BAILLY
Histoire territoriale.
Dans un lieu !)oisé, à l'une des extrémités de l'ancien diocèse de Meaux, sur les conlins de celui de Paris et dans l'étendue de la paroisse de Roraainvilliers, canton de Crécy (Seine-et-Marne), s'élevait, au milieu du xii" siècle, un prieuré sous le nom de Bosco (du Bois), dont la fondation ne nous est pas connue. Dédié à Sainte-Marie et à Saint-Antoine, il était un des nombreux bénéfices relevant de Saint- Germain-des-Prés. Le siège de l'ancienne paroisse de Romainvilliers ayant été, avant 1284, transféré à Bailly, le prieuré du Bois prit ce dernier nom, venant de Baïla et signifiant, suivant certains étymologistes, soin, garde, protection.
Piomainvilliers, devenu simple hameau, conserva néanmoins une chapelle de dévotion, sous le vocable de Notre-Dame. Ce sanctuaire était situé au milieu d'une fenne, appartenant au prieuré de la Celleen-Brie et nommée Saint-Blandin.
Bailly fut uni à la mense conventuelle par arrêt du conseil du roi du 6 juin lo37 i.
Nous trouvons la mention de plusieurs ventes et donations faites au prieuré du Bois.
En 1207, Simon du Bois, chevalier, et Jacqueline, sa femme, possédaient 16 sols et 4 deniers tournois de cens sur le territoire de Bailly, dans le voisinage du prieuré. Ils cédèrent, en qualité d'aumône, la cinquième partie de ces biens à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et lui vendirent le reste, pour la somme de 18 livres parisis ^.
En 1242, Hugues de Chatillon donna au prieuré qui nous occupe une pièce de bois contenant 4 arpents, située près de Mersant sur la route de Villeneuve-le-Comte ^.
Au mois de juillet 1208, l'official de la cour de Meaux certifie que devant maître Roi)ert de Dammartin *, clerc juré et tabellion,, s'est
1 Almanach historique de Seine-et-Marne (186-4). Félix Pascal, Histoire du département de Seine-et-Marne.
2 Arch. nat. L. 76o, S. 2963.
3 Id. S. 2963.
4 Dammartin-en-Brie fSeine-et-Marne).
présentée Isabelle de Damiiiartin, veuve de leu Ferry de Valenton, chevalier, et qu'elle a affirmé qu'elle possédait de son propre héritage : 1° Un manoir, situé près Romainvilliers et appelé granche Bâtard (f/ 1(0(1 (la m mnnerium situm Ju,rt(( Romatum Yillare, quod vocatiir (jranchia batardi).
2» Soixante-quinze arpents de terre labourable dans le voisinage de ce manoir et près la grange des religieux de Saint-Germain-des-Prés, nommée Lilandri (granchia quœ vocatur locus Landerici). Ces 75 arpents, distribués en trois pièces, mouvaient de l'abbaye bénédictine et payaient 4 deniers de cens par ari)ent.
3" Huit arpents de bois en une pièce, près le manoir de la grange Bâtard, tenant au bois des seigneurs de Mont (dominorum de Monte) d'une part et d'autre, au bois de Gilon de Montgieri (?). Ce bois relevait de Nicolas dit Hochet, à o deniers et 1 obole de cens, payables chaque année en la fête Saint-Remy (aimd curiam Evridi) à Courtevroult ^
4" Quatre arpents de terre labourable en deux pièces tenant au dit manoir d'un côté, et d'autre, à la terre du prieur de la Celle. Hs relevaient du prieur de la Celle, à 4 deniers de cens payables annuellement à Romainvilliers, en la fête de Saint-Remy.
5" Quatre arpents de terre labourable, situés près du dit manoir, en une seule pièce sur le chemin allant (de cwia Ehrodi) de Courtevroult à Villeneuve d'un côté, et de l'autre, à la terre de Gilon de Béchières, chevalier. Ces quatre arpents relevaient du prieur de Courtevroult à 9 deniers de cens, payables à la Saint-Remy.
6" Sept arpents de pré, situés au territoire de Leubeton (?), audessous de la grange des moniales du Pont-aux-Dames ^ et touchant à leurs prés et terres. Hs relevaient des censives de Villeneuve-le- Comte à 32 deniers de cens, payables annuellement au maire de Villeneuve-le-Comte ^, à la fête Saint-Remy.
