VILLENEUVE-LE-COMTE
Celte coinniLine du canton de Kozoy-en-Bne, arrondisseinenl de Coulommiers (Seine-et-Mamei, (|ui coin|Ue aujourd'lini près d(^ neuf cents habitants, n'était à la tin du xn'' siècle ({u'un modeste tiameau. 11 se composait d'un château et de quelques métairies, situés sur le territoire de Bailly-Romainvillers; il relevait des religieux de Saint- Germain-des-Prés. En vertu de privilèges que les papes avaient accordés à ces tils de saint Benoît, personne ne pouvait édifier ([uelque monument dans l'étendue de leur censive sans leur expresse permission. Gaucher de Chatillon, comte de Saint-Paul, seigneur de la Ferté-Gaucher, successeur de Baudouin VIIÎ, comte de Flandre et sire de Grécy, ne s'inquiéta point de cette défense. Voulant fonder une ville à cet endroit, il jeta les fondements d'une église qui fut bientôt achevée. L'abbé de Saint-Germain fit entendre d'énergiques réclamations. Il alla jusqu'à demander qu'on démolît les nouvelles constructions, qu'un seigneur voisin avait élevées |)our défier et léser les droits incontestables de son monastère. Guillaume, évèque de Meaux, intervint pour jnettre un terme à ce conflit. Le pape désigna les prieurs de Sainte-Geneviève et de Saint-Éloy et maître Pierre Capuan, chanoine de Sens, comme arbitres de ce litige. Sur leur conseil, on transigea de part et d'autre.
L'évêque de Meaux accorda aux religieux de Saint-Germain-des- Prés le patronage de l'église de Villeneuve-le-Comte, leur permit de percevoir les offrandes qui y seraient faites et de recueillir les dîmes sur son territoire. En retour, ceux-ci lui abandonnèrent tous leurs droits sur l'église d'Esbly. Henri, curé de Villeneuve, prêta serment de fidélité à l'abbé de Saint-Germain et promit de fiayer, chaque année en l'octave de Pâques, au prieur de Notre-Dame du Bois 40 sols sur les revenus de son église (octobre 1217) \
Honorius III approuva cet accord par une bulle en date du 3 octobre 1218 2.
Jobert de Villeneuve-le-Comte et son épouse, Lucie, érigèrent une
1 Arck. nat. LL. 1026, p. 2o8 ; LL. 102o, [i. 71 ; L. im;>,. PicHor el A. AiFAlVRE. Monuments de Seine-et-Marne.
2 Arch. nat. L. "230, n" n\.
chapelle dans rëglisc du village, une chapellenie sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste et décidèrent que l'abbé de Saint-Germain-des- Prés en aurait la collation. Pierre, évèque de Meaux, contirma tout ce qui s'était fait, dans une charte du mois de mars 1233. Honorius III fulmina des peines si)irituelles contre quiconque oserait contester cette fondation i.
Cette chapellenie jouissait apparemment d'une dotation. Le 10 juin 1366, nous trouvons, en effet, une reconnaissance des maistres escolliers, prieur et procureur de l'hostel du cardinal Le Moine, fondé à Paris. Ils avouent devoir annuellement au chapelain de Saint- Jean-Baptiste, à cause des maisons, terres, prés et autres biens l)0ssédés par eux à Villeneuve-le-Comte, la quantité de 28 septiers de grain, les deux tiers en blé et le tiers en avoine, et o sols en argent ^.
Un document de 1413 montre bien que la chajtelle de Saint-Jean- Baptiste était à la présentation de Saint-Germain-des-Prés. L'évèque de Meaux, qui y avait nommé Jehan Ledoux, fut obligé de reconnaître qu'il avait usurpé un droit qu'il n'avait pas 3.
Le prieur de Bailly avait droit à la moitié des offrandes, faites à l'église de Villeneuve, et au quart des menues dîmes de la paroisse. Il les abandonna au curé qui s'engagea à lui payer 14 sols, en la fête de Notre-Dame de septembre, et à le remplacer pour le service divin dont il était chargé (1442) ^.