M. LL
3 Id. L. 777.
4 Id. LL. 102o.
officielle, « qu'il ne descendait pas dans cette maison pour y jouir » comme légat des droits de procuration, mais bien pour y prendre, » comme il est d'usage entre amis, la réfection de la cliarité. » (vuj''jour des Ides d'août, de la 3" année du Pontificat d'Urbain IV) (lïi(34) ^.
Grâce à tous ces privilèges et à toutes ces précautions, les religieux purent conserver intacte leur exemption; mais, de temps en temps, ils étaient obligés de rappeler leurs droits. C'est ainsi que, le 27 décembre 1347, Guillaume, archevêque de Sens, fit connaître à ses officiaux les plaintes que les religieux de Saint-Germain-des-Prés portaient contre les collecteurs qui exigeaient d'eux, en dehors des décimes, les procurations des Nonces apostoliques, et leur enjoignit de faire respecter les exemptions monastiques à cet égard ^.
Depuis lors, la j)aix ne fut plus troublée entre les religieux d'Esmans et l'autorité diocésaine. Nous ne trouvons à noter dans la période suivante qu'une charte, par laquelle Pierre de Vitry, « garde-scel de la court de Sens », déclare avoir reçu du prieur d'Esmans la somme de dix livres tournois, due à l'archevêque, pour l'ordination d'un clerc (1373), et des lettres de Julien de Dôle, « capicier de l'église Sainte-Opportune, sous-collecteur apostolique dans la ville et le diocèse de Paris », attestant que le taux de la décime pour la prévôté d'Esmans, au diocèse de Sens, a été de 200 livres parisis ^.
Ce ne fut plus désormais qu'avec les curés d'Esmans que les religieux eurent quehjues difficultés pour les questions des dîmes et du gros. Le 7 mai 1499, une transaction fut conclue entre messire Geoffroy, abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés, et Jehan Moretz, curé de Sainte-Marie d'Esmans. Il fut convenu que le curé prendrait pour son gros, sur les dîmes d'Esmans et de Montmachoux, territoire qui s'étendait entre Villeneuve-le-Guyard et Flagy, un muid de froment, un muid de méteil, un demi-muid d'avoine (mesure d'Esmans), plus trois muids de vin, outre les oblations de l'église, à la charge d'acquitter les droits dus à l'archevêque ou à son archidiacre *.
En 4o39, ce même curé, Jehan de Morest, licencié en droit canon, demanda la permission d'ériger des fonts baptismaux dans la chapelle de Montmachoux, qui devint une succursale de l'église d'Esmans en
1 Arck. mt. LL. 1023, f" 32.
2 Id. h. 761.
3 Id. L. 761.
* Id. LL. 1146. p. 91.
attendant son érection en paroisse séparée. Ces deux paroisses lurent pourtant de nouveau réunies, vers la fin du wu*" siècle, mais d'une manière temporaire.
En 1734, une transaction fut conclue entre le cardinal de Bissy, évèque de Meaux, abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés, et Louis Garât, curé d'Esmans : afin d'éviter un procès qui était sur le point d'être engagé au sujet des menues et vertes dîmes et des novalles de la paroisse, les deux parties entrèrent en négociation et convinrent que le curé abandonnerait tous ses droits et ses prétentions sur les dites dîmes et novalles, moyennant une rente annuelle de loO livres que lui fournissait le receveur de l'abbaye ^
Les droits prélevés sur la terre d'Esmans.
1° 20 sols tournois, pour l'anniversaire de l'abbé Robert de Saint- Germain-des-Prés, le VII des ides de février ou le 7 de ce mois ;
2" Le III des ides de février ou le 11 février, 6 livres 4 sols parisis, pour l'anniversaire de Pierre Nangis, grand prieur ;
3" Le xiii des calendes d'avril ou le 20 mars, anniversaire de Hellouys d'Esmans, épouse de Jehan de Ghasteau, fondé sur les cens de son mari ;
P Le XV des calendes de mai ou le 17 avril, 32 sols, pour l'anniversaire de Jehan de Marolles ;
5° Le IV des ides de juin ou 10 de ce mois, 20 sols, pour l'anniversaire de Renaud de Vernon (Reginaldi de Vernot);
6" Le IV des calendes d'octobre ou le 28 septembre, 20 sols, pour l'anniversaire de Maurice de l'Hospice;
7" Le viM des calendes de décembre ou le 24 novembre, 1 sol, pour l'anniversaire de Guillaume de logent, chevalier;
8° Les nones de décembre ou le o de ce mois, 40 sols, pour l'anniversaire d'Ysabelle de Nogent ^.