Elle avoua qu'elle avait vendu tous ces biens à l'abbé et au couvent de Saint-Germain-des-Prés, pour la somme de 360 livres tournois, et que ce contrat était approuvé par son mari et ses enfants *.
Les religieux de Saint-Germain achetèrent dans la même localité quelques pièces de terre, au prix de lo livres (juin 4273) '.
1 Courtevroulty c'auton de Crécy 'Seine-el-Marne).
2 Pont-aux-Dames, commune de Couilly Seine-et-Marne^.
3 Canton de Rozoy-en-Brie (Seine-et-Marne', ■i Arck. nat. LL, 1027, p. io2.
â Id.^. 2963.
Certains aveux et dénonil)rements nous (ont connaître les possessions de Bailly. Celui de 1384, que nous citons textuellement nous les désigne brièvement et, comme toujours, avec une note de mélancolie : Item, en la ville de Baily est un prioré. Il y a une maison petite, une granche arse, environ viij^" arpens de terre baillés par le prieur à lenne à v muids et demi de grain; item, viij arpens de prés; item, environ Ix sols de menus cens; item, ij muids de grain de rente sur le prieur de la Celle en Brye; item, les dîmes de grain de la ])aroisse de Baily valent environ v muids de grain dont il en doit deux et demi au curé; item, la moitié de l'ostelaige de la cure de Baily et le (juart sur la cure de Villeneuve-le-Comte; item, la dîme des aiguiaux peut valoir, montant et descendant, environ douze aiguiaux; item, environ xviij arpens de petits bois ])Our la despense du dit prieur; item, environ iij arpens de vignes en l'riche; desquelles choses dessus dites, le prieur paye décime au pape et doit avoir un compaignon religieux avec lui, et si paie au pitancier de l'église xx sols pour un anniversaire '.
Suivant un dénombrement du xvi« siècle, le prieuré de Bailly possédait :
1" Maison, étables, bergeries, jardin avec 200 arbres fruitiers, tant pommiers que poiriers;
2" Cent-vingt arpents de terre labourable;
3" Soixante-dix arpents de pré, le tout franc de dîmes;
4" Vingt arpents de terre labourable dans la paroisse de Courtevroult;
5" Toutes les grosses dîmes de la paroisse de Bailly;
6" Le prieur perçoit deux muids de grain, l'un de froment, l'autre d'avoine, sur la ferme de Saint-Blandin, au village de Romainvilliers, qui dépend de la Celle en Brie. Par ce moyen, la ferme de Saint- Blandin est franche de dîmes ;
7" Deux sols sur une pièce de vigne, contenant trois quartiers.
Le prieur a retenu une chambre en la maison du dit prieuré pour y loger lui et ses gens, toutes et quantes fois que bon lui semble. Les fermiers doivent fournir le pain pour le dîner du prieur et de ses gens.
Il a aussi retenu une étable pour loger ses chevaux, que les fermiers sont obligés de nourrir ^.
La déclaration de 4790 atïirme que le domaine de Bailly se compose de 127 arpents 76 perches de terre labourable, de 7 arpents 3 quar-
1 Arch. vat. L. 760, n" :29.V. Do.M m ^Q\:v<.ç>. Saint-Germain au XIV^siéde,\\.'^i.
2 Id. S. -2963.
tiers de prés cl de 3 arpents de bois taillis. 11 comprend, en outre, les dîmes grosses, vertes et novales de la paroisse ^
En examinant les baux à difïerentes époques, nous voyons que le revenu annuel de la terre de Bailly a subi des variations notables.
Au xvr siècle, les 120 arpents de terre arable et les iO arpents de pré étaient affermés :
1" Quatre-vingt-dix livres tournois, plus 90 1.
2" Trois boisseaux de froment, valant 10 1.
8" Deux septiers d'avoine, valant 40 sols, 2 1.
4" La moitié des fruits, venant des jardins.
o" Un pourceau gras, le tout rendu au prieuré.
Les 20 arpents, situés sur le territoire de Courtevroult, étaient baillés pour 8 septiers de froment et 4 septiers d'avoine, valant environ 16 livres tournois.
