
Les exécuteurs testamentaires de messire Jean de Paris, archidiacre de Soissons, vendirent aux Bénédictins, moyennant 260 livres, tout ce que le défunt possédait à Issy (février 127o) ^.
Au mois de juin 1292, par acte passé devant Guillaume de Hangett, garde de la prévôté de Paris, Oudart le Roux et Marie, sa femme, donnèrent en aumône aux religieux de Saint-Germain le cinquième d'une vigne, pour être accueillis en leurs oraisons, et leur vendirent le surplus pour la somme de 100 livres parisis '.
1 Arch. nat. L. 780. LL. 1049, p. 3. LL. 1070, p. :2.
2 Id. L. 779.
3 Id. L. 780.
* Id. LL. 1026, p. H6.
5 Id. L. 780.
6 Id. L. 779-880.
" Id. L. 779 ou 80. LL. 1049, p. 7.
Thomas de Vili'y avait acheté de Jean d'Issy, en 1280, plusieurs héritages, situés au Heu qui portait le nom du vendeur, ainsi que la moitié de la dîme sur les blés, les vins et les pressoirs au même territoire. En 1322, il perdit son épouse. Comme elle était bâtarde, l'abbé de Saint-Germain revendiqua la moitié de ses biens meubles et immeubles. Thomas de Viiry passa un accord avec le prélat. Il lut convenu qu'il jouirait de tous ses biens, sa vie durant, et qu'à sa mort, il les léguerait à l'abbaye, y compris le droit à la moitié de la dhiie du vin et du blé ^
Simon de Villeroi, chevecier de Saint-Étienne de Grès, avait acquis en 1300, le tieC de Thomas le Flammanl. Lorsqu'il mourut, ses exécuteurs testamentaires vendirent aux Bénédictins, pour le prix de 6o0 livres parisis, tous les biens qu'il possédait à Issy. Ils comprenaient :
1. Une maison ou manoir tenant à l'hôtel de Saint-Germain, sur la route de Vanves.