THIAIS
Tliiais, (lu'on a appelé à dilféreiites éixxiues Tuilaise, ïhéodose et Thiai's, ^ienl du mot latin Theodatium. C'est un village situé à deux lieues de Paris, dans le canton de VillejuiC. Iniiinon nous dit (jue Saint-Gerniaiu-des-Prés y possédait de son temps une église garnie, eaiesiam cum omni apparatu, 8 arpents 12 de vignes nouvelles, 135 arpents de vieilles vignes produisant 1300 muids de vin, 120 bonniers de terre arable, où Von poux ait ensemencer 800 muids de blé, et 110 arpents de pré donnant annuellement 250 charretées de ibin. La bourgade comptait aussi à cette épo(|ue 78 maisons, dont 06 constituaient des manses ^
L'abbé y tenait ses assises deux fois j)ar an. Comme cette terre était lértile, Hildnin, al)bé de Saint-Germain, la donna en partage à ses religieux et décida (pi'à l'avenir ils ])rendraient. là et à Villeneuve-Saint- Georges tout le vin pour leur boisson ordinaire (829). En 872, Charlesle-Chauve ratifia ce règlement et ajouta que le doyen prélèverait sur le revenu de cette terre une valeur sufTisanle poui' donner un repas au jour de la Saint-Denis 2.
Suivant Bouillart, Gualon aurait administré l'important domaine de Thiais avant de gouverner le monastère de Saint-Germain, où il mourut vers 990. Une inscription découverte dans le voisinage de l'église actuelle semble le prouver.
En 1179, Hugues, abbé aussi de Saint-Germain, Ibnda son anniversaire et assigna aux marguilliers, au nombre de quatre, deux sols de cens sur la seigneurie de Thiais, avec du pain et du vin qu'ils avaient coutume de recevoir en pareil cas, pour soimer lf!S cloches le premier et le huitième jour •'.
Les propriétés que les Bénédictins avaient à Thiais donnèrent lieu à de nombreux contrats d'acquisitions, d'échanges, de fermages. Sous l'abbé Jean (1202-1216), frère Bernard, prieur de Thiais, acquit la valeur de 35 sols, à prendre sur le port de Choisy. Il fut convenu que, sur cette somme, on payerait 25 sols jiour son anniversaire *.
Au mois de février 1256, Simon, chevalier, et Agnès, son épouse,
^ Polytique dr Vabbé Irminon, p. 20:2.
^ Arch. nat. LL. 1145, p. 328.
3 BoriLl.ART, p. 98-99.
* Arch. nat. LL. 1145, p. 348.
vciidireiit aux religieux de Saint-Germain un demi-arpent de terre, et un demi-arpent de vigne, sis à Tliiais, pour la somme de 19 livres '.
Adam Ctiamhellent, chevalier, et Agnès du Bois, son épouse, cédèrent au même monastère de Paris, au prix de 100 livres, Vespone de vin et Vétensement d'avoine, qu'ils avaient droit de percevoir, et tout ce ipii leur appartenait en la seigneurie de Thiais (mars 12G9) '^.
Plusieurs otliciers de la grande abbaye bénédictine ne dédaignèrent pas d'acquérir quelques immeubles dans la localité qui nous occu|)e. En novembre 1315, le |)révùt-moine de ïliiais acheta une pièce de vigne, située au lieu dit le Martray, moyennant 4 livres parisis ^. Le 22 mars 1328, Jean du Pont et Helloyse, sa femme, vendirent au trésorier de Saint-Germain-des-Prés 5 arpents de terre labourable, sis au territoire de Thiais, pour la somme de 64 livres ^. Un an |tlus lard (13 décembre 1329), Jean Anquetin, religieux de Saint-Benoît, j)rév(Jt de Thiais, acheta de Thibault de Senlis, une grange, un jardin derrière et une pièce de vigne, au prix de 60 livres ^.
Le dénombrement de 1384 nous donne l'importance du domaine de Thiais à cette époque ^ : « G'est assavoir à Thiès, les un pars de la justice haulte, moienne et basse, environ ix^'' arpens de terre arable, environ xi.iv arpens de mauvais prés; item, environ l livres, tant de menus cens comme droictures, environ v quarterées de vigne, ii fours l)anniers, et vault bien par an ladite justice, avec les protis des ventes, environ xl livres; item, les dismes franches de vin et aniaux puent valoir par an environ x livres. Lesquelles choses dessusdites, un religieux de l'église, appelé le prévost de Thiès, tient à présent à ferme au prix de viu"^ livres tournois, ral)atu xxv queues de vin que soloit prendre sur; item, ledit prévost a la moitié des oblacions et offrandes faites en l'église de Thiès, depuis nonne, la veille Saint-Leu jusqu'au lendemain nonne, et aux autres fêtes annuelles la moitié, et, sur ce, il doit faire ou faire faire le service à la dite église, les vespres à la veille et procession le lendemain, et la grant messe, et ne doit pas de disme pour ce que c'est du domaine de la crosse; item, autres jtossessions, qui sont du domaine de la crosse ... c'est assavoii- les dismes de grain et champarts puent valoir, montans et avalans, environ
