‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 78 sur 85 · PRIEURS DE MAROLLES I · texte numérisé non relu

PRIEURS DE MAROLLES I

Frère Foulques t 1257

Frère Henri de Mavisne (?) 1458

Frère Maximin Lyon lo07 Maître Jacques, commendataire 4580 f 1582

Réunion à la mense conventuelle 1580

Frère Gabriel Bordet t 1630

Frère Jacques (Colomban) de Lesdos 1630

Martin Hébert, curé de Saint-Germain-de-Marolles 1635

Robert, curé 1685

Hébert, curé décédé 1710

Ursin Lebreton, 1710

1 Arch. nat. LL. 1126, p. 277.

2/6^. LE. 1129, p. 360.

i%.nnivei*s£i.ii:*es.

1" Le ix des calendes de janvier ou le 24 décembre, le prieur de Marolles doit 20 sols pour l'anniversaire de Reginald de Marolles.

2" Le XV des calendes de mai ou le 17 de mai, 20 sols à prélever, pour l'anniversaire de Jehan de Marolles, sur un pré qu'il avait acheté dans le voisinage d'Emant.

3" Les nones de septembre ou le 5 de ce mois, le prieur de Marolles doit payer 40 sols, pour l'anniversaire de Saint-Loup.

4" Le iij des ides de novembre ou le 10 de ce mois, le prieur de Marolles doit payer 20 sols, pour l'anniversaire de Jehan du Finart i.

Nous nous contenions de mentionner ici une antique et intéressante charte se rapportant à Marolles et datée de la huitième année du règne d'Hugues Capet; parce que, sur son revers, nous avons trouvé la mention, en une écriture contemporaine du document, de Carta falsa. Cette particularité, qui peut se rapporter à certains détails omis ou inexactement reproduits sans en altérer le fond, nous oblige à nous borner à en donner une simple analyse. C'est une charte par laquelle Albéric, abbé de Saint-Germain, assurait, à la demande d'un certain Âvedon, qui était vassal de l'abbaye, la transmission à Frotmond, son héritier universel, de la juridiction de Marolles, à la condition de payer un censé annuel de 10 sols en la fête de Saint-Germain, c'est-à-dire au huitième jour des calendes de mai. Cette charte fut signée par l'abbé, les moines et les nobles présents, et rédigée par Warnier, chancelier ^. Ce document se rapporte certainement, quelle qu'en soit la valeur, au vieux Marolles et non à la ville actuelle de Marolles, où les moines n'avaient qu'une seigneurie foncière.

1 Arch. nat. LL. 10-27.

SAmT-GERMAlN-LAVAL.

Cette localité, qui est inaintenant une commune située dans le canton de Montereau, arrondissement de Fontainebleau et département de Seine-et-Marne, était jadis un prieuré important, dépendant de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. L'étude de son passé impose la solution de plusieurs problèmes relatifs à l'identitication de noms primitifs, que nous voyons figurer dans les chartes carlovingiennes, et la spécification de certaines localités que leurs appellations successives peuvent faire confondre entre elles. C'est ainsi que Saint- Germain-Laval est désigné souvent sous le nom de Saint-Germainsous-Montereau ou de Saint-Germain-lez-Montereau ; il est aisé de s'assurer, par la situation topographique et par l'étude des documents, que ces différentes désignations se rapportent toutes à Saint-Germain- Laval. En outre, l'un des plus importants écarts de Saint-Germain- Laval était la petite localité de Laval. Or on trouve, dans plusieurs documents, mention du village de La Y al-de-Sainl- Germain. C'est ce qui a porté Dom Bouillart à faire de ces localités deux dépendances distinctes de Saint-Germain-Laval. Nos recherches nous permettent de conclure à l'existence de la seule localité de La Val, qu'on appelait souvent La Val-Saint-Germain, pour la distinguer des nombreuses localités du même nom, situées dans la région.

La charte de donation d'une partie de ce territoire à l'abbaye parisienne est parvenue jusqu'à nous. Le jour des noues de novembre de l'année dix-neuvième de son règne, comme roi des Francs, et de la treizième, comme roi des Lombards, 5 novembre 786, dans son palais de Worms, le roi Cliarlemagne donnait « au monastère de Saint-Germain » qui est construit près de la cité de Paris et où repose le précieux » corps du Saint, au vénérable Robert, son abbé, » la ville de Marolles, située dans le Melunais, sur le fleuve de la Seine, avec toute l'intégrité de son territoire et de ses dépendances, comme la tenait dernièrement par bénéfice royal le comte Autbert, le port ^ entre le Sénonais et le Melunais, les deux rives de la Seine depuis la ville d'Alsiacus, dépendant de Saint-Germain, jusqu'au petit monastère de Saint- 3Iaurice, de sorte que seuls les moines avaient droit de lever sur

1 Le port d'Azy. (?)

— 2Go —

ce territoire les droits de péage, rouage, rivage, etc., d'avoir un marché pour toutes sortes de denrées i. »

A. première vue, cet important document paraît se rapporter à la ville de ^larolles, située sur la rive gauche de la Seine et dépendant de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Une étude plus approfondie du diplôme oblige de rejeter cette attribution, car la ville de Marolles, dont il parle, est située sur la Seine, mais dans le pays de Melun, tandis que l'autre est sur la rive gauche et dans le Sénonais. Pour résoudre cette difficulté, nous remarquons qu'un fief, situé sur le territoire de Saint-Germain-Laval et par conséquent sur la rive droite de la Seine, portait le nom de Vieilles Marolles; il en est fréquemment question dans les archives, et nous aurons l'occasion de dire, dans le cours de cette étude, les motifs qui amenèrent les habitants à émigrer et aller fonder de l'autre côté du fleuve en pays Sénonais une ville, à qui ils donnèrent et qui porte encore le nom de Marolles. Quant à cette ville â'Alsiacus, qui dépendait de l'abbaye et qui est mentionnée dans le diplôme de Cliarlemagne,M. Longnon réfute l'opinion deGuérard, qui y voyait un lieu nommé dans les environs de la Borde aux Arcis, et, s'appuyant sur de très sérieuses raisons, y voit l'ancienne dénomination de Saint-Germain-Laval. D'après l'avis du savant éditeur du polyptique, cette localité devrait son nom à la réunion de deux villages distincts, Laval et Saint-Germain, le premier qui, délaissé pour une cause quelconque par ses habitants, ne fut dans la suite qu'un simple hameau, et le second, qui était désigné primitivement sous le nom û'Alsiacus, comme nous le voyons dans le diplôme de 786, LVAlseiacus comme dans le polyptique, et â'Alseium dans la Trmislatio SS. Georgii etAîirelii'^. Ces désignations latines furent remplacées par le nom du Saint titulaire de l'église, que les religieux avaient élevée dans celte localité.

C'est cette église, qui est mentionnée parmi les dépendances d'Esmans dans le polyptique d'Irminon. Dans la partie iniitulée Brève de Acmanto, nous lisons, en effet, que l'abbaye possédait à Alsciacus une église seigneuriale, avec tout ce qui est nécessaire au culte, avec sa maison et ses dépendances, qui possédait 2 bonniers de terre arable, un demi-arpent de vigne, un arpent de pré et qui devait o sols de cens annuel ^.

1 Arck. nat. K, 7, n" o. Orig. scellé. Bouillart, n" XIII.

2 Mabillox, Act. SS. 0. S. B. Sœc IV, pars II, p. a3.

3 Polyptïqîie d'Irminon, éd. Logao.n, texte p. 269.

Plus lard, ce territoire, auquel on avait joint celui de Marolles (Vieilles Marolles), lut détaché d'Esmans pour laire une dépendance distincte de l'abbaye, de sorte que la Seine forma la séparation des deux circonscriptions.

La ville de Monlereau, que sa situation au confluent de la Seine et de l'Yonne rendait particulièrement prospère au point de vue des communications avec l'extérieur et forte contre les attaques du dehors, était une des chàtellenies des comtes de Champagne. Son château, situé à l'angle formé par les deux rivières, au faubourg dit de Saint-Maurice en souvenir du monastère de ce nom dont il est question dans la charte de Charlemagne et qui a disparu sans laisser d'autres traces, leur servit souvent de résidence; il contenait une chapelle desservie par un chapelain ^ La proximité de Saint-Germain-Laval devait porter les comtes de Champagne, pendant les séjours qu'ils faisaient à Montereau, à devenir les bienfaiteurs de cette dépendance monastique.

Le cartulaire ttt de Saint-Germain-des-Prés nous a conservé la copie d'une charte intéressante, à cause soit des personnages qui y figurent, soit de la donation qui y est fôite. Il y est dit « qu'Eudes, » comte de quelques provinces de Gaule et de France, se sentant » enlacé par les liens de beaucoup de péchés, avec l'assentisseraent » de son fils, Thibauld, sur les prières de quelques-uns de ses che- » valiers, Gozfried et Salon, concéda aux moines qui servaient saint » Germain, évêque de la ville de Paris, certaines coutumes qu'il » possédait dans sa place forte de Montereau sur les bateaux montant » ou descendant la rivière ou sur les chariots passant par le pont, » quelle que fût la nature de leur chargement. » Le donateur n'est autre que Eudes II, dit le Champenois, petit-tils de Thibaut le Tricheur, duc de France, comte de Blois, de Chartres et de Tours, fils d'Eudes P''. Ce prince ambitieux et entreprenant avait succédé à son père, en 995. Après la mort de son oncle, Etienne deVermandois, en 1019, il s'empara sur sa succession des comtés de Troyes et de Meaux, qu'il unit à son patrimoine, et mourut, en 1037, dans une expédition entreprise pour se rendre maître du royaume de Bourgogne, sur lequel il prétendait avoir des droits, du chef de sa mère Berlhe. Il fut à proprement parler le chef de l'ancienne famille comtale de Champagne et laissa ses immenses possessions à son fils, Thibaud, que nous voyons figurer dans la charte de donation. La date de cette

1 dArbois de JiBAi.NviLLE, Histoire des ducs de Champagne, t. IV, p. 914.

dernière est donc comprise entre l'année lOl'îi, où le comte Eudes prit possession de la Cliampagne, et l'année 1037, époqiie de sa mort '.