1 A7'ch. Seine-et-Marne, 76. L., n" 489, p. 28.
2 Arch. nat. LL. 1027.
MONTMACHOUX
Nous avons vu que de la seigneurie d'Esmans dépendaient les trois hameaux des Fontaines, de Villetay et de Moiitmachoux. Ce dernier, qu'on trouve désigné dans le Polyptique sous le nom de Monte- Miehal (Mont-Michel), possédait sur son territoire une chapelle, qui au XII*' siècle semble avoir été église paroissiale, puisque, en 1177, le Pape Alexandre VII confirma à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés ses privilèges dans le diocèse de Sens et notamment ses droits de présentation pour les églises d'Esmans et de Montmachoux. Dans la suite, nous trouvons cette dernière église réduite à l'état de simple chapelle de secours, où le curé d'Esmans faisait célébrer, de loin en loin, les offices pour les habitants des alentours.
Le 24 mars de l'année io39, Jehan de Moretz, curé d'Esmans, demanda la permission d'ériger des fonts baptismaux dans la chapelle de Montmachoux, « afin que les habitants qui y reçoivent tous les » autres sacrements, puissent aussi y recevoir le baptême ». Les habitants s'engageaient de leur côté à pourvoir le prêtre, chargé de l'administration des sacrements à Montmachoux, « de maison compé- » tente et honeste, bien et deuement uslensillée, comme il appartient » à un homme d'église « ^.
Le 14 avril 1662, une transaction fut consentie « entre Jehan » Soustré, curé d'Esmans et de 3Iontmachoux, son secours d'une part, y) et de l'autre, honorable homme Geoffroy Lemoult, sieur de la Fosse, » et Maître Jehan Simonet », procureur fiscal en la justice dudit Montmachoux, tant en leur nom que comme fondés de pouvoirs des habitants du lieu : le curé faisait abandon de toutes menues dîmes et notables, moyennant quoi les habitants de Montmachoux prenaient l'engagement « d'entretenir un prêtre ou vicaire pour desservir in » extremis et leur administrer les sacrements dans l'église succursale » dudit lieu et de loger ledict homme d'église, ou de lui faire un pres- » bytère à leurs frais, en fournissant les meubles convenables; sans y> que ledit curé fût tenu de fournir ni contribuer aucune chose ». Ce dernier se réservait toute la dîme des vins ^.
i Canton Lorrez-le-Bocage (Seine-et-Marne).
2 Arch. Seine-et-Marne, siip. n" 491, p. :29.
3 Id. sup. n" 491, p. -29.
Des discussions durent survenir entre les religieux de Saint- Germain et le curé d'Esmans, au sujet des réparations à faire à l'église de Montmachoux, qui, bien qu'érigée en paroisse, était toujours une annexe de Sainte-Marie d'Esmans. En 1746, nous trouvons un acte de notoriété par lequel les habitants de Montmachoux viennent attester, d'après ce qu'ils ont vu personnellement et ce qu'ils ont appris de leurs ascendants, que l'abbé et les religieux de Saint-Germaindes-Prés, en leur qualité de gros décimateurs de leur paroisse, étaient tenus de faire toutes les réparations, grosses et menues du chœur, de la tour, du beffroi et de la charpente des cloches de leur église ^
Liste des Prieurs et Prévôts d'Esmans 1" Prieurs :
Frère Radulphe 1219
Frère Hugues 1320
2° Prévôts :
Frère Jehan de Corbigny 1353-1356 Frère Jehan de Jonchery . . 1452 Frère Jehan de Rozoy . . . 1497
1 Arch. Seine-et-Marne.
SAMOREâU.
