‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 52 sur 85 · ML · texte numérisé non relu

ML

8 Val profond (Bièvres: (.Seine-et-Oise).

— loi —

tenaient h Issy. Il avait voulu ainsi l'oiidcr ini anniversaire pour le repos des âmes de son frère et de sa belle-sœui-. Comme les cens étaient passés en la possession des Bénédictins, ces derniers étaient naturellement chargés de servir la rente. Ils l'avaient du nîsle reconnu dans un acte du 18 mars 1638. Les fermiers n'avaient poinl satisfait à cette obligation dej)uis 1694. Les dames du Val-de-Gi'àce vinrent réclamer le payement de 29 années et un titre nouveau pour empêcher la prescription. Les rcsligieux de Saint-Germain tirent droit à leur demande (29 janvier 1736j K

En 1457, les religieux de Notre-Dame-des-Champs se virent, dans un procès jugé au Chatelet, confirmer le droit de percevoir un muid de vin sur les pressoirs banniers de la ville d'Issy ^.

Ce succès leur donna sans doute du courage. Ils formulèrent de nouvelles revendications. Le prieur prétendait avoir quelques censives dans la seigneurie d'Issy. Les Bénédictins, par es|)rit de conciliation et pour mettre fin à un procès déjà engagé, accordèrent une rente de 0 livres /3 décembre 1618) ^; mais ils lui refusèrent le dimage sur les terres que grevait cette dette (janvier 1619) *.

A la suite d'échanges réciproques pour divers cens à Chàtillon et à Meudon, les religieux de Saint-Germain s'étaient engagés à payer annuellement 7 livres 10 sols, le jour de Noël, aux administrateurs de l'hôtel-Dieu (l"'' juillet lo52) ^. Le 12 mai 1666, ils se libérèrent de cette redevance, en payant 339 livres ^.

Seigaeurie teiiii»oi*elIe.

Les Bénédictins de Saint-Germain avaient toute justice dans l'étendue de leur territoire; mais pouvaient-ils exercer la police sur le village entier? Les religieux de Saint-Magloire semblent leur avoir contesté ce droit, en faisant défense à tout manant ou étranger d'entrer en armes sur le terrain de leur juridiction, le jour de l'invention de saint Etienne, fête patronale de l'endroit. Ils voulaient réprimer les

1 Arch. nat. LL. II4.J, p. 1.5:2. Bih. nat. ms. fr. l(i.S,')8.

2 Id. LL. 1070, p. ai.

3 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 1(5. 8o0, [i. 'liS. * Id. 1(5.850, p. 29.

5 Arck. nat. LL. lOiî). p. 3.}.

6 Id. LL. 1019, p. ."57. Voir .Meiulon el Ciainail ii îa même claie, déciaralioii de 1790.

excès auxquels se livmit la population parisienne en pareille circonstance et empêcher les dévastations et batteries habituelles.

Un certain Jehan Leforestier de Saint-Germain-des-Prés ne tint point compte de cette prohibition. Les gardes lui réclamèrent son épée. Il refusa de la livrer et appela à l'aide; tune cuisinarius vel pitanciarins , pulsata campanâSancti-Germani, cum plunbus monachis et eomplkibus suis, irruit, raconte le chroniqueur. S'il en faut croire le récit de cette rixe tumultueuse, Jehan Leforestier se montra très ardent dans la lutte : Prœfeeti santi Maglorii cucullam et vestes ipsius usque ad carnem enormiter dilaeeravit, et fratrem Jacquemardum, monachum sancti Maglorii, cum ense evaginato in capite pereussit et plures alias violentias eidem intulit.

Mais ce n'était point assez pour ceux de Saint-Germain d'avoir, énormément jusqu'à la peau, lacéré la coulle du préfet, d'avoir assommé le respectable frère Jacquemard; ils frappèrent encore les gardes, les traînèrent à la geôle de la chàtellenie, les dépouillèrent de leurs armures et les incarcérèrent.