Le même cartulaire nous a conservé la copie d'une charte de l'abbé Hugues, qui gouverna le monastère de Saint-Germain-des-Prés de 11 16 à 1146, notifiant que le seigneur Raynald de 31arolles avait donné à Saint-Germain, à l'abbé et aux moines, l'entière propriété du cours d'eau de la Seine dans les limites du territoire de Saint-Germain-Laval. Cette donation fut faite sur l'autel de Saint-Germain de cette ville « par le livre, » en présence d'une nombreuse assistance de seigneurs et de moines ^.

Plus tard, les descendants du chevalier Raynald, dont le château féodal s'élevait dans le voisinage du territoire de Saint-Germain, ne conservèrent pas ces sentiments de bienveillance vis-à-vis des religieux et exercèrent sur les habitants de Saint-Germain-Laval des oppressions qui, jointes aux guerres de cette période, amenèrent la dépopulation et la misère de cette contrée. Des malheureux habitants qui étaient encore restés sur place, le sire Hilduin de Marolles exigeait brutalement, comme avoué de Saint-Germain, une redevance de cent muids de vin, qu'il prétendait tenir en fief des comtes de Champagne. Les habitants eurent beau implorer sa pitié, montrer leurs vignes incultes, faute de bras pour travailler, ils ne purent tléchir le chevalier et, désolés, ne virent pour eux d'autre ressource que la fuite. L'abbé eut recours à Thibaud, comte Palatin de Blois et de Champagne, qui tit venir les deux parties en sa présence à Provins, en 1140. Il représenta au chevalier le tort qu'il faisait au monastère et à lui-même, en exigeant des vassaux une redevance insolite et exorbitante et en amenant la dépopulation de ce territoire. Cet argument frappa le sire Hilduin, qui n'hésita plus à accueillir les prières de l'abbé et des assistants : il réduisit la redevance à ce qu'elle était auparavant, c'est-à-dire à 36 muids de vin : si la grêle, la gelée ou la tempête venaient à enlever la récolte, le seigneur prenait l'engagement de ne rien exiger au-dessus de ce qui se trouverait dans les vignes. Si un habitant voulait remettre en culture une ancienne vigne, il ne paierait par arpent qu'un demi-muid, au lieu d'un muid qu'il payait auparavant^.

Quelques jours après, nous trouvons l'abbé Hugues dans la ville de Coulommiers ^, en présence du même comte de Champagne, occupé à

1 Arch. nat. LL. 1024, p. 31.

2 Ici., LL. 1024. p. 82.

3 Id., LL. 1024, p. oi.

■i Coulommiers l'Seine-et-Marne)

transiger avec ce même Hikluin de Marolles, au sujet d'une autre prétention qu'il avait sur Saint-Germain-Laval : il exigeait que les habitants de cette ville l'hébergeassent, lui et sa suite, aussi nombreuse qu'il le voudrait, toutes les fois qu'il se rendrait chez eux. Il fut convenu que, si Hilduin venait à Saint-Germain-Laval, « le moine ou le maire qui gouvernerait cette terre pourra l'héberger ou bien lui donner 23 sols, huit jours après la demande qu'il en aura faite; mais cela ne pourra avoir lieu qu'une fois par an ^ «

En 1168, nous trouvons encore l'abbé Hugues en discussion avec Odon de Pogy, seigneur de Marolles, au sujet des bois qui s'étendaient entre Montereau.Vieilles Marolles, Saint-Germain-Laval et la commune de Laval-Fresnières. Le sire Odon ne contestait pas aux religieux la propriété de ce bois, mais il prétendait les empêcher d'en transporter hors du territoire de Saint-Germain-Laval; l'abbé soutenait, au contraire, que rien ne venait limiter des droits que l'abbaye tenait de Charlemagne. Après plusieurs sentences arbitrales, Odon de Pogy, refusant de s'y soumettre, fut frappé d'excommunication. Alors, craignant pour le salut de son âme, et, « pressé par le conseil d'hommes sages, » il se décida à transiger. En présence de Henri, comte Palatin, il céda le dit bois à l'abbé, y réservant seulement les droits d'usage « pour lui et pour les hommes habitant au dedans des anciens fossés de la place de Marolles -. »

Au mois de décembre 1218, Gautier et Albéric Cornut, chanoines de Paris, Gilon, chanoine d'Orléans, et Limon, leurs frères, de concert avec leur mère, Isabelle, firent un échange avec l'abbaye de Sainl- Germain-des-Prés. Ils lui abandonnèrent les hostises et terres labourables, qu'ils avaient \x la Guerche à Champgier 'Changy, ferme, commune de Courcelles, canton de Montereaui, Gardeloup (hameau, commune de Saint-Germain-Laval, canton de Montereau), et le fief que tenait d'eux Milon, fils de feu Guibert, chevalier. Ils reçurent, en échange, 60 arpents de bois, à Villiers, commune de Salins, canton de Montereau (Seine-et-Marne) ^.

Au commencement du xni^ siècle, Jean de Valéry, seigneur de Marolles, et Agnès, sa femme, avec le consentement d'Hugues de Valéry, son frère, et d'Odette, femme de ce dernier, avaient cédé à l'abbé de Saint-Germain, pour le prix de 400 livres de Provins, la

i krch. -mt. K. 23, n« 6. LL. \0U, p. o2. 2 Id. LL. 1024, p. oi.

•^ Ici. L. 806, n" 22. LL. 1026, p. 196. Société archéologique de Seine et Marne, t. X, p. 42.

moitié de leurs bois situés, entre Vieilles Marolles et Fresnières, commune de Laval, pour être défrichés et livrés à la culture. En 1230, ils complétèrent cette vente en cédant, pour le prix de 300 livres de Provins, aux religieux le reste de ces bois qui devaient être également défrichés. Les seigneurs de Marolles, ayant reçu de l'abbé les sommes convenues, prêtèrent le serment corporel de maintenir ces conventions et scellèrent la charte de leurs sceaux K

En 1220, l'abbé et le convent de Saint-Germain concédaient à Raynault de Vernet, leur sergent, sans doute pour le récompenser de ses services durant sa vie, les dîmes de la paroisse de Saint-Germainsous-Montereau et, à perpétuité, 20 arpents de bois à défricher 'K Ledit Raynauld renonçait, de son côté, à une rente de deux muids de blé concédée à son père par l'abbé Jean.

En 1231, l'abbaye se libéra d'une lourde charge qui grevait les revenus de Saint-Germain-Laval, moyennant 300 livres provinoises, le chevalier Jean de Valéry céda aux religieux le revenu en vin qu'il prélevait sur le territoire de Saint-Germain-sous-Montereau. Sur ce revenu, les religieux durent payer une redevance annuelle de 5 muids de vin aux prêtres de Buisson-Hasel et un muid à la maladrerie de Noslong ^. Cette vente fut approuvée par Thibaut, comte de Champagne et de Brie *.

En 1237, Hugues de Villeneuve vendit, moyennant une rente viagère de 30 livres tournois, à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés le doyenné de Saint-Germain-sous-Montereau et tous les immeubles qu'il possédait audit lieu "\ Milon, dit le Crochu, vendit pour 100 livres aux religieux une vaste prairie située sur les bords de la Seine, au lieu dit les Asprals (juin 1261) ^.

Une charte de Guillaume de Hayet, garde de la Prévôté de Paris, en date du 10 août 1293, nous apprend que « monseigneur Pierre » de Machiau, chambellan de notre cher seigneur le Roy de France, » vendit à religieux hommes et honnestes, à l'abbé et au convent de » Saint-Germain-des-Prés, pour le prix de cinq cens livres de parisis.

1 Arch. nat., L. 80(3. L. i-2()G, ii" 3. ^ ML. 80(i.

3 Id., L. 806. Buisson, hameau de Saint-Germain-Laval (S.-el-M.). Noslong, commune de Courcelles.

4 Arch. nat., K. 30. n" 13. Tardif, Cartons des Rois, no8i. & Id., L. 806.

6 Id., S. 2977.

» tout ce qu'il possédait dans les territoires et les environs de Saint- » Germain, c'est-à-dire, l'eau appelée l'eau de feu Geffroy le Felle, » depuis le pont de Seine jusques au chilf du pré de Serens, d'une rive » à l'autre; la moitié de l'eau derrière le moustier Saint-Maurice; » un verger, quatorze sols de cens à prendre sur les prés dessus la » Seine et la moitié de la mainmorte des hommes demeurant au » bourg de Saint-Maurice et Saint-Jean ^ »

Un vidimus de l'Offlcial de Paris nous a conservé la charte de l'accord qui fut conclu, au mois de novembre 1293, entre Jean, abbé, et le convent de Saint-Germain-des-Prés, d'une part, et, de l'autre, l'abbé et le convent du monastère Cistercien de Preuilly : ces derniers prétendaient avoir des droits sur la pêche de la Seine entre le pont de MontereauetSaint-Germain-sous-Montereau, ainsi que sur le réservoir pour les vaudoises, qui y avait été pratiqué et réclamaient, en vertu de ces droits, une redevance annuelle de trois mille vaudoises, redevance dont ils avaient joui depuis quarante ans sans conteste. Les religieux soutenaient au contraire que le droit de pêche et le réservoir Taisaient partie, dès l'origine, du domaine de leur église et que, par suite, ils n'étaient tenus à aucune redevance envers les Cisterciens. Enfin, animés de sentiments de concorde, les religieux des deux monastères terminèrent ces débats par une transaction amiable : à la place de la redevance en vaudoises réclamée par les moines de Preuilly, ceux de Saint-Germain s'engagèrent à leur payer une rente annuelle et perpétuelle de 100 sols tournois à la fête de la Nativité de Notre-Dame ^.

