‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 70 sur 85 · CURES · texte numérisé non relu

CURES

1643. Nicolas de Gesacourt (?) 1728. François Pagniaut (refusé).

Denis Boutinot, qui lui succéda.

177o. Grenier.

1779. Jean Bruneau.

1 Arck. nat. L. Sdit; I.L. 10:2h. p. -2.i8, HREgciG.NV, Table chronologique des diplômes, t. V. p. -iol.

2 Id. LL. llil), |). (iUil.

3 Id. S. -2963.

* Id. S. 2963.

CORDOUX-COURTOMER \

Le donjon de Cordoux, qui s'élevait sur le territoire de Coiirpalay, était jadis le centre d'une puissante et illustre baronnie, qui avait passé successivement dans le patrimoine de plusieurs grandes familles du Royaume, avant de devenir, à la tin du xv' siècle, une des plus importantes possessions de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Nous ne sortirons pas du cadre (pie nous nous sommes tracé, en allant chercher dans les siècles antérieurs les souvenirs féodaux et militaires du vieux château et le rôle qu'il a joué dans les différentes guerres de la région. A la fin du W" siècle, il était en la possession des moines de Cîteaux. Or ceux-ci avaient acquis dans les dernières années du XIII'' siècle de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés le riche prieuré de Gilly, qui était tout voisin de leur monastère. Pour cette acquisition approuvée par le Pape et le Roi de France, les Cisterciens s'étaient engagés à payer aux Bénédictins la redevance annuelle de 80 marcs d'argent. Les archives nous permettent de constater combien, à mesure que le souvenir du contrat d'acquisition s'atténuait avec les années, cette obligation pesait aux moines de Cîteaux ; ils se montraient dès lors peu fidèles à tenir leurs engagements ; les nombreux recours des religieux de Saint-Germain à la justice pour réclamer le paiement de la rente et de ses arrérages sont là pour en faire foi. Des deux côtés, on désirait mettre un terme à cette situation pénible. En 1480, les religieux de Cîteaux achetèrent de messire Charles d'Estouteville, écuyer, seigneur de Villebon et de Gassim, la terre de Cordoux pour le prix de 3800 écus d'or. C'était un grand et riche domaine ; mais il était éloigné de leur monastère. Ils proposèrent aux moines de Saint-Germain de le leur céder, en échange de la plus grande partie de cette rente qui grevait si lourdement leur budget ef était une source incessante de désaccord entre les deux abbayes. Cette proposition fut acceptée avec empressement par l'abbé et le convent de Saint-Germain, qui réunirent, en 1496, la baronnie de Cordoux à la mense abbatiale '^.

Mais les Bénédictins ne devaient pas jouir longtemps en paix de leur nouvelle acquisition. Les guerres religieuses avaient éclaté, amenant

^ Corfioiix, commune de Courpalay, canton de Rozoy-en-Brie, Seine-et-Marne ; Courtomer, canton de Mormant, Seine-et-Marne. 2 Arck. nat. S. 2955.

avpc elles leurs cortèges de désastres particuliers et de charges générales. Une des plus lourdes pour les biens ecclésiastiques fut le subside (|ue le Uoi de France préleva, en 1562, avec l'autorisation du Pape, sur le clergé de France. Les évêchés et les abbayes furent autorisés à aliéner de leurs biens une portion suffisante pour leur pei'mettre de remettre aux receveurs royaux le montant de leur part du subside. Le cardinal de Bouiituu, abbé de Saint-Germain, s'empressa de mettre en vente aux enchères publiques la barounie de Gordoux, espérant se procurer par là, en dehors de la somme des dix mille livres à laquelle avait été taxée l'abbaye, un capital considérable dont la [)erspective lui souriait. L'acquéreur fut un grand j)ersonnage, qui joua un rôle dans l'histoire de cette période.

Voici, en effet, la note (jut* nous extrayons « de l'estat de la rece[)te » faicte j)ar M'' Simon Boullène, recepveur Général en la Généralité d'Oullre Seyne et Yonne, » à la date du 22 lévrier lo63 :

« De messire Arthur de Cossé, s'' de Gonnor, chevalier de l'Ordre, « conseiller du Roy en son privé conseil et super intendant de ses » finances, la somme de vingt cin(| mil neuf cens soixante livres )> tournois, faisant partie de xl mil ' livres pour l'adjudication a luy » faicte de la terre et seigneurie de Cordon en Brie, qui ai)partenoit » aux religieux, abbé et couvent de S' Germain des Prés lès Paris, » avalliiée à xv'^xx livres de revenu annuel ^ »