Loin de blâmer ces regrettables scènes, l'abbé de Saint-Germain, l'illustre Pierre II de Gourpalay, qu'on avait informé de tout, trouva l'aventure fort plaisante. Dictiis abbas, ridendo, respondit quod iste prœfectus invenerat quod quœrebat, nec aliter gentes suas increpare curavit. Cette affaire fut portée devant le parlement, qui condamna les Bénédictins avec leur supérieur à 3000 livres d'amende (28 avril 1330) K

Plus tard, les religieux de Saint-Germain paraissent avoir eu seuls le droit de prendre des mesures d'ordre à l'occasion de la fête patronale d'Issy. On voit qu'en 1470 ils ordonnaient de faire par trois fois le cry suivant : « L'on défendoit, de par messeigneurs les religieux, abbé et couvent de Saint-Germain, que nul, de quelque état qu'il soit, ne trouble ni empesche la leste de cette ville. Aussi ne porte bastons invasibles s'il n'est officier de mes dits seigneurs ou commis à la garde de la dite fesle, ou s'il n'est officier royal, sur peine de confiscation et d'amende arbitraire ^. »

En 1343, une sentence vint consoler les Bénédictins et leur fit oublier les vexations des Maglorians. Hugues de Crusi, premier président du parlement de Paris, avait été condamné à mort et exécuté pour crime de lèse-majesté. Le procureur du roi soutenait que les

1 Arch. nat. LL., lOiO, p. 162. LL., 114o, p. 134.

2 Id. 1146, p. 7.

biens du supplicié devaient suivre son corps et appartenir au souverain de la nation. Tel n'était pas l'avis des religieux de Saint-Germain. Le noble criminel avait été leur hôte à Issy; il habitait sur leur territoire, lors de son incarcération. Ils revendiquèrent donc avec énergie ses possessions et biens meubles, qui leur furent accordés i.

L'abbé de Saint-Magloire détenait dans ses prisons un sieur Coutonier, justiciable des Bénédictins. Ceux-ci protestèrent contre cet abus de pouvoir, et le prélat, qui ne voulait plus avoir aucune diflîcullé avec ses voisins, se hâta de faire droit à leur demande (28 may 1431) 2.

Un siècle plus tard, 26 août I068, le receveur de Saint-Magloire n'eut pas les mêmes scrupules. Comme les religieux de Saint-Germain avaient acquis trois quartiers de vigne dans le domaine de sa seigneurie à Issy, il obtint une sentence, les obligeant de payer les lods et ventes ^

A Issy comme à Meudon, Jean et Antoine Sanguin cherchèrent à entraver l'exercice de la justice et à molester les officiers des Bénédictins. Le 14 mai 1462, ils arrachèrent de leurs mains un liomme qu'ils emmenaient des prisons d'Issy en celles de Saint- Germain ^. Les religieux continuèrent de rendre la justice.

Des voleurs avaient dérobé du plomb dans la maison de M. Maupéou. Le prévôt d'Issy et de Vaugirard, ayant eu connaissance de ce larcin, fit saisir les coupables. Il les condamna à être attachés pendant deux heures à un carcan. De plus, il les obligea à payer 50 livres aux religieux et les bannit pour o ans du territoire d'Issy (7 mai 1694) ^.

Les religieux de Saint-Germain étaient pleins de sollicitude pour leurs hôtes. Ils établissaient ordinairement trois messiers pour veiller sur les vignes pendant le temps des vendanges. Les habitants promettaient en général de payer à ces derniers 8 deniers par arpent, comme ils le firent le 6 août 1470 ^.

En 1729, les manants d'Issy se plaignaient que des troupeaux de moutons ravageaient leurs récoltes. Sur leur requête, un garde fut institué pour empêcher ces dégâts ''.

1 Arch. nat. LL., 1026, p- 63.

2 Id. LL., 1049, p. 168.

3 Id. LL., lOoO, p. 11-2.

* Id. LL., H4o, p. 154. LL., 1070, 97-98.

5 Id. LL., 1049. p. 199.

6 Id. LL., 1146, |i. 7.

T Id. LL., 1049, p. 200.

Vers la même époque, les Bénédictins permirent au sieur Pariset, chirurgien, de s'établir à Issy, pour donner ses soins aux infirmes '.

Le bail du greffe et du tabellionnage d'Issy et de Vaugirard s'élevait, en 1631, à 8U livres; celui des desfaults et amendes montait, en 1634, à la somme de 23 livres 2.

La geôle était affermée, en 1523, pour le prix de D livres o sols ^.

Les fermiers d'Issy, comme nous le voyons dans un bail de 1774, devaient fournir, pour les prisonniers, de la paille, du pain et de l'eau *.