En 1324, les religieux de Saint-Germain terminèrent par une transaction leurs « discors » avec Guillaume de Thyanges, sire de Marolles, et Helissende des Barres, sa femme, au sujet des vannes qu'ils avaient besoin d'établir pour leurs moulins de Saint-Germain-sous-Montereau. Messeigneurs les chevaliers de Noyon et de Courpalay, choisis comme arbitres, décidèrent que les religieux pourraient établir des vannes sur la Seine «à l'endroit de la ruelle du port Golay, » ils seraient tenus de les curer et d'enlever les herbes et le sable : ils devaient payer au seigneur de Marolles une redevance annuelle d'une queue de vin. Ce dernier donnait, de plus, l'autorisation au Prieur de Marolles de « faire en la dite yaue, une chambre aisée pour l'usage de son » prieuré; » et lui permettait d'avoir deux fours pour son usage dans

1 Aj-ch. nat. LL. 1064, p. 22. S. '2977.

2 Id., LL. 1026, p. 20o.

la ville de Marolles ^ Quelques années plus tard, Erard de Thyanges, sire de Marolles et fils du précédent, accorda, en 1344, aux religieux le libre parcours de la Seine et prit l'engagement d'empêcher la construction en amont de la rivière de « vannes, ramées, messoires » ou moutoires, » qui empêcheraient l'eau d'arriver au moulin des religieux -.

Vers le milieu du xiv^ siècle, nous trouvons encore les religieux de Saint-Germain-des-Prés occupés à régler leurs différends avec les Cisterciens de l'abbaye de Preuilly -^ au sujet du droit de mener leurs bestiaux pâturer sur certaines parties de leurs territoires respectifs. « A la parfin pour bien de paiz et pour oster toute matière de plaît » et de riot, frère Jehan de Pressy, abbé et le convent de Saint- » Germain-des-Prés d'une part et de l'autre, frère Henri de Rochevert, » abbé et le convent de Preuilly » dressèrent, signèrent et scellèrent de leurs quatre sceaux, en i34o, une charte par laquelle les premiers renonçaient à leurs droits de paccage sur le territoire de Villeboslain ^, et les seconds, aux leurs sur le territoire de Fresnières '.

Soumis à deux seigneuries indépendantes l'une de l'autre, les habitants de Saint-Germain-Laval supportaient difficilement la surcharge qui leur était imposée par les redevances dues aux seigneurs de Marolles. Le 0 juin L348, un arrêt de la cour du Parlement maintint Erard de Thyanges, seigneur de Marolles, en la possession de lever 20 muids d'avoine sur les habitants de ce territoire, confirmant la sentence qu'avait prononcée déjà, en 1316, le bailli de Sens. Désireux de devenir seuls possesseurs de ce domaine, les abbés recoururent au moyen qu'ils avaient déjà employé en plusieurs circonstances à l'égard des seigneurs de Marolles. Le l^"" août 1361, Erard de Thyanges cédait cette redevance à Richard, abbé de Saint-Germain-des-Prés, au prix de 3o0 livres ^.

Les désastres de la guerre contre les Anglais s'étaient durement fait .sentir dans cette dépendance de l'abbaye. Voici en effet ce que nous lisons dans le dénombrement de 1384 : « Item, en la ville de » Saint-Germain-sous-Monsteriau, 1 grand hostel et granche environ » Ix arpens de terres labourables, viij arpens de prés, 1 molin en la

1 Arch. nat. LL. 106t. j). 8.

2 Id. S. 2977.

•^ Preuilly. commune dÉ|,4igny, Seine-et-Marne. 4 Villeboslain (Boulains), commune dEchouboulains, Seine-et-Marne. •^ A.rch. nat. L. 80(J, n^ 39. Fresnières, canton de Laval, Seine-et-.Marne. •■■ Id. S. 2977.

» rivière de Saine, fondu; item, environ xij livres menus cens; item, » le quint denier des mortes mains, les hommes et femmes de condi- » cion du costé de la ville, puet valoir, montant et avalant, par an vj » livres; item, iij arpens de vignes, qui puet valoir Ix sols par » an; et en rent de ferme le Prévost qui demeure sur le lieu )> xxiv livres; item, la disme des grains de toute la paroisse n'est » baillée à loier qu'à vij muis de grain, qui soloit bien valoir xxxij » muis; la disme de vin peut valoir v queues; item, en la rivière » de Saine un gort qui est loué xvj livres; une prairie appelée les « gains de l'abbé louée environ viij livres \ »

Les vastes étendues de bois, que les religieux possédaient dans ce territoire, fournissaient d'importantes ressources pour l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. iSous trouvons, dans les registres de l'administration du domaine, des détails intéressants sur le mode d'exploitation et le prix de la main d'œuvre. En lo09, pour des constructions ou réparations à exécuter au monastère, « il a été fait et escarry en « la forêt de Saint-Germain-sur-Montereau, quatre milliers 71o pièces » de bois de merrain carré, comme poultres, sablières, forces, poteaux ; » les charpentiers ont reçu pour ce travail 60 sols tournois par cent, » Ces bois furent transportés au port de Corbeton - et de là en l'abbaye » de Saint-Germain : pour le cliarriage, on a payé 269 livres. Cette » même année, on a fait41 milliers de lattes; pour lesquelles on payoit )) au fendeur 7 solz 10 deniers tournois par milliers; 20 milliers ont » servi à recouvrir la ferme de Lavau (Laval) ; les autres 21 milliers » ont été conduits au port de Corbeton et de là, par bateaux, à Saint- » Germain-des-Prés ^. »

Le même registre nous donne les revenus divers de la terre de Saint-Germain : « 1° Exploits et amendes, 20 livres; 2" Tonture des » prés, appelés les gaim de l'abbé ei contenant 13 arpents, 19 livres ; » 3" Pescherie de la rivière de Saint-Germain et pescherie du Farle, » baillées à ferme pour six vingts livres tournois par an; 4" Pesclie » de l'étang de Fresnière vendue 43 livres; on avait pris 4 milliers de « peuples, à 10 livres tournois ciiaque millier, 30 carpes et 30 perches, » pour 60 sols; o" Glands et paisson de la forêt de Saint-Germain, » 8 vingts et o livres tournois; 6° Coupe de 8 vingts arpents de bois à » raison de 8 livres 10 sols l'arpent; 7" Dans la forêt de Saint-Germain, il

1 Arck. nat. L. 760, n" 29. DOM Dl BoiRG, 30-31.

2 Corbeton, Courbeton, commune de Saint-Germain-Laval.

3 Arch. nat. LL. 1066.

» a été fait 3200 bois de merrain, à raison de io livres tournois chaque » cent; 8" Pour la Terme du prieuré de Saint-Germain, 2 muids de » grain, 8 sepliers de froment, 8 septiers de seigle, 8 septiers » d'avoine; 9" Pour le moulin de Lavau, 6 septiers de froment; » 10" Pour riiotel de Fresiiières ^ et 400 arpents de terre, un muid de » froment et 4 livres pour 2 pourceaux gras qu'ils sont tenus de fournir; » 11" Pour les dîmes de la terre et seigneurie de Saint-Germain et » des paroisses de Saint-Germain et de Laval, dîmage de Champaubri, » 13 septiers myne de blé, dîmes du fisnage de Bruz, 9 septiers de » grain, dismes de Fresnières- la -Forêt et Aigretîn -, 2 muids » 4 septiers de grain. Les grandes dismes de Saint-Germain dans les » deux Ruz, 8 muids 4 sepliers de grain. Dismes de Maulny ^ et » Lavau, o muids et 2 septiers. Dymes de Saint-Germain et ïrechy ^, » 8 septiers de grain. Mêmes dismes de Lavau et Saint-Germain, » 8 livres tournois, 22 muids de vin de pressouraige. » D'après ces comptes un manouvrier gagnait 2 sols 6 deniers, par jour, un terrassier, 2 sols; le millier de tuiles se vendait 30 sols tournois, la toise de maçonnerie se payait 6 sols.