Ce nom qu'on a exprimé, en latin, par Sametiolum, et, en français, par Sameseuil, Samesel, Sasmoisel, Sasmoiseau, Samoreau, est celui que porte une petite commune de 315 habitants, environ, située dans le canton et non loin de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Nous ne savons pas à quelle époque les religieux de Saint-Germain-des-Prés commencèrent à y avoir des propriétés; mais, suivant M. Longnon, ils y possédaient des biens, avant l'année 1176. Le document, qu'il a publié sur l'état des tiefs relevant de la célèbre abbaye bénédictine et qui remonte au moins à cette date, semble le prouver. Cette nomenclature nous montre, en etïét, qu'Etienne d'Avon tenait du monastère de Saint- Germain la moitié du bois Gautier et du moulin de Valvin, avec trois cultures ^ et le fieC d'Etienne Grange; Hervé Forestier, deux pièces de terre à Valvin, sur les rives du cours d'eau qui se jette dans la Seine 2; Hugues de Brosse ^, trois sols de cens; Hardouin, tout ce qu'il possédait à Samoreau, et Etienne Grange, le quart du bois connu sous le nom de cette dernière localité ^.
A partir de 1 176, ce domaine prit de l'extension. Cette année même, Hugues, abbé de Saint-Germain, tit un échange avec Milon de Vernou. Pour avoir la terre et seigneurie de Samoreau, avec ses dépendances, il lui donna 310 livres, après lui avoir abandonné le bois de la Noue de Saint-Germain, les terres de Montberry et Vernou ^. Toutefois il se réserva les hommes, les femmes de corps et leurs héritiers, vivant sur les immeubles qu'il délaissait La nouvelle acquisition avait pour limites le village de Champagne *^, le pont de Samoreau, le bois d'Etienne de Champigny et la roule de Samoreau à Moret. Le roi Louis VII confirma cet accord, passé avec l'assentiment de l'épouse
1 Arch. Seine-et-Marne. G. 457, p. 15.
2 Communes d'Avon, de Samois et de Samoreau.
3 LL. 1024. La Brosse, commune de Brosse-Montceau, Sen\e-e\.-\\AYne,Polyptique d'Irminon, t. I, p. 222, 229 et 230.
* Valvin, comm. d'Avon, Samois et Samoreau.
» Vernou, cant. Moret.
6 Champagne, canton et arrond. de Fontainebleau.
et des enfants de Milon, de ses frères et de toutes les personnes intéressées à ce contrat. Il sanctionna en même temps l'acte par lequel Adam de Champigny, avec l'agrément de son père Etienne, donnait à l'abbé de Saint-Germain le fief de la moitié du bois de Samoreau. Les tenanciers, Etienne Grange et Geoffroy Gaschet, devaient s'engager, pour eux et leurs descendants, à reconnaître pour leurs seigneurs le prélat et ses successeurs. La charte, qui mentionne tout ce que nous venons d'exposer, fut souscrite par le monarque et expédiée de Fontainebleau, en 1176, en présence du comte Thibault, sénéchal, de Guy, bouteiller, de Renaud, chambellan, et de Raoul, connétable K
Quelque temps après, Geoffroy Gaschet, Guerin, son frère, Havise \ sa mère, Ameline, sa sœur, et Marie, son épouse, donnèrent en aumône au monastère de Saint-Germain-des-Prés tous les droits qu'ils avaient sur le bois de Samoreau. Les religieux voulurent leur exprimer de la reconnaissance, en leur distribuant une somme de 28 livres et demie '^.
Au mois d'avril 1233, Gérard de Charbec, sergent du Roi, fit don à l'abbaye de Saint-Germain de 3 arpents de vigne, situés à Samoreau, dans la mouvance des religieux. Il s'en réserva la moitié du produit, pendant sa vie et celle de Rerthe, son épouse ^. Adam, fils de Milon Bernard de Samoreau, vendit aux bénédictins, pour 40 sols parisis, une pièce de vigne (mars 1226) ^.
