‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 9 sur 85 · XIV. — LES PRÊTRES HIBERNOIS · texte numérisé non relu

XIV. — LES PRÊTRES HIBERNOIS

Une société d'ecclésiastiques, venus d'Irlande, avait pour objet d'instruire la jeune noblesse hibernoise réfugiée à Paris et de l'arracher aux dangers du protestantisme. A Monsieur Taf, premier supérieur, succéda Monsieur Duygni. Messieurs Hederman et Butler, qui dirigeaient un autre centre d'enseignement ayant le même but, résolurent de s'unir à Monsieur Duygni. Il fut convenu qu'on réunirait ensemble dans une même maison les jeunes hibernois du collège de Reims et ceux qui se trouvaient au faubourg Saint-Germain. On choisirait pour diriger cette institution une personne capable, désintéressée, n'ayant I)ris partie pour aucune faction; une autre s'occuperait de l'économat de l'établissement. Tous ceux qui étaient avec les enfants se retireraient et il n'y aurait avec eux que le directeur et l'économe. On devait payer 15 livres par mois pour chaque enfant. On rassembla ainsi

huit eliuliauls dont la |»i'i]siuii fut assurée. Deux jeunes ecclésiastiques, Messieurs Lebrun et Plombet, s'opposèrent à cette combinaison. lisse |)laignirent (pi'on voulait les renvoyer et accusèrent Monsieur Hederman de jansénisme. On ne i)ouvait mettre en contact avec d'autres entants ceux qu'il a\ait Ibrmés. C'était une calomnie. ^lonsicur Hederman avait toujoui's combattu l'hérésie. L'ne lettre du prieur de Saint-Germain laisse supi)oser qu'on menaça de saisir les meubles du collège hibernois. Dom Ignace Philibert, dans une lettre de 1662, en demanda un inventaire, défendit d'en rien soustraire et maintint Monsieur Duygni dans ses fonctions. Il se ht aussi remettre la liste des bienfaiteurs et des aumônes recueillies. On ne saurait dire pendant combien de temps subsista cette institution.

XV. — RELIGIRIX Dl" TIERS-ORDllE DE SAINT-FRANÇOIS DE PICPIS (1672) ^

Le Père Athanase d'Angers, du Tiers-Ordre de Saint-François, provincial pour la France, était accusé par ses confrères d'avoir soustrait une somme assez considérable pendant son gouvernement. Dom Tixier, prieur de Saint -Germain, fut un des commissaires désignés pour juger cette affaire, 31 mars 1672.

Le Père Athanase se vit condamné à rendre compte de sa gestion, à mettre, entre les mains du provincial du Tiers-Ordre les sommes qu'il d(^tenait, jurant avec serment qu'il n'en détenait plus aucune. Il devait en outre réciter les sept psaumesde la pénitence pendant trois ans devant le Saint-Sacrement, le vendredi de chaque semaine. Pendant tout ce temps, il était privé de voix active et passive. Il reçut l'ordre de se retirer incessamment au couvent de Picpus, d'où il ne pourrait sortir sans permission. Les dénonciateurs avaient publié un factum sur cette atïaire. Pour les punir de cette faute, on les condamna à dîner à genoux, au réfectoire de Picpus, au pain et à l'eau, le premier vendredi après la signification de la sentence.

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