Les aliénations de lo62 avaient été faites avec privilège de rachat. Les monastères furent invités à rentrer en i)ossession de leurs biens aliénés, en remboursant aux adjudicataires les sommes déboursées par (Mix. Des commissions ecclésiastiques furent instituées pour procéder aux opérations de ce rachat et obliger les religieux à user du ])rivilège ([ui leur avait été concédé. Nous voyons « les députés du Clergé au » diocèse de Paris pour le faict du temporel ci devant aliéné, » ordonner « que par les recepveurs du réachapt sera baillé et délivré à )) Monseigneur îleverendissime et Illustrissime Cardinal la somme » de onze mil cinq cens quarante trois livres dix solz huict deniei^ » tournois pour le réachapt de laditte terre : oultre la somme de dix » mil livres, à laquelle ladite abbaye a esté taxée et quatre cens seze » livres, treze solz, quatre deniers tournois pour les frais audit » réachapt ."Lesquelles deux taxes demeureront et seront délaissées es » mains dudit Seigneur Cardinal pour le tout emploier au réachapt » de la dite terre de Gordoux 2. »

1 Arch. nat. G^x, 1:208, n" I, fulio o^ereo

2 Id. G«x, 1203.

Le 19 juilli't loOT, les députés du clergé de Paris, assemblés à i'hotel é])isc(ipal, exj)osaient que le rachat du temporel aliéué audit diocèse avait été entièrement exécuté « saui" pour la terre de Cordon « appartenant à Saint-Germain-des-Prés et achetée par M. le Maréchal » de Cossé ponr la somme de 40200 livres tournois. « Le cardinal ne voulait pas revenir sur la vente faite; on eut beau lui représenter que ledit royal ne presci'ivait d'aliénation de biens que jusqu'à concurrence de la taxe et (|ue la terre de Cordonx » valoit trois ou (piatre Ibis aultant »; il persistait dans son i-efus. L'assemblée décida, j)ourvaincrc ses résistances de lui avancer sur les deniers du clergé la somme de lio43 livres 6 sols 8 deniers, nécessaires pour ce rachat. L'abbé refusa d'accepter cette somme. Entin, voyant que les délais i)our le rachat allaient expirer, l'assemblée députa vers le cardinal « noble et » scientissime personne Maître Antoine du Vivier, chancelier et « clianoine de l'église de Paris, et M*"" Luillier et Ledery pour se trans- » porter en personne auprès du dit Sieur Illustrissime et lui faire » leurs remonstrances ^ »

Ces démarches n'eurent pas l'effet attendu et il fallut que, en lo92, un arrêt du Parlement de Paris ordonnât le rachat de la terre et singneurie de Cordoux et condamnât le cardinal de Bourbon à rembourser au sire de Cossé les 21966 livres déboursés par lui pour les dites acquisitions. Mais, soit par suite de la mauvaise volonté des abbés, soit par suite de la résistance des acquéreurs qui ne voulaient pas se dessaisir de cette belle baronnie, les choses traînèrent en longueur, les procès succédèrent aux procès et, en 1636, nous voyons les deux parties devant le Parlement pour obtenir enfin une solution définitive. Sur le conseil de Dom Cotton, ancien religieux de Saint- Germain, le couvent avait reçu de son abbé le transfert de la seigneurie de Cordoux de la mense abbatiale à la mense conventuelle -. Cette seigneurie était passée par voie d'héritage d'Arthur de Cossé à son neveu, le marquis de l'Hospital, qui avait cédé une partie de ses droits à messire Micliel Larcher, président de la Chambre des comptes. Le 16 juillet 1636, un arrêt du Grand Conseil condamna ces deux derniers à se départir de la jouissance de la terre de Cordoux et des fiefs en dépendant au profit des religieux, qui devaient leur payer 62410 livres 15 sols 6 deniers comme prix de rachat. Pour se mettre en mesure de payer cette somme, le couvent de Saint-Germain, sur le conseil du

1 Arck. nat. (i. 8, l-20;i fol. 12.

2 Id. LL. H30, fol. 191.

Père Cotton, vendit 3 arpents de jardin dans la rue de Taranne pour le prix de 5000 livres ^ et put enfin entrer en possession de cette seigneurie (1638) 2. D'autres arrêts turent obtenus, prononçant le rachat et la réunion à la seigneurie de ses diverses dépendances, le gretïe de la baronnie, la terme des Rebaits, celle de Massonay, etc. ^.

C'était, du reste, une niagnitîque dépendance qui rentrait définitivement dans le domaine de Saint-Germain-des-Prés. Pour en donner une idée, nous allons reproduire un extrait « de l'adveu et dénom- » brement de la terre et baronie de Gordou, Gourthomer, Fleuris, « Grandvillier et la Fermette, baillé au roi par messire Gharles » c"' de l'Hospital, » en 1633 :