Guillaume de Samoreau, dit Chocart, céda aux mêmes religieux un arpent de terre, au prix de 100 sols (5 janvier 1250) ^.
Le même jour, Denis des Bordes leur abandonna la propriété d'un arpent de vigne situé à Coudrel ♦', pour la somme de 8 livres parisis ^.
Le 14 juin de la même année, le monastère de Saint-Germain-des- Prés acquit d'Etienne, fils d'André Lecheurier, et de Guerin, fils de Gilbert Normand, moyennant 14 livres parisis, 2 arpents de vigne, situés à Borotebas et à Gondrel.
1 Arch. nat. LL. 10:24, p, 80; V>0\}\hLK\\J, pirces justificatives, n» LX. Arch. nat. K. 2S, II" 8, Taheif. Monu. Histor., n" 669. BnÉgnc^fV. Table des diplômes, l. III, p. 514. DoUET d'Arcq. Invent, des sceaux, n" 37.
2 Arch. nat. LL. 1026, p. 471.
3 Id. L. 807,
5 Id. L. 807.
•5 Condrel ou Coudrel?
7 Arch. nat. LL. 1926.
— -2 il —
Adam de Samoreaii, fds de feu Milon Bernard, vendit aux Bénédictins, pour le prix de 20 livres, une pièce de vigne située au clos de Samoreau. Pour avoir part à leurs prières et mériter le pardon de ses fautes, il leur donna le cinquième d'un autre vignoble (juillet i2ol) '.
Denis, dit Mapis, et Marie, son épouse, accordèrent en aumône à l'abbaye de Saint-Germain le cinquième du tiers de deux arpents de vigne situés à Samoreau (lévrier '12o2; '^.
Nicolas, dit Rouabloi, et Jeanne, son épouse, firent don à la même communauté du cinquième d'une vigne, sise à Samoreau, et lui vendirent le reste pour la somme de 20 livres parisis (novembre 1252) ^.
Nous lisons dans un acte du mois de juillet i2ol, que Guillaume, dit du Bel Ecuyer,et Isabelle Dupont, son épouse, veuve de feu Oger Dupont, chevalier, consentirent à ce que l'abbé et le couvent de Saint- Germain-des-Prés possédassent en main morte le tiers de la dîme du blé et du vin sur tout le territoire de Samoreau (juillet 1254) K
Guillaume, dit Grenclie ou Grange, jouissait d'une partie du bois de Samoreau, située entre les bois de Thibault de Moret et de Milon d'Avon, écuyer, et s'étendant de la route de Melun jusqu'à la Seine. Il tenait cette propriété en fief de l'abbé de Saint-Germain-des-Prés. Il possédait aussi une pièce de terre, dite la Pierre droite, et un arpent de vigne à Picherez. Il avait des droits de fief :
1" Sur la maison de Guillaume de Samoreau, écuyer, et ses dépendances comme terres, bois et pourpris.
2" Sur le manoir de Guérin de Samoreau, écuyer, et ses appartenances.
3° Sur une vigne située au lieu dit Forcelles, que Henri de Moacent tenait à un denier de cens de Guérin de Samoreau.
4° Sur les deux tiers du pré de Landesches, 11 arpents de bois, au territoire de Samoreau, proche la Folie, et deux pièces de terre en labour, exploitées par Pierre de Malingres, écuyer.
5" Sur 18 arpents de bois, sis au-dessous des bois de la Folie, et que détenait Simon de Malingres.
6" Sur 29 arpents de bois, le tiers du pré de Landesches et deux arpents de terre.