Les dîmes avaient été données à ferme pour la somme de 90 livres, 8 septiers de froment, 4 septiers d'avoine, 200 gerbes de Breteault, 3 boisseaux de pois et 2 boisseaux de fèves, rendus au prieuré. Le fermier était obligé de faire dire 2 basses messes en la chapelle du prieuré, de payer les honoraires, de fournir le pain, le vin, les cierges et toutes les choses nécessaires à la célébration. En 1743, le fermier devait héberger, c'est-à-dire nourrir, loger et chauffer, le prêtre qui desservait la chai)elle du prieuré 2.
Le revenu de Bailly montait, en 1623, à 240 livres tournois '
en 1650, 1000 » ^
en 1672, 700 » ^
en 1790, o320 livres parisis.
Cette dernière somme se décomposait de la manière suivante :
1° En argent 2840 livres.
2" Six muids de blé 1728 >>
3" Deux douzaines de fromages 72 »
4" Deux muids de blé au curé 480 »
o" Un septier de blé pour les pauvres 20 »
6" Un nmid d'avoine 180 »
3320 livres «.
1 Ârck. nat. S. 28.58. Bih. nat. ms. fr. 20848.
2 Ici. S. 2963.
3 Id. LL. IO08, p. 97.
4 Id. LL. 1039, p. 78.
5 Bibl. nat. ms. fr. 16837, p. 48.
6 Arch. mt. S. 2858.
Les bâtiments des fermes de Bailly et de Lilandry étaient en ruines et demandaient à être restaurés. Pour éviter de faire des dépenses inutiles, les religieux de Saint-Germain-des-Prés décidèrent d'unir les deux domaines et de bâtir seulement à Lilandry (24 juillet 1651). On ne voit pas que cette résolution ait eu son entier effet. La déclaration de 1790 désigne séparément les biens de Bailly et de Lilandry ^
Seigneurie temporelle.
Les documents (|ue nous trouvons au commencement du xiii'' siècle nous montrent le prieur de Sainte-Marie-du-Bois occupé à défendre les droits de son monastère. Aux lépreux de Saint-Lazare-de-Meaux, qui réclament une partie de la dîme sur le territoire de Romainvilliers, il promet de payer annuellement, dans l'octave de Saint-Denis, 4 setiers de blé, 2 de froment et 2 d'avoine (1203) 2. Ansel, évèque de Meaux, approuve et notifie cet accord ^.
Le prieuré de la Celle-en-Brie ■* avait des terres dans la censive de Sainte-Marie-du-Bois et par conséquent sujettes au dîmage. Le titulaire ne semblait pas disposé à payer cette redevance. En 1205, le pape Innocent III désigna l'abbé de Sainte-Geneviève et maître Pierre de l'Hôpital, chanoine de Saint-Marcel, pour juger cette affaire. Cité à comparaître, le prieur de la Celle-en-Brie répondit qu'il ne savait pas de quels biens on lui réclamait la dîme. On lui donna, sans doute, le temps de prendre des informations et de s'instruire, car il se présenta une seconde fois, devant les commissaires pontificaux, mieux renseigné. Cependant il trouva encore un subterfuge. Le domaine en question ne lui appartenait pas, dit-il; il relevait de Marmoutiers. On comprendrait qu'il ne pouvait rien décider à ce sujet. Ajourné, l'abbé de Marmoutiers députa le prieur de Notre-Dame-des-Champs pour le représenter devant les juges délégués par le pape. Celui-ci leur constesta toute qualité pour prononcer une sentence et en appela à Rome. Les commissaires apostoliques, sans prendre en considération cette démarche, passèrent outre et rendirent un arrêt en laveur de Saint-Germain-des-
1 Bibl. nat. nis. fr. I6800.
2 Arch. nat. L. 765, S. 2963.
3 Id.
* Celle-en-Brie. Celle-sur-Morin, canton de Coiilonimiers (Seine-et-Marne).
Prés. Ils adjugèrent au prieuré de Sainle-Marie-du-Bois les dîmes qui lui revenaient naturellement K
Ce litige ne paraît pas avoir été tranché d'une manière delinitive, car de nouvelles difficultés surgirent bientôt. Rémond, abbé de Saint-Germain, et Robert, abbé de Marmoutiers, soumirent leur désaccord à l'arbitrage de Pierre de Tiliicr, chanoine de Saint-Martin de Tours. Ce dernier condamna les religieux de Marmoutiers à payer à Saint-Germain-des-Prés la dîme ])our les possessions qu'ils avaient à Romainvilliers, mais exception était laite pour les terres nouvellement défrichées (mars 1284) 2.