Sur ces revenus, les religieux devaient payer tous les ans 10 livres à l'archevêque de Sens pour ses droits de procuration ; 18 livres 10 sols tournois à l'abbaye de Preuilly, pour la pescherie de la fosse du Farle en la rivière de Seine; au curé de Saint-Germain-sur-Montereau pour son gros, 3 muids de grain et 3 muids de vin ^

Si les religieux retiraient quelques profits de leur forêt de Saint- Germain-Laval, ils n'en étaient pas moins désireux d'en diminuer l'étendue et d'en livrer certaines parties à une culture plus productive. Geoffroy Briçonnet, évêque de Châlons et abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés, avait baillé en ferme perpétuelle 200 arpents de celte forêt « à honorable homme Jehan du Pré, marchand de Montereau, pour les défricher et les mettre en nature de terre labourable, » à raison de 15 deniers de cens pour chaque arpent. Ce traité, qui avait dû être signé dans un moment d'urgente nécessité par l'abbé, lésait gravement les intérêts de l'abbaye, par suite du prix dérisoire de cens exigé pour ces terres. Aussi Guillaume Briçonnet, évêque de Meaux et abbé de Saint-Germain-des-Prés, demanda-t-il et

1 Fresnière de Laval, ar. Fontainebleau (Seine-et-Marne). - Aigrefin de Laval (Seine-el-Mai'ne).

3 Maulny [canton Laval).

4 Tréchy, canton de Saint-Germain-Laval (Seine-et-Marne).

5 A?-c/<. nat. LL. lOtii.

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obtint en cour de Parlement (1526) la révision du bail consenti par son prédécesseur. Il alïérma cette considérable étendue de bois à Guillaume Bonet, qui s'engagea à payer trois sols parisis par arpent, à acquitter le droit de dîme, « ainsi qu'on a accoustumé de faire en la seigneurie » de Saint-Germain; il ne pourra bastir maison, ny faire liarnoys » es dites terres; si, par permission de l'abbé, le dit Bonet ou ses » hoirs bâtissent maison manable, seront tenus les y demourans » aller à la paroisse de Lavau, dépendant de la dite seigneurie, et non » ailleurs; si d'aventure les abbés de Saint-Germain-des-Présvouloient » faire bastir quelque chapelle ou église en quelque lieu plus prochain )) que Lavau pour la commodité des habitans es dites terres, le dit » Bonet et ses hoirs s'engagent à faire les charroyes de toutes » matières nécessaires pour le bastiment de la dite chapelle K »

L'n procès-verbal du 20 mars 1039 constate que le feu prit dans la forêt de Saint-Germain-Laval el brûla environ cent arpents -.

Les archives nous ont conservé la déclaration de lî548. Nous y trouvons les limites de la terre de Saint-Germain-Laval, qui faisait partie de la mense abbatiale, et qui, s'appuyant sur la rive gauche de la Seine, continait avec les terres de l'abbaye de Preuilly, la seigneurie de la Chapelle-Gautier ^, les bois de l'archevêque de Sens, ceux du chapitre Notre-Dame de Paris et ceux du commandeur de Coutançon, les seigneuries de Villeneu ve-la-Cornue, de Tréchy et enfin de MaroUes. Cette terre s'étendait autour de l'hôtel seigneurial et comprenait 80 arpents de terre et 22 arpents de pré; de ce domaine dépendaient également « l'hostel, granche, chapelle, jardin, tout clos de murs, » de Fresnières; il y avait 4 pressoirs dans la seigneurie de Saint- Germain-Laval, rapportant un revenu annuel de 10 livres tournois, 2 moulins, l'un à eau sur la Seine, l'autre à vent près Laval, et rapportant le premier 15 livres et le second 10. La forêt de Saint- Germain, en bois taillis et en haute fulaye, contenant 1000 arpents, close et environnée de fossés, avec les coupes ordinaires, la glandée, etc., rapportait loOO livres par an. Les religieux et leurs fermiers avaient droit de pèche dans la portion de la rivière de Seine, comprise entre les deux pesciieries des seigneurs de Marolles; « une » montée, appelée le donjon Saint-Maurice avec fossés à l'environ, » assise au bourg Saint-Maurice, faubourg de la ville de Montereau, » de laquelle montée ou donjon dépend une portion de la rivière de

1 Arch. nat. LL. 103-2. p. '237.

■^ Id. S. 29,j!>.

3 Gautier, canlun MoiinaiU (Seine et Marne).

« Seyne, depuis le pont de Monleronii jusqu'à la pescherie du prieur » de Snint-Mnrlin-du-Terlre '; dans celle portion, appelée le l'arle de » Saint-Germain, les religieux avaient droit de pescher avec tous » engins et en toutes saisons. » Les terres données en censive rapportaient huit vingts livres; les lods et ventes produisaient 25 livres tournois par an. Dans toute cette terre et seigneurie, l'abbaye avait « toute justice, haute, moyenne et basse, avec prévôt, » greffier, sergent et autres oificiers pour l'exercice d'icelle justice; » les exploits et grelfe de la prevosté pouvoient valoir lo livres » par an '^. »

Au commencement du xvii® siècle, nous trouvons, à la suite de circonstances que nous ne pouvons préciser, le président Le Jay en jouissance des fruits et revenus de la terre de Saint-Germain-Laval. Nous assistons alors à un épisode des troubles qui signalèrent les premières années du règne de Louis XIIL Nicolas Le Jay, qui devait jouer un si grand rôle et être un des plus fidèles soutiens de la royauté, fut pris les armes à la main contre le roi Louis XIII, alors tout enfant; c'est ce que nous apprend un brevet daté du 8*^ de mars 1617, par lequel « Sa Majesté, voulant bien et favorablement traicter » Madame la Princesse de Conty, lui accordait la jouissance des fruits » et revenus des fermes de Paray et de Saint-Germain-Laval, des- » quelles le président Le Jay a joui jusques à présent et partant » acquises à Sa Majesté, en vertu de la déclaration vérifltîée en sa » cour de Parlement de Paris, contre ceux qui ont pris les armes « contre son service, et particulièrement contre le président Le Jay^. »

Malgré toutes ces vicissitudes, la terre de Sainl-Germain-Laval ne tarda pas à rentrer dans le domaine monastique, comme nous l'apprennent les baux de ferme qui furent conclus à son sujet. Une importante acquisition vint notablement accroître les revenus que l'abbaye retirait de Saint-Germain-Laval. Le terrritoire de Vieilles-Marolles, dont il a été souvent question au cours de cette étude, était devenu le fief de Pontville, qui était, à cette époque, la propriété de demoiselle Marie-Anne Duquesnoy. Ce domaine fut saisi sur la dite demoiselle, mis aux enchères publiques et adjugé, le 23 août 1679, à maître Lamirault, procureur, moyennant 40000 livres. Ce dernier déclara, le 12 octobre suivant, que la dite adjudication avait été faite au profit de la mense abbatiale de Saint-Germain-des-Prés. Cette terre com-

1 Saint-Martin-du-Tertre. arrondissement et canton de Sens, Yonne.

2 ArcJi. nat. S. 2930.

3 Id. K. 110, n«43.

prenait 275 arpents de terre, au milieu desquels s'élevait l'ancien château, grand corps de logis, avec toutes ses dépendances et bâtiments d'exploitation, sa grande cour, au bout de laquelle était le pont-levis, le tout fermé de fossés et de murailles surmontées de deux tourelles; derrière se trouvait un étang, un moulin à eau, des ormoises, la chapelle Saint-Pierre, près du port de ce nom ^ Immédiatement après son acquisition, les religieux affermèrent la terre de Pontville, au pi'ix de 2500 livres.

La terre de Saint-Gerraain-Laval était contiguë à celles de Montigny - et de Salins -^ qui appartenaient, en 1733, à M. Trudaine, maîlre des requêtes et intendant d'Auvergne; or on trouvait enclavé, au milieu des terres de M. Trudaine, le territoire de Bru, d'une contenance de 14o arpents, sur lequel l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés avait le droit de justice et la seigneurie directe; ce qui produisait annuellement 7 livres 10 sols, en plus de la dîme. Le sieur Trudaine proposa à l'abbaye, qui accepta, d'échanger ses droits sur le territoire de Bru contre la propriété d'un pré d'un arpent 33 perches, qu'il possédait au milieu des terres de Saint-Germain-Laval et qui rapportait de 10 à 12 livres par an *.

Le 10 juin 1762, M^' Louis de Bourbon, comte de Clermont, abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés, concéda à titre de bail empliythéotique, pour 99 années consécutives, les seigneuries de Saint-Germain-Laval et de Laval-Saint-Germain, le fief de Vieilles- Marolles, vulgairement appelé Pontville, et le tief de Pontville, anciennement appelé le Refuge, à messire Joseph Micault d'Arveloy, conseiller d'État, garde du Trésor royal, moyennant la somme de 4000 livres. Son Altesse se réservait tous les bois de haute futaye de la forêt de Saint-Germain-Laval, les grosses, menues et vertes dîmes dans l'étendue de la seigneurie, avec la grange dîmeresse, et la nomination à toutes les cures et à tous les bénétices -^

Dans la déclaration de revenus que présentèrent les religieux en 1790, nous lisons que la seigneurie de Saint-Germain-Laval était affermée au prix de 4000 livres, que les grosses dîmes et la moitié des menues et vertes dîmes O'^iutre moitié appartenant au curé) étaient louées loOO livres, prix auquel il fallait ajouter 100 livres

1 Arcà. nat. S. 29o9.

■^ Montigny-Lancoui), raiiloii de Donneniario. Seine-et-Marne.

3 Salins, canton de Montereau, Seine-et-Marne.

4 Arch. nat. S. 2960.

5 Bihl. nat. rns. fr., 16859.

pour les dîmes à prélever sur le canton appelé Cliampaigne. Les religieux possédaient, de plus, 02o arpents de bois taillis, divisés en 25 coupes de 25 arpents chacune; la valeur de la coupe annuelle était de 62o0 livres. En plus, il y avait une réserve de 200 arpents de bois; la coupe de chacun de ces arpents était estimée à 700 livres K

Seigneurie temporelle.

