VI. — RKNKDICTINS ANGLAIS
Les Bénédictins anglais s'établirent à Paris en 1618. Ils se fixèrent d'ahord an faubourg Saint-Germain, dans une maison qu'ils prirent à loyer. Comme ils célébraient l'office divin et administraient les sacrements sans la permission de l'ordinaire, le promoteur de la juridiction spirituelle leur lit des remontrances. C'est alors que leur provincial, Dom Gabriel de Sainte-Marie, présenta une requête et demanda les autorisations nécessaires. Il leur lut accordé d'avoir un oratoire, d'y célébrer, d'y donner la communion à leurs domestiques et à un jietit nombre de personnes de considération. Il était convenu que, s'ils acbetaient une demeure permanente, les permissions concédées deviendraient nulles et ils seraient obligés de prendre des lettres d'étal)lissement. Les Bénédictins anglais se retirèrent plus tard dans le laubourg Saint-Jacques.
vu. — LES FEiiLLAMS DE l'an(;e (•.aiu)u:n, iu e d'enfer (1632) ^
Les Feuillants, cisterciens réformés, ainsi appelés du nom de leur al)baye, située à six lieues de Toulouse, furent amenés à Paris par Henri III. Ils s'établirent au faubourg Saint-Honoré et fondèrent un monastère (|iii devint célèbre. Plus tard, vers 1632, ils instituèrent un nouveau CdiiNnil. rue d'Enfer, sous le titre de l'Ange Gardien. Il servit d'abord de noviciat.
VMI. — NOVICIAT des JACOBINS RÉFOUMÉS (1632) ^.
Les Dominicains avaient été soumis à une réforme. Le Père Nicolas Rodolphi, général de l'ordre, voulut en accélérer les progrès en ('tabUssant, avec l'agrément du Souverain Pontife, un seul noviciat |M Mil- toutes les maisons reformées. Avec l'appui et la faveur du cardinal de Uichelieu, il obtint de l'abbé de Saint-Germain, 18 juin 1632, la permission de le fixer dans le faubourg, pour la province de France.
1 Dom Heaimer. Recueil historique des archevêchés, évéchés, abbayes et prieurés de France. Nouvelle édition par les Bénédictins de Ligugé f Paris. I0n."i . I. 116.
2 Ibid., I. 109.
- COClIKIilS. 111. 177.
Les Dominicains réformés, a[)pelés Jacoiiins, à cause de leur maison principale qui se trouvait rue Sainl-Jac(jues, construisirent un monastère pour leurs novices dans la rue aux Vaches. La chapelle fut bientôt trop étroite. On l'abattit, et le Père Lepul, prieur, entreprit, en 1682, la construction d'une église plus régulière. Elle fut terminée l'année suivante. En 1769, on la restaura et on l'embellit encore. On édifia aussi un nouveau couvent qui ne lut achevé qu'en 1740.
En 1643, l'abbé dç Saint-Germain accorda aux Jacobins, par sentence de son bailli, de faire sceller, aux extrémités de la rue aux Vaches, deux tables de marbre où était sculpté en gros caractères : « la rue Saint-I)omini(|ue », et au-dessous, en caractères minuscules, « jadis rue des Vaches ».
Plusieurs documents montrent que, de 1634 à 1644, les Jacobins exercèrent le ministère des âmes avec fruit. Le prieur de Saint-Germain les autorisa à conférer le baptême à plusieurs nègres et musulmans convertis et à célél)rer ])lusieurs mariages dans leur chapelle.
Au moment de la révolution, le noviciat des Jacobins comptait 21 religieux. Les revenus étaient de 90028 livres 4 sous, et les charges se montaient à 44207 livres 8 sous. Le courent fut fermé en 1790; mais l'église devint paroissiale sous le titre de Saint-Thomas d'Aquin, i)ar la loi du 4 février 1791.