1 Arck. nat. LL. 10-26, p. 1 iO.
2 Id. LL. 1145, p. 348.
3 Id. LL. 1143, p. 345).
4 Id. LL. 1143, p. 349.
5 Id. LL. 1143, p. 349.
6 Id. L. 760, p. 29. DOM Dr BniRr., L'abbaye de Haint-Gemmin au XIV- . p. 27-28.
Mil iiluis de grain pour la despence de la dite église; item, environ w arpens de vignes labourées en nostre main pour la dite dépense, qui puent valoir environ xv livres; item, en la dite ville de Thiès comme Choisi et Grignon, v pressoirs l)anniers, (jui puent valoir par estimacion, avec les vignes, terres, environ w (pieues de petit vin; item, le dymenche devant la Saint-Martin, pour certains héritaiges l)aillés à croys de cens, environ xx livres. Et, sur ce, l'on doit au curé du lieu XVI sestiers de grain et luj muys de vin, et au curé précédent de Paray nu muys de vin, et tout par amendement. »
Anceau Berthin, grand prieur de Saint-Germain-des-Prés, acquit 8 sols de rente perpétuelle à prendre sur 12 arpent de vigne, situé au lieu dit le Paux, moyennant 60 sols parisis (14 février 1466i K
Quel(pie temps après, 14 janvier 1480, l'abbé de Saint-Germain délaissa au chevecier de ce monastère, sa vie durant, un demi-arpent de vigne près le cimetière de Thiais, et un demi-arpent au-dessous des Saux f 14 janvier 1480)2.
Ce même chevecier acheta, en 1482 et 1483, dans la censi\e de Thiais, 3 quartiers 1/2 de vigne au lieu dit le Pommeray, 4 quartiers de vigne au lieu dit Baudemont, pour la somme de 48 livres 12 ^.
Le 19 janvier 1486, frère Pierre Nicolas, i)révôt de Saint-Germain, acquit plusieurs pièces de vigne situées au territoire de Thiais, au prix de 30 livres *.
En 1493 (31 juillet), Jacques Cardon délaissa à irère Adam le Harle, chevecier de Saint-Germain, sa vie durant, un quartier de vigne au lieu dit : le Perreux. Après sa mort, cet immeuble devait revenir à la confrérie de Sainte-Marguerite, fondée en l'église Saint-Germain ^.
Dans les siècles suivants, les Bénédictins ne négligèrent aucune occasion d'augmenter leurs propriétés de Thiais. Guillemette de Neufville leur abandonna un rivage de l'île, appelée l'Ile-aux-Vaches, située en la rivière de Seine, au-dessous de Villeneuve-Saint-Georges, pour la somme de 100 livres (16 juillet 1523) e.
Le 30 juillet 1600, ils se rendirent acquéreurs, moyennant 300 livres, de divers héritages, ipii appartenaient à Pierre Fanneuil '.
1 At'ch. nat. LL. Hi.^, p. 3o0.
2 Id. LL. 1U3, p. 350.
3 U. LL. 1145, p. S.'iO.
* Id. LL. lUa, p. 350.
5 Id. LL. 114.5,, |). 3.50.
6 Id. LL. 1145, p. 351.
-- lo9 —
Les terres ([ue les religieux de Saint-Germain i)oss('clai('nt à Thiais turent arj)entées, en novembre IfîOo, par Denis de Creteil. Elh^s se composaient de 273 arjients, 3 quartiers, 3 perches et demie et se trouvaient sises eu différents lieux; au Puit dismé, près la Justice, sur la voie de Pongy, près la butte de C-hevilly, à la Couture de la Tour de pierre, à la voie des neul" (juartiers, à la voie des Saux, sur le chemin de la Pucelle ^
Bouillart raconte que le marquis de la Vieu ville demanda aux rcUgicux de Saint-Germain la seigneurie de Nogeut-l'Ai'taud et les autres biens dont ils jouissaient en ce même lieu, otï'raut de leur céder en échange un tief, des maisons, des terres et héritages, situés au territoire de Thiais et Choisy, estimés à 1400 livres. Il promit, en outre, de leur donner 6000 livres pour être em])loyées en fonds de terre. La communauté accepta ses propositions, mais elle voulait qu'il y ajoutât encore 200 livresde rente. Ces pourparlers, qui avaient lieu le 20 janvier 1631, n'eurent pas de résultat, selon toute vraisemblance, |tuis(|ue la propriété de Nogent ne fut vendue que le 9 février 164o. On ne parle pas d'échange en cette occasion, mais seulement d'une sounuc de 64000 livres 2.
Le 16 janvier 1625, un violent incendie, occasionné par le manque de vigilance du fermier, le sieur Marchais, consuma les bâtiments de la seigneurie. Les dommages causés par ce sinistre s'élevèrent à 13470 livres ^. Tout fut reconstruit à neuf, comme le prouve un procès-verbal de visite "*.
Plus tard, les religieux de Saint-Germain firent d'importantes acquisitions et augmentèrent notablement leur beau domaine de Thiais.
Us avaient eu plusieurs contestations avec un sieur l)esj)ortes, relativement à un fief et à un droit de pêclie sur la Seine, depuis la ruelle du Four, à Villeneuve-Saint-Georges, juscfu'au pont Langlois. Pour mettre un terme à ces difficultés, ils s'entendirent avec ses héritiers, après sa mort, et achetèrent le font |)()ur la somme de 6000 livides ('10 juillet 1649) ^.
Le 28 juillet 164S, Jean de la Barre, conseiller et aumônier ordinaire du roi, leur avait vendu la moitié d'une ferme, qu'il possédait à Thiais, au prix de I08OO livres. Elle comprenait une maison, cour, grange, bergerie, un colombier et un jardin, huit vingt seize arpents et (|uatre
1 Arch. nat. LL. 11-i.j, p. 330.
2 Id. S. :2971.
3 Id. LL. 1038, p, 193.
4 Id. LL. 1038, p. 196.
5 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16.833.
lit'i'C'hes de terre lalt(^Liral)Ie, (lualiv ar])enls im (jiiai'tier sept perclies (le |)ré, deux arpents et deux perches de sainfoin, jadis en vigne ^
La même année, les Bénédictins devinrent propriétaires du tief Saint-Maur, qu'ils payèrent aux cliiinoint's du iiirTiic nom six vingt livres (13 juillet 1649i 2.