Il vendit le tout à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés, pour la somme
1 Arch. nat. L. 807.
2 Id. L. 807.
3 M. LL. 1026, p. 173.
de 260 livres, avec les avantages (jui résultaient de ces privilèges et possessions (avril 1266) K
Au mois de juin 1268, Thibault de 3Ioret, chevalier, et Aveline, sa femme, vendirent aux religieux de Saint-Germain, pour le prix de 210 livres parisis, le tiers d'un bois situé à Samoreau, au delà de la Seine, sur le chemin de Moret, entre le bois de Guillaume Grange, cédé récemment aux Bénédictins, et le bois de Jean de Villiers, chevalier, appelé le bois Gaultier. Ils leur abandonnèrent aussi le droit de fief qu'ils avaient sur le tiers du bois Gaultier, dont jouissait Jean de Villiers -.
Quelques mois plus tard, le monastère de Saint-Germain-des-Prés acquit ce domaine de Pierre et de Guillaume, fils de ce dernier, moyennant la somme de 210 livres parisis (novembre 1268) ^.
En consultant quelques dénombrements, nous trouvons de nouveaux détails sur la terre de Samoreau. Celui de 1384 s'exprime ainsi :
Item, en la ville de Samoisiau, emprès Samoys, le couvent a un grand liostel et coulombier sur la rivière de Saine, moyenne et basse justice, en la ville; vii^'' arpents de terre arable, viij arpents de petiz prés; environ xvi livres tant de cens que de rente; tout ce, loué xiiij livres, et aussi a été payé au curé pour son gros, xvj livres.
Item, environ xiiij arpents de vignes, que nous faisons faire à nos deniers etpourraient bien valoir XXV sols l'arpent; elles valent xiiij livres.
Item, les dimes des pressoirs, environ iiij queues par an, puevent valoir x livres.
Item, iiij cents arpents de petits boisa costerez et ne doivent pas de droit de gruaige et puevent valoir par an environ l livres *.
Item, à Samoisiaux, Pierre de Pois tient j fief, c'est assavoir xxxij arpents de terre, une maison, vj^^ arpents de boys, cens et rentes, puent valoir xxxij livres -^
Suivant la déclaration de lo42, il y a à Samoreau : 1" un hôtel seigneurial avec ses appartenances, chapelle, cours, jardins, colombier, fosses à poisson, le tout clos de murs et contenant de quatre à cinq arpents de terre.
2° Au domaine dudit hôtel appartiennent de sept à huit vingts arpents de terres labourables. Les dites terres et prés et le dit hôtel peuvent
1 Arch. nat. L. 807. LL. 1026, p. 176.
■^ Id. L. 807, LL. 1026, p. 170.
3 Id. L. 807.
* Id. L. 760, n" -29.
5 Td. L. 760, n'^ 29, DuM Di BoiRG. Saint-Germain au XIV siècle, p. 30.
valoir Iaquaiilitéd.e6muidsdegrain, mesuredeMelun, un tiers froment, un tiers seigle et un tiers avoine, valant le muid 7 livres tournois.
3" Audit domaine de l'Iiôtel seigneurial appartiennent six cents arpents de bois taillis, en deux pièces séparées par la rivière de Seine. La première, située du côté de la voie des enclaves (?i, contient 460 arpents. L'autre, qui s'étend de l'autre côté de la Seine, vers la forêt, appelée lebois Gautier, contient huit vingts arpents environ. Les religieux y ont droit de gan^nne. Soumis à des coupes régulières, ils peuvent valoir six vingts livres tournois par an.
4" Les Bénédictins avaient une lieue dans la rivière de Seine, depuis le bac de Valvin jusqu'au pressoir du Roi, où ils pouvaient pêcher en toutes saisons et à tous engins '.
Nous ne savons si l'abbaye de Saint-Germain avait augmenté son domaine par des acquisitions ultérieures, mais nous remarquons que ce dénombrement accorde aux bois de Samoreau une superficie beaucoup plus vaste que celui de 1384.
o" Eu poursuivant la déclaration de lo48, nous trouvons de nouveaux détails. Elle nous fait observer qu'au domaine de Samoreau souhait appartenir 14 arpents de vigne et que de présent il n'y en a plus que 4 pouvant valoir la somme de huit livres.
fi' Le reste des terres de ce domaine consiste partie en maisons, jardins, terres labourables, vignes, prés, qui ont été baillés à titre de censive, portant lots, ventes, saisines, déffaults et amendes. La censive se monte chacun an à la somme de 22 livres tournois. Les lots, ventes, saisines et amendes sont estimés 100 sols.