Comme nous venons de le dire, les religieux de Sainl-Germain-des- Prés avaient la seigneurie temporelle dans leur territoire de Sainl- Germain-Laval et dans ses dépendances et y exerçaient toute la juridiction haute, moyenne et basse. Mais ces droits étaient limités et souvent entravés par ceux de puissants seigneurs, dont le donjon s'élevait sur les contins de ce territoire et dont nous avons eu plus d'une fois l'occasion de parler dans l'histoire territoriale du prieuré; c'étaient les seigneurs de Marolles. ryoù leur venaient ces droits qu'ils exerçaient conjointement avec les religieux sur les habitants de ce territoire? Nous serions assez tentés d'y voir des droits d'avouerie, que ces seigneurs exerçaient sur cette dépendance de l'abbaye, au nom des comtes de Champagne.

Toujours est-il que ces seigneurs, que nous avons vu contester aux religieux la propriété de certaines portions de leur domaine, leur soulevèrent des difficultés plus nombreuses encore, au point de vue de la juridiction temporelle. En 117(5, nous trouvons Guillaume, archevêque de Sens et légat apostolique, dans son palais pontifical, occupé à terminer par une sentence amiable les différends qui existaient entre Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, etReginald de Pogy, seigneur de Marolles, au sujet de leurs droits respectifs sur Saint- Germain-Laval. Le sire Reginald prétendait qu'il avait le droit de convoquer les habitants du territoire de Saint-Germain-Laval pour la défense et la garde de la place de Marolles et de les y garder autant de temps qu'il le jugerait bon, qu'il pouvait employer ces mêmes hommes à son gré pour l'entretien et la réparation des fossés de la ville et exiger d'eux de. faire les transports de tous les matériaux nécessaires à ces sortes de travaux ou à ses usages personnels. Il réclamait aussi, comme ses serfs, les enfants qui proviendraient de mariage entre ses hommes ou femmes de corps et ceux des religieux;

1 Ârck. nat. S. ^8.j8.

il avait la prétenlioii, en vertu des fourches patibulaires qui s'élevaient près de son château de Marolles, d'avoir lui seul le jugement et les profits des causes criminelles, et enfin il entendait se maintenir dans la possession entière du four de Marolles, dont une moitié avait été donnée à Saint-Germain. Après avoir fait une enquête sérieuse auprès des chevaliers de la contrée sur les prétentions du sire de Marolles et les protestations contraires de l'abbé, l'archevêque prononça sa sentence. Il y était déclaré que Réginald pouvait convoquer les vassaux de Saint-Germain pour la défense et la garde de la place de Marolles et les retenir dans l'enceinte fortifiée, à la condition (ju'ils ne le suivraient pas hors des portes de la ville et qu'ils auraient toujours la permission de rentrer chez eux chaque soir; mais il ne ferait ces convocations qu'en cas de très urgente nécessité. Il pourrait les convoquer pour la réparation des fossés, une fois par an et seulement pendant trois jours; il aurait le droit de réquisitionner leurs chariots et attelages pour transporter ses foins et les bois nécessaires aux éditlces, aux remparts, au pont et aux moulins de Marolles, mais nullement les matériaux en fer ou en pierre, et il ne devrait s'en servir que pour son propre usage et seulement dans les limites de la place forte. Si un mariage se concluait entre un serf de Saint-Germain et une serve de Réginald, la postérité qui en proviendrait serait de Saint- Germain; elle serait, au contraire, de Réginald, si le mariage avait lieu entre un serf de Réginald et une serve de Saint-Germain. Si, dans le territoire de la posté de Saint-Germain-Laval, un voleur était pris, le moine qui administrait cette terre avait la garde du voleur et recevait tous ses biens et dépouilles; après l'avoir jugé et l'avoir gardé dans ses prisons autant de temps qu'il voulait, il le remettait, dépouillé de tout, aux exécuteurs du seigneur de Marolles pour subir sa peine, sans que le dit seigneur pût réclamer quelque chose sur ce voleur, excepté dans le cas où celui-ci serait parvenu à s'échapper de la prison des moines. Pour le four de Marolles, dont l'abbaye possédait la moitié depuis longtemps, à titre d'aumône, que Réginald avait usurpé et détenait par la violence, la sentence l'adjugea à Saint- Germain, avec l'usuaire du bois mort dans les bois de Réginald pour le chauffage dudit four. Enfin, l'archevêque, après avoir prononcé ses anathèmes contre les violateurs de cette sentence, apposa son sceau au bas de la charte ^ Sans tenir compte de la défense du Pape relative aux aliénations du

1 Arch. nat. L. 806, n» 3.

temporel, l'abbé Jean de Vernon céda au seigneur Milon de Montigiiy, en l^OO, la moilié des aubaines des mortes-mains, des formariages, des droits de justice pour l'effusion du sang, pour le meurtre des étrangers, sur les vassaux de Saint-Germain-des-Prés, qui auraient établi leur demeure dans le territoire compris entre les villes de Coulençon et de Montigny jusqu'à Provins; mais si un de ces hommes avait conservé encore quelques biens dans le domaine de Saint-Germain, Milon de Montigny et ses héritiers ne pouvaient rien prélever sur lui. Il fut de plus convenu que l'abbé pourrait prélever la taille sur ces vassaux à son gré, sans aucun empêchement des seigneurs de Montigny, qui ne pourraient exiger aucune taille sans l'assentiment de l'abbé. En reconnaissance de cet accroissement du fief qu'il tenait de l'abbaye, Milon céda à cette dernière les ousches ^ de Frossard et tous les défrichements, que lui et ses héritiers pourraient iaire sur ces bois. Puis il prêta foi et hommage à l'abbé Jean de Vernon pour ce fief, en réservant la fidélité qu'il devait au comte de Ghampagne 'K

Quelques années plus tard, c'était avec Blanche, comtesse Palatine de Troyes, que l'abbé de Saint-Germain avait des difficultés pour le maintien de ses droits. Se fondant sur la coutume féodale, il réclamait les droits de main-morte, formariage et « escheete » sur ses hommes ou femmes de corps, qui demeuraient dans les chatellenies de Provins et de Bray3,dans les villes de Montereau, de Montigny \ de Villeneuve % de Goutençon ^ et de Donnemarie, par suite de leurs mariages avec les femmes et hommes de corps de la comtesse. Une transaction vint, au mois de décembre 1216, mettre fin à ces débals. L'abbé consentit à abandonner les droits contestés à la comtesse qui, comme compensation, donna, pour la nourriture des moines, une redevance annuelle de 12 livres, à prendre sur l'entrée des vins dans la ville de Provins ^.

Nous avons vu que les vassaux de Saint-Germain-Laval étaient soumis envers leur seigneur, l'abbé de Saint-Germain-des-Prés, à la taille à merci. Celte lourde servitude leur pesait et ils essayèrent de

' Champs de terre arable enlourésde haies et de lossé (Ducange).

2 Arch. nat. LL. 1064, p. 35.

^ Bray-sur-Seine, arr. de Provins, Seine-et-Marne.

^ Montigny. cant. de Donnemarie, Seine-et-Marne.

5 Villeneuve, aujourd'hui Salins.

<j Goutençon, cani. de Donnemarie, Seine-et-Marne.

■^ Donnemarie, chef-lieu de canton, Seine et Marne.

» A)xh. nat. LL. lU-2o, p. Uo\ LL. 10-26, p. 195.

profiter des débats entre les abbés et les seigneurs de Marolles, pour s'y soustraire. Mais ce ne fut qu'une vaine tentative : Ils ne purent soutenir longtemps leurs prétentions. Jean et Hugues de Valéry, chevaliers seigneurs de 3Iarolles, donnèrent des lettres, datées du mois de novembre 1224, par lesquelles ils certifiaient qu'en leur présence, les hommes de l'abbaye, habitants de Saint -Germain sous-Montereau et de Laval, dont ils étaient les avoués, reconnurent, après l'avoir nié, être sujets à la taille à merci envers la dite abbaye, sans préjudice des droits des seigneurs de 31arolles, et, demandant pardon de leur révolte, promirent de remplir à l'avenir leurs obligations K

Comme nous l'avons fait remarquer plus haut, les religieux de Saint-Germain, fatigués de la lutte incessante qu'ils étaient obligés de soutenir contre les seigneurs de Marolles, recoururent au seul moyen efficace d'y porter remède; ils achetèrent à prix d'argent les droits de leurs compétiteurs. En 1230, le chevalier Jean de Valéry, seigneur de 3Iarolles, et Agnès, sa femme, par une charte que nous avons déjà citée, après avoir cédé à l'abbaye pour 300 livres les bois qu'ils possédaient sur ce territoire, vendirent, également pour le prix de 300 livres, les droits que la sentence de 1176 avait reconnus aux seigneurs de Marolles sur les habitants de Saint-Germain-Laval. L'abbé paya à Jean de Valéry là somme convenue de 600 livres, et le sire de Marolles et sa femme apposèrent leurs sceaux au bas de cette charte et donnèrent, comme garants de leur parole, les chevaliers Henri de Britaud, Hugues de Valéry, Gilon de Flagy et Raoul de Saint-Germain, qui s'engagèrent, en cas de non exécution du traité, à venir se constituer prisonniers dans la place de Melun et à y rester jusqu'à ce que l'abbé de Saint- Germain aurait reçu satisfaction-'. Cette vente fut certifiée et confirmée par une lettre de Gautier, archevêque de Sens '^ En 1238, le nonce Gautier, archevêque de Sens, faisait savoir qu'en sa présence le chevalier Simon Le Cornu, son frère, avait vendu, pour la somme de 40 livres, plusieurs hommes de corps et leurs enfants qu'il avait à Laval-Saint-Germain \

En 1288, un arrêt du parlement exempta les habitants de Saint- Germain-Laval et des dépendances de la dite ville de la contribution

1 Arch. nat. L. 806.

•2 m. L. 780, LL. 102o, p. 12o.