Le 7 février 1654, ils acquirent, moyennant 2700 livres tournois, de Charles Leclerc, conseiller d'État, et de dame Anne Isamhert, son épouse, 13 pièces de terres sises à Thiais, aux lieux dits les Bassins, les Noyers, la fosse Millet et le Marin ^.
Marie Hossart, veuve de Claude Néret de Villeneuve, céda aux religieux de Saint-Germain une petite maison avec quelques pièces de vigne et de terre labourable [)our la somme de Ki.'iT li\res lo sols (i mai Kio.S) *.
l'our conq:)léter cette (MininiTalinn, nous p(in\(»ns nirnlidiiiier plusieurs échanges effectués à diverses époques.
D'abord un acte, daté du mois de mai 1239, nous dit que la j)rieure de la léproserie de la Saussaye, en la paroisse de Chevilly, sur la route de Villejuif à Fontainebleau, donna à l'abbaye bénédictine i sols de rente, qu'elle ])ercevait sur des maisons et des vignes à Thiais et Clioisy. Elle voulait ainsi exprimer sa reconnaissance envers les i-eligieux, qui avaient amorti les biens que son couvent possédait dans leur censive,à Paray,Vitry, Cachant, Villejuif, à la Fontaine-Saint-Germain, à Paris, près du petit Pont •\
Les marguilliers et les habitants de Villeneuve-Saint-Georges demandèrent aux Bénédictins à prendre sur la cour et le clos de leur hôtel seigneurial un espace de terrain pour établir une allée de procession autour de l'église. En compensation, ils leur accordèrent 16 sols parisis de rente à percevoir sur le tour et le bordage de l'Ileaux-Vaches, partiellement leur propriété (12 mars 1532) ^.
Le 20 février 1636, le monastère de Saint-Germain-des-Prés obtint de messire Portail du Bâcle im arpent de terre contre un demi-quartier, donné en échange et situé à la Haye Gilles en Thiais ^.
Les deux contrats d'échange suivants ont un but analogue : eehii de se libérer de certaines redevances.
1 Ârck. nai. LL. 1039.
2 M. LL. 1039, p. ol.
3 Id. LL. lUo, [). 3o4.
4 Id. LL. lUo, p. 3o4.
^ Id. LL. 1029, p. 44.
fi M. LL. 114.0, p. 35.0.
7 Id. LL. 1145, p. 3aa
Jean Cliasteau et demoiselle Catherine, sa sœur, détenaient, au territoire de Thiais, une maison où pendait antérieurement pour enseigne l'image de Notre-Dame, ainsi qu'un jardin, appelé le Barrois. Le premier immeuble était chargé envers les religieux de Saint- Germain de o sols parisis et 12 boisseaux un quart et demi d'avoine; le second, de 2 sols, 4 deniers parisis, 8 boisseaux d'avoine,
2 corvées et 4 setiers et demi de vin, chacun an. Pour s'exempter à l'avenir de cette rente, ils abaudonnèrent à leurs nobles créanciers
3 quartiers et demi de vigne, en la seigneurie de Thiais, situés aux lieux dits le Ferreux, la voie de la Vache, Baudemont, le ru de Villiers, la voie de Clioisy (16 lévrier 1636) K
Le 23 octobre 1640, Léonard Magueux délaissa à l'abbaye de Saint- Germain un quartier de terre labourable sis au ru de Villiers, pour décharger une maison qu'il avait à Thiais, de 9 boisseaux d'avoine de rente annuelle ^.
L'évêque de Metz, abbé de Saint-Germain, fît un échange avec monsieur de Colbert. Parmi les terres qui lui advinrent ainsi, deux arpents se trouvaient dans la seigneurie de Thiais, dépendant de la niense conventuelle. Le prélat dut reconnaître que cette propriété serait soumise aux droits ordinaires (18 janvier 1655) '^.
Si nous voulons connaître la valeur approximative des revenus, produits par la seigneurie de Thiais, il nous faut étudier les dénombrements et les baux qui lui sont relatifs.
Suivant une déclaration de 1371, il y avait à Thiais une maison notable, 224 arpents de terres, prés et vignes, 2 fours banniers, pouvant rapi)orter avec la dîme des vignes et des agneaux, six vingts livres.
La dîme des grains et les champarts produisaient 42 muids de blé; les cens fournissaient une rente annuelle de 20 livres ^.
Un dénombrement de l'année 1521 nous procure de plus amples détails. Il est ainsi conçu :
1" A Thiais, se trouve un grand manoii\ où il y a maison, estable, grange, bergerie, cour, pressoirs banniers, colombier, prisons, auditoire servant à l'exercice de la justice du dit lieu, le tout clos de murs et contenant deux arpents, assis au milieu de la ville et joignant l'église
^ Arck. -imt. LL. 1145, p. 3o7.
2 M LL. 114o. p. 358.
3 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr.. 16.855. * U. LL. 760.
— lG-2 —
paroissiale. C-es immeubles sont en gi-ande l'uine, coûtent heaucoiip à entretenir et peuvent valoir, à cause des i)ress()irs, eliacuii an, montant et avalant, 20 livres de loyer.
2" Environ 30 arpents de vignes, (pie les religieux labouraient et entretenaient eux-mêmes.
'd" Environ douze vingt-dix ar|tents (c'esl-à-din' 2."^)0i de terres labourables, assis audit terrouer, (pii i)euvenl bien valoir pai" an 10 muids de méteil.
i" Ti'ente et un ar|)ents de prés et marais assis audit terrouei- et sur la rivière de Seine, valant 30 charretées de foin par an, qui coûtent l)eaucoup à laner et à enlever. Ces dits prés sont sujets à la fortune de la dite rivière, quand elle déborde.
o" Une maison à plusieurs travées où sont deux fours banniers, valant par an 100 sols parisis.