« l" Ghâteau et lieu seigneurial de Gordou, consistant en un grand » corps d'hostel fort hault, où il y a plusieurs chambres, cuisine, » fournil, offices, caves, greniers et galleries; le tout en neuf travées » de long, couvert de thuylle, une gallerie au bout, faite a pilliers » et arcades contenant sept travées : cave au bout d'icelles; au dessus » de laquelle gallerie, y a des greniers à grains et pourmenoirs; » galletas au dessus couvert d'ardoises; un autre corps d'hostel en » forme de salle, cuisine et estables couvertes de thuylle à cinq » travées, avec quatre tours, avec un portail sur le devant dudit » chastel, le tout enclos de fossés et pont-levis. Devant lequel chasteau « y a une basse court spacieuse au bout de laquelle y a un portail « couvert d'ardoise. Dedans cette basse court et tout devant le pont » levis et la face du chasteau y avait une chapelle fondée en l'honneur » de la Vierge Marie, laquelle est cheutée et tombée; et pour ce qu'elle » importoit audit lieu, a esté réédifiée devant le carrefour dudit lieu de « Gordou ; et en laquelle chapelle les doyens, chanoines et chapitre de » S'^ Marie Madeleine de Gourpalay, par fondation d'un Seigneur de « Gordou, sont tenus chanter ou faire chanter, dire et célébrer les )i messes et oflîces qui s'en suivent : assavoir tous les dimanches et » toutes les testes sollempnelles, celles de Notre-Dame, des Apôtres, » semblablement trois fois la semaine, c'est assavoir les lundy, » vendredy et samedy et semblablement tous les jours de carême et » ténèbres, la Sainte Semaine. Golombier, jardin, seconde basse » court avec logis des fermiers, grands estables. Estang, avec fontaine » et saulssaye. Au dessous fosse ou il y avait moulin et réservoirs à

1 Ârck. mit. s. 2952.

2 Jd. LL. 1126, fol. ^08464.

» poissons. Derrière le chasteaii, garenne de liaiill i)ois, eu la(|iiell(' » plusieurs allées, etc.

» Item, le village de Fleuris (Fleury) où il y a plusieurs maisons, w granges où ledit seigneur a droit de liaulte moyenne et basse justice. » Auquel village y avoit autrefois maison seigneuriale lermée de fossés » tenant eau, toute fermée de murs; et à présent n'y a plus qu'une » tour carrée couverte de thuylle avec lesdits fossés; tout le reste » desmoly à cause des guerres. Devant lequel manoir de la Tour de » Fleuris, jardin enclos de fossés, au bout duquel y a une fosse à » poissons, appelée la fosse caille.

» Item, le village de la Fermette, ([ui anciennement étoit une justice » séparée de la seigneurie de Gordon, auquel lieu y a une église parro- » chialle fondée en l'honneur de Dieu et de Monsieur saint Jacques, >) plusieurs maisons, granges, qui sont en la haulte, moyenne et basse )) justice dudit seigneur à cause de sa seigneurie de Fermette, grande » rue et voyrie auquel lieu et village y a un grand pourpris clos et » fermé de fossés, où anciennement souloit estre le lieu et hostel » seigneurial de la Fermette, destruit, ruyné et abattu par les guerres : » à présent n'y a plus que la place et quelques chesnes, entourés » de fossés; ferme du Courmier.

» Item, le hameau et village de Grandvillier, duquel ledit seigneur » est seigneur hault, moyen et bas justicier; ferme de Grandvillier.

» Item, en la terre et seigneurie de Courthoumier, il y avait ancien- » nement un chasteau et forteresse proche et au dessus du village et » qui a esté abattu et desmoly par les guerres anciennes des Ânglois, « où il n'y a plus que des masures et fossés; maison et ferme de » Gourthoumier. Item, le village et paroisse de Gourthoumier (ju'estoit « anciennement une justice séparée de la seigneurie de Gordon et à » présent réunie. Auquel lieu y a une église fondée en l'honneur de » Dieu et de la Vierge Marie et se solemnise la feste de la ville à la « Notre-Dame de la My-Aoust.

» Item, la rivière d'Hierre à commencer du milieu de la fosse Grévins n jusqu'à une borne séparant de la seigneurie de la Grange. Droit » de pesche, sinon que le seigneur de Maulcouvent a droit de pesche » à commencer à l'entrée des fossés de Garmant jusqu'en-dessous de » misse, et n'est permis à personne d'aller pescher en ladite rivière » sans le gré dudit seigneur. Deux moulins à blé.

» Item, la ferme et métairie du Paradis, dernièrement acquis par » ledit seigneur. »

On nous permettra de donner une liste détaillée des terres, fiefs et anciens fiefs, qui composaient la propriété de Gordoux et Gourtomer.

I>oni»iiie de Cloi'clotix, coniiiiiiiie de C:oui*|»s«I»y. CJlonteiistnce. — Déclnrîttioii de 1 66H.

i. Hôtel et ferme de Cor doux.

CiOnteiiaïK'e, environ iOl arpents.

:2. Ferme de la Hayeuse.

Manoir, cour ferméedemiirsfterres), contenance, environ loiarpents. 3. Flein'n, commune de Courpalay.

Maison seigneuriale, dite la Tour, cour, ])ourpris entourés de fossés, terres, contenance, environ 122 arpents.

4, La Fermeté autrement dit le Cormier (commune de Quiers).

A cause de cette terre, les seigneurs de Cordoux ont toute justice sur le domaine de Bois Hébert et ses dépendances. Maison et ferme, appelée la Maison rouge. Terres, contenance environ 127 arpents o quartiers.

o. GrandviUiers, commune d' Aubepierre .

Terres, contenance, 91 arpents 1/2.

Court oiiiei*.

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