3 Ici. L. 806.

■i Ici. L. 806, S. 2Jt77.

et taille levée par leur seigneur, l'abbé de Saint-Germain-des-Prés, pour l'armée du Roi '.

Malyié la vente de 11280, qui semblait devoir mettre tin à toutes les discordes, et, en dépit de la sentence de 1176, l'exercice de la haute justice provoqua de nouvelles difficultés. Nous trouvons, en 1291, l'abbé de Saint-Germain-des-Prés et le sire Erart de Tbyanges, seigneur de Valéry, devant le tribunal de Jean de Montigny, bailly de Sens « et chasciine des parties, maintenant soy estre en la saisine » de la basse et haute justice en la ville nommée Sainl-Germain-le-Val » sur Monstereus. » Après enquête, le bailly prononça son jugement par lequel le sire de Valéry, seigneur de Marolles, avait le droit de juger et d'exécuter tout larron pris en la dite ville, mais que ses dépouilles et ses biens restaient acquis aux religieux. Ges derniers étaient confirmés dans leurs droits et prérogatives de hauts justiciers. Ge jugement fut prononcé « es assises de Melun, l'an de grâce 1291, le raoys d'aoust. « Gette sentence fut confirmée, en 1309, le vendredi après la fête de l'Epiphanie, par Guillaume de Tbyanges, seigneur de Marolles, et Alissende de Bordes, sa femme 2.

« Le samedi devant Notre-Dame de Mars (1293), Baudouin de Laon, bailly de Troyes, notifiant que messire Jehan dit Defer et Madame Katherine de Montigny, sa femme, avaient vendu à l'abbé et au convfMit de Saint-Germain-des-Prés tout le droit qu'ils avaient sur les habitants de Saint-Germain, de Montigny, de Goutançon, de Gurcy et autres lieux, pour raison de l'avouerie de Saint-Germain « en » morte main, nus mariage, en tailles, en amandes, en exploits et en » tous profits, » pour la somme de vingt livres tournois ^.

Enfin, par des lettres datées du mois de juillet 1316, Guillaume de Tbyanges, seigneur de Marolles, chevalier, déclarait avoir vendu, pour 388 livres de petits tournois, aux religieux de Saint-Germaindes-Prés le droit qu'il prétendait de juger les larrons pris sur le territoire de Saint-Germain-Laval-sur-Montereau ^.

« Le samedy après la Feste Dieu, l'an de grâce 1331, par devant » les tabellions jurés et establis par le Roi dans la cliatelienie de » Montereau, se présenta Pierre Ravier, se disant bourgeois du Roi. » En cette qualité, il refusait de payer les redevances accoutumées que

1 L. Delisi.e, Fraguicnts inédits du registre dans lequel Nicolas de Chartres avait consigné les actes du Parlement de 1269 à 1288. Paris, 187:2, in-4". RorTAiiic. Actes du Parlement, t. I, 260.

2 Arch. nat. L. 80G, n"3, LL. 10(H.

3 Id. LL. 1064, p. 20, S. 2977.

4 Id. L. 806.

le prévôt de Saint-Germain voulait lui imposer. Mis en présence des preuves qui lui furent opposées, il dut renoncer à ses prétentions et se reconnaître le vassal de l'abbaye ^

Les officiers royaux du voisinage suscitaient parfois des difficultés et tentaient des entreprises contre les droits des religieux. C'est ainsi qu'au mois d'avril 1331, le cadavre d'un noyé ayant été retiré des eaux et déposé sur les berges dans la partie de la Seine soumise à la juridiction de Saint-Germain, le prévôt de la chàtellenie royale de Moniereau, accédant aux prières des amis du noyé, leur délivra le corps, dont ils procédèrent à la sépulture. Mais le frère Gautier Descors, prévôt de Sainl-Germain-Laval, protesta contre cette usurpation de ses droits sur le cadavre en question et réclama justice. Le prévôt de Montereau fut condamné « à rétablir le noyé au lieu et » place, au moins en figure de cire -'. » Les religieux de Sainl- Germain-des-Prés ressortissaient de la chàtellenie de Melun pour leurs gens et biens de Saint-Germain-sur-Montereau. Ne tenant compte ni des ordonnances royales, ni des coutumes, le bailly de Sens avait la prétention de les assigner par devant lui. Les religieux protestèrent et en appelèrent à la justice du Roi, qui, par ses lettres du ISdécembre 1337, annula les actes du bailly de Sens et lui défendit de continuer^. Quelques années auparavant, une difficulté survenue entre l'abbé et le convent de Saint-Germain-des-Prés et les habitants de Laval donna prétexte à l'intervention des officiers de la justice royale. En 1332, les vassaux s'étaient entendus pour faire entre eux « taille et imposition » sans l'autorisation des religieux, leurs seigneurs; ceux-ci sévirent contre cette tentative attentatoire à leurs droits, et emprisonnèrent les quatre habitants de Laval, qui avaient été les instigateurs de cette coalition. Mais à peine cet acte de répression eut-il été accompli que Michon de Corbeil, sergent de Melun, vint, du commandement du prévôt de Melun, les tirer de la prison des religieux pour les mener aux geôles royales. L'abbé protesta, fit reconnaître ses droits et obtint la réintégration dans les prisons de Saint-Germain des prévenus, qu'il lit condamner par son tribunal à une amende et à qui il fit la remise de leur peine, « à cause de leur pauvreté *. »

Malgré l'acte de clémence qui avait terminé la tentative de coalition

1 Arck. -iiat. L. 806, L. 1206, n'^ lo.

2 Id. LL. 1064.

* Id. Xic IB, n" 162.

fies linbilants contre leurs seigneurs, nous les voyons, en 1340, en révolte contre ces derniers, dont ils niaient les droits, et unis ensemble pour soutenir leurs prétentions; ils refusaient tailles et corvées et se prétendaient libres et exempts de toute servitude. Le 18 mai, ils nommèrent deux d'entre eux pour les représenter et s'aboucher avec frère Gautier Descors, prévôt de Saint-Germain-Laval et procureur des religieux. Une transaction fut conclue entre les deux parties : il y était dit « que les habitants paieront chacun d'iceulx dores en avant » et leurs enfants et tous ceux qui yssiront d'eux, qui tiendront feu, » excepté ceux qui seront clercs, chacun douze deniers tournois, à la » Toussaint, en signe de Bourgeoisie, auxdits Religieux, tant comme )) ils demeureront soubs lesdits Religieux, et avecques ce payeront » une fois auxdits Religieux sept vingts livres tournois. Et parmy ce » lesdits habitants demoureront francs perpétuellement de toutes » corvées et de toutes tailles réelles et personnelles, sauf auxdits » Religieux, les douze deniers tournois de Bourgeoisie, les censives » foncières, tous leurs autres devoirs et la justice desdits Religieux. » Cet accord devait être mis à exécution « comme arresl de Parlement '. w Malgré tout ce qu'avait de libéral cet accord au point de vue de la situation sociale des vassaux de l'abbaye, ce ne fut qu'un siècle plus tard que fut proclamé leur affranchissement définitif. Le o juillet 1451, Hervé, abbé de Saint-Germain-des-Prés, « prenant en considération » les guerres, pestes et autres afflictions survenues au royaume de » France, » affranchit les habitants de Saint-Germain-Laval, Gardeloup et de leurs dépendances, de la servitude de corps et de formatage, et les déchargea de la redevance de 23 muids d'avoine qu'il percevait annuellement ^. Cette manumission, qui fut la dernière en date de celles qu'octroya l'abbaye à ses vassaux, avait été proclamée sans la participation du chapitre de Saint-Germain-des-Prés, du prieur de Marolles et du prévôt de Saint-Germain-Laval; ces derniers, prétendant leurs intérêts temporels gravement lésés, protestèrent contre cet acte et en obtinrent même pendant quelque temps la rescission. Mais ce ne fut qu'un obstacle temporaire et, bientôt après, les vassaux furent définitivement reconnus en possession des libertés de la charte de 1451. Au mois d'avril 1508, une transaction conclue entre les abbés et convent de Saint-Germain-des-Prés et les habitants de Saint-Germain-Laval régla tous les devoirs de ces derniers envers

1 Arch. nat. LL. 1064, p. -29.

2 Id. S. 2977.

leurs seigneurs : ils devaient payer, pour les censives, 10 sols tournois par arpent de clôture, 12 deniers tournois par arpent de terre et 2 sols tournois par arpent de vigne ou de pré; quant aux dîmes, elles étaient lixées, pour les grains, à la 13^ gerbe; pour le vin, à 1 septier sur 20 de mère-goiUte ; pour le pressurage au 7"^ pot : en dehors de ces redevances, ils étaient quittes de toutes les autres et ne restaient soumis qu'à la banalité des pressoirs et des moulins '.

Seîgiieui*îe spirituelle.

Nous avons vu, au début de cette étude, que, d'après le Polyptique, dans le territoire d'Alsiacus, que tout permet d'identifier avec Saint- Germain-Laval, l'abbaye possédait une église avec tout ce qui est nécessaire pour la célébration du culte divin. Puis le silence se fait. Alsiacus et son église disparaissent jusqu'au commencement du xii*" siècle. En l'année 1426, Henri le Sanglier accorda à Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, une charte dans hiriuelle, en donnant les autels des villes d'Esmans et de Saint-Germain, il nous apprend la situation de ces églises pendant la période précédente. V^oici, en effet, quelques extraits de cette charte : « Le vénérable Hugues, abbé de » Saint-Vincent et de Saint-Germain, nous ayant pi-ié de lui accorder » pour les posséder perpétuellement à titre de cens les autels des » villes d'Esmans et de Saint-Germain; lesquels autels les prédéces- » seurs du dit abbé tenaient de nos prédécesseurs sous le titre et en » qualité de leurs vicaires, accordant aux prières de notre vénérable » Crère Hugues et désirant pourvoir aux intérêts de ladite église et » procurer aux frères qui y servent Dieu le moyen d'accomplir leurs » (onctions dans le calme, avec l'assentiment de nos frères les archi- » diacres, nous donnons ces deux autels à titre de cens, en écartant » la personne des vicaires, à la condition que les religieux paient » de cens annuellement à la Toussaint lo sols pour chacun des deux » autels. « Cet acte, qui fut passé au Palais pontifical de Sens au mois de mars de la IT année du roi Louis, fut rédigé par Pierre, lévite et chancelier -.