6" Les terres, maisons, masures, tenues en mouvance, à ïhiais, Choisy et Grignon, valent annuellement 80 livres de menus cens.
7" Les lots, ventes, saisines, amendes arbitraires, forfaitures, contiscations, et tous droits appartenant à haut justicier.
8» Tous droits de haute, moyenne et basse justice, avec prévôt, lieutenant, gretïier, procureur, sergent, geôlier et autres officiers. Le prévôt peut connaître de tous les cas sur les hôtes et justiciables des religieux, en première instance, dont le ressort par appel se traite par devant le bailly de Saint-Germain.
En 1621, la seigneurie de Thiais était affermée pour 17 muids de grain, 13 muids de l)lé mestail, 4 muids d'avoine, le tout rendu à l'abbaye; 4 beaux moutons gras, 6 gros chaînons, 4 porcs gras de 12 livres 10 sols, 200 bottes de paille-mestail, 100 tombereaux de fumier bien pourri i)Our les vignes des religieux, 4 muids de grain au curé de Thiais, 1/2 muid de blé mestail au curé de Choisy ^
Avant 17ol, la seigneurie de Thiais était baillée pour 4500 livres, y comi^ris les dîmes que le fermier tenait sur le jned de 1200 livres. Mais, à cette époque, elle se trouvait notablement diminuée, car on avait vendu au roi 125 arpents de terre et, de plus, elle était en nonvaleur. On n'y faisait que du blé de mars pour éviter le désagrément de voir son grain mangé i)endant l'hiver ])ar le gibier. Le sieur Boudinot consentit à l'aftérmer, mais il ne s'engagea à payer que 1800 livres par an. Les religieux de Saint-Germain abandonnèrent au curéde Thiais toutes les dîmes au lieu et place de son gros, qui s'élevait à 993 livres 2.
1 Arck. nat. LL IO08, ji. VA.
2 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16.859. p. 69.
La terre, seigneurie et prévôté de Thiais, les terres de Choisy el de Grignon avpc droits de haute, moyenne et basse justice, de ])atronage et nomination aux cures de Thiais et Choisy, droits de dîmes et de champarts, de four banal, avec les rentes, les redevances, tant en grain qu'en argent et vin, les cens, la maison seigneuriale, le pressoir, le moulin, les prés, bois, vignes furent cédés au roi en échange des terres de Magny. Ces propriétés, qui n'en formaient qu'une, connue sous le nom de seigneurie de Thiais, tenaient du côté du midi à la seigneurie d'Orly, au nord à celle de Vitry, à l'est au chemin de la Pucelle, et à l'ouest au grand chemin de Fontainebleau. Elles étaient estimées, comme valeur foncière, à 5941 12 livres 3 sols et comme revenu, à 20254 livres 16 sols 7 deniers.
Une autre évaluation leur donne moins de prix. Elle les fixe comme : fonds, à 543243 livres 3 sols
revenu, à 18228 livres 1 sol 4 deniers.
Vîti*y.
Au village de Vitry-sur-Seine, près de Thiais, les religieux perçoivent, à la Saint-Remy, la somme de 10 livres de censive et surcens, sur environ 100 arpents de terres et vignes, à cause de la prévôté de Thiais. Ils ont aussi droit aux lots, ventes, amendes, saisines, que les habitants payent en l'hostel de Thiais ^
Seigneurie tempoi*elle (Thiais).
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés cherchèrent toujours à améliorer le sort de leurs sujets. Gazon de Montreuil pouvait exiger certaines corvées des habitants de Thiais. Grâce à leur intervention, il renonça à ce droit et se contenta, en retour, de prélever annuellement un muid de blé sur Villeneuve-Saint-Georges (1179) ^. A ce bienfait vint s'en ajouter un autre bien plus considérable. Au mois de novembre 1250, l'abbé Thomas de Mauléon affranchit les hommes de Thiais, de Choisy et de Grignon, moyennant une somme de 2200 livres. Si ceux-ci étaient exemptés de la loi de formariage et de la taille à
1 Arck. tint. s. 297(5.
2 Lebeif, IV, 430.
plaisir, ils se voyaient encore soumis à plusieurs servitudes ënumérëes dans la charte de manumission.
Les religieux pouvaient seuls avoir des pressoirs, et tous les manants devaient y porter leur vendange et payer par muid deux setiers de mère-goutte et le tiers de tout le pressurage. Les vignes, qui se trouvaient dans les censives de la bouteillerie Sanceline (buticulariœ Sancelinœ), de Girard de Gontart, de la terre de Saint- Pierre-des-Fossés, du fief de Jean de Creteil et de Guillaume de Brie, étaient taxées à un setier par muid pour la dîme et au quart de tout le pressurage.
Ceux qui possédaient des vignes dans la censive de Saint-Germaindes-Prés ou les tenaient en champart payaient par arpent 20 deniers de cens annuel, le dimanche qui suivait la fête de la jN'ativité de la Sainte Vierge.
Lorsque l'abbé passait la nuit à Thiais, les habitants devaient lui procurer les objets de literie, ainsi qu'à ses compagnons. Ils étaient tenus, comme les gens de Choisy et de Grignon, à payer les droits de mouture et de iburnage, à travailler pendant neuf jours avec leurs bêtes de somme aux cultures de l'abbaye, et un jour à la fenaison.
Les hommes qui habitaient les terres de Saint-Pierre-des-Fossés, de Saint-Marcel, de Jehan de Cresteil, de Guillaume de Brie n'étaient soumis qu'à six journées : deux journées, à chaque labour.
Chaque aimée, l'abbé de Saint-Germain et le prieur de Thiais choisissaient des hommes sûrs et iidèles et les cliargeaient de veiller sur les blés et les vignes de ce territoire.