7" Deux pressoirs banniers rapportent chaque année 11 livres tournois.
S'' Une rente annuelle de blé et de 8 chapons peut valoir 20 sols tournois.
9" Les religieux de Saint-Germain-des-Prés ont à Samoreau haute, moyenne et basse justice, greffe et prévôté. Les exploits s'élèvent ordinairement à 100 sols par an '^.
Le 26 février 1572, le cardinal Charles de Bourbon, archevêque de Rouen et ahbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés, abandonna à Etienne Goussart et Gilles Nauldier, prieur et sous-prieur de ce monastère, les droits et profits qui pourraient lui être dus, à cause de la vente et adjudication des fiefs du Bois-Gassot, du Bois-Regnault, de
1 Arch. nat. S. -29.'i0.
Rapouil ou Rapoille relevant de Samoreau. Ils avaient été saisis pour défaut de foi d'hommage et prestation des droits ordinaires. Le fief de Bois-Gassot était situé en la paroisse de Vulaines-sur-Seine canton de Fontainebleau I. Les fiefs de Bois-Regnault et de la Bularne se trouvaient dans le voisinage.
1" Le fief du Bois-Gassot comprenait plusieurs masures, la place où était l'ancien manoir, viviers et fosse à poissons, 38 arpents de terre, 82 arpents de taillis et 7 livres 10 sols tournois de cens et rente.
2" Le fief de Bois-Regnault comprenait 3 livres de cens sur environ 55 arpents de terre.
3" Le fief de la Butarne consistait en 20 sols de cens environ dus par plusieurs tenanciers (1587-1614). Les lieux dits et écarts signalés à propos du Bois-Gassot sont : le chêne des Roches, la Ronde, le Chapeau, la Fosse Pirette ^ Suivant un aveu de 1335, le fief du Bois Gassot, antérieurement appelé la maison et l'hùtel du Bois, comprenait en plus des édifices et dépendances, 20 arpents de terre labourable, 100 arpents de taillis et un arpent de vigne ^.
L'acquéreur, monsieur d'ArgevillC; paya à ces religieux 450 écus soleils ^. Les fiefs, terres et seigneuries du Bois-Gassot et de la Butarne faisaient partie du territoire de Samoreau et relevaient de ce domaine. César de Balzac, chevalier, comte de Graville, qui les possédait, en rendit hommage à monseigneur le prince de Gonty, le 12 avril 1G14 ^
D'après un plan dressé en 1733-34, la mouvance des religieux de Saint-Germain à Samoreau comprenait 12G7 arpents 48 perches.
Arpents Perches Pouces
1° Partie du chantier du Rut 74, 07, 8
2" Chantier des hautes Buternes 8, 46, 3,vq.
