‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 8 sur 85 · X. — LES THÉATINS · texte numérisé non relu

X. — LES THÉATINS

Dans une siipplniue adressée au très haut et très puissant j»rince. Monseigneur Henri de Bourbon, évêque de Metz et abbé de Saint- Germain-des-Prés (16 juillet 1648), Don Fran(;ois-Marie del Monaco et ses compagnons, clercs réguliers, vulgairement appelés Théatins, disent qu'ils ont été envoyés en France depuis quatre ans par leur supérieur général pour faire une fondation à Paris. Ils ont d'abord occupé une maison très insuffisante où l'archevêque leur a permis de vivre suivant leur règle.

En dépit de la gêne où ils se trouvaient, ils ont donné deux carêmes et deux avents « avec consolation des étrangers et grand concours des naturels français. » Enfin, grâce à la libéralité de Monseigneur le cardinal Mazarin, ils ont acquis une habitation assez logeable. Ils demandent la permission d'y célébrer l'office divin, d'y chanter, p.salmodier, prêcher, confesser, donner la comnnmion. On le voit, les Théatins ne se fixèrent pas tout d'abord au (juai Malaqiiais, comme l'écrit Cocheris, ou, s'ils s'y établirent, il faut croire que leur immeuble reçut de notables améliorations. L'abbé de Saint-Germain les reconnut légalement par ses lettres du 1-' août KiiS.

1 cocHEHis. m. Ifl!).

Le 7 (lu nièine mois, la cliaprlle fut lu'iiitt' et le roi |)la(;ri lui-même la croix sur le i)ortail de la maison, (|ui, suivant ses ordres, fut' appelée Saiule-Anne-la-Koyaie. La première pierre de l'église, pour laquelle Mazarin donna 300000 livres, lut posée par le prince de Conti, le 2<S iioveml)re 1062. IMonseigneur de Lucon, autorisé par Dom Ignace IMiilihert, prieur de Saint-Germain, avait, le 7 se[)temi)re lOOl, béni les londements de cet édilîce, dont les travaux, interrompus faute d'argent, ne lurent terminés (pi'en 17i20.

Le 28 août 1664, la Reine-Mère donna aux Tliéatins le corps de saint Venant, qu'elle avait reçu de Rome. L'année suivante (20 mars 1665), le prieur de Saint-Germain vérifia l'authenticité de ces reliques et permit de les exposer à la vénération des tldèles.

Dans un billet sans date. Don André de la Croix, théatin, demanda au grand vicaire de Saint-Germain de lui accorder dispense de tous bans, pour le futur mariage d'un soldat vivant en concubinage avec sa future épouse. On les croyait unis par le lien conjugal. Il rappellait que la même chose avait été faite pour un autre mariage, ce (jui a fort bien réussi.

Zacharie Gossard Du(juesnay, supérieur des Théatins, déclara, le 16 février 1790, que la maison conventuelle comprenait 16 religieux profës, 2 agrégés et 2 postulants. Les revenus étaient de 49289 livres 8 sous 4 deniers. Les charges .s'élevaient à 32488 livres 1 sou. Le couvent avait un passif de 16500 livres environ. Les religieux reçurent l'ordre, le 20 avril 1791, de se disperser, de se retirer soit aux Chartreux, maison qui leur était désignée comme retraite, soit dans d'autres lieux qu'ils jugeraient à propos de choisir.

L'église et les bâtiments du couvent furent vendus, le 9 décembre 1797, et démolis en 1822.

Georges Tarrî.

Un ermite, nommé Frère Georges Tarri, natif d'Aix-en-Provence, était venu à Paris. Mon.seigneur de Metz, abbé de Saint-Germain, lui permit verbalement, en 1645, de se tixer dans le faubourg, de réunir des enfants et de les élever dans la crainte de Dieu. Logé près des Incurables, il les y envoyait à la messe et les catéchisait ensuite. Pendant le jour, il parcourait la ville avec son troupeau Un crucifix à la main, il demandait l'aumône pour ses jeunes pupilles. Cette œuvre fut supprimée en 1657. Après que les enfants, dont il avait

la garde, eurent trouvé asile à rhùi)itai général, Georges Tarri se rendit à Rome avec plusieurs compagnons, muni d'un certificat de vita et )iii»'ihus, qur lui avait donné le prieur de Saint-Gerniain-des-Prés.