Il y avait défense d'établir une commune, de faire des aliénations ou des échanges sans avoir obtenu l'agrément du prieur de Thiais. Les habitants de ce village, comme ceux de Grignon et de Choisy, devaient défendre l'abbé et les religieux et accourir à leur appel, lorsqu'ils en étaient requis. Ils s'engageaient aussi à payer la taxe que le roi imposerait pour couvrir les frais de la guerre ^
Dès l'an 1284, ils contestèrent cette dernière obligation. Mal leur en prit; car un arrêt de la cour les condamna, en 1320, et donna pleinement raison à l'abbé de Saint-Germain ^.
Pour éviter toute difficulté à l'avenir, ils se libérèrent de cette redevance, moyennant une somme de 3o6 livres parisis (1340). Quinze maisons à Thiais et à Choisy, et plusieurs autres à Grignon ne parti-
1 Arch. n. LL. 1026, p. 140. LL. 1023, p. 211.
2 Id. LL. 1145, p. 244.
cipaient point à ce rachat; elles demeurèrent astreintes an droit commun ^ (1381).
A la suite d'une transaction, les habitants de Creteil et le chai)itre de Notre-Dame de Paris permirent, le 11 janvier 1381, aux manants de Thiais et de Choisy de conduire leurs animaux paître dans des marais qui leur appartenaient, depuis la fête de Saint-Jean-Baptiste jusqu'à la tête de Notre-Dame en Mars *.
Vers le milieu du seizième siècle, le village de ïhiais avait beaucoup à souffrir des mendiants et vagabonds qui molestaient le peuple. Le roi permit au cardinal de Tournon de l'entourer de murs et de le fortifier pour le défendre contre ces malandrins. La collecte faite pour mener à bonne fin cette entreprise ne devait point nuire à la chose publique et empêcher de payer les subsides royaux. Le même monarque ne refusa point de sanctionner l'établissement d'un marché, le mardi de chaque semaine, et de deux foires fixées l'une, à la Saint-Luc, au mois de septembre, et l'autre, à la Saint-Nicolas (février 1546) ^.
•fustice.
Plusieurs enquêtes et principalement celle qui eut lieu en 1528 démontrent que les religieux de Saint-Germain avaient la haute justice au territoire de Thiais *.
Une déclaration de 1522 est ainsi conçue : En nostre village, chastelenie, terrouer, seigneurie et estendue de Thiais, Choisy et Grignon et leurs dépendances, distants de 3 lieues de Paris, il y a maison, estables, grange, bergerie, court au milieu, pressoirs hanniers, le tout appelé l'iiostel seigneurial de Thiais, avec un colombier, prison, auditoire servant à la justice dudit lieu, le tout clos de murs.
Item, tout droit de chastellenie, haute, moyenne et basse justice, l)révôt, lieutenant, greffier, procureur, sergent-greffier. Le dénombrement de 1384 mentionne aussi ce droit de justice ^.
Un arrêt du parlement, rendu en 1287, les confirma dans les droits d'espave et de justice sur la rivière de Seine ^.
1 Arch. mi. LL. 1026, p. Mo.
2 Id. LL. lUo, p. 328.
3 Id. JJ. -2o7, n»o3S26.
4 Id. LL. 114o, p. 246.
5 Tanox : Justices de Paris, p. 218. DoM l)t Boi lu;. 27. f' Arch. mit. LL. 114o, i). 362.
Des marais, siliiés au delà de la Seine et coiileiiaiil :24 arpents, donnèrent lieu à des débats et procès entre le convenl de Saint- Germain et les manants de Thiais. Il fut entîn convenu qu'ils seraient affermés au plus offrant et dernier enchérisseur, mais le bail ne devait être passé qu'en présence des religieux ou de leur i>rocureur. Les Bénédictins se réservaient le privilège de prendre le tiers du fermage (i4o8) K
Les laits et sentences que nous allons citer nous montrent le caractère de l'époque.
Un berger avait commis un meurtre. Condamné à mort pour ce crime, il fut exécuté. Sa veuve supplia alors les religieux de lui laisser les biens de son mari pour qu'elle put subvenir aux besoins de ses enfants. Ceux-ci tirent droit à sa requête, mais ils lui demandèrent de prier avec sa famille pour la prospérité de la communauté (o janvier 1626) 2.
Henri David et Aubin Jacob, qui habitaient le village de Thiais, furent condamnés à 6 livres d'amende pour avoir mangé de la viande aux jours détendus, en la maison de Pierre Lochois, tavernier. Ce dernier subit la même sentence (21 juillet 1633) ^.
Le 25 octobre 16oo, le prévôt de Thiais condamna le bedeau de l'église de Choisy à déterrer le cadavre d'Ârnauld Bartet, inhumé sans la |)ermission des religieux dans le chancel de l'église de Choisy, et à le réinhumer dans le cimetière du dit lieu, après avoir payé 30 livres d'amende ^.
Le doyen et le chapitre de Notre-Dame de Paris étaient seigneurs en partie de Grignon et exen^aient toute justice à Orly. Leurs ofticiers avaient saisi à Grignon un voleur. Le juge de Thiais protesta contre cet empiétement et obtint un acte de non préjudice |)our l'avenir (164o) ^.
Le 7 mai 1677, René Valangelier, médecin, demanda à se fixer à Thiais. Il était attaché à la religion catholique et très expérimenté dans l'art de la chirurgie et barberie. On l'autorisa à exercer dans l'étendue de la seigneurie, à tenir boutique ouverte, à pendre bassins, et faire rapport en justice quand il en serait requis ^.