3" Chantier appelé Rut 6, 67, 19, 5
4"' Chantier des basses Ruternes 23, 98, 15
5" Petit clos et partie du Rut 13, 15, 7, 4
6" Chantier des Rameaux des champs ... 84, 65, Il
7" Chantier du clos du Parque 40, 86, 13, 8
8" Chantier des grands clos 7, 24, 6
9" Chantier des glassières Fontaines et courtis. 16, 25, 5, 11
10" Chantier des gaslions 6, 56, 17, 6
1 Arcli. nat. S. 2959.
Arpente Perches Pouces
11" Chantier des Follis 7, 47, 40
12° Chantier des bas et liauts CoLidereaux . . 2o, 1, 14
13° Chantier des DanjoQse (?) 11, 93, 3
li° Cliantier du bas Saint-Mort 8, 91, lo, 6
15" Les bâtiments, jardins du haut Samoreau et
le chantier des hautes Bornes .... 3, 19, (>
1(5" Le clos Nollain 16, 3o, 3, 6
17» Chantier des Billevesettes 11, 93, 12, 1
18" Le rocher de Samoreau 32, 22
19" Le clos Nolhiin, le rocher appelé le bois Reneault-des-Cliamps et le bois Rapoille
à monsieur le Blanc oO, 22
20" Les bois de Samoreau 294, 20
21" Le pressoir du roi et ses dépendances . . 113, 11, 11 22° Montmeillant et ses dépendances .... 57, 99 23*^ Terres de la ferme de Samoreau, entre les
gaslions et la rivière 58, 11, \G, 6
24° Les prés de la ferme de Samoreau, entre les rivières de Seine et les terres ci-dessus déclarées, y compris 5 arpents 34 perches 3,8, près le pressoir du roi et aussi
les prés de l'église 18, 90, 3/8
25° Une petite partie des prés de l'église ... 60
26" Prés ou broussailles de Saint-Aubin, entre la
rivière de Seine et le bois Gautier ... 4, 81
27" Bois Gautier de Samoreau 542, i^i"», 2/3
28" Prés en broussailles de Samoreau, vers le
moulin de Valvin 7, 22
29" Seigneurie de Vulaines, plus prés, terres, vignes, sujettes à moitié de la dnne par la
cure de Samoreau 19, 88, 1/2
30° Plus des terres, sur la seigneurie de Vulaines,
sujettes à la moitié des dîmes . . . . 40, 33 Le total est de • . 1267, 48
Le 28 mai 1731, les officiers de la maîtrise des eaux et forêts estimèrent la quantité de terrain qu'on avait prise sur cette seigneurie pour
l Ârck. nat. S. 29.o9.
ouvrir des routes. La somme des dommages-intérêts, fixée à 765 liv. 10 sols, lut payée à l'abbé, car Samoreau dépendait de sa mense ^
Un document du xvir siècle énumère les divers revenus de Samoreau, ainsi qu'il suit :
1" 100 arpents de terres labourables, à 4 livres l'arpent 400 livres. 2° 60 arpents de bois par coupe annuelle .... 1200 »
3" lo arpents de prés, à 10 livres l'arpent loO »
4" Le bac de Valvin 450 »
5" La dîme du blé 40 »
()" La censive 30 »
7° La dîme du vin et pressurage 200 »
8° La pêcbe de la rivière ^ 100 »
Le moulin de Valvin ne figure pas dans cette énuméralion. Cependant son existence nous est révélée par un contrat passé entre Pierre Charpentier et l'abbé de Saint-Germain-des-Prés, le 26 juillet 1459. Ce maître-ouvrier s'engagea, moyennant six vingts écus d'or, à construire un moulin à blé dans la seigneurie de Samoreau, avec une maison y attenant 'K La somme de deux mille trois cent et cinq livres, qu'on dut payer, le 10 mai 1742, pour établii' un nouveau bac à Valvin, nous montre ce que coûtait à cette époque une vulgaire embarcation *. La déclaration de 1790 constate que l'abbaye de Saint-Germain-des- Prés possède dans la paroisse de Samoreau 325 arpents de bois taillis, divisés en 13 arpents de 25 ans, loués 3000 livres.
Indépendamment de ces taillis en coupe réglée, 80 arpents de réserve dont la superficie peut valoir 900 livres l'arpent. Une terme avec des bâtiments en bon état, des terres, prés et
dixmes et un pressoir, loués 800 livres.
Des lods et ventes, produisant année commune. . . 200 » Dans la paroisse de Valvin, un droit de bac et de pèche rapportant
annuellement 1600 »
En 1790, les revenus de la seigneurie de Samoreau s'élevaient donc à 5600 livres '.
La déclaration de 1790 garde le silence sur une partie du fief de
^ Afch. nat. S. -2959.
3 Id. S. 2959.
■i Ici. S. 2959.
a Id. S. 2858. Lebeie. Cocheris, t. III, j». (is.