Une ordonnance de Pliilippe le Long, qui porte la date de 1317, permet à la jeune Lucette, fille de Jean, demeurant à Issy, d'épouser Guillot de Malines, condamné à mort pour homicide, et fait à celui-ci grâce pleine et entière, à la sollicitation de sa fiancée. On ne dit pas ce qui porta le prince à exaucer la demande de cette jeune personne ^

Dîmes. — Banalité.

Les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient droit de dimage à Issy et Vaugirard. Le 16 mai 1465, les dîmes de blé d'Issy et de Vaugirard étaient affermées pour 4 hémines de grain ^. En 1493, elles rapportaient annuellement 42 setiers de blé, 2/3 en seigle et 1/3 en avoine ^.

Le 14 décembre 1739, le sieur Gouret prenait les dîmes à ferme pour la sonnne de 300 livres. Il devait en outre donner chaque année 6 setiers de froment, 18 setiers de seigle, 6 setiers d'orge, 12 setiers et demi d'avoine, 2 agneaux, 60 bottes de ployour ou paille à lier la vigne et 400 livres pour le gros du curé. Il était aussi chargé des grosses et menues réparations de la ferme ^.

Les habitants d'Issy payaient la dîme du blé, à raison de 4 gerbes par arpent ou 10 sols (1601 1 ^, et la dîme du vin, à raison de 6 pintes par muid (1629) i».

1 Arck. nat. LL, 1049, p. -200.

2 Id. LL, 1143, p. lo.3.

3 De Brière, Notice sur le château seigneurial d'Issy. Paris, 1881. m. f. * Id.

5 Id.

6 Arch. nat. LL, 1049, p. -238.

7 Id. LL, 1145, p. loO.

"^ Chaj). conv. Bib. nat. ms. fr. 16.839, p. 2. » Arch. nat. LL, 1143, p. 132.

i« Id. LL, 1049, p. 117.

— lOo —

Le pressoir banal étail affermé au prix d'une rente de 8 livres ll337) 1. Le l"' juin li93, les dîmes de vin el les revenus du pressoir banal alleignaienl chaque année la sonune de 80 livres ^. Une sentence des requêtes confirma que personne ne pouvait faire ériger un pressoir dans les limites de la seigneurie des religieux à Issy, sans la permission de l'abbé des Bénédictins de Saint-Germain 10 février lo08) -K Déjà antérieurement, ce prélat avait ordonné la démolition de plusieurs pivssoirs i)articuliers el sj)écialemenl celui que Jean Daigny, chanoine de la Sainte-Chapelle, avait fait construire dans son hôtel {i'"' février 1407) *.

Parfois les religieux exemptaient quelques habitants de porter leurs vendanges au pressoir banal, moyennant redevance. Le sieur Collin Saint-André obtint celte faveur, mais il s'engagea par contre à payer aux Bénédictins o setiers de vin par tonneau et 8 sols par arpent. Il devait affirmer par serment la quantité de vin qu'il récoltait (6 mars 1402) -^ Le four banal était affermé moyennant 4 livres par an (mars 1328)6.

Le 21 juillet 1673, la communauté de Saint-Germain-des-Prés permit à Julien Mané d'établir un moulin à vent à Issy, mais à condition que personne n'en souffrirait, qu'il payerait les droits seigneuriaux et fournirait une somme annuelle déterminée ''.

AToier-îe. — I*olîce.

Les religieux de Saint-Germain possédaient à Issy une très ancienne maison, appelée l'hôtel du Vivier. Elle était entourée de fossés, où ils nourrissaient des poissons. Un petit ruisseau, qui descendait de Vanves, y amenait l'eau en quantité suffisante. Mais voici qu'une dame de Bettencourt contesta les droits des Bénédictins et détourna le ruisselet. Les fossés furent bientôt à sec et tous les poissons périrent. Grande fut l'indignation des religieux de Saint-Germain. Ils crièrent

i Arck. nat. LL, I llo, p. 184.

2 Id. LL, 1049, p. 238.

3 Id. LL, lUo, p. 184.

4 Id. LL, 1145, p. 184.

5 Id. LL, 1143, p. 184.

6 Id. LL, 1145, p. 138.

' Chap. conv. Bib. nat. ms. f'r. 16.837, p.

