‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 72 sur 85 · De Fleur · texte numérisé non relu

De Fleur

Relevait le fief de la Gouture, situé en la jiaroisse de Gourpalay, contenant 44 arpents 3o perches ^.

1 Arch. nat. S. 2950.

2 Id. S. 2931.

Pour compléter ce dénombrement, qui met sous nos yeux le tableau de cette baronnie avec ses donjons, ses demeures féodales, ses villages, ses chapelles et ses églises, nous allons donner quelques baux de ferme, qui vont faire connaître l'importance des revenus de ce domaine. En 1()21, le domaine de Fleury, situé dans la paroisse de Courpalay, comprtmait une maison, des granges, une cour, le tout clos de murs, 76 arpents de terre, 7 de prés, étant affermé pour la redevance annuelle de 2 muids de froment, 18 setiers de métfnl. En 1()38, Dom Romain Kodayer, procureur des religieux de Saint- Germain-des-Prés, bailla ce domaine en louage au prix annuel de 3o0 livres, 6 chapons et B fromages ^

Le domaine de la Basse-Cour, d'une contenance de six vingt arpents de terre, de 9 arpents de prés, était affermé, en loOO, au prix de « six muids de grains rendus aux greniers de Cordoux, un pourceau » gras ou un escu d'or et douze fromages bons et estimés douze sols. » En 16o3, la contenance du même domaine était i)ortée à neuf vingt arpents de terres, 8 arpents de prés et 18 de bois taillis, et son prix de ferme était 2000 livres, 4 muids de blé, 12 chapons et 12 fromages. Dans le bail de 1767, le fermier s'engage à fournir tous les ans, outre le |)rix de 2000 livres, 7 muids de grain, rendus dans les greniers de Brie-Comte-Robert, à nourrir les chevaux des religieux qui iraient à Cordoux et à pourvoir la chapelle de pain et de vin pour la messe et de luminaire -.

Le domaine de la Hayeuse, d'une contenance de six vingt arpents de terre et 14 de i)rés, était affermé, en loOO, au |ii'ix de 4 muids de blé froment, 2 muids d'avoine et 6 chapons ^.

En looO, le domaine de Cordoux était alfermé au |)rix de 1000 livres *.

Ai)rès l'introduction de la réforme de saint Maur dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, les anciens religieux reçurent des pensions viagères et occupèrent la partie du monastère qui leur était affectée, entretenant avec les Maui'istes des relations que les circonstances et la tlillérence des intérêts (le\'ai(Mit forcément rendi'e diftieiles. I^mirtant quelques-uns d'entre eux, i)renant leiii' |)arti (l'une situation qu'ils ne pouvaient changer, voulurent employer leur activité et leur dévouement au service du monastère. Parmi eux, nous signalons Dom Claude

1 Arch. -m t. .S. -IWi ,

2 Id. s. 2-249.

* lA. S. 2884.

Cottoii, ancien receveur de ral)ljaye et procureur du Cliapitre, qui axait joué un rôle actif et j)réi)on(]érant dans toutes les négociations relatives à l'introduction de la réforme dans l'abbaye. Il avait pris tout d'abord à ferme la terre et seigneurie de Montéclin. En 1641, il échangea ce domaine contre celui de la Basse-Cour de Cordoux, (pu était affermé 1200 livres ^ Quekjues années [jIus tard, en 1647, Doin Cotton prenait à ferme pour le prix de 2710 livres, les cens, rentes, lods et ventes, amendes de la baronniede Cordoux, le greffe de la ditebaronnie, les fermes de Courthomer, de Paradis, de la Rivière de Courthomer, de Grandvillier, du Cormier, de la Hayeuse, de Floris, de Moissenay. Le 22 décembre IGol, le prieur, Dom Placide Roussel, et ses religieux donnèrent une procuration à Dom Cotton pour exercer tous leurs droits dans la baronnie de Cordoux ^. C'était remettre leurs intérêts dans de bonnes mains et Dom Cotton, dans le temps de son administration, sut mettre ce domaine dans une situation très prospère, soit j)ar les améliorations agricoles qu'il introduisit, en opérant un marnage général des terres de Cordoux, soit par les importantes acquisitions qu'il fit au profit du monastère.