1 Arch. nat. LL. 1030, p. :24.
2 Chap. con. Bih. nat. ms. fr., 16. 85:2.
3 Arch. nat. LL. IU.d.
4 Ici. LL. \Uo.
5 Arch. nat. LL. 11-27. t. '.iM.
6 Chapitre conventuel, Bih. nat. ms. fr. I(j.8a7, p. 90.
En 1312, le bail des exploits, défauts et amendes de la prévôté de Thiais jusqu'à 00 sols, avec les forages, rouages et menues dîmes, s'élevait à 17 livres 10 sols; en 1623, à 20 livres tournois ^
L'office de greffier et de tabellion était affermé, en 1645, à Laurent Berthelot, pour la somme de 30 livres tournois payable à la Saint-Martin ^.
Dinies.
Les religieux de Saint-Germain percevaient les dîmes au territoire de Thiais, Grignon et Cliois\ . Un arrêt du 23 décembre lo72, qui défend de les troubler dans cette jouissance, leur contirme ce droit ^. Ils exigeaient 6 pintes par muid de vin, et par queue, 8 pintes de mèregoutte et pressurage (10 novembre 1514) *. En général, les hal)itants payaient par arpent pour la dîme des blés 8 gerbes et 12 sols parisis de cens (lo26) ^
Les droits de champart consistaient à jirendre deux gerbes sur onze. On ne devait point enlever le blé des champs avant que le seigneur n'eût prélevé cette redevance, comme le prouve une sentence rendue contre Guillaume de Lorme, le 23 novembre 1397 ^.
Le 28 juin 1514, les religieux baillèrent à Jean Frais les dîmes et champarts de Thiais, Grignon et Ghoisy pour 10 muids et 1/2 de grain, 2/3 de blé et 1/3 d'avoine ^
Les menues dîmes des agneaux, oisons et cochons, avec le rouage et le forage, rapportaient 20 livres, chaque année, en 1523 ^.
Les religieux avaient droit de mesurage et estalonnage ^.
Banalité.
Comme nous l'avons vu dans la charte d'affranchissement, les habitants de Thiais, Grignon et Ghoisy étaient soumis à la banalité du pressoir, du tour et du moulin des religieux.
1 Arch. liât. LL. H45, p. 2i(j. LL. 10."Î8. p. -27S.
2 U. LL. 1039, p. 220.
3 U. LL. H-io, p. -238.
4 U. LL. lUo, 238.
5 U. LL. lUo, p. 308.
« U. LL. lUo, p. 238. ' M. LL. 1143. p. 238.
« Id. LL. lUo, p. 331.
!' Id. LL. 1 143, p. 24(j.
Le 34 août 1032, le prévôt prescrit à tous les taverniers de jirendre du pciin de police au four banal, pour le vendre à ceux qui iraient boire et manger en leurs cabarets. Défense leur était laite de procurer à leurs clients d'autre pain, sous peine d'une amende de 4 livres parisis ^
Michel Poullain, l)ouianger à Orly, en dépit de ce règlement, vint apporter du pain aux taverniers de Choisy; il vit sa marchandise confisquée et dut payer 24 sols d'amende. On lui interdit de vendre à l'avenir du pain à Choisy, sous peine de 10 livres (2 février 1638) 2.
Le four banal était affermé 80 livres, en 16o3; loO, en 1693; 320, en 1760 ».
Voîrîe et police.
Le 22 mars I0I6, les officiers de Thiais avaient saisi deux vaches et un veau, qui se trouvaient en dommage dans une saussaye près de Lormeteau. C'est sans doute un de ces animaux que Marguerite Maunoury, quelques jours plus tard, fit échapper aux mains du sergent de la prévôté. Elle fut condamnée, pour cette mauvaise action, à 60 sols d'amende ■*.
Il existait une vieille coutume à Thiais. Les officiers et les habitants faisaient le guet pendant toute la nuit de la vigile de saint Leu et de saint Gilles. Pour aider ces gens à supporter une pareille fatigue, chaque tavernier devait leur fournir 8 pintes de vin ^.
En 1558, il fut arrêté que personne ne pourrait emporter les grains des champs, avant que les gerbes ne fussent liées, et, en outre, il n'était i)as permis d'envoyer les bêtes, moins de vingt-quatre heures après, dans les pièces de terre où l'on avait moissonné ^.
Une sentence de la table de marbre, en date du 14 janvier 1643, maintint les religieux de Saint-Germain dans la cejisive et seigneurie de la chatellenie de Thiais, Choisy et Grignon, contre le |irocureur du roi des eaux et forêts qui les inquiétait fort à ce sujet ^
1 Arch. nat. LL. 114o. p, 2oo.
2 Id. LL. 1143, p. 2oo.
3 Bib.nat. ms. f>: FF. I6800, I6806. p. '284. 168.Sfl, p. 111.
4 Arck. nat.hh. lUo, p. "246.
5 M. LL. lUo, p. 246.
6 Lebeif. IV, 440.
'' lîoi ILI.AKT. Histoire de Saiiit-Gennai7i-des-Prés, 234.
I*révôtis.
1291. F. Gaultier de ïhyès, prieur.
1315. Adam Dourouer, prévôt.
1329. F. Jean Ânquetin, prévôt.
1450. F. Philibert Leharle, prévôt.
1455. F. Anceau Berthin, prévôt.
148G. F. Pierre Nicolas, prévôt ^
Seîgiieui'îe spirituelle.