à l'injustice et engagèrent un procès. Nous ignorons quelle en fut l'issue (23 septembre 1389) K

Les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés avaient haute, moyenne et basse justice sur la Seine et les îles qui s'y trouvaient, depuis les ponts de Paris jusqu'au ruisseau de Sèvres. Une sentence du parlement, rendue le 24 avril 1582, leur maintint ce privilège ^. Ils tirent usage de leurs droits en plusieurs circonstances.

Le curé et les vicaires d'Issy mettaient trop d'empressement pour inhumer les cadavres des noyés. II fut défendu de procéder à cette cérémonie avant la visite des officiers de justice (6 juin 1608) ^.

Jean et Nicolas Bois tenaient leurs barques au grand port de l'abreuvoir et passaient les personnes qui se présentaient, sans en avoir le droit. Le prévôt d'Issy leur ordonna d'enlever leurs bateaux et les condamna à oO livres envers les religieux (10 juillet 1630; ^.

La question des eaux d'Issy provoqua souvent l'intervention des religieux de Saint-Germain. Jean de Choisy, conseiller du roi, et propriétaire du lieu dit le Petit Olympe, qui avait appartenu à la reine Marguerite, se plaignit de ce que le lavoir public était trop près de sa maison. La puanteur de l'eau et le bruit continuel du battoir l'incommodaient. Il offrit d'en faire creuser un autre à la porte d'Issy, sur la route de Meudon, dans une pièce de terre qu'il possédait en cet endroit. Les Bénédictins accédèrent à sa demande (juillet 1623) ^.

Dix ans plus tard, le même Jean de Choisy faillit causer une révolution dans le village. En faisant creuser des tranchées profondes dans ses héritages, il avait troublé le cours des sources qui alimentaient la fontaine Saint-Vincent. Les habitants soutenaient qu'il devait réparer les dégâts qu'il avait occasionnés. Cependant, pour ne point entamer un procès, ils chargèrent Dom Claude Coton, procureur et receveur de Saint-Germain, de régler cette affaire. Ce dernier réussit à tout concilier. Il fut convenu que Jean de Choisy ferait rechercher à ses frais les sources de la fontaine publique d'Issy et disposerait de l'eau, comme bon lui semblerait, à la réserve de deux pouces et demi qui couleraient continuellement dans l'auge de la fontaine pour l'usage des manants. Il devait entretenir perpétuellement le lavoir, qu'il avait

1 Arck. liai., L. 780.

2 Id. S. 2909; LL. lli.j, p. 192.

3 Id. LL. 10i9. p. 1019, p. 18i.

4 Id. LL. 1143, p. 19.3; LL. 1049. p. 2a8.

'"■ Chap. conv. Bih. nat. ms. fr. 16.8.31, p. 303.

fait construire, d'une quantité d'eau suffisante pour le lavage des lessives. Il y avait obligation pour les habitants de laver tout leur linge à ce lavoir, sous peine de 10 livres d'amende envers l'église de la fabrique (30 janvier 1632) K

Les habitants d'Issy voulaient vendre une partie de l'eau de la fontaine Saint-Vincent. Les religieux de Saint-Germain s'y opposèrent, comme seigneurs et principaux usagers (28 avril 1635) 2. Cependant, ils finirent par autoriser la cession de deux demi-pouces d'eau laite à dame Antoinette le Prestre, veuve de monsieur Sarrus, conseiller au parlement. Pour leur exprimer sa reconnaissance et aussi peut-être pour hâter leur adhésion, celle-ci leur donna une somme de 100 livres (26 juin 1641) ^

Un autre événement causa une vive rumeur à Issy, en 1717. Il s'agissait toujours de la question des eaux. Le sieur Delahaye avait fait creuser un puits assez profond aux environs des sources communes du village. Il pouvait les tarir. Grand émoi. La princesse de Conti, le maréchal d'Estrées et d'autres particuliers, qui avaient des maisons dans la localité, en appelèrent au parlement, pour empêcher le sieur Delahaye de continuer ses fouilles. Le monastère de Saint-Germaindes-Prés se joignit à eux. Nous ne savons ce qu'il advint de cette affaire (30 juillet 1767) K

Le voyer permit aux Jésuites du collège de Clermont (8 novembre 1632), ùM.Tronson, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, à Jacques Tubeuf, intendant des finances (24 octobre 1639), à M. de Fourcroy, avocat au parlement (o mai 1682), de conduire l'eau de la source à leur maison respective ^.