Samoreau, qui n'est pas sans importance. Un bail de 1687 nous dit que le rocher de Samoreau avec ses dépendances, propres à fournir du pavé, était affermé IGOO livres par an >. La superficie de ce chantier comprenait 3:2 arpents 22 perches '^. Un arrêt du 5 décembre 1667 autorisait les fournisseurs du pavé de Paris à ouvrir des carrières partout où ils trouvaient une pierre dure et résistante. Samoreau ayant attiré leur attention, ils y établirent des ouvriers. Le fermier des religieux ne fut point charmé par l'arrivée de ces concurrents. Pour déconcerter les audacieux Parisiens qui voulaient s'imposer à tout prix, il trouva opportun de débaucher leurs gens et de les prendre à son service. De là s'ensuivirent des récriminations et des plaintes amères. La lutte devenait ardente, lorsque le sieur Pellisson, administrateur du temporel de l'abbaye de Saint-Germain, obtint, le 12 juillet 1684, un édit défendant à toute personne de faire du pavé à Samoreau sans sa permission. C'était le plus sûr moyen d'exclure la discorde et de ramener la paix dans les esprits. On protesta avec énergie, mais on ne voit pas que les mémoires produits à cette occasion aient changé l'état des choses.
Plus tard, le cardinal de Bissy afferma le rocher de Samoreau au sieur Outrequin, moyennant 1400 livres par an. Pendant qu'il vécut, tout alla à merveille. Le fermier fournissait annuellement pour la capitale 150 milliers de pavé, qu'il embarquait au port de Valvin. Lorsque cet abbé eut rendu l'âme, le sieur Outrequin voulut se dispenser de continuer le bail avec son successeur, son Altesse le comte de Clermont. Le spécieux prétexte qu'il invoqua et fit admettre par le contrôleur général laissait croire que le rocher de Samoreau ne pouvait plus donner de pavé convenable. Il yen avait, disail-il, de qualité supérieure au rocher de Train '\ où on lui permettait d'en extraire sans rien payer. Afin d'obliger les ouvriers de Samoreau à le suivre, il fit interdire le rocher de cette localité. Le comte de Clermont ne se laissa point effrayer [)ar cette basse intrigue. Les personnes expérimentées qu'il commit pour examiner le rocher affirmèrent que le grain en était dur et qu'il pouvait fournir de bonne marchandise pendant plus de 00 ans. Fort de cette appréciation, ce sympathique seigneur demanda et obtint la permission de faire exploiter de nouveau le rocher de Samoreau. Il désirait que les ouvriers, ses vassaux, qui
1 Arch. nat, S. 2878.
2 Id. S. '2959.
3 Train, commune de Villecerf. canton de Moret-sur-Loing, arr. Fontainebleau, (Seine-et-Marne).
avaient travaillé là de père en fils, ])ussent continuer à vivre sur la terre qui les avait vus naître. Toutefois, pour éviter une rivalité malsaine et ne pas nuire à la fabrication du pavé de Train, le fermier du comte de Clermont dut promettre d'observer certaines conditions qui lui étaient imposées. Il ne devait employer à la fabrication du pavé de Samoreau que G chefs d'atelier et 30 compagnons. 11 lui était défendu de dépasser ce nombre. Si un chef d'atelier s'évadait ou décédait, il avait pour successeur un compagnon qui s'était rendu digne de la maîtrise par son travail et son habileté. Celui-ci était remplacé par un habitant de la paroi.sse à l'exclusion de tout étranger.
Le fermier du comte de Clermont devait, en outre, fournir à l'adjudicataire de Paris 150 milliers de gros pavés. Le millier de gros pavés, faisant 1122, était payé 7o livres. Le petit pavé valait 30 livres le millier ^.
En 1689, le fermier des domaines de la généralité de Paris prétendait que le passage de Valvin appartenait au roi, à cause de la terre de Montceau et de Fontainebleau. Le sieur Pellisson défendit avec succès cette possession, qui appartenait encore à l'abbaye de Saint- Germain-des-Prés, à l'époque de la révolution '^.
Les charges que l'abbaye de Saint-Germain devait acquitter à cause de la terre de Samoreau, étaient les suivantes :
1" Pour la portion congrue du curé de Samoreau . . 700 livres.