Il y avait, dès le ix" siècle, une belle église à Thiais : Irminon, qui nous l'affirme, ajoute que le corps de saint Germain y reposa, lorsqu'on le rapporta de Combs-la-Ville, où on l'avait transporté, pour qu'il ne tombât point au pouvoir des Normands. Ruinée par les barbares du Nord, elle fit place à une autre, qui tut dévastée pendant la guerre contre les Anglais. Celle qui existe aujourd'hui date du xv'^ siècle. L'évèque de Paris, Louis de Beaumont de la Forest, en fit la dédicace, le 8 août 1484. Il y consacra six autels : le principal, en l'honneur de la Sainte Trinité, de saint Gilles et de saint Leu; le second, en l'honneur de la Sainte Vierge; le troisième, en l'honneur de saint Louis; le quatrième, en l'honneur de saint Jacques; le cinquième, en l'honneur de sainte Marguerite; le sixième, en l'honneur de saint Thomas. Le prélat se montra généreux et accorda des indulgences à ceux qui visiteraient ce sanctuaire ^.
Suivant l'annuaire de Sceaux (1868), c'est vei's cette époque que l'église de Thiais fut ouverte aux habitants. Jusque-là, elle était réservée aux moines qui venaient en ce lieu pour rétablir leur santé, car depuis longtemps ce domaine servait de maladrerie et d'hôpital à la communauté de Saint-Germain-des-Prés. Comme le mobilier était fort i)auvre, le cardinal Guillaume, archevêque de Reims, légat du pape, promit, en 1554, de grandes laveurs spirituelles à ceux qui pourvoiraient à son ameublement.
^ Tout semble affirmer l'existence d'une prévôté à Thiais. Cependant certains documents nous parlent du prieur de Thiais. Nous lisons dans la lettre des anniversaires les lignes qui suivent : « XIII Kalendas Januari (20 octobre), cmitatur : 0 rex gentium, et débet pnor de Theodatio conventui XX solidospar. propitancia ». (Arch. nat. LL. 1027.)
2 Bihliothèqne de l'école des Chartes, IHfiS. |). Tino.
L'église de Tliiais possédait uiie relique de saint Leii, (mi I8SH. En eilél, s'il faut en croire un document contemporain, il fut convenu (|u'ell(' appartiendi'ait à l'avenir au curé de la jtaroisse et que les olTraudes seraient partagées entre lui et le pn'V("tt moine ^ Ce précieux trésor occasionna en certaines circonstances des contestations et même des luttes avec etiusion de sang '^. Le prévôt de Thiais s'opposa à ce qu'on descendît cette relique avant le deuxième coup de la grand'messe (14oo) ^. Que devint-elle plus tard? On ne sait trop. On a le droit de penser qu'elle disparut dans la ruine de l'église, au commencement du xv siècle, puisque nous voyons, le 16 février 1020, le monastère de Sainte-Colombe en i'ouniir une autre pour le nouveau temple, dédié à saint Leu, comme l'ancieii \
L'abbé des Bénédictins s'engagea aussi ii gratitier l'église de Thiais d'une relique de saint Germain. Les marguilliers devaient en avoir la garde, recevoir les offrandes qui seraient faites et les employer à la réparation du sanctuaire (1386) ^.
A Thiais, se trouvaient assis les ibnds destinés à la fondation de la chapelle de Samt-Thomas, martyr, en l'église de Saint-Germain-des- Prés, qui était à la collation de l'abbé. Les marguilliers voulurent saisir les revenus de cette chapelle, et en faire acquitter les charges dans leur église. L'otticial de Paris les obligea par sentence à les céder au chapelain titulaire *^.
Nous le savons déjà, Gualon (990) avait géré les biens de la prévôté de Thiais, avant de devenir abbé de Saint-Germain. Il est probable (jn'il fonda en ce lieu une chapelle, non loin de la fontaine publique; i';ir lin a découvert son iutni inscrit siii- mit' j)ierre, provenant des ruines d'un antique sanctuaire bâti en cet endroit ''.
En qualité de patrons de Thiais, les religieux de Saint-Germain avaient des droits et des charges. Le 6 novembre 1521, ils passèrent un accord avec le curé de la paroisse, Guillaume l'Escliapé. Ce dernier consentait à partager avec eux les oblations, vœux, legs et droits des évangiles, qui se feraient en l'église de Thiais depuis l'heure de midi de la veille jusqu'au lendemain midi des letes de Saint-Leu et
i Arck. nat. LL. 1143.
2 Id. LL. 10-2.O-26.
3 Id. LL. 1 14.3.
* Ckap. conv. I680I. Bif)l. nat. ms. fr. ^ Arch. nat. LL. 1I4.Ï.
6 Lebfjf. IV. 41-2.
■ lioni.i.AKT, p. 70.
Saint-Gilles, de la Toussaint, de Noël, de la Chandeleur, de Pà(iues et de la Pentecôte. Ces mêmes jours, les moines y chantaient les premières vêpres, matines, la grand'messe, et invitaient le curé à leur table '. La solennité de Saint-Leu paraît surtout les avoir attirés, car, d'après son contrat de fermage, le batelier de Choisy devait aller les quérir à Paris, la veille, les reconduire, le lendemain, en un bon bateau et leur procurei' trois l)ons plats de poisson, au jour même de la tête (1658) 2.
La requête que les habitants et les marguilliers de Thiais adressèrent aux religieux, en 1644, prouve que leur église était un centre de dévotion ^.
Nous ne voyons presque personne demander des places spéciales à l'église; seul, Léonard Magueux sollicite la permission d'y posséder un banc (1639) ^.
Les religieux devaient subvenir à l'entretien du curé. Sous le règne de Charles IX, celui-ci exj)osa une plainte au parlement. Il disait qu'il ne jouissait d'aucune dîme, et que cependant il devait nourrir quatre chapelains. On lui adjugea une portion congrue ^. En 1642, ils lui donnaient 4 muids de grain et 6 muids de vin, comme l'atteste une lettre envoyée au |)rocureur de Saint-Germain par Antoine Limereuse, (jui signe prêtre indigne, votre vicaire de Thiais ^.