Pour unir deux maisons que la voie séparait, les religieux accordèrent à Jean Delahaye, qui en était propriétaire, de creuser un passage souterrain (o juillet 1599) «.

Le sieur Jean-François de la Fontaine, receveur général des domaines et bois de la province de Bretagne, demeurant à Paris, rue Louis-le-Grand, paroisse de Saint-Roch, avait une maison à Issy. Il demanda aux Bénédictins la permission d'enfermer dans sa clôture le grand chemin qui allait à Montrouge. Il s'engagea à ouvrir à ses

1 Arck. nat. S. 2909.

2 Id.ii. 2909.

3 Id. S. 2909.

* Chap. conv. Bib. 'imt. ms. fr. 16.857, p. .'ilTi.

5 Arrh. nat. S. 2909, LL. 1149, Bib. nat. ms. fr.. 16.8."i7, p. 170.

6 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16.849, p. 10.

frais une rue plus large el plus commodr le kmg de s;i propriété. Oti lit (Iri)il à sa requête, tout en observant le consent 'iiHut de la population (4 décembre 17r»8i K

Le ])révot il'Issy et de Vaugirard veillait aussi a la propreté des rues. Cbaque matin, au signal d'une sonnette, les habitants devaient balayer la voie, devant leurs maisons el dans toute l'étendue de leurs propriétés. Ils étaient obligés d'enlever les boues. Il y avait délense de jeter des ordures ou des eaux puantes dans le ruisseau. Les cliari'ons ne j)ouvaient laisser des voitures sur le clieniiu pendant la nuit. Les maçons devaient laire enlever promptement les débris de démolition (23 novembre 1737) 2.

Seigneurie spirituelle.

Nous mentionnerons tout d'abord plusieurs fondations d'anniversaires, dont la terre d'Issy devait supporter les charges.

Jehan d'Issy, chevalier, donna une rente perpétuelle de o sols au monastère du Val-Profond, plus tard le Val-de-Gràce, pour qu'on y célébrât un anniversaire en faveur de son frère Guillaume et dt? son épouse laoùt 1247|. Le 29 janvier 1736, les Bénédictins de Saint- Germain-des-Prés reconnurent que leur domaine d'Issy était grevé de cette dette ^

En 1248, .Vdam de Vanves, chevalier, affecta pour son anniversaire une rente perpétuelle de 40 sols, à prendre sur deux pressoirs qu'il avait à Vanves, dans la mouvance de Barthélémy d'Issy ^.

Jeliainie, veuve de Pierre Guyot, donna aux religieux de Saint- Germain-des-Prés 20 sols de rente pour avoir une messe, avec diacre el sous-diacre et vigiles à neuf psaumes et neuf leçons, le jour de son trépassemeut, et une messe basse tous les ans (13 décembre I407r\

En 1471, l'abbaye de Saint-Germain amortit les biens de l'église d'Issy pour la somme de 45 livres ^. Le 14 mai lo56, Michel Marteau donna à l'œuvre de l'église du même lieu une masure el un terrain pour agrandir le cimetière ".

1 Chapitres conventuels. Bib. nat. ms. fr. Iti..s.j9. ]>. 312.

2 Arch. nat. LL, 1(M9, p. 219.

3 Id. LL, 1049. p. 3.

1 Id. LL, 1070.

5 Id. LL. 1049, p. -25.

6 Id. LL. 1070. p. .-JO.

'' Id. LL. llio. p. l.>^i.

L'église (l'Issy, qui menaçait ruine, avait besoin d'une complète restauration. Pendant la durée des travaux, les Bénédictins consentirent à prêter leur grange pour le service divin (26 janvier 1()29'. Ils ne paraissent pas avoir montré un grand zèle jmur contribuer aux frais de cette reconstruction. Le parlement intervint et les condamna à donner fJOOO livres (3 septembre 1638i '.

Un aveu du 20 mars lo20 nous montre que les sociét(''S pieuses pouvaient posséder. Il y est dit que Pierre Tabarin, Pierre Tabour, Jelian ûu Val et François de Seul, tous marchands chandeliers de suif, bourgeois de Paris, et, à présent maistres-gouverneurs de la confrairie de monseigneur saint Jean l'Évangéliste, confessent être détenteurs de 7 quartiers d'été, au terroir d'Issy, en la rivière de Seine, au petit abreuvoir, chargés envers les religieux de Saint- Germain de 7 sols, 7 deniers, payables à la Saint-Remy -.