En 1648, il acquit pour le prix de 750 livres « de noble homme » Louis de Porquier, trésorier de la Maison de Monseigneur le Duc » de Longueville, le lief des Loges de Quières, sciz sur le territoire » de Cordoux et de la Fermeté et mouvant en la censive en plein flef » et hommage de la baron nerye de Cordoux ^. «

Grâce aux améliorations et aux acquisitions, les revenus de la baronnie s'étaient notablement accrus. En 1654, Dom Cotton, se sentant vieilli et incapable de continuer cette exploitation, demanda à C(''der son bail. Cette terre, pour laquelle il payait annuellement 4310 livres, fut affermée, grâce à lui, au prix de 6750 livres. Le chapitre de Saint- Germain témoigna sa reconnaissance pour les services éminents rendus au monastère i)ar Dom Cotton; ce dernier, touché de ces égards, abandonna à l'abiiaye une somme de 10310 livres qui lui était due ■*.

A Dom Cotton succéda comme fermier de Cordoux, un ancien frère convers de Saint-Germain-des-Prés, frère Antoine Lopinost, qui continua les traditions de son devancier et travailla avec efficacité à la prospérité du domaine conlîé à ses. soins.

1 Bib. nat. us. fr. 168.^2, p. "229.

2 Arch. tiat. S. 2949.

3 Ici. LL. 1039, p. 20.

* Bib. 'liât. liis. fr. I6800.

Les religieux proiitèrent de cette prospérité pour accroître leur leur domaine. Sur la demande du frère Antoine Lopinost, ils se ren dirent acquéreurs, pour le prix de oOOO livres, d'une terme de 80 arpents, qu'ils réunirent à celle du château ^

En 1658, le frère Lopinost, se sentant vieux, exprima le désir de rendre au couvent la terre, dont il gérait la ferme depuis bien des années, pour se retirer au monastère. Il demanda ([u'on lui accordât, avec la pension de 900 livres qui lui avait été assignée, la portion de la table monastique, qu'il aurait la {)ermission de prendre au réfectoire ou de porter en sa chambre; ce que le chapitre lui accorda avec la jouissance viagère du bois de la Garenne, en témoignage de reconnaissance pour les services rendus '^. En 1666, Charles Mallat, « cy-devant advocat du » Roy en l'élection de Rozay au pays de Brie, » aderma, au prix de 4000 livres tournois et de 15 muids de blé rendus à Melun, la terre et baronnie de Cordoux et Courlhomer, comprenant le vieux château féodal avec ses fossés et ses dépendances, les l)ois du Chesnay, de Halo et des Buissons; les huit fermes suivantes : i" la ferme de la Basse-Cour (ou du Château) avec 187 arpents de terre labourable et 53 arpents de pré; 2" la petite ferme de Cordoux avec 114 arpents de terre et 18 arpents de pré; 3" la ferme de la Hayeuse avec 147 arpents de terre, 7 arpents de friche et 7 arpents de pré; 4" la ferme de Fleury avec 106 arpents de terre, 11 arpents de pré; 5" la ferme du Cormier, avec 109 arpents de terre et 16 arpents de pâture; 6» la ferme de Graudvillier avec 78 arpents de terre et 12 arpents de pré; 7" la ferme de Courthomer avec 75 arpents de terre et 16 arpents de pré; 8" la ferme de Paradis avec 110 arpents de terre, 16 arpents de pré et du bois taillis; une rente de 17 setiers de blé sur le grand moulin de Courthomer et une autre de 7 setiers sur le moulin des Bordes; le droit de pèche de la rivière d'Yerres dans l'étendue de la seigneurie de Cordoux; le greffe avec cens et rentes des seigneuries de Cordoux et de Courthomer ^.

En dehors de ces accroissements de propriétés, les archives ne nous ont conservé que quelques renseignements sans grande importance sur la baronnie de Cordoux, pendant qu'elle demeura en la possession des religieux.