Une transaction du 23 avril 13o0 délimita rigoureusement les droits du prieuré de Bailly et décida que le j)rieuré de la Celle-en-Brie lui payerait chaque année un niuid de blé et un muid d'avoine ^
Tout en veillant sur les intérêts de sa communauté, le prieur de Bailly n'oubliait point de défendre sa pro])re personne, comme nous allons le voir, lorsqu'il la sentait en péril. Un jour, en repoussant une attaque dirigée contre lui, il frappa peut-être trop violemment son agresseur, qu'on trouva mort le lendemain. On pouvait l'accuser de meurtre. Il se hâta de se disculper et demanda une lettre de rémission, où l'incident se trouve raconté avec détails "*. Nous la citerons, pour donner une idée des mœurs de l'époque.
« Charles ... savoir faisons à tous présens et avenir de les partis » de Jehan de Monmadi, prieur de Bailli, religieux de Saint-Germain- » des-Prés lez Paris, et de Jehan de Foucaud de Noe, fermier dudit » i)rieur audit Bailli, nous avoir esté exposé (pie, ja soit ce que le dit » prieur et ses gens eussent été mis en nostre sauvegarde et nos » l)enuncels (|iannonceaux) mis sur sa porte et la dite sauvegarde » signitiée duement à Jehan Tourpaut, néantmoins après ce, le dit » Jean Tour])aut vint un dymanche après la messe, armé d'espée et » de coustiaux menaçant le dit prieur de le injurier en lui disant qu'il » le tuerait, dont le dit prieur se com])laigny au bailli de Meaulx, » le quel répondi au dit prieur que ce n'estait que paroles. Et » depuis, le dit Jehan Tourpaut en persévérant en sa mauvaise » voulonté, le samedi, jour de la conception de Nostre Dame dernière » passée, vint de nuit ... en l'hostel du dit prieur et ouvry luys moult
1 Arch. -mi. L. 765, n" 29.,
2 M. L. 765, n» 36; LL. 1026, p. 246.
3 Id. L. 76o, n« 37.
* Elle émane du roi Charles V.
« lourdement tant (in'il entra dedans tout armé d'armes mohies, » c'est assavoir d'un demy glaive, d'une espée et d'un grand coustel » et demanda à cui il avoit à faire. Et le dit prieur qui escripvoit au )> feu pensa que ce fust un des varletz de son hostel qui estait hors; M mais quant il aperçut le dit Tourpaut ainsi garni de demi glaive, il » fu tout esperdu et respondi qu'il n'avait à personne nulle affaire. » Et lors ledit Tourpaut lui dit : Es-tu le larres sanglant? Je te tueray, » et appointa son glaive contre ledit prieur et le lui cuida frapper ou « corps et l'eust fait, si n'eust esté ledit Jehan Foucant, fermier du » dit prieur, qui empoingna ledit glaive et le toli audit Tourpaut, » lequel, quand ledit fermier lui a tolu ledit glai>e, saisi a son esi)ée et en » volt tirer ledit prieur, et lors ledit fermier mit la main audit Tourpaut » pour lui oster son espée et ledit prieur print un baston et en donna » un cop sur la teste et un cop sur l'épaule audit Tourpaut dont il » chey à terre et depuis se leva et fu boutez hors dudit hostel et fu » luys fermer après lui afin qu'il n'y rentràst.Maiscenonobstantledit » Tourpaut s'efforça depuis d'y entrer pour injurier ledit prieur et » ses gens. Quant il vit qu'il n'y pot entrer s'en alla ledit, se couchea » en son lit et le dymanche ensuyvant au matin l'on vint audit prieur » que ledit Tourpant estait mort. Pour lequel fait lesdits exposans se « doubtèrent d'être poursuivis ou rigoureusement tractez par aulcuns » justiciers, ja soit ce que le dit Tourpaut fust en coulpe et assaillant » par la manière que dit est et nous ont humblement fait supplier les » dits exposans que considéré la manière du dit fait, leur veillons sur ce » eslargff notre grâce. Nous, es choses considérées, enclin à leur » supplication, le fait dessus dit et toute peine et amende corporelle, » criminelle et civile en quoy pour occasion de ce les dits exposans » et chacun d'eulx sont et peuvent estre encourruz envers nous, leur » avons et à chacun d'eux au cas dessus dit, quictié, perdonné et » remis, quittons, perdonnons et remettons de grâce spéciale et cer- » taine science et de nostre autorité royale et les avons remis et » remettons au pais à leurs bonnes renommées et à leurs biens autant » que en nous est. Donné à Paris, en nostre chastel du Louvre ou moys » de décembre, l'an de grâce mccclxxv et le xii'' de nostre règne ^
Lorsqu'on créa l'impôt ajipelé droit de procuration, que les églises et les établissements religieux devaient payer à l'évéque et à son archidiacre, pour les indemniser de leurs visites dans le diocèse, il fut fixé à 10 livres 10 sols pour le prieur de Bailly. Quant à l'église