Il y avait une confrérie érigée en l'honneur de messieurs Saint- Gilles et Saint-Leu, et beaucoup de tldèles en faisaient partie. De nombreux pèlerins venaient implorer les deux Bienheureux et leur piété était une source de revenus. Mais le petit bâtiment, où ils se réjouissaient de recevoir l'hospitalité pendant le temps de leurs ferventes neuvaines, était menacé d'une ruine prochaine. La chapelle de Saint-Thomas, qui se trouvait au-dessus et appartenait aux Bénédictins, était croulante. Elle devait certainement le détruire et l'écraser dans sa cbute. La po])ulation demandait donc qu'on empêchât ce malheur, en consolidant l'éditice délal)ré ^.
En lo84, l'église de Thiais fut dotée de 4 belles cloches. Les habitants et les marguilliers invitèrent l'abbé de Saint-Germain à députer quelques religieux pour la bénédiction.
1 Arch. -nat. LL. 1145 p. i>3o.
2 Jd. LL. 1039 p. 331.
4 Id. LL. 1145 p. -236.
5 Lebeif IV, 441.
s Arch. nat. LL. 1145 p. 23(5.
7 Id. LL. 1127 p. 283.
Dans toutes les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, on semblait avoir à cœur deux choses, en particulier, le soulagement des pauvres et l'instruction des entants.
Le 20 janvier 1G28, le curé et les notables de ïhiais demandèrent aux religieux la permission d'édifier un petit appartement, pour y loger un homme d'église (jui devait enseigner la jeunesse ^
Les dames de charité avaient recueilli une somme de l'JUO livres. Le 10 novembre 1690, elles la confièrent en prêt à l'abbaye de Saint- Germain, qui l'accepta au denier 24. La rente de 20 livres, provenant de ce capital, était destinée à l'entretien d'une maîtresse d'école. La coiiiiiiiinauté se voyait déchargée de payer trois pistules i)our le même lait -. Les religieux de Saint-Germaln-des-Prés ])ayèrent cette rente de 70 livres jusqu'en 1790 ^.
Antoine Limereuse fournissait au sieur Bonvallot, son vicaire, loO livres de rente annuelle (5 janvier 1634) ^.
En 1751, le gros du curé s'élevait à 993 livres, comme nous l'avons vu.
Le vicaire perpétuel et les habitants de Thiais demandèrent aux Bénédictins, en 1645, de leur concéder un petit bâtiment, joignant l'église paroissiale pour y loger un chapelain. On fit droit, sans aucun doute, à leur requête °.
Plus tard, le 10 août 1669, on accorda à messire Jacques Favier du Boullé une place, appelée le petit cimetière, et on lui permit de .s'entermer dans son clos. Le vicaire perpétuel donna son consentement à cette faveur, et le privilégié promit de donner à l'église une valeur pécuniaire, qui serait placée en fonds ^.
Quelques années plus tard, le 31 janvier 1702, les habitants de Thiais achetèrent une petite maison, où ils voulaient installer une maîtresse d'école pour instruire les petites filles et assister les pauvres. Les religieux firent l'emise des lods et ventes ''.
Lorsque, le 27 mars 1709, le sieur Bardon, curé, établit des sœurs, de charité dans l'endroit, Ips Bénédictins s'empressèrent d'ajjprouver cette institution et de sanctionner cette bonne œuvre ^.
1 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. lG8o2 p. 63.
2 Id. 16837 p. 174 et 26i.
3 Id. :20848 p. 57
4 Arch. nat. LL. lUo p. -2H.3.
5 Krch. nat. LL. 1!4.t p. 253.
^ Chap. conv. Bib. nat. nis. fr. 168.57 p. 5.
7 Arch. nat. LL. 1025.
î* Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16857 p. 363.
En têle dos curés de Tliiais, nous devons nommer le sieur Klinand, insigne l»ientaiteur de Saint-Germain, et qui avait, donné 100 livres pour qu'un cierge hrulàl jour et nuit dans l'église de ce monastère, devant l'autel majeur (1230) ^.
1230. Elinand.
1521. Guillaume l'Eschappé.
1534. Marguerin Quesnel.
1598. Jean Marquis.
1607. Alexandre de Houden.
1623. Antoine Limereuse.
1653. Gaspard de Condamine.
On prélevait sur les revenus de Thiais :
1" Le IX des calendes d'avril, ou le 24 mars, xl sols, jiour l'anniversaire de Louis Gastenet (de Gasteneto).
2" Le IX des calendes de mai, ou le 28 avril, lx sols parisis pour l'anniversaire d'Adam Doroer, ancien prévôt de Thiais.
3" Le VI des ides de juin, ou le 8 juin, xx sols pour l'anniversaire d'Aimeri de Tyes. Cette redevance était assise sur un ar])ent de terre à la Pierre Saint-Leu.
4° Le viii des ides de juillet, ou le 8 du même mois, xl sols parisis, pour l'anniversaire de Gautier, ancien grand prieur de Saint-Germain.
5" Le III des ides de septembre, ou le xi du même mois, 24 sols parisis pour l'anniversaire de Pierre de Thiais.
6" Le IV des nones de novembre, ou le 2 du même mois, xl sols parisis pour la commémoration de Gautier de Thiais, prieur de ce lieu.
7" Le VIII des ides de décembre, ou le 6 de ce mois, jour de Saint- Nicolas, le prieur de Thiais devait payer xii sols vi deniers.
8. Le xiii des calendes de janvier, ou le 20 décembre, jour où l'on chante l'antienne : 0 Rex fjentium, le même prieur de Thiais devait fournir xx sols parisis pour la pitance de Saint-Germain-des-Prés ^.
1 Chap. conv. Bib. nat. 'iiis. fr. IG8o7 p. 43,'».
2 Arch. nat. LL. 10-27.