Nous avons vu qu'une chapelle avait été fondée par les seigneurs

1 Bih. liai. iHS. fr. 16835.

2 Id. 16856.

3 Arch. nat. S. 2949.

(Je Corcloux, dans l'enceiiiti' de leur demeure féodale; ils s'étaient adressés au chapitre de l'église collégiale de Coiu^palay, dont ils étaient sans doute les fondateurs ou les bienfaiteurs, pour assurer le service religieux de cette chapelle. L'aveu de 1684 nous a appris que ce service consistait à célébrer ou chanter la messe et les offices, les dimanches et jours de fêtes solennelles, et les lundi, vendredi et samedi de chaque semaine. Comme honoraire de ce service, les seigneurs de Cordoux leur avaient donné les dîmes des terres de leur baronnie et des hameaux en dépendant. Si les chanoines de Courpalay percevaient avec empressement ces dîmes opulentes, ils ne tardèrent pas à trouver bien pénible le service de la chapellenie qui leur était imposé. Pendant un certain temps, ils avaient pu espérer que la ruine de la chaiielle seigneuriale après la guerre supprimerait le service, sans |)orter atteinte à leurs droits sur les dîmes : il n'en fut rien. Considérant la nécessité de cette chapelle pour les habitants du voisinage, les seigneurs en reconstruisirent une nouvelle devant la porte de leur château, sans doute dans un de leurs bâtiments d'exploitation, puiscpie nous lisons dans certains actes postérieurs que les gi^eniers se trouvaient au-dessus de la chapelle; cette reconstitution rétaldissait les choses dans leur état primitif et soumettait de nouveau les chanoines à un service, dont ils s'étaient crus débarrassés pour toujours. Mais ils ne le reprirent pas de bonne grâce : en 1649, un arrêt du Parlement contirma cette sentence « par laquelle les Doyens et » Chanoines de Sainte-Maydeleine de Courpalaye étaient condamnés » à dire ou à faire dire la messe tous les dimanches et festes de » l'année à 7 heures du matin, à peine d'un septier de bled froment » pour chascune foys qu'ils manqueraient à y dire la messe, sy mieulx » n'aimoient quitter et délaisser aux religieux de Saint-Germain-des- » Prés les revenus et dixmes qu'ils percevoient tant sur la baronye » de Cordoux qu'autres hameaux en dépendants ^ »

Nous trouv(jns, dans le même temps, les religieux de Saint-Germain en tran.saction avec les marguilliers de Saint-Martin-de-Courpalay pour régler les indemnités qui leur étaient dm-s, jtar suite de certains legs faits à la dite église (1643) -. En 1631, ils retinrent pour eux, en vertu de leurs privilèges seigneuriaux, un petit domaine, sis au territoire de Courthomer et vendu par les marguilliers de l'église de Rozoy ^. Les

1 Arch. Mit. LL. \\-2H. toi. ;^1.

2 Jd. s. 2946.

3 Rozov-en-Brie.

laliiiiiiies (les églises d'Âubepierre ^ de Bcrniiy -, de Monnant ^, d'Oz(»Lier-le-Ke|)os * avaient aussi des terres et liéi'itages en « la » mouvance, censive et seigneurie de la baronie de Cordoux, » ainsi que nous l'apprennent des déclarations laites par les marguillers et les curés de ces églises. Un long procès fut engagé au Chàtelet de Paris par les Bénédictins pour détendre leurs droits contre les prétentions des religieuses de Saint-Louis de Poissy : ces dernières avaient accpiis la seigneurie de Boishebert, fiet'qui relevait de la seigneiuie de la Fermeté. Pendant les passages successifs de la baronnie de Cordoux en diverses mains, bien des droits avaient été négligés et, après leur rentrée en possession de leur domaine, les religieux de Saint- Germain-des-Prés durent faire appel à la justice pour empêcber ces droits de tomber en désuétude; c'est ce qui arriva pour les droits de haute justice du fief de Boishebert, que les religieuses de Poissy prétendaient avoir et que deux sentences du Chàtelet, en 1639 et en 1739, reconnurent aux religieux de Saint-Germain -^

De nombreux fiefs relevaient, comme nous l'avons vu, de la baronnie de Cordoux et les archives nous ont conservé la mention des devoirs seigneuriaux qui en résultaient. Le 23 novembre 1638, Estienne Aubuon, le délégué de messire de Brunfayde Quincy, vint, accompagné d'un notaire, au château de Cordoux pour prêter foi et hommage aux religieux de Saint-Germain-des-Prés à cause du fief du Tertre de Lumigny,qui relevait de leur baronnie; étant devant la porte principale du dit château, « ayant un genouil en terre, sans esperon ni espée, » il demanda à haute voix si les seigneurs de Cordoux étaient là pour recevoir son serment de tidélité; comme il ne se trouvait au château que Jeanne Amyart, servante, le délégué du sieur de Brunfay prit des hommes à témoin de sa démarche et se retira ^. Nous trouvons, parmi les fiefs relevant de Cordoux, ceux de Villebert, de Tilly, d'Auzac ou de la Cave ^. En 1689, M. de Breteuil, conseiller d'État et président des Finances, acheta la terre de Fontenay-en-Brie, qui était un fief relevant de la baronnie ^, Les religieux de Saint-Germain avaient au

^ Aubepierre, canton de Morniant Seine-et-Marne).

2 Bernay, canton de Rozoy-en-Brie Seine-et-.Marne .

3 Mormant Seine-et-Marne;.

■1 Ozouer-le-Repos, canton de Mormant f^Seine-et-Marne).

■-^ Arch. mit. LL. 1126. S. :29o0.