1 Arch. nat. JJ. 108, f. 28°, n" 44bis.
paroissiale, on l'en exempta, ainsi que le constate une déclaration de l'archevêque de Sens, de l'an 1348 ^
Le 20 se|)tembre loTO, le prieuré de Bailly fut taxé à un écu de rente, payable au gouvernement civil, qui prélevait alors des subsides sur tous les biens ecclésiastiques.
Atin de satisfaire à l'imposition royale, qui atteignait le clergé et qui s'élevait pour Bailly à la somme de 29 livres 7 sols 10 deniers tournois, on dut vendre 6 arpents et demi de terre faisant partie des 8 arpents situés au terrain de Courtevroult, 10 mai lo7o. Un contrat du 27 juin lOlo jxirtc que ces terrains furent rachetés -.
Le 24 novembre 1093, les habitants de Bailly consentirent à ce que le fermier des religieux payât seulement 150 livres pour la taille ^.
En 1228, ils avaient aussi renoncé, en faveur des religieuses de Pont-aux-Dames, aux droits et usages qu'ils avaient dans la forêt de Crécy *.
Seigneurie spirituelle.
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés étaient curés primitifs de Roniainvilliers et plus tard de Bailly. En outre, ils jouissaient des grosses dîmes dans la paroisse. Il leur incombait donc de pourvoir à la subsistance du vicaire perpétuel. Suivant un accord passé en 1202, il fut convenu que ce desservant et ses successeurs recevraient annuellement des Bénédictins pour leur gros 2 muids de blé, 17 septiers d'avoine et un septier de légumes, dans l'octave de Saint-Denis. Cette transaction, qui mettait tin à de pénibles démêlés, fut approuvée par Ansel, évêque de Meaux, et sanctionnée par Innocent III et HonoriusIII -^
Vers la fin du xiv' sièclt\ un curé de Bailly, messire Pierre Méliton, ne gardait pas la résidence; déteré au tribunal de l'évêque pour ce délit, il subit une sentence qui le condamna à perdre son titre (1394) '^.
Le prieur de Bailly avait des droits sur les offrandes faites à l'église. Il les céda au curé, qui s'engagea à lui payer chaque année 7 sols 6 deniers tournois, à la Saint-Martin d'hiver, et à célébrer.
1 Afch. nat. S. 2963, Almanach historique S. et M., an 1864.
2 Id. G% 1207 p. 1, S. 2963.
4 Almanoch hist., an 1864.
5 Arch. nat. L. 77.5, n" 31 ; L, 237, n» 47; LL. 11,d2. p. 86; LL. 1025, p. 72. fi M. LL. 1146, p. 609.
en son lieu et place, le service divin aux quatre principales fêtes de l'année (1448) i.
Notre-Dame de Bailly semble avoir été jadis un lieu de pèlerinage. Dans un acte du 20 juin 1449, le prieur, Jean Cloisier, certifie que, d'ancienneté, les paroissesde Villiers-sur-Morin, Cuvilly, Saint-Germainles-Couilly, Courte vroult,Villeneuve-le-Comte,Montry,Vely,Coupvray, avoient acoustumé d'y venir en procession générale, chacun an, la veille de l'Ascension de Notre Seigneur et d'y assister à une messe solennelle.
Le prieur de Courtevroult célébrait le saint sacrifice et les habitants de Coupvray devaient fournir le gref (graduel) pour chanter -.