A partir de ce moment, l'histoire de cette seigneurie spirituelle est

i Ârch. nat. S. :2977.

2 Id. LL. 1024, p. m.

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très fournie de dociimeiits, soil à cause de la fondation, sur ce territoire, de nombreuses chapelles, destinées à devenir plus tard des églises paroissiales, soit à cause de l'existence à Saint-Germain-sous- Montereau d'un petit monastère avec sa chapelle et des difficultés que celte proximité d'église faisait naître entre ceux qui les desservaient.

En 1172, Wilhelm, archevêque de Sens, était appelé à rétablir la concorde entre Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, et « Gilbert, prêtre de Sainl-Germain-lès-Montereau. » En sa présence, fut conclue une transaction par laquelle l'abbé remit au prêtre la redevance annuelle d'une pelisse qu'il lui devait; et, de son côté, le prêtre renonçait à ses réclamations au sujet d'une redevance de 4 setiers de blé et d'une somme de 6 livres, qu'il disait lui être due par le prieur (le Bagneaux. Quand l'abbé viendra dans la ville de Saint-Germain- Laval, il recevra du prêtre pour chaque nuit trois sols pour la chandelle, à moins que, retenu par la maladie, l'abbé doive y prolonger son séjour, auquel cas « le prêtre, son chapelain et son clerc mangeront à » sa table. » « Les dimanches et jours de fête, le prêtre chantera tout » d'abord la messe dans l'église matrice; ensuite, s'il le veut, il » descendra à la chapelle où les moines célébreront la grand-messe; » tous les jours, les moines sonneront leurs vêpres pendant que le » prêtre chantera les siennes, après quoi les moines chanteront les » leurs; les moines feront toutes les processions, excepté celles des » Rogations que le prêtre célébrera avec ses paroissiens. Quant aux » messes pour les défunts, le prêtre chantera la première messe, le » chapelain après lui, et tous deux en recevront l'honoraire sanslepar- » tager avec les moines; ces derniers chanteront la messe en troisième » lieu, s'ils en sont priés, et garderont pour eux toutes les offrandes )> qui y seront faites. Les oblations, faites les dimanches et jours de » fête, seront pour les moines; celles des autres jours, pour le prêtre. » Ce dernier aura tous les jours les oblations des pèlerins, le denier » et la chandelle de la charité, ainsi que les oblations du maire, des » doyens et de leurs épouses aux cinq fêtes solennelles, les obla- » tions de noces, de relevailles, d'anniversaires, de baptêmes et de » visites. Le prêtre prendra de plus dans la grange des moines » 3 muids de grain et 3 muids de vin K »

Gomme on le voit dans ce document, les religieux avaient à Saint- Germain-sous-Montereau un monastère avec une chapelle, où les moines de cette petite communauté célébraient la messe et chantaient

1 Arck. ml. L. 80(i. LL. \0U, p. 77, LL. 10-26, |). Ii)(), S. 2077.

leurs offices. Dnns la suite, il n'est fait mention ni de cette chapelle ni lie cette communauté, et nous ne trouvons plus à la tète de cette dépendance de l'abbaye qu'un prieur, remplacé plus tard par un prévôt, pour administrer ces vastes propriétés et veiller à la conservation des droits de l'abbaye.

ïjur les territoires soumis a la juridiction des religieux, il s'éleva successivement un certain nombre de chapelles, dont quelques-unes devinrent dans la suite paroissiales, à mesure que la population groupée autour d'elles devenait plus nombreuse. Au mois de juin (1218 , fut signé entre l'abbé de Sainl-Gerinain-des-Prés et le prêtre de Saint-Germain-sous-Montereau une nouvelle transaction, qui reconnaissait que l'abbé avait les mêmes droits sur la chapelle de Laval que sur l'église de Saint-Germain ^

Ici comme dans toutes les autres dépendances que possédait l'abbaye, dans le diocèse de Sens, elle eut à défendre ses droits contre les prétentions des archevêques au sujet des droits de procuration. La question fut tranchée, en 1191, entre Guy, archevêque de Sens, et Foulques, abbé de Saint-Germain-des-Prés, par le roi Philippe -Auguste, en présence de qui les deux parties vinrent exposer leurs raisons. Il fut décidé que l'archevêque renoncerait aux procurations qu'il réclamait des églises d'Esmans, de Bagneaux et de Saint- Germahi-les-Montereau, moyennant une redevance de 8 livres parisis, qui lui serait payée annuellement à Esmans, dans l'octave de Pâques; si l'archevêque venait dans une de ces trois localités, l'abbé ou le moine qui serait à la tête de cette maison monastique le recevrait; mais il ne devrait y séjourner qu'une nuit et à ses propres dépens, les religieux ne lui devant rien que le logement, à moins qu'ils ne voulussent faire quelque chose de plus par amabilité. Il fut de plus convenu que les religieux partageraient avec les prêtres de ces trois localités la dîme de la laine '^.

Une enquête fut faite touchant une cloche donnée par l'abbé Hervé, descendue du clocher et puis vendue sans l'autorisation de l'abbé de Saint-Germain-des-Prés -^

Le 20 février 1495, plusieurs ecclésiastiques et personnages notables de la contrée vinrent affirmer dans une enquête que le curé de Saint-Germain-sous-Montereau et Laval avait droit de prendre pour

i Ârch. nat. S. 2977, ■^ Id. L. 806.

3 Id. S. 2977.

sn portion congrue, sur les dîmes de la dite paroisse, 18 setiers de blé froment, 9 d'orge, 9 d'avoine, 8 mviids de vin avec la moitié des menues dîmes '.

Parmi les chapelles situées sur ce territoire se trouvaient celles de Courbeton. C'était une petite localité, sise entre les paroisses de Saint- Germain-Laval et de Saint-Jean-de-Montereau fault d'Yonne. La première, dédiée à Sainte-Marie-Madeleine, servait pour les habitants; elle fut revendiquée par tous les curés voisins et fut adjugée entln au curé de Saint-Germain, sur le territoire duquel elle était bâtie. La chapelle, construite dans le château de Courbeton, qui appartenait alors à Nicolas de Boulogne, fut consacrée, le 5 avril 1769, sous l'invocation de Saint-Nicolas et de Sainte-Julie; elle donna lieu aussi à quelques contestations, qui furent tranchées en faveur du curé de Saint-Jean, parce que, si l'aile gauche du château de Courbeton était bâtie sur le territoire de la paroisse de Saint-Germain, la porte d'entrée principale se trouvait sur la paroisse de Saint-Jean -.

FRESNIERES.

C'est aujourd'hui une ferme de la commune de Saint-Germain-Laval. Autrefois elle faisait partie de l'important domaine que les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés possédaient en ces lieux. Le dénombrement de 1384 est ainsi conçu : Item, à Frenier, a un grant hostel, L arpens de terre arable, viij arpens de pré, tout loué iiij muis de grain à la mesure du lieu; item, environ xl solz parisis de cens à la Saint- Remy; item, envion ix*^ ar])ens de grant bois, dont l'on puet bien vendre chascun an xxv arpens, l'arpent valant vi francs, valent, en somme, cl francs, et sont ainsi pue vendus pour ce qu'ils sont loing de rivière, et les autres v arpens sont pour la despence de l'église "'. » Suivant une déclaration de 1548, cette propriété comprenait :

1" Un hôtel avec ses dépendances, grange, chapelltî, jardins, le tout clos de murs et contenant 8 arpents de terre;

1 Arch. nat. S. 2977.

2 Paul Quesvert, Notes sur les églises de Saint-Nivolas et de Saint-Jean de Monter eau, p. 44.

3 DoM Dr B(»i RG, Vabbuye de Saint-Germain au J/f"- siècle, M).

:2" 3(3 arpents de terre, près de l'hôtel ;

3" 27 arjients de terre, situés devant l'hôtel, sur le chemin de Fresnières à Coutançons;

4" 23 arpents, sur le chemin de lioullin à Coutançons;

iV' 1(5 arpents, près le clos de l'hôtel;

()" 73 ar[)ents et 3 quartiers, sur le chemin de Frusnières à Laval;

7" 100 arpents, baillés au prix de 11 deniers l'arpent.

Le même document nous dit que cette terme se composait de 400 arpents de terres environ, partie en nature de labouraige, partie en buissons et friches. Elle rai)portait à cette époque lo muids de grain, un tiers froment, un tiers seigle et un tiers avoine, valant lo livres tournois le niuid K

Le cardinal de Furstemi)erg, abbé commendataire de Saint-Germaindes-Prés, afferma, le 13 juin 1741, par bail amphytéotique i)0ur 99 ans, la terre de Fresnières, moyennant 400 livres de rente -.