6 Id. LL. 11 2G. p. i94.

8 Bih. iint. ms. fr. 16857. p. 2">5.

lieu dit Bois Moreau, un petit fiel" de 0 arpents de terre qui relevait de la seigneurie de la Grange Blesneau, possédée par mcssire Louis Dupré, chevalier, conseiller du Roi en son Parlement de Paris; or ce dernier avait, de son côté, le fief de la Couture de Courpalay, qui relevait de la seigneurie de Cordoux. Les religieux ayant invité leur vassal à leur prêter son serment de tidélité, celui-ci refusa de le faire, avMiit d'avoir re^u ct'iiii des religieux jKiur Ir licf de Bois-Moreau. Il fallut (jue Dom François Sauvaige, eellérier de l'abbaye, accomplît cette formalité, pour que Louis Dupré consentît à son tour à prêter foi et hommage portant aveu et dénûni])rement pour son tief de la Couture (1746) K

Nous trouvons la menti(jn d'un orage violent qui, au 13 août 1674, « s'était abattu sur Cordoux et avait fait pour 12000 livres de dégâts n aux bàtmients, surtout au château de Cordoux. « En face de ce désastre, la communauté de Saint-Germain-des-Prés décida qu'il y avait lieu de réduire le nombre des fermes de 7 à o et que les matériaux des constructions détruites serviraient à la réparation des bâtiments qui subsistaient encore. Au o novembre suivant, Dom Jehan Barré était délégué i)ar le chapitre pour tout régler. Il ne put trouver à affermer le domaine qu'au prix de 3000 livres et 15 muids de blé, au lieu de 4000 livres et 13 muids de blé qu'on en retirait auparavant ^.

Les bois étaient considérables dans la seigneurie de Cordoux, et, comme tous les seigneurs féodaux, les religieux de Saint-Germain attachaient une grande importance à leurs chasses. Le 22 mai 1760, le chapitre de ral)baye donna des lettres en due forme au sieur Miray pour le coustitut'r ca])itaine des chasses dans l'étendue de la seigneurie de Cordoux : le gard^^ qu'il nommerait et entretiendrait â ses dépens, devrait « [lorter les armes de l'abbaye à la bandolière, » il veillerait à la conservation des bois et ferait son rapport, en cas de délit, à la justice des religieux. Ces derniers se réservaient le droit de donner à d'autres la permission de chasser sur leurs terres ^. Par un acte du 4 décembre 1768, le chaj)itre de Saint-Germain-des-Prés accordait au comte de Polignac la conservation des chasses de Cordoux *.

Les archives nous ont conservé un document qui nous fait connaître l'état de la baronnie de Cordoux à la fin de son existence. Le 4 mai 1767,

1 Arck. nat. S. 29.>1.

2 Bib. nat. ms. fr. 16837. p. 6o.

3 Id. 16839, p. 134.

* Id. 168.39. p. 310.

le (•liai)ili-(3 noimnait des délégués pour procéder à l'examen des revenus, charges, dettes et ressources de la communauté. Dom Benoît de la Vallée et Dom Lhote, cellérier, qui avaient été députés pour faire la visite de la I)aronnie de Cordoux, présentèrent leur rapport à la séance du 6 août de la même année; nous y lisons que « le château » est d'une bâtisse très ancienne, qu'il est entouré de (bssés, autrefois )) revêtus en pierres et pleins d'eau, et aujourd'hui couverts d'herl)es, )) de ronces et d'épines, qu'au-dessus de la chapelle, qui était assez » grande et décente, sont deux greniers l'un sur l'autre, mais que les » couvertures sont en très mauvais état et demandent à être rétablies » avant l'hiver, que, comme il |)leut partout dans la chapelle, les cha- » noines de Courpallay, obligés de la desservir, menacent de ne plus » y aller, si on ne la remet en état; qu'il est très intéressant de pré- » venir cet inconvénient, attendu que la retrait(ï des chanoines occa- )) sionnerait une charge très onéreuse, vu qu'on doit dire la messe » les dimanches et lestes dans cette chapelle. Les deux bois de la » Garenne et du Chenoy contiennent environ 30 arpents en haute » fustaye et taillis. Il y a une longue allée d'ormes d'une belle venue » (lui va jusqu'à Courpalay. » Le rapport constate ensuite les réjiarations à faire aux fernu^s de la Basse-Cour, de Grandvilliers, de Fleury et de Paradis ^

La déclaration de 1790 nous permet d'ajouter aux indications précédentes les revenus du domaine à cette époque :

Cens, lods et ventes (année commune) loO'

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