Le gros que les Bénédictins devaient fournir au desservant de Bailly donna lieu à plusieurs transactions. Le 40 janvier 1029, Antoine Oranger, prieur commendataire, s'engagea à donner au vicaire perpétuel, pour sa portion congrue, 3 iiiuids de grains, les 2/3 en blé et le 1/3 en avoine, 00 livres tournois, la moitié des menues dîmes et des offrandes; mais ce dernier devait le décharger de la messe aux quatre grandes fêtes et à l'Assomption, et le remplacer en cette circonstance. Les religieux se réservaient de célébrer l'office divin, quand bon leur semblerait.
Ce contrat subit de nouvelles modifications, le 18 juillet 1043. Le monastère de Saint-Germain-des-Prés, par l'entremise de Romain Rodoger, procureur, régla que le curé recevrait chaque année 2 muids de blé, 1 muid d'avoine, 80 livres en argent, et la moitié des oblations. Les terres, qui dépendaient de son bénéfice, devaient être exemptes des grosses dîmes, tant qu'il en jouirait par lui-même ^.
Le curé de Bailly crut pouvoir se plaindre des religieux et leur réclamer les dîmes novales. Une sentence, rendue au bailliage de Grécy en Brie, lui donna raison et lui accorda ce qu'il demandait (7 avril 1708) K
Un an plus tard, il formula de nouvelles revendications. Claude May et Christophe Courtin, avocats au parlement, furent choisis comme arbitres et lui reconnurent le droit de percevoir les dîmes novales sur 62 arpents de terre récemment défrichée. Pour éviter toute discussion avec le fermier, les Bénédictins consentirent à lui payer 50 sols par arpent (29 janvier 1709) ^.
An xvin« siècle, Nicolas Mondolo, curé de Bailly, échangea,
1 Arck. -mi. S. 2963.
^ Id. LL. 1146, p. 610.
^ Ârck. nat. LL. 1127, p. 225.
* Bib. nat. ms. fr. 16.839, p. 270.
5 Ici. 16.859, p. 315.
avec monseigneur de Maupéou, évêque de Castres, des biens situés à Bailly et Villeneuve-le-Comte, qu'il légua ensuite à la fabrique de son église. Ces biens, dépendant en partie du tief des Cardinaux, relevaient de la terre de Magny-le-Hongre et de la Tournelle, réunie à la baronnie de Coupvray ^
L'église de Bailly, dédiée à l'Assomption de la Sainte Vierge, est petite et de construction irrégulière. Les religieux de Saint-Germaindes-Prés en nommèrent les desservants jusqu'à la révolution. Le 28 janvier 16o:2, ils résolurent de donner 300 livres pour réparer le clocher, qui menaçait ruine 2, Quelques documents de la fin du xv« siècle, conservés aux archives de Meaux, désignent Bailly sous le nom de Notre-Dame-de-la-Condre. Cette paroisse a perdu de son importance. Elle est desservie par le curé de Sevris, commune voisine. Le célèbre de Tourville, qui habita le château de Bailly, dut souvent prier dans l'église de ce village ^.
Seigneurie spirituelle.
Étaient prélevés sur les revenus de la grange Bâtard :
1» Le 24 février ou le 6 des calendes de mars, lx sols pour l'anniversaire de Gislart (?).
2° Le même jour, lx sols pour l'anniversaire de Jobert, ancien maire d'Issy et de Marie, son épouse.
3" Aux nones d'avril ou le o de ce mois, lx sols pour l'anniversaire de Manassés Mauvoisin.
4° Le o des calendes de juillet ou le 27 juillet, xxx sols pour l'anniversaire de Pierre Hersent.
o" Le 2 des ides d'août ou le 12 du même mois, l sols pour l'anniversaire de Nicolas Anode.
(3" Le 2 des ides d'octol)re ou le 14 du même mois, lx sols pour l'anniversaire de Raoul de Culnis (?) de Cliaunes (ou de Culmis).
7° Aux nones de décembre ou le o du même mois, lx sols pour l'anniversaire de Hugues d'Issy, abbé de Saint-Germain- des-Prés *.
i Almanach historique S. et M., an 1864. ^ Bib. nat. ms. fr. 16.855.
•^ FÉLIX Pascal, t. I, p. 5i6.
* Arch. nat. LL. 1027.
PRIELRS.
1373. Jean de Monmadi.
1449. Jean Closier.
1497. Pierre de Fresnes.
1570. Jacques Mathieu.
lo7o. Lallier.
Kîlo. Antoine Granger (commendat.).
1643. Marcelin Ferry.