XII. — REi.iciEi X niBP:iîN.\i.s 11E l'obseuvancf. de SAINT-FF'.ANCOIS (1653) ^

Sauvai assure qu'ils obtinrent, en 16o3, de l'abbé de Saint-Germain, la permission d'avoir un hosjjice dans le faubourg et qn'ils l'établirent rue du Cliasse-Midi, aujourd'hui, rue dn Cherche-Midi. Le Père Dillon en était le supérieur. Le 13 avril lOoH, en demandant au ])rieur de Saint-Germain la permission de faire quelques exercices à l'intérieur de leur maison, il motiva ainsi sa requête en termes assez caractéristiques pour (pi'on nous accorde de les citer : « Expectamus aIi(|uando Dei misericordiam, ut in patriam nostram redire valeamus. Interea vero cum nobis mendicare non liceat, nec aliter quam ex solis missis vivere possimus, ideo necessarium est ut sseculares ac ben(dactores quorum beneticio vivimus, de nobis sinistre tamquam otiosis vel dorinitabundis non judicent, sed actiones aliquas nostras quibus îedificentur, videant, et cum illis in divinis honeste communicemus, nec eos per quos vivimus excludamus, nisi ex toto mori et lame perire oporteat. » La même lettre exjirime que ces religieux s'appli(pient à instruire dans la vraie foi les catholiques et même les hérétiques anglais, et à former des missionnaires pour leur patrie. Le ["' juin, le prieur de Saint-Germain autorisa les récollets hiliernais à célébrer l'office divin dans leur chapelle, où ils pouvaient admettre leurs bienfaiteurs et entendre les confessions; mais il leur était défendu d'avoir des messes hautes et des prédications publiques.

XMI. — LES PRÉ.MONTItÉS DE LA CHOIX-ROIGE (1661) ^.

Le 16 octobre 1661, les Prémontrés achètent de demoiselle Marie Lenoir, veuve de René Chartier, au prix de 31000 livres, une maison située au carrefour de la Croix-Rouge, joignant les rues du Cherche-Midi et des Petites-Maisons. L'année suivante, 28 juin 1662,

^ Dom Beai'MER, Éd. des Bénédictins de Ligugé. J, \a. 2 CocHERis, III, 143. Tisserand, 427. Arch. nnt. L. \m.

l'abbé de Saint -Gerniain-des-Prés leur permet de s'établir dans le iauboLirg, à condition qu'ils se soumettent à sa juridiction, payent à l'aljbaye les droits accoutumés, que leur monastère soit suffisamment fondé et que les religieux pour leur nourriture ne deviennent pas à charge au public. La Reine-Mère protégeait cette communauté. En formulant la permission qu'il accorde, l'abbé exprime le dessein de lui plaire. Ce couvent était fondé pour honorer le Saint-Sacrement de l'autel, implorer, par l'intercession de la Sainte Vierge, le pardon pour les impiétés et profanations commises pendant les guerres, et attirer les bénédictions divines sur la famille royale. Les Prémontrés, dits de la réforme de l'étroite observance, s'installèrent dans leur résidence nouvelle, le 12 octobre 1662. Dom Ignace Philibert leur rappella à cette occasion qu'ils devraient recevoir les mandements de Monseigneur l'abbé de Saint-Germain et payer chaque année un écu d'or au curé de Saint-Sulpice sur la paroisse duquel ils se trouvaient. Le lendemain il bénit la première pierre de leur future église. La reine Anne d'Autriche et j)lusieurs seigneurs honorèrent de leur présence cette pieuse cérémonie.

Monseigneur Henri de Bourbon, abbé de Saint-Germain-des-Prés, le o mars 1664, approuva une confrérie établie dans la chapelle des Prémontrés en l'honneur de la Sainte Famille, atin a'obtenir aux personnes qui en faisaient partie les grâces nécessaires pour opérer leur salut, avancer dans la pertéction et se fixer dans le choix d'un état de vie.

Page 1