‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 82 sur 85 · ESBLY · texte numérisé non relu

ESBLY

Esbly est une agglomération de (îOO liabitants, sans hameau, ni écart, située près du continent du Grand-Morin et de la Marne, canton de Crécy, arrondissement de Meaux, département de Seine-et-3Iarne. Au XII'' siècle, ce village était compris avec Montri dans la jiaroisse deSaint-Germain-lès-Gouilly. Gependant il possédait déjà un sanctuaire qu'un chapelain desservait, les dimanches et jours de fêtes. La bulle d'Alexandre III, datée de 1177, confirmant à l'abbaye de Saint- Germain-des-Prés les bénéfices auxquels elle avait droit de présentation, mentionne Esbly.

En 1185, l'évêque de Meaux, Simon de Lizy, d'accord avec l'abbé Foulques, érigea cette chapelle en paroisse. Il lut convenu que le nouveau curé serait nommé alternativement par l'évêque et l'abbé, et que les religieux de Saint-Germain percevraient dans l'église la moitié des pains offerts le jour de Saint-Etienne et la moitié des cierges présentés le jour de la Purification '.

G. de Jouarre, curé de Conj)vray ^ réclamait la moitié des dîmes d'Esbly. Le Pape nomma des députés pour trancher cette question. Ils rendirent une sentence, qui mit fin à la contestation et maintint le curé d'Esbly dans la jouissance des grosses et menues dîmes (16 décembre 1191) ^. Le Saint-Siège confirma à plusieurs reprises les privilèges de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, notamment son droit de présentation aux bénéfices de Notre-Dame de Romainvilliers, de Montri et Esbly. Il ordonna même que nul ne construirait de chapelles nouvelles dans l'étendue des paroisses dépendant de cette abbaye, sans l'agrément des Bénédictins. Gaucher de Chatillon, seigneur de Crécy, viola cette défense, en élevant sur le territoire appartenant aux religieux de Saint-Germain-des-Prés le bourg et l'église de Villeneuve-le-Gomte. La discussion fut vive et on parla de taire raser les nouveaux bâtiments, construits sur le sol de Romainvilliers, en dépit des ordonnances d'Urbain III. Cependant on ne tarda pas à transiger et on procéda à un échange. Il lut décidé que l'abbé

1 Arch. 7iat. L. 806.

2 Coupvray (Seine-et-Marne).

3 Arch. nat. LL. 1140. p. 608, S. 296.3.

de Saint-Germain jouirait de la cure de Villeneuve-le-Comte, des ohlations et des dîmes, tandis que 1 evèque de Meaux aurait les mêmes droits sur Esbly (octobre l'^lT) i.

Ces dispositions furent ratiliéi\s, l'année suivante, lor le pajjc Honorius III ^.

Le village d'Esbly, bâti dans une j)laine marécageuse, était entouré de pâturages, souvent recouverts ])ar les eaux, qui formaient une sorte d'étang, s'étendaiU jusqu'au pied du coteau de Goupvray. C'était sur ce point que se trouvait la mouvance dépendant des religieux de Saint-Germain-des-Prés. En 1228, Hugues de Chatillon s'était entendu avec eux pour convertir cet étang en vivier; mais les habitants (|ui y avaient droit de pacage réclamèrent et obtinrent un dédommagement. Plus tard, lorsque le vivier fut supprimé et remplacé par une belle prairie, ils continuèrent à jouir de leur droit, en payant chaque année une redevance de o livres 11 sols. Ils pouvaient aussi conduire leurs bestiaux dans une grande prairie de 360 arpents, située entre les rivières de la Marne et du Grand Morin.

L'église de Saint-Jean-Baptiste d'Esbly est petite. Elle a été reconstruite de 1690 à 1692 ^

i Arrh. wit. LL, 1(V21. p. :2.i8, S. ^96.1. Bih. mit. ms. Ifiihi. I-2S38, p. 162.

- Jd. L. 240, u^-jI.

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