Les curés d'Issy avaient quelques droits sur le dimage local. Une sentence du 9 juin 1664 maintient, en effet, le sieur Pujolle, titulaire de la cure, en la possession des dîmes novales sur les terres défrichées depuis 4 ans. Elle lui accorde, en même temps, la menue dîme des cochons, agneaux et autres animaux ^.

1203, Pierre (curé).

lolO, Charles Condurier, chanoine sous-chantre de l'église de Paris.

1644, Pujolle.

1666, Bertize.

En 1437, les religieux de Saint-Germain fournissaient au curé i)our son gros 30 setiers de blé et 4 muids de vin *.

Une convention passée le 31 mai 1666 fixa cette redevance à 400 livres et 3 muids de vin. De plus, les terres de la cure étaient exemptes de la dîme jusqu'à concurrence de 24 arpents. Le curé avait droit de charnage dans l'étendue de la paroisse, excepté dans la terre seigneuriale -^

1 Chap. conv. Bih. nat. ms. fr. F. 1().8.")2. pp. 8^ et 1.j8.

2 krch. nat. LL, 1070, p. \X\.

3 Id. LL. 1049. p. 1.0-2.

4 Id. LL. 1070, p. 85.

•^ Id. LL, 104», p. 1.^3. LL, 11-29. \). -288. F, Bib. nat. ms. fr. lG.8.^i2, \). 2.'i-2.

Le 27 avril 1769, la communauté de Saint-Germaiii-des-Prés accorda au vicaire d'Issy une rente de 100 livres, à titre de gratification personnelle. Elle ne semblait pas vouloir engager l'avenir. Elle payait encore cette somme, en 1790 K

La paroisse d'Issy a subi plusieurs démembrements en faveur de Vanves, en 1203, et de Vaugirard, en 1342. Tous les pouillés s'accordent à dire que l'archevêque de Paris nommait à cette cure. L'église était sous le vocable et patronage de saint Etienne, premier martyr.

On prélevait sur les propriétés d'Issy :

1° Le 11 janvier ou le III des ides du même mois, oO sols, pour l'anniversaire de Guillaume Romain;

2" Le même jour, pour l'anniversaire de Pierre de Naugis, grand prieur, oO livres tournois;

3° Le 24 mars ou le IX des calendes d'avril, 20 sols, pour l'anniversaire d'Hernaud, prieur;

4" Le 28 mars ou le V des calendes d'avril, 25 sols, pour l'anniversaire d'Ernaud, prieur, somme payée à la Saint-Remy;

o" Le lo avril ou le XVII des calendes de mai, 40 sols parisis, pour l'anniversaire de Marie de la Chapelle et de Jacques, son fils;

6" Le 13 mai ou le III des ides du même mois, 40 sols, pour l'anniversaire d'Eude, abbé de Saint-Germain-des-Prés;

1° Le 26 mai ou le VII des calendes de juin. 20 sols parisis, pour l'anniversaire d'Evrard d'Issy, somme payable sur le Gort Galliart par le cuisinier, à la fête Saint-Germain, en mai;

8" Le 21 juillet ou le XII des calendes d'août, 30 sols parisis, pour l'anniversaire de frère Bernard, somme payable à la Saint-Remy;

9° Le 28 juillet, ou le V des calendes d'août, pour l'anniversaire de Ferry d'Issy, 10 sols payables à la Saint-Remy;

10" Le 11 septembre ou le III des ides du même mois, pour l'anniversaire de Pierre de Thiais, 6 sols parisis;

11" Le il octobre ou le V des ides de ce mois, 25 sols parisis, pour l'anniversaire de Landry;

12° Le 12 décembre ou le II des ides de ce mois, pour l'anniversaire de Robert de Moret, 30 sols parisis;

13° Le 14 décembre ou le XIX des calendes de janvier, 50 sols, pour l'anniversaire de Guillaume de Pongent '^.

1 Chap. conv., Bib. mit. ,ns. fr. i6.8o9. p. 333 el 3^29.

2 Arch. nat. LL, 10-27.

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