Il y avait un étang à Fresnières, car un bail du 30 mai 1578 déclare que le fermier devait en réparer la chaussée et le repeupler de j)oissons -^

Les Cisterciens de l'abbaye de Preuilly avaient un domaine dans le voisinage de Fresnières, à Villebolain *. Pour éviter toutes contestations à l'avenir, ils passèrent un accord avec les religieux de Saint- Germain-des-Prés. Il fut convenu que ceux-ci, pas plus que leurs successeurs, ne pourraient mener ni faire mener leurs bètes paître sur tout le territoire de Villebolain. Les religieux de Preuilly s'engagèrent, de leur côté, à ne point conduire leurs animaux sur les terres comprises entre les bois, de Fresnières, Forges % Laval, Coutançons, les bois de Boutinel et de Fresnoy. Cependant les Bénédictins ne leur défendaient point de les mener partout ailleurs. Comme ils n'avaient point de voie convenable pour atteindre les pâturages laissés à leur disposition, ils leur accordèrent un passage de 24 pieds de large dans une de leurs cultures, nommée le Plessis. Pour toute bête qui échappait et s'en allait sur les propriétés d'autrui ainsi intf^'ditps, on devait payer 12 deniers. Le méfait devenait plus grave, si le gardien l'y introduisait de propos délibéré. On le punissait

1 Arch. nat. S. 29S0.

* Villebolain-Echouboulains, canton Le Cliatelet Seine-el-Marne). ■^ Forijes, canlun Montereau. Seine-et-Marne.

alors suivant l'importance du dommage causé (10 décembre 1345) ^ L'abbaye de Saint-Germain avait de lourdes charges. Elle devait payer 4600 ëcus pour sa part des subsides accordés au roi par le clergé de France. De plus, il s'agissait d'entreprendre de dispendieux travaux pour assainir les environs du monastère de Paris, où des eaux croupissantes formaient un véritable cloaque; il fallait sans retard en procurer l'écoulement par un système de canalisatic^n 1)ien établi. Pour faire face à ces dépenses, monseigneur le prince de Conty, administrateur du temporel, conseilla de vendre la terre de Fresnières, qui fut adjugée à Jean Vivien, capitaine ordinaire du charoj/ de l'artillerie, au prix de 2o00 ëcus (septembre lo98) -.

Plus tard, le o septembre 1638, un arrêt du Grand Conseil permit aux Bénédictins de la racheter. Jacque de Saumaize, qui la détenait, la leur céda moyennant 280o0 livres. Cette somme représentait le prix de l'aliénation, des frais divers et des améliorations ^.

Pour acquitter cette dette, on exigea le payement de certaines créances. C'est ainsi que, le lo juillet 1649, sommation fut faite à monsieiu' Olier, curé de Saint-Sulpice, supérieur du séminaire établi au faubourg Saint-Germain, d'avoir à solder 750 livres qu'il avait promises, en transmettant, par donation entre vifs, à l'œuvre qu'il dirigeait, plusieurs immeubles situés rue du Vieux-Colombier.

1 Arch. nnt. LL. lOO-i, |). IW.

2 lil. S. -2977, S. 296-i.

3 hl. S. -2977.

EGREFFIN.

C'est une ferme, située commune de Laval, canton de Montereau, département de Seine-et-Marne. Nous la trouvons mentionnée pour la première fois dans une charte du 30 juin 1272, par laquelle Pierre de Saint-Germain donne aux Bénédictins de Paris la troisième jiartie de tout ce qu'il possède dans la seigneurie d'Egretîin K

Suivant un bail du G mars 1528, il y avait à Egreftin un manoir et 200 arpents de terre en dépendant. Cinquante arpents de terre situés à Champmorice en relevaient aussi. Le tout était affermé pour neuf mines de blé à Etienne François ^.

La déclaration de 1348, que nous avons déjà plusieurs fois invoquée, porte que la ferme d'Egrellin comprenait :

1" Un hôtel-manoir avec ses dépendances et 200 arpents de terre, situés dans le voisinage de Fresnières, sur le chemin de la Chapelle Rablais, valant 50 écus par an.

2" 200 arpents de terre, qui naguère devaient être en nature de forêt, et aujourd'hui objet d'un procès en la cour des Requêtes, baillés à raison de 15 deniers l'arpent ^.

Cette propriété, qui faisait partie de la mense abbatiale, comme tous les biens que les Bénédictins possédaient à Saint-Germain-Laval, semble avoir été aliénée ou du moins engagée pendant quelque temj)S. Une délibération du chapitre conventuel nous montre la communauté refusant de la retirer. Elle donne pour motif qu'elle est en friche depuis 9 ou 10 ans et n'a aucune valeur. De plus, elle est grevée de 8000 livres, dont les créanciers demandent le payement (22 décembre 1659) \

Quoi qu'il en soit, nous voyons le sieur Pelisson, le 22 novembre 1029, affermer cette terre pour 99 ans à monsieur de Grandry, au prix de 100 livres par an '^.

Le 27 avril 1750, monseigneur le comte de Clermont, abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés, la donna à bail au sieur

1 Ârck. nat. L. 806. Douillart, p. 1.36.

* Bibl. nat. his. fr. I6806, p. 134.

à Id. 16857, p. 138.

Després pour 120 livres de rente annuelle. Celui-ci, désireux de raméliorer et de la mettre en bonne culture, la fit clore de toutes parts. Il avait jugé cette mesure nécessaire pour empêcher le public de considérer plus longtemps cette terme comme un bien communal. Les voisins y menaient paître leurs bestiaux en pleine liberté et y avaient pratiqué une voie pour se rendre à Montereau. Pour défendre de passer désormais par ce chemin, le sieur Després requit le prévôt de Saint-Germain-Laval de planter aux extrémités des poteaux avec les armes des seigneurs. Les habitants de Goutançons s'élevèrent avec violence contre cette interdiction, qu'ils durent enfin observer (1751) 1.

LAVAL-SAINT-GBRMÂIN.

C'était un hameau de la paroisse de Saint-Germain-Laval, désigné dans les anciens documents sous les noms de Vallis, La Val, La Vau. Dès le xii^ siècle, nous y trouvons une chapelle dédiée à saint Laurent. En 1145, Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, fit une convention avec Hugues de Toucy, archevêque de Sens, pour déterminer les droits que le curé de Saint-Germain-sous-Montereau pouvait prétendre sur la chapelle de Saint-Laurent de Laval; le curé devait nommer un prêtre pour le service de cette chapelle; tous ses paroissiens, habitant sur le territoire de Laval, payaient annuellement à ce prêtre desservant, ceux qui avaient des bêtes de labour, une mine de froment, et ceux qui travaillaient avec leurs seuls bras, une mine d'orge 2. Comme cette chapelle était située à deux lieues de la paroisse de Saint-Germain, elle devint petit à petit une chapelle de secours avec son baptistère, ses cloches, son tabernacle, son cimetière; on y célébrait les messes et les offices, notamment la fête de Saint-Germain au 28 mai. La chapelle primitive fut remplacée, au xiii'' siècle, par une jolie église à trois nefs, qui existe encore aujourd'hui.

^ Arcli. nnt. L. 29G0.

2 Bib. vat. ms. lat. 12838.

VILLENEUVE-LÂ-CORNUE (aujourd'hui Salins)

Cette localité, qui porte actuellement le nom de Salins (Seine-et- Marne), était située sur un territoire contigu à celui de Saint-Germain- Laval et soumis à la seigneurie d'une famille puissante dans le pays. La lainille des Cornu avait Iburni plusieurs dignitaires à l'Eglise, entre autres un arclievêque de Sens, Cornu, au xni" siècle. Ce fut un de ces seigneurs qui, pour donner de la prospérité à son domaine et se procurer des bras i)our le défrichement de ses forêts et la culture de ses terres, recourut au moyen si fréquemment employé par les rois ou les barons féodaux, la construction d'une ville sur son territoire. Les villes, qu'on désignait dans le nord sous le nom de Villeneuve et dans le midi sous celui de Baslide, surgissaient avec leurs rues, leurs places, leur église, leurs remparts et leur charte de commune; elles devenaient rapidement peuplées et florissantes. Telle fut l'origine de cette localité, qui, du nom de son fondateur, fut appelée Villeneuvela-Cornue.

En 1215, Gautier Cornu et ses frères, qui possédaient des biens à la Chapelle Rablais, hameau de Sainl-Germain-Laval, eurent quelques difticultés avec l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, ditlicultés facilement aplanies du reste; car, dans des lettres de cette même année, Philip|)e-Âuguste atteste que, en sa présence, Gautier Cornu et ses frères ont renoncé aux droits qu'ils prétendaient avoir sur la chasse et les haies dans les bois de Saint-Germain, à Arrabloy (Érabloy) ^

Au mois de décembre 1218, maîtres Gautier et Albéric Cornu, chanoines de Paris, et leur frère, Gilon, chanoine d'Orléans, au nom de dame Ysabelle, leur mère, et de messire Symon, leur frère, conclurent un échange avec les religieux : ils leur abandonnèrent tout ce qu'ils possédaient dans le territoire de Saint-Germain, k Changy ^, à Gardeloup 3, et reçurent d'eux 60 arpents de bois que l'abbaye possédait à Villers * et qui leur furent cédés en augmentation du tief, qu'ils tenaient de Saint-Germain-des-Prés -^

1 Arch. mit. L. 80i). n" 80. Qi'ESVERS, Notes sur les Cornu, Société d'archéologie de Seine-et-Marne, l. X, 1894, p. 4.

2 Changy, ferme de la commune de Courcelles (Seine-et-Marne).

3 Gardeloup, hameau de Saint-(iermain-Laval.

4 Ferme, commune de Salins, ô Arch. nat. L. 800. n" 2-2.

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